‹ Lettres politiquesChapitre 37 sur 80 · DÉPUTÉ DU RHONE · texte numérisé non relu

DÉPUTÉ DU RHONE

Mon cbu Monmbiib,

11 y a huit jours , un incident malheureux signalait la discussion du vote secret; un jeune orateur perdait tout à coup la mémoire au milieu d'un début brillant. Apprendre une harangue par cœur^ pour se donner le mérite de Timprovisation, n'est pas un gros péché^ et il eût été convenable peutêtre que la chambre fît comme le public, qu'elle passât Téponge de l'oubli sur ce petit désagrément.

Mais cette aleHe aVait 6 veillé lesertiûies cfra certain nombre d'illustres improvisateurs qui, jusqu'à ce jour et sans que Ton s'en doutât^ usaient^ à ce qu'il parait , du môme procédé. Mieux en garde désormais contre les surprises de la fragilité humaine^ ils ont jugé prudent pour leur propre compte deflf^vCiiif léiëtérirde ëMbbUbles confusions. Mais par quel moyen y parvenir? Il n'y ea avait qu'un, remède héroïque dont l'emploi , diton^ a été résolu.

Oui, Monsieur^ sous peu de jours la Chambre, réunie en comité secret , sera appelée à créer une fonction nouvelle, fonction délicate^ mystérieuse, invisible , dont le nom convenable est assez difficile à trouver et qui aura pour but de suivre mot à mot^ sur le manuscrit^ le discours que l'orateur sera censé improviser. Celte sécurité donnera plus d'élégance à la diction. Le geste^ le port et jusqu'à l'éclat de la voix, tout y gagti&ht. On né liStra plus de ces mains crispées sur le marbre de la tribune, de ces têtes plongées en avant, ou rejetées en arrière par soubresauts, au risque de se briser contre le bureau du président.

Non , le souffleur de la Chainbre, car, apr^s but, il s'agit d'un souffleur, rassurera les plus tîmidËS et leur rendra la liberté de corps et d'esprif . Caché à tous les yeux, il viendra au secours des mémoires chancelantes. Il sera l'appui del^éloquento en défaut et le plus solide boulevart dei'iiifluénfee parleih oniaire.

Je n'ai pas à diseutet le ttériie de rinstUntion en elle-mèoie. Si j'avais à pronoiiôer sur Topportaoité, sur TatilUé de eette êbatge nouvelle^ peut-être serais je wtk objet de scandale pour plu^ sieurs » ear num avis serait de ne )â point créer. Je suis aussi passion&é que qui que ce soit pour Téloquenee sous toutes ses fortneç^ mais j'aime à user des meilleures choses avec modération ; franche* ment le parlem^taire parle tiiop. Si les véritablee orateurs abrégeaient leurs discours de moitié^ si les écrivains se bornaient à imprimer et à distribuer leurs écrits | trois mois au lieu de six suffiraient pour le règlement des affaires publiques. MM. les députés pourraient consacrer le reste du temps à leurs propres aiXaires et tout le monde y gagne* rait.

Mais c^est un point que je n'ai pas à débattre. Le parti en est pris. L'institution nouvelle est résolue; et comme cette place de souffleur ne manquera pas d'attkrer les prétentions d'une foule de candidats^ je me hâte de solliciter votre protection en faveur d'une ancienne connaissance^ qui plus que personne me parait propre à bien exercet cet hono»

rable emploi.

M* Gibouleau, bedeau de Passy ^ père de famille^ se distingue^ vouslesavez^ delà foule de ses confrères par des qualités précieuses. Mais une consir dération toute spéciale le recommande plus expressément dans la circonstance qui nous occupe jt l'intérêt de la Chambre. Cetart si délicat de souffler

4 4àtl>

mot pour mot à un orateur le discours qu'il improvise^ M. Gibouleau Ta déjà pratiqué avec le plus grand succès. Un jeune vicaire y obligé de prêcher malgré toutes les difficultés que rinhabitude, une extrême modestie et non le défaut de talent opposaient à Taccomplissement de ce devoir, avait imaginé de placer M. Gibouleau au fond de la chaire, son manuscrit à la main ; et grâce à cette précaution, le sermon s'achevait sans infortune.

Il est vrai que dans les premiers momens^ em-* porté par le zèle, et craignant que Torateur ne perdit une seule des touchantes paroles qu'il étaitchargé de lui transmettre^ Gibouleau^ dont Torgane est clair et sonore , n'en modérait pas assez la portée. L'auditoire entendait plus distinctement le souffleur que le prédicateur , et parfois les voûtes de l'église paraissaient pleines d'étranges échos. Mais l'habitude a peu à peu corrigé cette imperfection , et Gibouleau a fini par remplir son office avec une délicatesse et un tact qui lui ont valu dans le pays une juste célébrité.

Je vais passer en revue tous les titres de mon protégé; j'examinerai les objections que Ton pourrait opposer à sa nomination ; je ne dissimulerai aucune difficulté. Et d'abord pour dissiper toutes les préventions , tous les soupçons que soulèvent d'ordinaire aujourd'hui des demandes du genre de celle que je vous adresse , je croîs devoir déclarer la nature de l'intérêt qui m'attache à M. Gibouleau.

M. Gibouleau a prêté son modeste ministère à

révénement le plus heureux de ma vie ; il a contribué à mon bonheur dans les limites naturelles de ses attributions. Il marchait devant moi^ radieux^ triomphant; et je n'oublierai jamais le sourire convenable dont il sait accueillir tous les mariages, non plus que la physionomie éplorée qu'il sait revêtir lorsqu'il s'agit d'un enterrement. Cette faculté merveilleuse que possède Gibouleau de changer de visage, suivant les circonstances, ne paraîtra sans doute pas un obstable a son entrée dans la carrière politique. Du reste, je déclare qu'il n'y a entre nous aucun pacte, aucune convention secrète; M. Gibouleau n'est point électeur, et je n'ai pas la moindre envie d'être député. Mes instances seront donc complètement désintéressées, et je n'ai d'au^^ tre but dans cette affaire que le bien d'un hon< nête homme et la gloire du parlement.

Une foule de raisons , mon cher Monsieur, militent en faveur du bedeau de votre ancienne paroisse. D'abord, chose rare! il a pour lui Texpérience qui serait d'un grand secours pour résoudre les difficultés d'exécution , plus graves qu'on ne penserait à première vue.

Ce n'est pas une petite affaire que d'introduire dans les dispositions architecturales du Palais- Bourbon un souffleur qui doit rester invisible pour tout le monde et se tenir a portée de l'orateur, cpii doit pouvoir à tout instant se faire entendre de lui, même au travers des plus bruyantes tempêtes, entremêlées des coups de cloche du pr&ident , et

jdoDt la voix ne doit jaçiais i même aa sein dH|ihif profond silence^ parvenir jusqu'au banc des ministres. Où le placer? Comment surtout le dissimuler? Pans les salles de spectacles , une sorte de loge en bois trahit grossièrement 1^ présence de ses confrè* res. Au théâtre^ ]e public^ attiré par Tappât dn plaisir, accepte toutesi les invraisemblances; c'est le pays des illusions. Mais^ on ne vient pas à U Chambre pour son plaisir. Là, les illusions ne sont malheureusement pas permises; tout ce qui s'y passe n'est que trop réel.

Si la Chambre décide donc qu'elle aura un soqf* f eur, impossible de lui construire une niche spé« çiale ! Il faut qu'il se blottisse aux pieds de l'orateur, dans la tribune; qu'il se fasse petit ! Gibouleau ne redoute point cette position ^ il y est accoutumé , il se fera aussi petit qu'on le voudra. En outrai quelque chose qui arrive , quelque chose qui se dise, vous êtes assuré qu'il tiendra ^on ^érieu^^ qu£(li(é précieuse, vu le style de certains orateurs, ^i la Chambre allait faire choix de quelcjuei souf: ^eur profane, d'uq souffleur de oon^édie ou d'Opéra, et que le fou-rire le prit au preqiie^jeu de piot, au premier calembour, il n'en faudrait pas davantage pour Reconsidérer le parlement ; mais gibouleau n'a soufflé encore que des sermons, et )l p'enteqd fien à }a plaisanterie. Lo|n de preqdre en gaité les facétie^ de la Chanibre^ i\ la rappellera au reçpppt d'elle-aiépie , et sa présence au milieu M déUhsr«tiQi)9 m B^ut f i](>jouter ^ l^ur gravité.

