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formé leur airtUlerie. ku oommenaelnent de la gncrre en 4 840, il n'existait en Chine que de Tna> valses pièces du calibre de 42 an plus, fondues, non forées, et à la fin de la gncrre , dix-huit mois après, les Âaglais ont trouvé les remparts ^bois garnis de canons de bronze qui, pour le calibre et la fonte, pouvaient rivaliser avec ce que lès battaies de la flotte contenaient de plus parfait.
Les Chinois ne connalsent pas le verre ou du moins oe savent pas le fabriquer. Ils ne font pas les instrumens d'optique et de précision. La meilleure montre chinoise ne saurait soutenir la comparaison avec le plus grossier échantillon de i'horlogeri* earopéenne.
La mécanquo et «d général toutes les leiences d'appUcati^ sont encore en Chine à l'état rudimenUire. La petite colture ne permet pas d'y entretenir de troupeaux. lU ne fabriquent dose pus d«s étoffes de laine. Elles leur sont arrivées par Kiakta. ils est vrai qu'ils en consommenl 1res peu. ToutPfois les relations du commerce modifient peu à peu les i^oùts, les habitudes des peuples, et il est pennis de croire qu'une foule d'industries européennes trouveront un jour en Chine un vaste débovché.
Hais nous aurons autant k apprendre qu'à enseigner. Notre contact avec cet immense territoire, s'il avait lieu sans prévoyance et sans précautions, pourrait donc être pour nous une cause de ru ine aussi bien que de richesse. Il n'appartient qu'aux gouverne-
jnçDS 4e se plac^ à ce point de vue général qui prévoit les éventualités les plus contraires, qui stipule &tt noin de tons les intérêts; et c'est un devoir pour eux, au moment où ils s'engageront dans une voie si nouvelle, de s'environner des lumières qui leur, manquent. H semble quç les académies , les chambres de commerce^ les conseils généraux devraient être consultés pour la composition de la committion industrielle à envoyer en Chine. Et comme l'Allemagne , les États du |nord surtout, n'ont p«a nu moindre intérêt que la France à son exploration , cette commission devrait être composée d'Allemands et de Français.
UiM pateUiB oommfsàoii nalvfeUMMat noaiiM^nse davrait cooteliir un certain oMahro de maftnfectarivi, deohiaiiBtea,d'artjaaM et néned'ovvriflvs et 4eUkoiRmn. Elle dcvf«it afoir à M tAte des Bégoeiatens d'nn ordre élevé et préiMitar le caraetère politique avssi biflÉ qa'indastiial.
On objectera peut-être qu'une commission pareille, ambassade d'uD nouveau genre, ne serait pas reçue, qu'elle éveillerait la défiance et les craintes du gouvernement inipérial|naku'ellement si soupçonneux ?
Dans les circonstances nouvelles où la guerre a placé la Chine on doit croire, au contraire, qu'obligée de communiquer avec un des peuples européens, elle comprendrait que son intérêt est de se mettre en rapport avec tous, afin d'opposer un
cootrepoids ausexigences contre lesquelles sa propre force ne suffit pas pour la défendre.
Imaginer que le céleste Empire, vaincu par l'Angleterre, repoussera les communications bieuTcUlautes des autres Etats européens, ce serait supposer que le Cabinet chinois n'a ni prudence, ni habileté, ni pénétration; qu'il gouverne un peuple barbare, sur lequel il n'exerce moralement aucune autorité, et dont les destinées lui sont indi^'érentes. Et tous les docuroens s'accordent au contraire pour prouver qu'il n'existe pas sur le globe de gouvernement plus habile et plus prévoyant, d'administration mieux centralisée. Soit que Ton considère la *constitution politique, les mœars, la puissance ée Vof^iMB, \m babitadei at l'iiutnicrfion te {dus basses oluses, (m œt obligé^de reooanattre que 1« GlÛHe, bien qu'avAcdoB fonnw parfois étranges, a attaiat, schu tons i«8 jupects âê la ciTi^satwQ humaines, un hABt degré de développement.
L'EuEOpe trouvera en Chine une race intelligente , un 9ol fécond , un gouvernement sage et ialwrioax^ une civilisation enfin qui, partie, comme la nôtre, de la diversité (i) est parvenue à faire jouir vue étendue de pays plus vaste que l'Barope des bienfoits d'une centralisation extraordinaire.
fl] Hua tes umpi antiques, la Chine était partagée en un noabr« considérable de pctiU royaumes. â50 ans avant noire tre, Confudi», coueBporaiD de Pylliigore, fui premier ministre da royaume de Lo , «i paaiBBMpartiedeuTieh servir diFrérenssouveraios d'Etals vaiiluei qai fitraoïl aDJoardlinl les provinces ilu rélesie Xmpire. """"'
La centralisation chinoise^ en effets règle jusqu^aa costume des diverses provinces ; elle administre et gouverne partout directement au nom de l'Empereur, malgré la mauvaise situation de la résidence impériale sur la frontière du nord, et elle entre dans des détails administratifs que la France elle-même ne soupçonne pas. Ce qu'il y a de plus singulier^ c'est que cette centralisation a procédé d*un principe, je dirais presque d'un sentiment politique, complètement opposé à ceux qui ont présidé à l'établissement de l'autorité dans toutes les autres sociétés humaines.
