‹ Lettres politiquesChapitre 44 sur 80 · lU · texte numérisé non relu

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Torabtement traités. Cette nriarioii enfin refowrar la pairie, qui, tenaot son mandat de la GouriHme^ s'inspire naturellement de sa haute prévoyance et participe à raceompUasement de tons ses devoirs.

En admettant donc que la pairie crût devoir aooepter le nouveau projet que la Chambre de» Députés a substitué à celui du Cabinet, eli^ devrait en corriger la rigueur par un ammdement relatif aux contre-maitras et aux ouvriers*

On objectera que ce serait créer, dans ee osa , es laveur d'une olimede travailleurs un traitementexceptionneL MaîsTeKceptioncetici de droit* Ledroit qtt*ontieacontre»maltres.etles ouvriers d'être plas favorahlenent traités réaulle das conditions «ceptionnelles de travail qui leur sont imposées. Dtns l'état actuel des rapports sociaux, cette classe nombreuse est la moins favorisée de toutes} créatricedes richessesi elle reçoit du maitre un salaire fixe qw n'augmente jamais dans les temps de plus grande prospérité et qui cesse tout à coup dans la mauvaise fortune* Ainsi^ point de profits proportionnés aux bénéfices , point de garantie que les travaux cofttinueronl et s'ils sont interrompue aucune oobipensation : tel est le sort des contre^maitres et des ouvriers. Cette situation est particulière à cette classe; il n'existe rien qui puisse lui être comparé, soie dass l'industrie privée, soit daus les diverses branches de l'administration*

Dans l'administration, les employés et les foac-

ûmlUAtet, dépxAê lé pranier jusqu'aux dcfniers degrésdela hiérarGhie^sontrédoits^ comme les contre* mdtres et tes ouvriors^ knnê rétribution souvent trop faible ; mais du moins dto ost asMtrée^ Le§ em* ployés ne chôment pas ; ils ne sont pas menacés du jour au lendemain de perdre leur piDlession ^ leur gagne^pain. L'ofdre très imparfait qoi règne dans les travaux de radministration suffit pour ga^ rantlr la continuité des œuvres et la régnlarité dca traitemens , dont l'insuffisance est compensée eaa partie par des pensions de retraite .

Daim Tinduslrie^ les iabricans^ les négocians^ les maîtres enfin sont soumis à Tincertitude qui menaoe les travanx des contre-mattres et des ouvrière. La oOBonrrence peut leur être funeste et alors ils sulnssent la loi rîgovrense do malheur^ sans au* cane oompensation. Haia ils ont l'espoir^ si le sort leur est favorable^ de s'enrichir en kës peu de temps. Tous les bénéfices de la spéculation leur ai]^>artien< nent; ils peuvent passer d'une vie de privations à une existence de loisir , environnés de tous les prestigee du luxe et déshonneurs^ satisfaisant tous les devoirs de la famille ^ tous les penchans du ecBiir^ tous les rêves de Fambition 1

La condition des contre-mattres et des ouvriers oifee donc réunies les chances funestes qui pèsent à la lois sur les employés de Tadministrationet sur les dieis de Tindustrie privée^ et ne participe point à leurs avantages*

Fins on réfléchit imx ménagement partisniîem

que réclame une pareille âtoation, moijw on comprend le silenoe qu'avait gardé sur oe point le projet du gouvernement* Des trois membres du eonseil qui ont oonconni à Télaboration de la loi, il enest deux sans douteà qui il serait injuste de demander tjompte de cet oubli. Le ministre de la ma» rine devait réserver toute sa sollidtude pour les intérêts de la navigation et des oolcHÙee. Le ministre des finances, envahi par des nécessités de milk natures , obligé de £aixe face à des dépenses croissantes et pour la plupart improductives, devait songer, avant tout , à l'accroiss^noat du revenu, f /Asnrit de iustice distributive que commandait

la nature des intérêts prmcipalement comprcMnis n'avait en réalité qu'un interpr^ naturel » le ministre du commerce. Et comment le ministre du ccMumeroe , qui se fait gloire d'avoir parooum tons les degrés de la hiérarchie du travail , «4-11 souffert que la classe la plus pauvre etk plus nombreuse, d'où ilestsorti, fût oubliée? Pourquoi, dam une matière qui était de sa compétence spéciale , n'a-t-il pas fait tnompher les inspirations de son expérience et de son cœur? Cela tient principalement, je pense, au vague , à l'incertitude de sa position dans le conseil et aux imperfections dn département qu'il dirige. Le ministère du cobmeroe n'a encore d'un ministère que le nom. Vainement est-il représenté par un homme dont l'honneur est éprouvé, dont le mérite personnel est incontestable. Le meilleur général sans corps d'ar-

mée serait très eàibarrassé de livrer bataille; et la maigre figure qnefait^ à côté d'administrations aasai développées que les finances et la marine > le département embryonnaire de Tagriculture et du commerce, ne laissait sur ce point sans doute à son chef d'autre rôle que celui du silence et de la résignation.