11^ fiiboaief t} Mi 4w/& 4^9» 4fîcitité très favQ? sable AU QQiiYeQu $^vic^ qu'il s'agit ^'organiser. Il D6 raisQQB» pas), il p'pat pas un de ces espritsi inquiets et iQVrmeatsn? qu^ preninent plaisir à wlever le$ eontrc^dictia^Si les noo-sens^ les erreura 49 4*1^9 et toutes les piauvaises chicanes que Vuange autorise dans les sujets 4e hstute politique. Quan4 M. iïiboulfaQ souffle^ il ue s'inquiète pas ti l'idée eat vraie qu fausse^ si le fait est exact ou IHqA^ si l9 chiffre contiept quelques zéros de plusi ou de nooiiis ; U souffle pe qui est écrit conscien- OÎeuaQcnefit et m^ri^ W^ conséquent la confiaqce «t l'e^tiuiQ 4^ tous )çs partis. Il est en outre doi|é d'nne esL\r^e discrétion, ^'il eût fasciste, par exemple^ aux séances de la commision pour la police 4n Tf>nUgo o(i Y on nria|t }e commandant Morin 4'expliqM^ pour<{uai il proscrivait les attelages à tiliq $bQvau^, s\ G^houlean e^t entendu le brave oeiiililiand^nt répondre d'un grand sérieux : a C'est QQ^UQ atteliige p^r^ il t^semble ^ une commission ^ U (Chambre, U it'y a que ^eax chevaux qui tiventi taQ4is que les trqis fiutres dansent dans les ^I^cards;.»Gillho^le4u^Vûtfait^uc^neobservation. El pourtant il saU par(^^tepient ce que c'est qu'un olieyal quJi 4wse 4aAs un brancard.

Cette heurei](sediscré|ioQ^ 4u^^ste^ est unie à une grande simplicité d'esprit. Tous ces petits détails piquans qui surprenent si fort les uotiveaux-venus à la Chambre et qui, s'ils étaient divulgués^ nourrisaient la noialignité publique pendant huit jours

du moins^ Giboulean les verra et n'y comprendra rien. Cedéputé, par exemple^ qai^ sous le regard des tribunes^ passe fier et silencieux devant le banc des ministres aux acclamations des électeurs de son arrondissement à qui il a procuré le plaisir de le contempler dans sa gloire et sa majesté, et qui après •la séance, dans les couloirs, prend sous le bras le même ministre qu'il semblait foudroyer de son silence, de sou dédain, et lui parle familièrement à voixbasse de l'air d'un ami qui sollicite un service ! . .. Ne craignez rien , Giboulean ne verra là qu'une innocente politesse et la conversation mystérieuse viendrait-elle jusqu'à son oreiUe^ le brave homme se signerait peut-être, mais il resterait muet comme un confessionnal.

Enfin , le candidat pour lequel je sollicite toute votre bienveillance est doué d'une humilité naturelle tout à fait en harmonie avec la nouvelle doctrine qui tend à s'établir en ce qui concerne les fonctions publiques. Jusqu'à ce jour^ et c'était l'avis de Napoléon qui s'y entendait, on avait pensé que les fonctionnaires chargés d'administrer la fortune publique, de rendre la justice^ de veiller à la sûreté, d'enseigner la jeunesse^ de négocier au nom du pays, n'accomplissaient pas dans l'État un travail moins important et moins respectable que les simples particuliers qui bornent leur sollicitude à toucher le loyer de leurs maisons on le semestre de leurs rentes , à gérer leurs intérêts de négoce, à cultiver leurs champs, à débiter leurs

marchandises ou à jouer sur les fonds. On croyait qu'en échanjje des soins doonés aux affaires de ton» et pour prix de la responsabilité qu'ils enlraiueut, ]a rétribution, bonorable alors, de l'État n'était qu'un équivalent légitime. L'Empereur mettait son orgueil à ce que les fonctionnaires publics fussent respectés et bien rétribués ; il réservait pour eux avant tout les honneui's, les distinctions, les titres et les croix; il prenait soin de l'éducation et de la dot de leurs enfans. Il est vrai qu'il ne souffrait pas dans l'administration de bouches inutiles; qu'il n'y réservait pas l'avancement à le médiocrité; qu'il ne souffrait pas que des élus du peuple plaçassent, a côté de l'employé intelligent et laborieux, une denti-douzaine de falnéans qui, sans l'aider dans son labeur, prissent une part de son traitement. Tel était le système de l'Empire qui survécut en partie à sa chute. Au commencement de la monarchie nouvelle il vivait encore, comme souvenir au moins, dans les esprits.

Mais aujourd'hui tout est changé; la nouvelle doctrine qui n'a pu triompher cette fois encore dans les propositions de MM. de Sade et Duvei^ier de Hanranne, mais qui finira par l'emporter, fait chaque jour des pro{;rés dans l'opinion. A force de distribuer des croix à des marchands, à des hommes de lettres, à des propriélairc3,OD les a multipliées k tel point qu'on commence à les disputer aux services publics. A mesure que In prospérité générale s« développe et que les professions libérales, les

^pépulç^ops. du çoiQiperce voient augmenter leurs proliU , pa sent Iç besoin de diminuer les traitemens et d'qccroitre le nombre des fonctions afin d'augmenter^ par la vieille ipiçtbode thérapeutique « par les <:oa(r«(ires, la copsidér^itiqn et l'indéDendance ^es servîtçurs de l'État.

. Cette doctrine , que je n'adopte pas pour qpion compte , j'a^ t^ut lieu de croire que Qibouleau Vapprouve aveuglément. Il a le plus profond respecl'pour la fortune; il vénère si profondément le^ l^pmmes riches pour leurs richesses qu'il est prèsqu'injustp à votre égard, A^onsieur ; et voici corn- (nent : quand il apprend vos dons ^n conseil maf^ipjpal 4e («yoii ^ aux institution^ de la classe puvri^re^ ;1 esi touché f^ux larmes sans doqte et il ^'écrie que l'hpmmage qui vous est rendis par l'inscription de vptce ponî sur l'un des plus beaux quais de la ville est le Juste acquittc^ment d'qne dette sacrée. Itf^ispnqième temps il soupire, il redoute de s'abandonner à tous les sentimens que yoifs lui faites éprouver ^ il a des scrupules , tant ççt grande sa vénération pour la fortune.

« Eu çffet, se dit Gibouleau^ si nous honorons uniqMcment les riches qui font du bien , craignoi^ de favissef l'esprit du régime parlepien taire. Les généreux, comoie le bon l^. Fulchiron , c'est le

S élit nombre \ et le parlementaire nous ordonne e réserver notre obéissance et nos premiers respects pour les majorités, b Voilà comment, par congi^érfition mèoie ppur la fortu^e^ et par égard pour

\à coQstUutfo^ , Gibouleau cpntiçfit jufiqu'à Ta^iniratioQ que vovs lui iospirez. La Chambre ne devrait attendra de lui , sous ce rapport , que àq bous exemples et de bonnes leçons.

Gibouleau a une philosophie simple et qu'il serait nécessaire de répondre parmi les fouctionna;fes révoltés. Voici » assure-t-qn , le raisonnement qu'il adressait à un vieux garde-cb4mpètre de ses aaiis : « Je t'honore, lui disait il , noi^ pas parce que tu e^ garde-champétre^ car la cqmmune ne te donne pas seulement de quoi m'offrir un verre de vin; mais parce que tu as hérité de ton oncle et que tu tiens un certain éliit de ipaisop. Tu m'offres la soupe le dimanche j noi^s trinquons 4 la B£m\é du curé , de M. Fulchiron et de ce boo |I. Béranger^ à qui Dieu fasse miséricprde! ma^s c'est le vin de ton oncle que nous buvons et non pas le vin de l'administration qui n^ te fournit que de l'ean* ^^ ccmfondons p^ 1 «

Ainsi, quant aux principes^ Gibouleau offrirait toutes les garanties désirables; quanta la pratique^ \l Qe aéra pas moins souple , moi^^ popçiliapt. I^uisque les fonctipnnaires sû^t le? serviteurs de la maison , U est bien juste que le maigre 4@ la m^isqp , }e bourgeois ep règle le salaire^ le nombre^ les atiribuiiqps. Giboules\\} passera pa? (ou(e9 le? fantaisies^ par tous les caprice? q^e le bquf^^epis qpi, laeloti Te^pression de M. Dtupin, tient les eordons de la bourse, jugera à propos de liii impoisep. 14 ^i)f^rAqiie ff^^ tri^teno^o^ sait; fixé- eu faJM^is;

et s'il plait à la Chambre que ce traitement soit même partagé entre quatre fonctionnaires , quatre souffleurs dont pas un ne Taide dans ses impor* tantes fonctions , s'il convient même à la dignité du parlement de nommer un souffleur général et de faire faire à Gibouleau tout le travail à titre d'aide-souffleur, il acceptera tout^ consentira &' tout! C'est en un mot le type des employés tels que les rêve aujourd'hui l'opinion en faveur ; et peut-être, si cette opinion'triomphait, le nom de Gibouleau serait-il destiné à devenir le synonyme de l'administrateur régénéré.