Toutes les civilisations, celle de la race sémitique comme celle de la race indo-européenne, ont des traits généraux semblables ; il n'existe de différences que dans les détails. L^ordre politique a été fondé en Afrique , en Asie comme en Europe , depuis les bords du Niger jusqu'à ceux de rOxus ou du Rhin , sur l'assujétissement des peuples vaincus par les peuples vainqueurs.
Il semble que partout la race humaine ait été incapable d'établir la hiérarchie des pouvoirs et des emplois sur une autre base que la conquête et la domination brutale du plus fort.
Le contraire a eu lieu che^ les Chinois; ce peuple, éminemment pacifique et industrieux, a subi la conquête des Mongols, et tout récemment encore eeUe des Mantchoux (4), et cependant il ne parait
(1) Au xvii' siècle.
pas que jamais hi conquérant y aient exeroé les terribles pouvoirs que la ^ictuiro leur a donaés dans les autres pays. La conquête des Tarlares est trop récente pour que ses traces aient pu déjà s'effacer. Elles sont au contraire parfaitement visibles, grâce au soin que prend le irouveriicment de maintenir entre les deux races u uo séparation complète, comme lorsqu'il ordonne aux Tartares d'habiter des quartiers séparés dans les villes^ ou qu'il crée pour eux des corps spéciaux dans l'armée; lorsqu'il leur enjoint de porter exclusivement un certain costume; lorsque, par exemple, ce qui est arrivé il y a deux ou trois ans, ilinterditauxfem mes tarlares, chez qui la mode avait commencé à s'en répandre, de porteries manches flottantes des dames chinoises, ou de se martyriser les pieds pour lutter avec leurs rivales,
La race chinoise vit doncparfaitementdistincfedfl larace victorieuse; mais rien n'indique que celle-ci lui soit superposée, ni qu'elle l'ait dépossédée au temps de la conquête, ni qu'elle ait acquis à ses dépens aucun privilège sur elle. Les hautes fonctions de l'Empire sont égalementparlagéesenlreles dfBX peuples. Le ministère de l'Empereur, son Cabinet; si l'on peut parler ainsi, se composait par moitié en 4842, de Tartares et de Chinois. Le seul avan- 1 lage que possèdent les Tartares, c'est de recevoir» , comme soldais, une paie plus élevée, 2taels(4Bfr.) et une ration de riz, tandis que les soldais chinoii ne reçoivent que 4 taél et 6/10'"'* (12 fr.} sans riï.
Et volUMveï, Monsieur le Ministre^ qa'eà Chine les fonction» militaires sont infiniment moins estimées que les fonctions civiles. L'armée ne se compose en réalité que de pauvres gens inscrits sur les contrôles ; ils n'ont le plus souvent aucun service à faire^ et Timmensie majorité des emplois civils appartient aux Chinois.
L'égalité devant la loi, l'admissibilité de tous ani emplois publics, ce but auquel les États les plus avancés de l'Europe touchent à peine et qu'ils ont poursuivi à travers les siècles, semble avoir été, au contraire^ le point de départ, la base du déve^ loppement politique de la Chine. Le corps desfonc-* lion oaires publics qui, suivant M. Davis^ ne compte que quatorze mille employés pour gouverner et administrer une population de 500 millions d'ha-» bitans> se recrute annuellement par des concours, et il est remarquable que dans les livres , les journaus et tous les documens qui nous sont parvenus, rimpartialité des examinateurs ne soit jamais mise en suspicion.
Dans le Pi-pa-ki, drame écrit il y a plusieurs siècles déjà, on se moque des examinateurs; l'auteur met dans leur bouche des questions puériles; mais quand vieut l'examen, malgré leurs ridicules, il ne les ftiît pas moins bien juger ; ils donnent, en effet, la première place att héros qui est représenté comme un phénix de savoir et de vertu. Ce héros luimôme est un jeune homme obscur et pauvre, sans
amis, fans crédit, et cependant le concours a pour
réseUat de Tinvestir d'une haute fonction et âelù dC'Uner une existence brillante. Le roman de ta fmivie. accomplie nous oiîte, &n contraire, le fils d'un (lespliiBflrandspersonnagesdel'Empirei qui se prépare aussi pour les concours, et danslesconrefutions entre le père, la mère et le fits on ne voit personne compter le crédit du père comine une chance de snccès et d'avancement.
Sur ce point, du moins, la littérature nationale confirme les assertions des Toyi^eurs etloolnous prouve que la population de la Ghinie a la plus ■{raode confiance dans ses institutions; les lois sont une garantie suffisante pour que les emplois ne soient jamais donnés qu'an mérite. L'opinion publique exerceà ce sujet une surveillance énei^ique, iqcessante. Plusieurs fois, dans la guerre oontreles ADgtaisnotamment,pressépardes besoins d'argent, le pouvoir impérial a voulu vendre quelqnes emplois publics ; il en a presque toujours été empêché par te mécontentement populaire, qnl se mamfestait souvent par des insurrections.