Quoiqu'il en soit^ la Chambre des Députés ayant été aussi oublieuse des droits des contre«maitres et des ouvriers que le Cabinet, on doit désirer plus .vivement que la pairie prenne en main leur cause; et il est digne d'elle en effet , au nom de Tordre public , de l'honneur de la Couronne et de la dignité nationale^ de préserver cette classe méritante des effets les plus immédiats de l'arrêt qui va la frapper.

Bans le cas où le projet de la Chambre des Députés l'emporterait, il y aurait donc lieu au moins à en corriger l'injustice par un amendement.

Quand l'État n'assurerait aux contre-maîtres et aux ouvriers privés^ par l'effet de la loi , de leur profession et obligés de s'en créer une nouvelle, qu'une indemnité de quelques mois de solde, ce ne serait probablement pas une compensation proportionnée au tort que leur causera la nouvelle législation de l'industrie sucrière. Mais ce serait du moins rendre leur position plus supportable; ce serait rattacher la classe ouvrière tout entière à la nouvelle monarchie , en lui prouvant par un exemple éclatant que les institutions fondées par

elle peuvent étendre lear proteètion jusqu'à Tesiitence du peuple et jusqu'à ses travaux.

Je ne pense pas, Monsieur^ qu'il soit nécessaire d'insister davantage sur les heureuses conséquentces d'une pareille manifestation. La nécessité de rendre moins funeste la perpective que la nouvelle législation des sucres ouvre devant les contre*maltrès et les ouvriers ne saurait rencontrer au sein de la pairie aucune objection sérieuse.

Toutefois'il est une école de publicistes qui n'attribuent à l'assemblée dont vous faites partie^ en fait d'industrie ^et de finances^ qu'un rôle passif^ et qui lui refuseront même le droit de modifier la décision de la Chambre des Députés par un amen* dément. A les entendre^ quand l'assemblée élective a prononcé de sa voix souveraine en pareille matière^ ce serait ehose inouie et insolite que la Chambre des Pairs se permit d'avoir une opinion.

Cette doctrine, qui repose sur un commentaire très erroné de la Charte, pourrait jeter de Tincertitude dans certains esprits , et avant de oonclure je ne crois pas inutile^ une fois pour toutes^ d'en faire justice.

En droit, il est faux que les attributions de la Chambre des Pairs soient inférieures à celles de la Chambre des Députés, sur aucun des objets soumis aux délibérations du Parlement. La Charte n'attribue à cette dernière chambre d'autre privilège que la priorité de discussion pour le budget et les lois de finances ; ce qui implique évidemment entre les

deux as86^)blées réalité de droits , quant au rejet y à r^doption ou à ramendement même de ces lois.

Ainsi le droit est entier ; les attributions des deux Cl^mbi^es sont égales, identique». Mais il y a plus, cette égalité est parfaitement rationnelle. Loin de manquer d'ap^tud^ et 4'ft9torité morale dans les matières d'économie pubjiiqife , la pairie au contraire y représente un intérêt considérable , et qui , dans certains cas , doit tput dominer^ l'intérêt adminiatratif et gouv^rnçn^ental.

La Cbaffîbre élective gst le niiroir fidèle des besoins, des craintes ei^agérées, des jalousies souvent aveoglepdes localit^js. EUeept Tesçlavedes détails^ mais Tensemblç lui échappe ; et c'est à ce point de vue de l'ensemble, c'est-à-dire du bien public, de l'intérêt général, que la pairie, délivrée des chaînes qui pèsent sur la députation, doit se placer.

Je m craindrai pa^ de le dire, car mon but est bien moins de flatter les personnes que de faire ressortir les poiérites de l'institution; dans tous les réglemiBUS qui ont pour objet la constitution de l'industrie nationale , les échanges du commerce intérieur et extérieur , il y a une face que la pairie est seule en position d'apprécier avec sang-froid, avec impartialité et grandeur. C'est le rapport de ces r^lemens avec l'honneur et la dignité du pays, ^vec la consistance de son gouvernement, avec le lien d^ solidarité qui doit associer de plus en plus toutes les classes de l^i nation et toutes les parties

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