Le choix de Gibouleau présenterait donc une foule d'avantages; mais n'offrirait-il pas des incon** véniens aussi grands? L'élévation subite d'un be« deau modeste à un poste si honorable ne va*trelle pas soulever de vives clameurs? il se présente , en effets une foule d'objections.

D'abord, quand de toutes parts l'opinion est douloureusement préoccupée du grand nombre des employés, le moment est-il bien choisi pour l'ac* croître par la création d'un fonctionnaire de plus?

N'est-il pas à redouter que ce fonctionnaire » permanent au milieu d'une assemblée dont les membres se renouvellent sans cesse, ne concentre en lui toutes ses influences et n'en usurpe peu à peu tous les pouvoirs ?

Enfin^ qui répondra del'indépendance de Gibou* leau?

Ce dernier scrupule, qui rentre dans la ques*

tioB soulevée par les deux propositions- de MM* de Sade et Duvergier de Hauranne^ mérite un développement particulier.

Mais débarrassons-nous d'abord des deux premières objections.

Je conviendrai^ si Ton veut^ que le nranbre-des fonctionnaires salariés est considérable. Les statisticiens politiques , au moment des élections , ont constaté qu'il n'existait pas moins de 450^000 employés , non compris une armée de 400^000 hommes^ dans laquelle les ministres ont le droit de nommer à tous les grades. Hais j'observerai que ne devant dépendre que de la Chambre, Gibouleau serait nommé par la Chambre, et non par les ministres , ce qui^ en cas d'élections, n'ajouterait évidemment aucune influMce nouvelle à celledont le Cabinet dispose déjà. Bien plus , cette nomination par la Chambre serait^ aux yeux de beaucoup de personnes, un antécédent précieux, qui deviendrait peut-être le point de départ d'un système d'hiérarchie et d'avancement tout nouveau.

Aujourd'hui comment leschoses se passent-elles? c'est le ministre qui nomme à tous les emplois de son département , sous le contrôle et l'inlBuence indirecte dès députés. Cette influence indirecte^ tout le monde le reconnaît , jette l'indécision dans la hiérarchie , relâche les liens de la discipline, et produit beaucoup de mal. Mais quel remède y apporter? Faut-il que la Chambre élective renonce à son influence? Les députés ne seront pas de cet

aVis. Leâ députés se diront ; pnisqtie notre ptilècipatibU' indirecte à la distribntion des emploi» Jetttf partout la confusion , qu'on noua donné and partie dpâlibn directe et absolue et tons lesineonvé&îeDs vont disparaître. Nous votons déjà FittipM, nOM fitoils leeUiCft^e dti traitement; pôorqnoi né fiSriikisnous pas cboix de cetol qui doivettt lestoneherî A non^^ A nous seuls la distribution de toutes len tbttcfions publiques. Voila qui est raisonnable ^ fogi^ne! Cest quattd il en sera ainsi seulement que It i'égime pal'lettieii taire iseta une téblité et que nouft aurons bien véritablement le gouvernement du jpa^ par le pays.

Cette doctrine b -est pà6 la vèttrei lîfoiiaiear, je le suià ; elle n^cët pe» la mienne Mb plttB. Mais etiil elle éîLerce flil fcertain empire sur Tesprit de k tbâtnbi*e. Sans ë'iil^uiétet si la t^ai^ie, ki la pui4éflnbé executive n'ont pas drbit àusni à ôtre quelque cbbsë dans l'Etaf , la Cbambre élective^ qui a eth vtihi tbiié \t^ pouvoirs et qui n'en sait que faire, se garde bien d'attribuer le peu de respect qu'elle liisptrë it son inaction ^ à sa loquacité^ à son bmrtîpoteiice niéme. Tout le mal, à sesyeut, vient de (Je qn'élBé ne possédé pas encore asse2d'attribu<> tiens, ta nomination de Giboiileanluien offrirait Uiié de plbs. Lbin d'être un obstacle, cette con^ dét*àlibti milité dotlc en sa faveur et fait espérer bue sa demandé Serti favorablement accueillie.

La seco&de objection relative à l'autorité que pbiitrait prendre à la longue un fonctionnaire pee*

nl«raDtaa miiitu de retxrésentansesseotielIemBiit pAniffeta^ eât {)1q8 jeteuse > plus redoutable, car elle resGOQtirera les etprits déjà préveiiM par nnp tneedote ^u t prod&it daB$ le monde politique, il y a peil de (eoipa^ une certaine sensation»

Dans un pays constitutionnel qu'il est inutile de moflMMr et éù il est d'uss^e que les nouveaux aoedémieiens sdient présentés au chef de rÉtat4)ar le diiuu^Ikr en inerciee^ une de ces andiraces odriéUbs o^t bu Joiit un contraste assesz bizarre ; le ohtaeeliér de TÀcàdéfiEiie , ancien vaudevilliste et éinecteur de tkéàtre» avait à présenter daqs le nouvel élo um autite ebancelier plus sérieui et pies respectable , le chancelier do royaume. Âprèb les eeapliitarae d'usA^ > le r'oij qui daigne parfois dofteer à ael sujeta des leçona profitables sur une ackficë qu'ii pratique sans (cessé et qu'il doit mieux eoniwiitre que .personne , demandaau directeur de théâtre ù, tomme ehancelier d'Académie^ il éléît ea place pour knoigtêmp». « Pour trois mois^sire l-^ Et n'aves^voQS dan» votre eompa^ie aucun digMtaire nommé pour un temps plus long? — Nous avais lefeeerétake qui est perpétuel. — ^Âh ! s'écrie le roi, alors c'est lui qui gouverne TAcadémie ! car ea toutes choses il en est ainsi ! Ce n'est pas l'élévatiob, tï le nombre des volontés qui fontle pouvoir* C'est lia. fixité^ la permanence; l'homme enfin, dont la * volonté se perpétue et par qui s'enchaînent les traditions y fût-il au dernier degré de la hiérarchie^ ce sevait le portier; daos une maison dont les loca*

taires se renouvellent^ c'est lui qui gouverne! > Le mot est profond, il est juste; ila fait réverpliis d'un docteur de la loi, et je ne serais 'pas étonné que rimpression qu'il a laissée ne f At très dé&Torar ble à ce pauvre Gibouleau. Voyez, en effet, à quel danger s'exposeraient Messieurs vos collègues I On pourrait donc dire : Thomme qui gouverne la Chambre, l'homme en qui les traditions se perpétuent, ce n'est pas M. Sauzetarmé de sa cloche^ ce ne sont pas les questeurs avec les fonds doait ils disposent, ce ne sont pas les secrétaires qui comptent les voix, tout cela est passager; non t c'est Gibou* leau qui ne passe pas, qui reste à poste fixe^ invisible, mais tout puissant.

Vous voyez, mon cher Monsieur, que je ne me dissimule pas la force de cette objection, et cependant je crois que dans l'intérêt mêmede la Chambre il faut passer outre; car la Chambre est entre deux écueils : ou elle sera gouvernée par Gibouleau, ou elle ne sera pas gouvernée du tout. Or, de deox maux il faut choisir le moindre; pour une assemblée il n'en est pas de pire que Tanarchie. La confusion, le désordre, la compétition sans frein des ambitions et des rivalités, voilà ce qui nuit k la considération de la Chambre, ce qui compromet son autorité; et si la dictature est indispensable, si pour sortir du cahos il faut absol ument un dix-huit brumaire , eh bien t mieux vaut la tyranjaie que la licence ! Don<^ nez-vous un maître ! nommez Gibouleau I

Maintenant Gibouleau offre*t-il les conditions

d'indépendance nécessaires? j'ai réservé ce doute pour le dernier ; c'est là en effet que git la grande diffieulté.