II est presqu'inutile d'ajouter qu'il n'existe pas de noblesse en Chine. Lorsqu'un faoBme se ^ distingue et rend à son pays de ces sevvices qu'en récompense ordinairement en Europe par la noblesse, le cas le plus ordinaire c'est qu'on ennoMit la mémoire de ses aïeux ; on récompense ainsi ceux qui ont produit un citoyen utile. Qu^qqsfois aussi on accorde à ses descendans oertaineB distinctions héréditaires pour un nombre donné de
générations, liais ces distinetions sont purement honorifiques comme nos décorations. C'est le droit de porter une ou plusieurs plumes de paon à sa coiffure, une ceinture, un bouton de telle ou telle couleur a son bonnet.
L'administration chinoise a été très vivement accusée de malversations et de désordre. Ceux qui depuis plus de trois ans ont suivi les mouvemens dont la Chine a été le théâtre n'en ont acquis au* cune preuve. Ils pourraient même citer des exemples du contraire. Ainsi lorsque les Anglais furent forcés de remettre leur opium à Lin en 4859, ils crurent que le fonctionnaire chinois voulait les dépouiller de leurs marchandises pour se les approprier* Mais ils ont avoué que les 25,000 caisses d'une valeur de plus de 60,000,000 fr. furent détruites sous leurs yeux.
De même lorsque les Anglais se décidèrent à remonter le Yang-Tsé-Kiang et ses affluens , circonstance qui détermina les Chinois à traiter de la paix, leurs bateaux à vapeur, entrant dans toutes les rivières , chassèrent devant eux une population immense qui retomba à la chaîne de l'adminis** tration des provinces voisines ; tous ces malheureux trouvèrent dans les mandarins uae administration vigilante, empressée à les secourir.
Aucune des institutions charitables qui font reloge de la civilisation européenne n'est étrangère à l'administration chinoise ; des greniers d'abon*^ 4aD€e servent a njaintenir les: grains à de^ priji
accâK^bl» et inmrnr grataitmieait > tin Msde disette, la popalatloo pauvre. L* pluR grande partie des traosportB effectués sur le gea^d Canal consiste en grains embarqués pour In.compte du gouvernement, soit qu'ils prov^ena«at d'aohatfroa du versement de l'impôt en naiure. U ^mbie véritablement que l'Empereur se conffldàFeoomme responsable de l'existenoe de ses iniiQmbDables sujets.
D'immenses ouvrages d'art o>nt été exécutés en Cbioe an compte du gouvernement; outre ta grande muraille et le canal Impérial^ il existe une foule de monumensd'utilité populaire, doittl'aohèvement et l'entretieu relèvent d'un ministre des travaux publics, qui doit être beaucoup plus occupé que le nôtre, si l'on considère que l'Empire to«t entier semble canalisé. Les villes ellefi-mëmes, celles du moins où Iqs Européens ont pépétré, le so^, et par un système qui utilise l'eau, ei;t méipe temps, comme force motrice, comme moyen d'ixrigatioo et de communication. Lord iocelyn et les officiers «nglaia qui ont pénétré jusqu'à Mankia affirment que les chaussées, étroits sentiers dallés conuse nos boolevarts, avant l'asphalte, sont Aajofi au |ét«t d'en* treti«i parfait.
Eafia, il serait par trop mervoillMX ^n'uapeuple dont le gouveraeraiant pratique k pJufi «stière tolérance envers les boudhistes, lesmnaulmaDS, les nestoriens et faut d'autres sectes de l'ésiM» d'A)rieiit( qui n'a bénniiss jéoiitea que^pcrla ntaw tm»
fnà lésa fait bannir dasEtatg européens, un peuple où l'instraction primaire est plus développée qu'en Prosseï qui publie plus de livres à bas prix que la Société biblique, dont les journalistes jouissent d'autant de liberté que ceux des Etats-Unis, et cbez qui Topinion exerce un tel empire que jamais la race conquérante n'a pris place au-dessus de la race conquise, que la noblesse héréditaire n'y est pas admise^ qu'on n'y connaît pas la faveur^ et que toutes les dignités, sauf celle de l'Emperçur^ y sont le prix do mérite et ne sont distribuéfis qu'après des examens et au concours ; il serait^ dis*je, par trop mary^Ueux, par trop inexplicable qu'un pareil people fût dénué de raison^ d'intelligence; que^ dans la situation dangereuse et humiliante où rinvasion anglaise l'a placé, il se méprit sur la démonstration bienveillante d'une portion de cette Europe qui ne lui a fait éprouver jusqu'à ce jour que sa rigueur^ et dont il peut désormais apprécier û force matérielle.