L'indépendance I Précieuse richesse I de quels heareux du siècle est-elle le partage? Qui la possède?.. II en est peut-être de Tindépendance comme du bonheur 1 chacun croit la trouver au-dessus de soi. Gibouleau^ par exemple^ ne doute pas que MM. de Sade et Duvergier de Hauranne ne soient indépendans! Ces Messieurs ont 'ils la même opinion de Gihouleau? probablement non. Eh bien ! dans ce cas, il faut avoir le courage de le dire : les uns et les autres vivent sous l'empire d'une complète illusion.

Gibouleau ne serait pas indépendant! Et pourquoi^ s'il vous plaît? parce qu'à titre de bedeau de sa paroisse il fait partie de l'administration? parce qu'il est couché sur le budget de sa commune? en sommes-nous donc venus à ce point que pour le contribuable tout fonctionnaire rétribué soit un ennmi?

Ceci me rappelle le trait de vigueur civique d'un caporal de la ligne en 4854. C'était le beau temps des milices citoyennes, des vainqueurs des barHcades^ comme on disait alors, le temps de leur grande faveur, de leur extrême pouvoir. Un garde national endimanché se tenait à Toulon sur le devant de sa boutique, lorsque vint à passer un caporal de la ligne et quatre fusiliers. « Place, camarade! dil. le caporal qui ne trouvaitjpas convenable que cinç

hommes sous les armes se dérangeassent pour on seul. — Camarade! s'écrie le petit boutiquier indi-^ gné, je ne suis pas le camarade des gens qae je paie!... » On conviendra qu'à cette époque une pareille apostrophe était de nature à embarrasser un vaincu de Juillet; le sous-lieutenant, le capitaine dé la compagnie peut-être seraient restés courts. Mais le caporal était un franc Picard, et sans se déconcerter, il répliqua au boutiquier t « Si toqs n*étes pas camarade^ vous êtes ennemi! et je vous arrête! » — ^En effet, il le conduisit au poste aux applaudissemens de quelques officiers de marine, témoins de Taventure et qui me Tout contée.

Dans quel but^ direz- vous ^ rappeler cette anec-^ dole? Est-ce une menace? A Dieu ne plaise!.. Que ftlM. de Sade et Duvergier de Hauranne se rassurent ! Jamais Gibouleau ne les traitera en camarades! Eucore moins en ennemis! il sait trop œ qu'il leur doit d'égards , de respect ! Mais à leur tour ne serait-il pas digne de la haute position qu'ils occupent dansTEtat d'avoir pour ce pauvre Gibouleau un peu de condescendance et d'admettre un moment qu'on puisse être bedeau de village^ et maintenir son opinion, son existence politique iudépeudante de celle du maire et même du curé? Yoi la , en efiet^ le grand cheval de bataille! Giboulean dépeud du curé! il peut être destitué. C'est vrai! Mais qui vous dit que notre hoonéte sacristain n'a pas prévu ce cas extrême, et qu'en dehors de sa place, pour assurer justement cette indépendancQ

à kupie}I« vo«§ h sapposés insentible , il ne s'est pas créé 4«s ressources qui ne dépendent que de lui? C'est pourtant l'exacte vârîté, et le moment wt veau de révéler dans la vie de mon protégé un nouvel aspect qui ne fait pas moins briller rélé?aiion de son esprit que sa prévoyance.

Gtbouleau 9 avant d'accepter le poste honorable €[u'il occupe dans Tadministration , avait jugé prudent d'étudier les habitudes, les mœurs du grand corps dont il allait faire partie. Il avait observé que la plupart des employés A qui l'État ne donne pas de quoi vivre étaient obligés de consacrer le temps qu'ils passent dans les bureaux à diverses industries lucratives, telles que programmes de ballets^ livrets d'opéras et comédies , chansons , romances et rébus pour le Fidèle Berger , articles de journaux et de recueils pittoresques ou non, enveloppes («vant l'application des emporte-pièces), fleurs M papier , dessius daguerréotypes et allunaettes chinoises. On avait raconté à Gibouleau qa'eii Russie les employés qui sont moins industrieux qu'en France , et plus maigrement rétribués encore, complètent le revenu nécessaire à leur MÎstence par un procédé plus simple , en levant directement un impôt sur tous les contribuables ipii ont affaire à eux, Giboulean trouvait la méthode française "plus honorable^ et plus décente. 11 couvenaît^ à la vérité^ «que ces petits métiers avaient l'ineouTénient de détourner les adminisUrateiirs de l-UMque objet qu'ils devraient avoir ea vue , l'ex*

péditioD des affaires qui leur sont coDfiéea. Mais il remarquait, d'an autre c6té^ que cet incouvénieut était balancé par un avantage précieux^ celui d'assu* rer lenr indépendance politique. Qu'importe, en etfet^ que les affaires s'expédient plus ou moins yite^ que la correspondance et les dossiers soient ou non à jour; l'important, c'est que la dignité du citoyen soit maio tenue ^ que l'indépendance de l'employé soit entière. Or ^ il est bien évident qu'un fonctionnaire qui consacre la plus grande partie de son temps à une industrie, d'où il tire la plus grande partie de ses ressources, peut envisager ses fonctions publiques en philosophe , et son traitement conmie un à-point dont^ à la rigueur^ la ménagère du logis saurait se passer.

Gibouleau , qui tient donc autant que personne à son indépendance politique^ fit son profit de ces observations; et le jour même où il acceptait la dignité de bedeau , il ouvrait dans la rue Neuve-derÉglise^ àPasaiy, un cabinet d'écrivain public. Yous avez pu remarquer^ Monsieur , son enseigne, modèle d'éloquence, qui serait digne de figurer dans les archives de l'Académie des inscriptions et belles-lettres : Gibouleau , jÊCAivAUf pubuc. Tombeau

DES Sfi»ETS I

Ainsi , à la rigueur^ si l'on devait considérer comme nécessair^onent privée de l'indépendance politique tous ceux qui ont L'honneur de se dévouer au service de l'État , et^ comme libres et indépendans seulement, ceux qui sont dispensés de ce

déTônemeni et de cet honneur^ Oibonleau, en qua-* lité d'écrivain pnMic , pourrait réclamer encore Festime de ses concitoyens. Après tout, s'il contribue comme sacristain à accroître le fardeau des charges de sa commune, en revanche comme industriel il contribue au développement de la richesse nationale; il donne l'impulsion au commerce, fait vivre les ouvriers , ouvre un débouché , modeste il est vrai, à d'importantes fabrications, celles de Tencre, du papier et des plumes métalliques , qui con*fribuent elles-mêmes au développement de la fabrication des acides , du noir animal , des tissus de fil et de coton, des industries métallurgiques et des hauts fourneaux, dont la prospérité, dans une certaine proportion , dépend de l'industrie de Gibouleau. Un homme de qui dépendent d'aussi grands intérêts commerciaux et manufacturiers peut certes, selon la doctrine en faveur, passer pour être politiquement indépendant.

Vous voyez. Monsieur, que je me plie aux exigences du jour. En défendant Tindépendance politique du postulant à la nouvelle dignité de souffleur de la Chambre, j'accepte la définition que certains orateurs en ont donnée.

Mais cette définition elle-même est*elle exacte ? Est-il juste de faire Consister rindépendance politique dans le détachement de tous les avantagea personnels, dans un dévouement absolu et exclusif au bienpublic?N'ya-t^ilid'hommesd'Etatindépendans

que ceux qui sont complètement désioléressé»?

A ce compte, Gibouleau pourrait prouver sans grand effort, je crois, que pas un membre de la Chambre n'est indi^pendant, que ce détacfaftmeni des intérêts personnels, ce dévouement absolu au bien public n'existent pas plus pour le député propriétaire, pour le député capitaliste, pour le député négociant, pnur le député manufacturier, pour le député journaiisfe, que pour le député fonctionnaire public.

Examinons, en effet, toutes les catégories.

Les propriétaires sont-ils indépendans dans les questions de tarifs, dans la question des bestiaux? Evidemment non : !à ils sont très intéressés; ils vivent sous l'influence de préoccupations personnelles, étrangères et souvent même contraires i l'intérêt général.