Non, Monsieur le Minik^tre, le gouvernement im« pénal a trop d'intérêt à pénétrer tous les secrets de rindustrie occidentale pour se refuser à l'échange qu'on lui proposera 1 II permettra à nos ingénieurs, à nos savans^ à nos fabricans^ à nos artisans, d'ob» serv^^rk mécanisme de la.production chinoise. Les famenx Mémoires de ses conseillers sur la probibi-* tion dn commerce de l'opium et de l'exportation du numéraire, prouvent qu'il comprendra sans peine tous lee mystères de notre économie sociale,
et si quelque «hose peat le téconciUer avec cette civilisation qui s'impose à lui avec violeDce, et que la diversité de se» mœure a pu lui faire trouver jusqu'à ce jour étrauge, c'est la haute moralité publique du but que aepropoeerait cette ambassade d'une espèce nouvelle, c'est ce sentiment d'ordre et de prévoyance qu'elle manifesterait, sentiment que les institutions de la Chine trahissent à chaque pas, et qui constitue le premier devoir comme la plus grande force de son gouvernement.
Maintenant , Monsieur le Ministre, il resteraitim doute à édaircir. Malgré le caractère pacifique d'une pareille ÎDtervention, n'est-il pas à craindre que l'Angleterre ne la vit avec jalousie ?
Je déclare d'abord que pour le succès politique aussi bien qu'industriel de cette ambassade, elle devrait avoir lieu, avec éclat, que des navires de haut bord et un certain nombre de bateaux à vapeur des marines française et aulrichienne devraient en faire partie. Ainsi je pose la question en ce qui concerne la jalousie que le cabinet anglais pourrait en ressentir dans les termes les plus défavorables.
Mais on entretient de' grandes illusions sur l'idée qoesefait lecommer ce auglaisdesflourcesde sa prospérité ; et sur les doctrines économiques de eod gouvernemenE.'L' Angleterre, aossittît qu'elle reçut la nouvelle du traité de Nankin ^ déclara qu'elle avait ouvert la Chine, non pas aux produits de ses seules fabriques, mais au i^omraerce du moude en-
tier. DepBis W progrès àe T Australie , ce système de liberté est celui qu'elle a résolu d'introduire peo à peu dans la péninsule indienne, où elle cornmenée réellement à gouverner les populations qu'elle avait exploitées jusque là d'une manière indirecte à k vérité, mais avec presqu'autant de rigueur que Méhémet exploite les fellahs du Nil.
L'Angleterre> dont la gloire est d'avoir entraîné les peuples dans la voie industrielle , sait qu'elle ne peut que gagner aux progrès de l'industrie du monde eetier. Loin de s'effrayer de voir les puissances européennes montrer leurs pavillons , leurs inventions, leurs richesses dans les mers et jusque sur les fleuves de la Chine, et venir s'instruire dos institutions, des procédés, des inventions, desgoûts, des habitudes des Chinois , elle y verrait une nouvelle garantie de sécurité donnée au gouverne* meni impérial , et un motif de plus d'espérer qu'il continuerait^ par bienveillance, par intérêt, ces rapports commerciaux qu'il n'a acceptés juslju'à ce jour qm 'eommeune loi du vainqueur.
La seule crainte sérieuse du gouvernement anglais , c'est que l'empereur, dès qu'il aura réparé scfs^désasires^nei^etiresa paroleet ne fermesesports dont il s'est résOTVé de' relever lês fortific&tions. Ce que redouté l'Angleterne , c'est d'être un jour obligée de recommencer ses expéditions ruineuses et, au lieu d'abolir / tneom^Htoor, de l'augmenter.
Si elle reste seule en face du gouvernement chinois, *èe danger est à craindre; si TEuropeeentrile^
l'Earope manafacturière la sqH wr ce novTevi terrain des échanges où elle lui a donné readff vous, le grand fait del'ouverture.de la Chloechang» peu à peu de caractère. Le souvenir de cet envahissement brutal s'efface et disparait sûus L'influence des intérêts créés par de nouvelles relations. L'Elmpire oublie ses défaites. Il a des alUés et c'est en ne prenant conseil que de ses intérêts, par un calcul libre de sa volonté, qu'il continue le commerce, objetexclu^if de l'industrie britannique, et qui n'aura desécurité, de durée que torique toutes lesnations y prendront part.
Ainsi, Monsieur le Uinistre, les objections que la disposition du public soulèvera d'abord contre une pareille entreprise disparaiaaent devant une étude plus approfondie des faits. La situation du gouvernement chinois a changé dqiniB sa défaite. L'intérêt qu'il avait à s'îwler du reste du monde ne subsiste plus. Contraint (Jéawmaia de communiquer régulièrement arec usue des puissances de l'Europe , sa politique doit conaister à nouer des relations avec toutes. D'un autre çàté, le système commercial et les rapports industriels du peuple anglais avec l'indiostrie du monde entier doivent lui faire adopter une seniblable politique.