Les capitalistes étaient-ils plus indépendans dans la question du cinq pour cent? Pas davantage; iU votaient sous le charme d'un intérêt personnel puissant.

Les négocians sont-ils indépendans quand on discute, l'abolition du sucre indigène et la prospérité des colonies? Pas plus que loa capitalistes dnns la question des renies.

Les manufacturiers sont-ils plus indépendans pour apprécier les avantages des traités de commerce et des unions douanières comme celle de Belgique ? Je ne crois pas que pei-sonne soit tenté

d« Taffirmer ; et ^w ne citer qu'un exemple ^ «n ipqinent pù \f mipi^t^re â^ui% mai fut renveraé i^ur la loi 4e dotation , quaqfl M« l4ebœuf répondait h ceux qui lui reprool^^ient son vote : « Je n'ai pas vota contre^ I4 dotation j mais contre le traité de corn* merce que le Cabinet allait signer avec l'Angleten ç et qui admettait sea porcelaines à un faible droite» I9 fabricant de porcelaines de Montereau n'était pas indépendant. Sans doute dans son esprit il croyait lutter au nom de l'industrie nationale, et lui aussi se disait probablement en déposant la boule noire dans l'urne : a \\ faut bien faire quelq^e cbose pour son pays ! » Mais à coup sûr^ dans cette manière d'envisager les intérêts généraux de la France, M. Lebœuf ne procédait pas par voie de sacrifice et d'abnégation ; il suivait les lumières de son propre intérêt.

Restent les journalistes^ c'est-à-dire les théoriciens parlementaires qui ont surtout contribué à répandre ces idées fausses sur l'indépendance en matière politique; et il est juste de leur demander un coqopteplus sévère de cette qualité qu'ils exigent si impérieusement des autres. Les journalistes de la (Chambre sont-ils indépendans?Indépendans de leura actionnaires, de leurs prolecteurs, de leurs grands hommes et de leurs abonnés? Gibouleau, dpnt l'industrie d'écrivain public a quelqu'aua- Iqgie avec la leur, affirme que non. Il est liiste de le penser^ mais les choses ensont venues à ce point que les vices et les ridicules de la presse n'ont plus

de mystères^ même pour le sawistaiii de Passy. Il sait parfaitement que ce noav^a pouvoir spirituel, né de la révolutionna préseaté dans un demi* siècle toutes les phases d'ascendance et de décrépitude d'un pouvoir analogue^ plus puissant et plus respecté. ^830 a été pour la presse périodique ce que la réforme fut pour k papauté. Le patriarche des journaux , celui que son amour pour les arts, non moins que sa magnificence et Tautorité de son esprit pouvaient faire nommer à bon droit le Léon X de la presse, M. Bertinainé, a vu s'élever devant lui un jeune Luther qui lui a livré bataille, et, dans le désordre de Taction, a soufflé Tindiscipline et l'esprit de dispute parmi ses ouailles , je veux dire parmi ses abonnés.

Quand Molière écrivait Tartufe, Voltaire n'était pas loin. Après les attaques sérieoses sont donc venus les sarcasmes sans pitié; la satire n'a f^us été dirigée au nom de la foi dans la presse ^ mais contre laioi.

Aujourd'hui^ la moitié des journaux n'est oceupée qu'à accuser l'autre de mensonge, à la discréditer dans l'opinion. Partout oi un de ces nouveaux apàtres ouvre boutique, il y a un vieux docteur qui , par manière de bieiHvenue , écrit sur l'enseigne : Charlatan !

Comment Gibouleau croiraitril à l'indépendance de la presse? Au Palais-deJustice , il la voit en faillite, adjugée aux enchères; au théâtrci il la voit exposée aux dédains et à la risée de la foule; dans

les ronikns^ dàos les revuës/à la tribune^ partout eniii il voit exposées ses perfidies, ses trahisons; et chosrkorrible à dire^ s'il jette les yeux sur les gravures to^ndues à la feirôtre de son voisin le vitrier; il recénnait toutes les illustrations du jovrnalismé^ dans lés cages du Jardin des Plantes^ enfernmes comme des bétes féroces et visitées par la foule des abonnés , sous la forme d'autres bétes moins dasgerettses.

Est-€e là rimage de Tindépendauce et de la liberté? «

NoD^ les députés journalistes ne sont pas indépendalns. Hy a parmi eux des hommes d'un grand honneur,' ^'un talent considérable, mais ils dépendent de la déconsidération attachée à leur profession. M; Léon Faucher a voulu devenir un homme politique , il a quitté le journalisme. En effet la qualité ée journaliste est presque un titre à Texclusion de la carrière du jpouvoir. Qnel que soit le mérite du journal de M. Emile de Girardin , quel que soit le nombre dés abonués de M. Chambolle, il n'ea'fTeriBi dans" l'esprit de ])eï^onhé d'imaginer que Hun'de ces deux membres du parlement ait la chance , en cas de remaniement ministériel, de faire partie du nouveau Cabinet. Et pourtant !Mf. de Chateaubriand, M. Thiers^ M. Gûiiôt^ M. de Salvandy et tant d^aotres ont sauté de plein pied de ^office d'un journal dans le (conseil des ministres. C'est que le journaliste de la restauration était un vrai chasseur^ allant pour son compte à la chasse des

portefeuilles. Le journaliste d'enjowrd'iiui n'est que le chien du chasseur. I>apui« le grosCéfar qui hurle k la lune et laisse entrer les voleurs dans la maison, jusqu'au petit Azor qui mord aux jambv ennemis et amis^ la meute des journaui^ preseate désormais Timage véritsble de la destinée et des habitudes de la race canine : aboiemens, morsuiw» moins la fidélité*

Ainsi les journalistes eux-mêmes , att sein de k Chambre^ n'ont pu réaliser cette indépendance qu'ils exigent des hommes d'Etat. Moins qu'aucun autre collègue peut-tétrOj ils ne peuvent se détacher des considérations personnelles ^ des eiigenoea de commerce, de ce vasselage de l'opinion qui en^ lève à l'esprit la disposition de lui-même , la jutr tesse et sa fermeté. C'est que cette indépendanoe, dont on fait grand fracas, n'est qu'une illusion j une situation impossible, contraire à la nature même de rhomme qui ne peut vivre sans liena de famille, de fortune, de véputation et qui, en dépil de toutes les prescriptioBS de la morale et dn la vertu I ne peut, dans les débats où Tintéiét pahU^ est engagé, faire un complet abandon de son propre intérêt.

Si l'on entend par indépendenco politiifue lésaorifioe et l'abnégation, il faut avoMP que cet astre inconnu n'a pas encore paru dans le système sidéral du Palais-Bourbon. Dès^lers, on n« peut pas e^Liger de Gibouleau, modoite satellite i de 1'^ (aire #ntrer*

On ne saurait donc opposer & Thonnète bedetQ de Passy aucuoe objectioa sérieuse. Sa uomiûaUon ne pourra jamais augmenter le uooibre des grâces dont dispose le Cabinet , ni devenir un instru** ment électoral^ puisqu'elle dépendra entièrement des députés. Si le souffleur de la Chambre doit prendre à la longue de Tinfluence sur les délibéra** tiens, mieux vaut le gouvernement de Gibouleau que Tanarchie. Gibouleau , par sa position sooiale enfin , ne le cède à personne pour Tindépendanoe politique. Il a toutes les qualités de l'emploi , Tor* gane, Texactitude^ la discrétion, la docilité. De plus, oe qu'on ne trouverait peutrétre dans aucun autre souffleur , il a Thabitude des graves solennités » et Texpérience des difficultés pratiques que l'exéeution doit nécessairement révéler.

Voos le voyez, personne ne pourrait mieux rem* plir Vûbjet que Ton se propose. Protégez Giboulc^u^ Monsieur, protégez Gibpuleau! La Chambre vous saura gré un jour du cadeau que vous lui aurez fait, car jamais elle n'aura mieux placé sa libéralité ni sa eosfiance.

Mais vous qui solUcitei; pour les autres, me dirar t-on, quelle garantie offrez-vous de la sincérité de vos esseftions? vous qui parlez d'indépendance, étas^ vous un homme iindépeodLant?liq«i'i titre, d^m quel'bmt vous mèlez-^vous au& affaire» publique.s? qui étsQ-vous? que voulez-vous? '

Oi> m'a assRiréi en effeti.qqespF tpqs ce^ points un doute assez pénible était entré d«os Veçfirîl 4e

qo^l^nes persKmnes de qui je n'ai pas l'honneur d'être connu, il est vrai; doute qne les habitudes de notre ège de bronze expliquent et qn'nne circonstance indépendante de ma Tolonte d'ailleurs a provoqué.

M. Beck^ honnête libraire, qui a pris pour mes modestes publications un enthousiasme exagéré, a jugé a propos^ outre la liste des soucripteurs et quelques amis^ d'en adresser des exemplaires à un certain nombre d'hommes d'État, espérant que plusieurs prendraient goût à une œuvre qui n'était entreprise que pour eux.

Voici le raisonnement que faisait l'éditeur:

Un écrivain qui honore le Roi> qui soutient les droits de la Pairie et de l'administration, est natu* rellement condamné par la presse à une étemelle obscurité. Les journaux qui ne pensent pas comme lui se tairont par calcul; ceux qui pensent comme lui garderont le silence par pudeur et par discrétion. Il faut donc distribuer ces lettres; si on les lit, j'enverrai les suivantes jusqu'à la fin du premier volume , et le plaisir qu'aura éprouvé le lecteur me permettra de lui rendre visite sans trop d'embarras.

Ainsi a raisonné M. Beèk^ cœur simple et droit, qui ne se doutait pas, tandis qu'il posait ce problème savant des probabilités , que certains de ses lecteurs le résolvaient de la manière suivante :

Voici une publication qu'on m'envoie sans que je la demande. On y fait l'éloge du Roi! On y sou*

tient les droits de la Pairie et de Fadmiiiistratioii. C'est donc le miDistère qui en fait les irais» récri* vain est vendu à la Cour! Voilà Tusage que Ton fait des fonds secrets ! , . .

O méprises de Tinnocence I À quoi tiennent les réputations des ministres, et jusqu'à l'honneur d'un Roi! Voici donc tout un Cabinet ^ la comptabilité des finances , la probité du pouvoir , la majesté même de la Couronne , ce qu'il y a de plus sacré dans l'État enfii) , tout cela compromis par une fausse démarche de librairie. En vérité, rien n'é* gale ma confusion ; et je ne peux que prier M. Beck de s'armer de son enthousiasme, de mes excuses et de son éternel courage, et de se mettre en route au plus tôt pour faire cesser ce fatal malentendu.

Après cette confession sincère, j'aurais droit de garderie silçnce, et de céder àTextréme répugnance que j'ai de parler de moi. Mais , je n'oublie pas qu'il s'agit de Gibouleau. Si je me tais, je nuis à sa fortune, à son bonheur » lui qui a contribué, à faire le mien! Je ne siiîs donc plus libre? Il f^ut me défendre ! Il faut dire qui je suis , ce que je pense, ce que je veux, quelle est mon ambition personnelle, et ce que j'attends de cette publication ; je le ferai avec la plps entière franchise.

Je suis homme de lettres. Monsieur; ma profession consiste à écrire de temps à autre quelques modestes comédies. Si cette qualité paraissait aux yeux de certaines personnes up obstacle à traiter convenablement les ouitièras politiques^ je leur

rappellerais que depuis le cardinal^miiitstre é^ Louis XIII jusqu'à M. RomieUi préfet de la Vordcgne^ les hommes d'Etat émlnens ont travaillé pour le théâtre ; que dis-je ? des rois même n'ont pas dédaigné ces jeux frivoles de l'esprit. L'illuslrb auteur de la Charte n^a pas moins bien gonvemé le royaume de ses pferés pour avoir écrit Tarare; et, à quelque époque que je reovpnte, quelque part que je jette les yeux, dans Tadministration, au Luxembourg ou sur les bancs du Palais-Bourbon, j'aperçois une foule d'illustres confrères : les Destouches, les Andrieux, les Chénier, les Sheridan, les Martinez de la Rosa, les Mazères, lés Viennet, les Lebrun, les Etienne, les Rémusat, lesSalvandy, les Chateaubriand, le* Lamartine ont payé leur tribut à Tart des Sophocle et des Aristophane. El vousmême. Monsieur, si Ton en croit les indiBcrétîons de l'amitié, seriez coupable de quelques péchés de

ce genre.

Soyons donc juste envers tout le monde, et parce que j'ai fait Michtt Pèrrin , convenons que ce n'est pas une raison pour m'itterdire à jamais la discussion deé grands intérêts de l'Étal. J'y suis obligé, d'ailleurs , par devoir; car outre ma qualité d'auteur dramatique, j'ai l'honneur d'appartcfnir au conseil des prisons.

Oui, Monsieur,* il y à quatre ànà j'ai eu la ftn blesse d'entrer dans Tadriiinistration. Je suis d6dc fonctionnaire public ; c'est un malheur, j'en dbttviens ! ais je ne reçois pas de traitement ; c'est

nn bonheur, aux yeux de beaucoup de personnes, au moins, qui seront encbantées sans doute de pouvoir récompenser mes faibles services par de l'estime et de la considération.

Néanmoins, qu'elles ne sepressent pas trop. Car des six inspecteurs-adjoints que fait connaître l'Almaoach royal, et en tête desquels on m'a placé sans doute comme le plus ancien, s'il 7 en avait un seul qui protestât contre l'idée d'alTecter un traitement aux fonctions dont il est revêtu, qui déclarât que son honneur s'y oppose et qu'il considère toute proposition de ce ^enre comme un abus de pouvoir, comme une tentative de corruption , com- , me une atteinte portée à son indépendance de citoyen, l'inspecteur-adjoint qui tiendrait ce langage dirait tout simplement un gros mensonge; et vous pensez bien que des hommes, chargés par devoir de maintenir l'ordre et la morale, ne voudront jamais encourir un pareil reproche.

Non, Monsieur, autant d'înspecteurs-ad joints dans le conseil des prisons, aulant d'ambitieux qui aspirent à l'heure fortunée où ils seront investis sérieusement et complètement des fonctions qu'em< porte cette qualité, où ils en auront le titre entier et le traiteibent.

■ Ah ! diront les puristes, voilà le vrai motif qui lui a mis la plume à la mainl Après quatre ans, il a perdu patience ! et il veut aujourd'hui attirer l'attention des ministres et des membres du parle* menti >

Eh! mesBieurs, de grâce l quand il en sertit ainsi, où serait le grand mal ? Quand Fauteur comique aurait voulu s'assurer lui-même si son intelligence peut s'élever jusqu'aux graves objets de la politique et de l'administration , s'il en comprend les ressorts, s'il peut se passionner pour sa dignité, serait-ce un crime sans excuse et tout à fait indigne de pardon?

Ici, dans l'intérêt même de Gibimleau, je suis obligé de séparer ma cause de la sienne. En effet, nous n'envisageons pas l'un et l'autre l'administration sous le même aspect, et nous avons sur l'indépendance en matière politique des idées complètement distinctes. J'ai exposé ses principes, il est juste qneje fasse connaître les miens.

A mes yeux l'homme qui prétend sacrifier sa vie à celle des autres et donner sans cesse au pays ses soins, ses labeurs, son temps sans rien recevoir en échange de ses libéralités, ni fortune, ni honneur, ni distinction ; cet homme-là n'existe pas ; c'est tout simplement une abstraction et non pas une perfection.

L'homme indépendant, c'est celui qui tient dans un équilibre, dans une harmonie honorable, ses devoirs et ses droits. La véritable indépendance, la seule possible, c'est l'accord entre le bien qu'on fait et le bien qu'on réclame pour prix de son labeur ; c'est de ne pas demander plus qu'on ne vaut, de ne rien demander quand on n'a droit à rien ) mais c'est aussi.de demander, d'exiger, d'obliger

D6me les 'plus pnissans à vous rendre la justice que TOUS méritez.