Si le ZoUverein, la France et l'Autriche s'unissaient pour envoyer, sovs focioe d'ambassade, appuyée d'une.Ûotûlle et présidée par des hommes d'£tat éminens, une comtBiuion, pomposée d'iudu^triels; d'affronomes, d'artiaau, de savans^de
médecinset de quelques ouvriers, cettecommission, témoi^age éclatant de la^soUicitude des gouvernemens de France et d'Allemagne pour la conservation aus bien que ponr le progrès des industries nationales , n'aurait à redouter ni du gouvernement anglais ni du gouvernement chinois aucun obstacle sérieux à ses travaux d'exploration. Elle offrirait aux peuples centraux de l'Enrope aussi bien qa'à lewts dynasties une occasion naturelle de rapprochement , un motif d'union sértett&e et durable. Et peut-être est-ce une circonstance semblable qui doit provoquer et légitimer la grande oonfédératioii de l'Europe centrale dont j'ai exposé le caractère et Totilité, dans ma lettre précédente, qae celle-ci a pour but de développer.
Cette Confédération par laquelle la France et FAUemagne étendraient aux puissances de second crrdre le même système de protection et de solidarité que la Prusse et F Au triche pratiquent depuis 4S^5 envers les petits États delà Confédération ^rmaniqne^ ne sera réalisée un jour qu'à la condition de satisfeire un grand intérêt commun et immédiat.
Or^ il n^est pas une des nations secondaires de FEuropequi puifi^e se croire indifférente à ce grand évàDement de Fouverture de la Chine^ aucune qui Mit déMniéressée dans ses bienfeits ou qui soit à Fabri des perturbations industrielles qu'il peut en-fanter. La Suède, le Danemarck^ la Hollande, la Bdgîqiie, la Ravitoe i la %ume, h Sardaigne^ Na-
pies, l'Espagne, le Fortagal, la Turquie et TÉgypte même ont des iatéréU commerciaux, maoufacto- Tiers et agricoles, qui seront iDévitaUement modifiés par un contact direct ou iDdirect avec l'industrie chinoise. Ces intérêts soat dissemblables et sur plusieurs points en lutte ; ici, l'agriculture et la fabrication dominent, et font régner le principe de la protection; là, c'est le commerce qui l'emporte et fait triompher le principe de ta liberté. Mais foutes les puissances agricoles , manufacturières ou maritimes, soit qu'elles considèrent la Chine c(Hnme un concuirent dangereux, ou comme un débouché désirable, ont le même intérêt à la connaître, à l'explorer, afin de se préparer d'ayance à des chaugemens inévitables, d'éclairer, de guider le travail nationai, et de prendre, soit pour sa protection , soit pour son développement , toutes les mesures de modification de tarifs et de r^Iemens industriels qu'une cennaissaDee complète des productions naturelles de la Chine, de ses procédés de fabrication^ de la condition des travailleurs, du prix des vivres et dutaui des salaires peut seule inspirer.
L'intérêt à oonna^e la Chine, k pénétrer les myat^vs deson industrie et de sa civilisation, est donc le même> non eeulement pour la Prusse, l'Âutridie et 1& France, mais encore pour toutes les puissances de second ordre^ et il est assez considérable, asaeaimmédiait^ur provoquer et légitimer un ^mier nq>priMibfliMnt dans oe but common-
Aiaâi la confédération centrale de l'Europe trou* verait dans les intérêts industriels des divers états^ qon. moins que dans leur situation politique^ une raison d'existence naturelle et impérieuse. 11 est fa* cile de concevoir que Taccord formé pour Texploratiott'Spécklis de la Chine s'étendrait bientôt à tous les objets . relatifs à l'industrie; que ce serait le point de départ de rapports diplomatiques noiiveaus, et que chaque puissance comprendrait tans. les; avantages d'une association qui se proposerait pour but d'établir^ dans les travaux pacifiques des peuples et l'échange de leurs richesses^ le même ordre^ la même prévoyance et le même équilibre que dans la balance des intérêts politiques.
Si l'on étudie^ en effet, la situation financière^ agricole^ manufacturière et commerciale des diverses natioM européennes , si l'on pénètre le système éeo&omique que chacune d'elles poursuit^ on est oblige dereconDaitreà première vue qn^ l'Angleterre a rinitiativedttmouvementetque laRussieestla nation la plus attachée û l'immobilité. Entr'eliesdeux^ l'Allemagne , la France et toutes les puissances de second ordre^ chez lesquelles les intérêts du com» nouerce extérieur et des industries nationales se balancent dans une proportion à peu près semblable> 9ont les peuples les plus disposés, moralement et indusk'ieUemeiit , à faire prévaloir un système de justeHmlieu et d'équilibre.
Il y a cinquante ans » Monsieur le. Ministre, nos pères ont vp commencer «me lutte terrible ratre
ces déox forces , entre ces àmt pôles d« raUust humaia , le mouvement et l'immolulilé. l^s'i^issait alors de droits politiques et de cooâtitutions; les rôles étaient renversés. C'est la France qui prenait l'initiative de la révolution dans les idées, dans les rapports de classes. C'est l'Angletorze ^ni, au nom du principe conservateur , coalisait l'Esrope entière contre la France. Cette lutte a eu des phases diverses , elle a eagmdré beaucoup d'enthousiasme et de haines; mais le temps a eflacé déjà bien des inimitiés et sur les tombeaux de nos pères qui avaient commencé la bataille, nous qui l'a* vonsachevée et qui n' en avons pas souff'ert les plus dures extrémités, nous pouvons nous unir, nous donner la main et terminer cette guerre de géans par un accord, par un compromis dont la gloire de la monarchie nouvelle est d'avoir la première proclamé le principe: ralliance de l'ordre et de la liberté, l'union des dynasties légitimes et des peuples, le juste-milieu également éioignédes «busdn pouvoir royal et des excès du pouvoir populaire !