Yoilà, Monsieur^ la règle de conduite que je me rais imposée; j^y serai fidèle^ car c'est là désormais que j*ai placé mon honneur^ ma probité politique et ma dignités

L'employé qui par son travail a payé d'avance la rétribution que votent les Chambres^ et dont on conteste ou diminue le traitement^ pour créer quelques sinécures de plus aux protégés des électeurs, cet employé n'est pas libre ; il n'est pas indépendant, s'il ne peut se défendre, s'il ne lutte pas contre l'envahissement dont il est victime ; s'il l'accepte, il dépend de sa faiblesse ou de sa timidité, il dépend d'un mauvais respect humain , il est l'es* clave de cette fausse doctrine démocratique qui condamnerait au rôle d'ilotes tous ceux qui n'ont pas l'avantage de posséder un demi-million (

Jusqu'à ce jour les travaux administratifs auxquels j'ai pris part ne sont pas de nature à faire de moi un créancier bien exigeant. Cependant ^ j'ai négligé mes affaires, j'ai concouru depuis quatre ans à des discussions qui ont préparé des réformes utiles, et à ce fameux projet de loi qui est prêt, que l'on vous présentera encore cette année , mais que certainemenl vous ne voterez pas. Entre le budget et moi , c'est donc le budget qui est le débiteur.

Toutefois, n'ai-je rien sollicité de lui, ni auprès du ministre, ni auprès des membres du parlement* Non que je rougisse d'une démarche légitime ,

mais par k conviotion qoe WMnUda ienpB de perdu.

Aqsû loogionps d«Bo qs'U ewfîsDdm.iu Ghaokims de laîflMT !• Marvie» dei pciaona dws Tétat d'ioauffiMiiee et d'iapeHMtioa oà il est ^ je De dirai rien , je n'importunerai peiWQBe» Maîa le jour Qt, eaiaiet d'ujae jbetle ardenTi «Ueaaitfpot Toté lea fonds néccBiairca pour «^ des ¥al«B* taires de radministntîon des travaux pAiis sérieoi et surtout cootînos, je maintîeiidni mon droit* Et dussé^ TOUS aller. trouver, vouSt Moosieiuv et voi collègues; dussé*je importuner les ministres» lei pairs de France , Topposition, la majorité; dusseje implorer justice du Roi lui^mésDe, je ne laisie* rai volontairement aueun nouveau venu prendre ma place. Voila comment j'entends mon indépen» dance.

Mais, encore une fins, celte manière de voir m'est tout à fait p^sonselle et Gibouleau n'y est pour rien.

Si je me suis étendu sur mes opinions sur mes intentions , sur mon ambition t c'est dans Tunique but, croyez-le bien, de vous coniain* cre de ma sincérité, et pour donner quelque crédit à ce métier de soUiciieur^dont tout le bénéfice doit revenir à mon protégé.

Veuillez donc, Monsieur, faire deux parts dans ma profession de foi : ce qu'elle a de bizarre, d'insolite, de blessant peut-être pour certains préjugés* pour certaines babiludi^ de laCbawbre^ tout cela

m'appartient; à moi seul d'en supporter larespon* sabUité.

Mais s'il résulte de cetle consciencieuse déclara*^ tion ridée d'un homme sincère^ loyal, d'un homme enfin sur Thonneur de qui Ton puisse compter; que cette disposition favorable ajoute une force de plus à mon témoignage; qu'elle soit aux yeux de vos collègues une heureuse apostille à la pétition de Gibouleau. Et si^ à la rigueur, j'ai besoin d'un garant de mon honneur et de ma bonne foi, puis-je espérer, Monsieur, que vous aurez conservé sou* venir de mon ancienne et respectueuse affection.

riH BU VftlMUm TMVMft.

TA8UI AVAIiTTIQina

» VOLmiE.

XABIiS AflTAIiTTIQVS

PSEBQEft VOliVME*

PréaitAM liMtM. M AV »M>

Dédicace, — Il Ml umps de pirief an Bol an langage tnne ei con* venable. — AoalMi^e delà royiaté de 1830 arec i'élibliHemeiit de Looto XIV apris la Proade. — Le cttme laccHe i ragilailon. - Il n'y avait qn'DD bomne qui pût preudre au jreat de la Kranee et de l'EorOpe la Quille de roL — Le ifttolque et le parcajtu de H. Dupln. — Hulde H. de r.bftieaalinaiid. — Vtrluble caracière qoe Loui«-Pbillppe donne an pacte qui lai esi propoM. — Slluatlon. — L*œJTre Imporlaote. c'eat l'acbèvemeot et la déreiue de la ccmstiiatlon. — CumpllcalioQS eitérienres. — Eoeuies. — Uot du Roi en réponse à une adrease de la itlta da GaUat. — PriDdpe àajiut* milieu. — La ffl^joriié a on programnie et un drapeaa. — Caaimir Périer laccèdc ï Lariiiie; ■juèn* da pMTOfMMaMi — Hinltlèra da 11 octobre; répressloo. '— Ueawaa UgUBUfat mporuata* «a 18M. — Inaarrectioo. — Luii da M^aitir«4 -^ Deratar iriaaiphe da ajaitae de répreaHOD. — Le prtadpfl de cOBcillaiiflD prtvaatj poBrqaolî — Chaageaieat grate daaa It aluaik»! et dtaa rapinioii. - Prédamlaaore d« la politique da^ aiairca aar la poUiiqve coaMitaiianaellb — Mlaisl6re du 16 atril. ~ \a eoti.tioiii ce qai a fal( aa force. — La pol Uquc dea aifiiires n'a paa da prograouie t c'eai aa Rr»i à le lui donur. — Loi de régencp, — Accord Mir les quesliun* cunaiiiulloanellet ; il n'tiJite paa dans les ques- Ikmi d*arriirat, — Devolra tie la conroane ; elle coosiain le» rnlu. — Graad réiaHat obtenu i la onailiatioa eM acbeiée. ~ C'eM au Hoi â le praclaaur Mb donner aox afUraa use impulaioB nouioîle. — Opinion dariarapt mt Lndi-PUlippe. — Caraclirc de la Roraaid aodcrnc.

DeoxlèBie Iiettreé — • AM»9iCttÊÊft»

Grise mioistérieUe ; sa vériuble cause. — Absence de shudoB ▼iolente. —La prospérité pabUqoe est an fardeaaponr lescabrnets.

— Intrigues; habileté de M. Goizot ponr les déjooer. — Ses ri- ▼aoz. — Questions sur lesqoelles le ministère est menacé. — L*anion belge; nécessité d'organiser le ministère dn commerce sor de nouvelles bases; son insuffisance actuelle. — Question des sucres; de l'indemnité comme principe général; droit d*ètre éco* nome dans rapplicatiod. — Ordonnance des ministres d*Éiat ; on projet de loi éuit préférable; la discnssion pouYait avoir liea d'abord à la chambre des pairs qui est plus compétente ; le côté personnel est le petit côté. Nécessité d'introduire des règles dans Pexercice du contrôle législatif. Les exigences électorales ont envahi la hiérarchie administrative. Les ministres d'État seront les patrons naturels des membres de l'administration. Partage des fonctions entre la députation et la pairie* — Droit de visite ; vrai danger; contact des nationaux des deux pays. Pourquoi l'Angleterre tient aux traités. Paroles de lord Aberdeen. Conduite à suivre : dénoncer les traités en les exécutant. — Cette transaction serait efflcace. La France ne peut vivre sans dignité; elle est mécontente de sa position en Europe.

— Conduite de rAngleterre et de la France àBarcelonne; la France ne visite les navires anglais que pour les sauver. — Le cabinet n'est sérieusement menacé sur aucune quesdon.

Vrolaléime Iiettre* -* A ■. lA MJC MB MBHOfOMU

Avenir de l'aristocratie en France» — La révotation Mra*t«Ue Vénergle et la vertu de faire sortir de son aein une aristocratie MMmlle?

— Tenéuiees oontraires au mouvement démocratique de 1836. — Héceesité de rangs totermédiairas entre le Roi et le peuple. ^ Mmora ; état soolal. -^ Beanconp d'aristocrates et pas d'arittocratie. — Camo* 1ère de l'ancienne noblesae ; les tflrei «'étaient qve ks noms de fonctions publiques; l'aristocratie mmwt ses rangs an mérite; Noblesse oblige. — Louis XIV. — Influence des pariemena. — 1789.

— Aristocratie révolutionnaire. — Noblesse impériale. — Il ne snlBt pas aujourd'hui de faire des nobles; les qQaliflcaUoos anciennes sont sans valeur. -» La noblesse nouvelle doit être gouvernementale et à vie. --^ Il faut ennoblir les chargea publiques. Conditions néecualres: Las fonctionttaii>es notuela n'ont ni fixité • ni responaaUlîié; ni i^n^l-

bmioB nftaBCtfJ — Là j^airleest laMOunité de to noUMe gouverne* mentile. — L^égalité des trois pouvoirs dans le Parlement est le côté novateur de la monarchie de 1880. — La Pairie doit avoir le droit de récompenser les services publics. — Elle doit participer à son re< noaveÛement. — Puissance des traditions» — La Pairie qui honore les morts doit appeler dans son sein leurs successeurs. Gomment cet usage pent s*établir sans porter atteinte à la prérogative royale. — Le patriotisme et le dévouement aux intérêts généraox sont les premières conditioiin de la nouvelle noblesse.

• Hastrièime I^eSSre* —AH» VHIBMk

Mot de M. Thiers sur la mort du Duc d^Orléans. — Situation de h France en Europe. — Disposition d*esprit de M. Thiers ; ce que la France est àses yeux. — Les conservateurs, depuis i880« se sont bornés à conserver le trésor des gloires nationales. — Système politique de M* Thiers. — Mouvement provoqué en Europe par notre révolution. —La France fait accepter àl*Europe le principe nouveau de sa constitution. — Difficultés en 1836. — Véritable cause des méflances de l*Earope. — La paix» autant que la guerre, a contribué à la gloire de la France*. — Elle ne peut vivre sans influence au dehors. — Rôle de la Prusse, de TAntriche, de la Russie, de FAngleterre et des États-Unis. — Situation de la France. — Susceptibilité légitime. — EHe n'a pas cessé d'être une nation de premier ordre ; elle porte en elle un principe de force qui lui est propre. — Le sentiment nouveau qui servira de guide à la politique des affaires est un sentiment dejuaftlce; en quoi consiste la Justice? La France seule peut la pratiquer largement ; quelle est sa part dans le grand travail des nations. — Gomment la France est intervenue Jnsqnicl dans les questions politiques de TEurope.

— La France est ki nation qui perfectionne , dans intérêt du monde entier, les bases de Tassociation humaine. •-* Elle doit faire dé* sirer son arbitrage par lasagesse de ses eonseils. — Cette destinée nouvelle peut satisfaire le besoin denioira particulier an peuple français»

— YoM relatif à iu carrière future de M. TWers.

Cinquième I«etlre« — A V. IjB DUO DE BBOCOilB.

Discussion de l'adresse i la Chambre des Pairs. — Avenhr du droit de visitet ses conséquences sur nos reluëons^ iMemaiionales. «*»'Ln

priorîlédeâÎMimionB'atpascbosfliiKlitréreBte. — La Palrta M niunnable, lailépalaiion passionnée. — U éialt bon que Ir Pairie D'eiprimli pu de vtEupourraboIilioD delà traite; il sera bon que la Chambre des Dépultj en exprime ua. — Son aliliuile doit prouver au peuple angUii toute ta gravité du semiment soulevé e» France par le iraité du 1 j jiilleL — Ressources de la Pairie pour balauc^r l'influence de la dépulation. — La solution sur le droit de riaile proposée o H. GoiiU n'eu plus possible; nécessité d'envisager la question suus une noaielle face. — Attitude réciproque du Cabinet et des Cbanbres. — LeninlilÉre ne considérera pas comme un éclicc tes eiigences de la Chambre élective. — Tendance du Cabinet vers l'alliance anglaise. — Les deut nations ne pcurent se rapprocber qa'i ta condition de se mieux connaître. — État dans lequel la quesii'jn se présente au Patais Bourbon. ~ Aocun Cabinet ne penl Taire plus que le Cabinet actacl ; le Cabinet anglais ne peut pas de son calé consentir plos qu'il n'i consenti. — Intérêt de la France an maintien da Cabinet de lord Aberdeen. — Légitimité des tendances du ministère ei de la Cbambre. — Deni intérêts en présence. — En Angleterre, comme en France, la conslitutioQ iniirieure de l'État n'est plus la principale passion du pays. — La France doit provoquer les grandes créailoos matérielles. — AsiociaiiOQ de la France et de l'Angleterre dans les travaux de communlcaiion de San et de Panama. — Contradictions des parti; : il Tau t s'entendre ht le véritable intérêt national, — Le nouveau marché que II France doit i^'ouvrir, c'est sa population pauvre. — Notre politique n'est plus rilit de l'isolement. — Alliance des boinines (l'État de l'Angleterre et de li France ; hardiesse de l'œuvre qu'ils ont eaircprise. — Ce que doit faire la France en cas de lutte ou d'alliance avec la Graiide-Breuguc. — Nous marchons vers une de ces deux soluiious.

«Ixlcmo LcICrP— A M. LE MABÉOD&L MÉBAMTLiWI-

La qnesiinn mlnisti'rielle esl vidée. — Résnlial du vote du projel d'adresse de la commisaiot). — Il est heurcui qie le Cabinet n'ait pas élé renversé. — Inconvéniens du l'insiabililé des Cabiaeu. — La ïéaalilt en Angleterre, en Russie cl en France. — Les exigences électorales (»nt ta faiblesse du pouvoir. — La classe bourgeoise n'a pas éU pr^orée par son éducation à la gestion des arfaircs publiques. — Cabbteis et Uiiiistres depuis 1830. — I:inpiotcmcns niiiiu<-is. — Le Cabinet actuel . rassuré sur son existence, est dans de meilleures condiiions, — lopor- (SDce des traratu saonis aux Cbambres. ~ InGuonce du voie de U-

oMMc M nôi ftiflfiMS Ctieriênfés. -^ Gatii(!i dé^ élTêliis M r0|ip6<' Mon. -* Lé l^rftnce a l6 senflment dé ses desHfiéeê Milres^ ^ Jiiitifl« cidoo de la période rétolmionnaire et impériale. — Néceariié d*aû ijfitème poHtiqué an dehors. — Causes de méi^ôDteiiteiiienf. ^ Ce 4«*a été PafUaiice anglaise depuis 18S0. ^ Potirqaoi rAigfleterf e rest nU liée la première au gonterneikieiit de Jotllet. *- La sitaatloii nonrelle de Itorope exige (}Q*mie alliance atec TAngleférre repose désormais s«f de iioiiTelles bases. — Snpériorité matérielle de PAngleterrei elle frappe l€s yenx. — La sopériorlté propre an génie français est obscore et pas* siYe ; sa transformation depuis 1789. ^ H faut que nons prontions notre force k TAngleterre par nn acte éclatant. — En visant h Palllance anglaise, U fant tonmer les yent vers TAIlemagne ; son analogie a? ee la France. — Polltlqne de la Prusse et de TAutrirhe. — La France doit rasBorer les États allemands en leur prouvant que le travail de sa cons* tiintionesi adievé, et en proclamant un grand principe social. ~ L'AIlesMgne répondrait à nn semblable appel,

ttepttémae l^etire,-^ A M. MAUCiDlIf.

Pourquoi lldée d*one alliance russe se rattache k 11. Hauguln. Voyage de Tanieur à Saint-Pétersbourg. Conviction que cette alliance serait fatale. — Base proposée.— La polidque de la France doit être plus grande et plus généreuse. — Dispositions personnelles de Temperenr de Rnssie. Causes de la froideur dé ses relations avec le cabinet des Tuileries. -- Résultats de Talliance russe. — Elle aurait contre elle la Pmsse*^ TAutriche de TAngleterre. — Il faudrait recourir 5 la guerre. En cas de guerre', la Russie ne peut être pour la France une alliée solide. — Examen de Tétat financier de la Russie. — Banques et Lombards. — Crédit à Fétranger. — Ressources intérieures. — Sys^ tème politique du comte Cancrine : son opinion sur les chemins de fer. Etat des voies de communications de rempire.—La Russie n*a que deux grandes chaussées, — Lenteur des moyens de transport. — Circulation des approvisionnemens et des marchandises. —Couses (1rs perturbations commerciales. — Imposstbilifé de remédier h Tétat barbu e des vnics de communication. -- Lenteur des monvemens militaires. ^ Etomen de Téiat politique et social delà Russie. —Réformes indispensables; agitations qn*elles doivent produire.— Le prince Lobetzki. — Son .«ysfème politique en opposition avec celui du comte ConcHne. — Condition partlcnWèrc du peuple ntsse.— L'empereur itteola^ vent modifier Tordre

Page 1