Quels sont les peuples entre lesquels oef accord doit établir les iiuns les plus soliilcs et les plus intimes? Ces peuples sont assurément l'AUemûone, la France, et les puissances de second ordre..
Depuis douze années Loiiis-Piiilippe parle et i''^ gne au nom derKiirope centrale; il jaaprinie ù ^^ politique française la douceur, la liienveiNâOce, l'amabilité même du caiactére n;ilional.
L'Allemagne serait ingrate autant qu 'aveugle si^
par eAvîe pour la nation qui, la première^ a proclamées véritables bases de Taccord européen, elle refusait aujourd'hui l'alliance intime que la France lui offrirait sans oi^ueil, sans dédain, et sur le pied de la plus complète égalité.
Elle serait coupable^ car elle aurait laissé échapper Toccasion décisive que la Providence, lui offre d'intervenir en arbitre entre les grands intérêts qui agitent et se disputent le monde, d'y défendre et d'y fovoriser les droits de ses peuples et de faire prévaloir, dans le débat, les grands principes de justice, d'association, d'équilibre et de solidarité humaine.
Aujourd'hui, comme en 4792, deux intérêts puissans sont en présence et se partagent les sympathies et les haines du monde entier. L'Angleterre a pris notre rôle révolutionnaire. Elle fait la propagande de la liberté commerciale^ comme nous faisions la propagande de la liberté constitutionnette. Ses navires ont remplacé nos armées; le théâtre et l'objet de l'envahissement ont changé ; mais c^est toujours un envahissement aveugle, désordonné, parfois brutal, d'un peuple contre le genre humain, et qui, s'il n'était pas tempéré, devrait un jour coaliser contre lui le reste du monde. . Ce n'est pas à dire cependant que l'Angleterre soit seule intéressée à la liberté absolue du commerce. Elle aura pour elle évidemment quelques peuples qui sont plus agriculteurs, plus corn mer* çans que fabricans; ou plutôt^ elle aura pour elle
les peuples spécialement commerçans et les penple? agriculteurs qui, ne comprenant pas encore 1^ genre de puissance nationale que donne le travail industriel, et séduits par les avantages relatifs qu'ils retireraient du sacrifice de leurs fabriques naissantes, s'uniront à elle, comme, dans le cours de la révolution française , certains peuples entrai-; nés par la liberté sacrifiaient leurs vieilles constitnlions et leurs vieilles dynasties aux séductions de l'égalité civile et de la fraternité humaine.
Mais voici la différence essentielle des deux épo* ques et des deu^ luttes. Dans la lutte de la France contre l'Europe, il n'existait aucun pouvoir intermédiaire, modérateur, ayant un égal intérêt à la coexislence des deux principes, assez éclairé pour imposer un traité d'alliance, assez fort pour le faire respecter.
Aujourd'hui, graceàla situation politique et iodustrielle des États de l'Europe centrale, ce pouvoir modérateur existe; et sous l'empire des traditions et des règles que s'est imposées la diplomatie européenne , il est incontestable qu'un accord intime de l'Allemagne, de la France et des puissances de second ordre, fondé sur la protection des faibles par les puissans, sur l'équilibre et la solidarité de toutes les industries européennes, triompherait des résistances que pourrait lui susciter l'intérêt spécial de telle nationalité, quelque puissante qu'elle soit. ,
Il ne s'agirait donc que de s'entendre, sur les
moyens pratiques d'établir et défaire prévaloir cette intervention médiatrice de la France, de rÂllemagne et des puissances secondaires dans les rapports manufacturiers et commerciaux du globe y seul domaine où puissent s'agiter désormais avec grandeur les deux principes de la Révolution et de la Conservation.
La loi qui préside aux relations internationales^ ce que Ton est convenu d'appeler le droit des gens, renferme donc des lacunes qu'il importe de remplir. D'après les principes et les usages diplomatiques qui ont prévalu depuis \ 81 5, la guerre entre les puissance européennes ne pourrait avoir lieu désormais avant d'avoir épuisé, dans un con* grès ou dans des conférences communes, tous les moyens de conciliation. Mais aujourd'hui les chances de collision violente sont infiniment rares. Le vrai champ de bataille, c'est l'industrie; l'artillerie moderne^ ce sont les machines à vapeur ; la guerre redoutable^ c'est la guerre des tarifs. Pourquoi les nations n'observeraient-elles pas dans ce nouvel ordre d'activité, qui domine tout désormais, les mêmes égards, les mêmes procédés bienveillans que pour les cas de guerre? Pourquoi les modifications de tarifs, qui entraînent souvent de si graves perturbations, ne seraient-elles pas l'objet de conférences dans lesquelles chaque nation conserverait sans doute son indépendance et son entière autorité sur elle-même, mais où chacune entendrait les pbservatiofis de toutes et profiterait souvent des
lomières que jette sur les qaesttons le d^t approfondi des intérêts opposés?
Remplir les lacnoes que présente le droit des gens pour les faits industriels, introduire dans Is diplomatie européenne l'usa^re de conférences et de discnssifïaâ communes sur tontes les questions de modifications de tarifs on d'entreprises d'utilitégénérale, telle est la création que l'on devrait attendre surtout du rapprochement des puissances centrales de l'Europe et de la combinaison de leurs intérêts à peu près identiques.
Au point où je suis parvenu, Monsievr le Ministre, qu'il me soit permis, en terminant, de jeter un coup-d'ceil sur les considérations contenues dans mes lettres précédentes.
La France, dans la situation oà les événemeqsde ^840 l'ont placée, possède-t-elle des moyens d'action qui lui permettant d'exercw an milieu dn monde l'influence Intime que devraient toi assurer son histoire, sa population, ses ridiesses, ses mœurs et ses lois?
Si ces moyens existent, lenrmeillenre combinaison constituerait un système de politique extérieure qui devrait résoudre définitivement le problème des alliances, et guider le Cabinet dans tontes se» négociations.
A ce point de vue, voioi la conclusion à laquelle conduit l'étude impartiale de l'état de l'Europe.
IjCs rftpports de la France et de FAnglelerre ae sont pins ce qu'Hs étaieort. Ils ne sauraient avjoitr-
d'hai, «fis un évéoement nouveau et cansidérable^ retrouver le caractère intime des six premières amiées qui suivirent Tét^lissement de la monarchie de 4830. Alors, les événemens les plus importans de l'Europe avaient rapport aux constitutions; les intérétsagricoles et industriels étaient au second rangr; tout cela est changé. Les gouveraoneas ont retrouvé leur assiette; sauf de rares exceptions, Tordre et la liberté ne sont plus gravement menacés. Aux débats des droits politiques ont succédé^ chez tous les peuples, des discussions de tarifs , d'union de douanes ou de traités de commerce. Il est impossible que Vanalogie de constitution , de foi politique suffise pour opérer entre la France et l'Angleterre sur ce non-* veau terrain une alliance aussi intime que par le passé. Les intérêts sont opposés en beaucoup de points ; l'orgueil national a été froissé de part et d'autre, en France, par la manière dont son Cabinet a été exclu du règlement des affaires d'Orient; en Angleterre , par les difficultés que l'esprit de la presse française a apportées à la répression sérieuse de la traite.
Dans ces circonstances toutes nouvelles, la France doit-elle tourner ses yeux vers le Nord et tenter de s'allier à la Russie? J'ai montré que cette alliance, Ic^ de produire les résultats que l'on s'en promettait, ne reposerait que sur des illusions. Nous ne p<Kirrions prendre le Rhin qu'au prix d'une guerre européenne, et la situation des finances de la Hus-
sie^ ses voies de commuiiioatiaD, son ^t Mciaiet politique, ne lui permettraient pas de notts offrir on secours efficace. Deux campagnes ont été nécessaires pour réduire la Pologne, parce que depuis ^828 les principales forces de TËmpire sont étagées de manière à envahir la Roumélie et prendre Conslantinople, ce que la Russie pourrait exécuter en quelques marches au premier coup de canon, tandis qu'il lui faudrait beaucoup de temps, d'argent et d'efforts pour atteindre le champ de bataille où nous lui aurions donné rendez-vous au cœur de TÂllemagne.
En outre, la France n'aurait à posséder le Rhin qu'un misérable intérêt de vanité très opposé à ses vrais intérêts agricoles ; et d'un autre côté elle a un intérêt sérieux à maintenir les Turcs à Constantinopic; car l'analogie de sa position dans l'Algérie lui permet désormais d'exercer sur le Divan une influence morale d'autant plus considérable qu'elle agira sur lui , non seulement par ses conseils mais par ses exemples. Le gouvernement des chrétiens de la Turquie d'Europe par des musulmans^ et le gouvernement des musulmans de la côte africaine par des chrétiens^ sont les deux faits les plus puissans et les plus féconds pour le triomphe définitif de la tolérance en matière de religion, qui doit être la règle universelle des gotrvememens et la base dé la politique du monde.
S'il n'existe entre les Cabinets des Tuileries et de Saint-Pétersbourg aucune raison solide d'al*
liasee mime , m revoncb» les liens moraux, les points de contact, ks int^ts communs sont nombreux entre la Franoe et l'Allemagne.
Les sacrifices de toute nature que la France fait en Algérie depuis douze ans, la constance avec lac[uelle elle poursuit son œuvre encore obscure, mais qui la passionne de plus en plus , prouvent qu'an mouvement qui la portait à l'Est a succédé un mouvement qui la porte au Sud. En donnant son sang, ses trésors et jusqu'à son nom à la terre africaine^ la France a renoncé à ses prétentions sur le Rhin.
L'Allemagne, de son cOté, a posé dans la Confédération germanique un principe de solidarité et de protection des petits Etats par les puissans, qui a introduit dans la diplomatie européenne un antécédent précieux. Ce principe peut devenir la base d'une confédération de l'Europe centrale où l'Allemagne et la France contracteraient avec les puissances de second ordre des engagemens analc^ues à cenx qui unissent la Prusse et l'Autriche aux petits Etats allemands.
Cetteconfiidératiun est aujourd'hui nécessitée par plusieurs faits importans de la politique internatio- Qale, et semble devoir donner lieu incessamment aux négociations et aux mesures suivantes :
^" L'Autriche et la France, qui ont des intérêts communs dans la Méditerranée, peuvent s'unira l'effet d'appuyer : l'Aufriche, la politique de la
Fnmce à Hsdrid ; ia France, la poUtfque de l'AnMche daofl l«s pFaviiic«& Danubiennes.
2* L'Autriche et ia France peuvent a'anir pour demander à Hehemet-Ali la eonoeaion da canal de Soez, et l'exécuter h iras communs, au profit do commerce de toutes les nations, en bornant le péage au remboursement des dépenses, capitsax et intérêts.
3° Enfin l'ouverture de 1 a Chine offre k fa Prusse, à l'Autriche et à la France une admirable oocasion d'assûcierà leur politique tous les États secondaires, en les faisant concourir a la composition et à l'envoi d'une commission industrielle chargée d'explorer, sous le report agricole, piétallurgiqw, manufacturier et commercial, l'empire chinois.
Cette commission convoyée par les pavillons réunis de toutes les puissance? confédérées, lo congrès qui, à son retour, devrait entendre soa rapport , les mesures qui seraient débattues et qui pourrùent être prises en commun, ^i^aient la base des lelations diplomatiques et permettruest de remplir dans le droit des gens une lacune d« Jour en jour plus regiettable; car il n'a encore prévu et réglé que les Ripports politiques des Cal'inets et il reste presque toujours muet et indifféreul pour les faits les plus intijressans de la production et des échanges.
Teb sont les objets. Monsieur le Ministre, vers lesquels il me semble désirable que se dirigent de préféreoce les méditations des hommes d'Etat.
Dans ce système de politique extérieure, la marine française, à qui nos récentes acquisitions dans la mer du Sud semblent promettre un nouTeau développement , aurait une beUe part d'activité et de gloire, et c'est à ce titre surtout que le sujet traité dans cette lettre m'a paru mériter plus partiouliôrement votre intérêt.
Mais il ne doit pas moins éveiller votre ardent patriotisme que votre dévouement pour la marine ; car la France relevée à ses propres yeux de Tespèce d'infériorité où l'avaient plongée son désintéressèment et son inaction dans les grandes afEdres du globe , verrait bientôt se calmer des suscepU* bilités qui n'auraient plus d'objet. Associée à l'Alle*mac^e et aux puissances de second ordre, naturel* lement influente, parce qu'elle serait redevenue firanchement pacifique*, elle attirerait de nouveau las égards et les respects de l'Angleterre ; et les deux peuples, dans une nouvelle alliance moins œclu* sive et par là même plus assurée, pourraient s'abattedonner, sans arrière-pensée et sans contrante, aA penchant mutuel qui déjà rapproche leurs hmnmes d'Etat.
J'ai indiqué comment la communauté des principes et l'affinité naturelle qui existent entre les Cabinets de Berlin, de Vienne et celui de Saint- Pétersboug donneraient un jour à TAUemagne les moyens d'attirer dans la confédération de riîlurope centrale la puissance moscovite.
Si je n'ai pas parlé des États-Unis,c'estque les diffi-
caltés de son goaveroementmtérieiir) comi^iqnées par la sitnatioii financière de qn^nes états^ nepermettent pasencoreà cette jeune république dedonneràsesrelationsetàsesengagemens lafixité^ lasolidite des engagemens et des relations de la vieille Eorope. Mais il faut tenir compte an patient et vigoureux yankee de la tâche hœculéenne de défrichement et d'assainissement tarrestfe qu'il accomplit. Peu à peu les mœurs publiques, les saines idées politiques se développeront sur les rives du Blississipi et des grands lacs.
Le prochain service des bateaux transatlantiques que vous achevez d'oi^aniser, Monsieur le Ministre, en rendant 'plus fréquent le contact des deux continens, multipliera les liens qui les unissent et introduira peu à peu dans TadministratioB et la diplomatie des Etals du nouveau monde les habitudes d'ordre et de moralité de Tanciai. L'Amérique alors viendra s'unir d'elle-même ^ librement, à une alliance qui, se proposant pour but le maintien de tous les droits, l'équilibre et le déveloj^ment de tous les intérêts, doit un jour associer les Cabinets et les peuples du globe entier.
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