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oÉ«Ue était Ai&ntée ptv le gÉne deGbfeptal et la Vo» lontéde Napoléon. IIs'^ bien réellemeiit de faire anccéder à uAe oigaoiiatiim iniiuatiielle, foadée sur leavieiileaerrouraqaeFigiiaraiicè et rinexpérience avaient accréditées^ une organiaation nouvelle^ fott<^ dée sur les nouveaux principes^ conforme à toutes les règles de la science. Qu'eatK^» en effet, que la protection de l'industrie de la betterave^ sinon un moyen d'ordre^ un des rouages de cette grande madiine impériale^ dont le jeu consistait à isoler la France commercialement du monde entier , à tài masser toutes ses forces productives, toutes es^ créations pacifiques sur son propre territoire^ afin d^étra plus libre de se répandre sur le continent au Inruit des fan&reSy enseignes déployées, à la laçoo des Genswic et des Attila ? *
Le plan imaginé par le gouvernement, c'estencorf de Tordre^ mais fondé cette fois sur la paix, sur Texpansion pacifique de la France^ par les rapports du commerce ; c'est nne mesnre qui , par ses conséquences inévitables^ serait aussi favorable à la paix du monde que le système impérial lui a été opposé»
Eaim ces deux systèmes un troisième a été produit, fondé non plus sur nue idée d'ordre, mais sur le principe de la liberté. Ce système a des conséquences funestes que ses partisans sont loin d'à* vouer, je le sais, parce que, préoccupés de la face industrielle delà question, ils n'ont attaché qu'une très foible importance à son caractère administratif et polUique. Mais ces conséquences, pour avoir
été dissimulées on passées sons ^ence, n'édnpps* ront pas à la Chambre des Pairs.
Le principe absolu de la liberté et de l'égalité dans l'industrie^ c'est aujourd'hui, dans F^t des esj^rits, au milieu des intérêts qui ont tout ttiTslû, le plus grand obstacle à l'établissement de l'antorité et au développement de l'administration puUique. La liberté^ l'égalité absolues sont les deox articles fondamentaux de ce dogme politique Ineo connu qui considérait les gouverneMens, économiquement parlant^ comme des ulcères ; qui^ les jugeant incapables d'aucun secours, d'aucun service^ d'aucune intervention utile, affirmait qu'il fallait réduire leur action au plus petit ordre de faits possible, à la police matérielle, par exemple; doctrine qui condamne nécessairement les pouvoirs publics et la royauté à l'impuissance et à la décoasidération qui en est la suite inévitable.
Cette théorie de liberté. sans frein et sans contrepoids n'a qu'une valeur transitoire. Elle a été bonne pour battre en brèche le vieux système protecteur de l'empire ; elle avait droit de passiomier des esprits généreux tant qu'il était nécessaire de lutter contre un ordre inintelligent^ inexpérimenté, fondé sur une connaissance très imparfaite de l'état du globe j sur un sentiment très c(mdamnable de violence et de conquête au dehors.
Mais aujourd'hui nous n'en sommes plus là. Le génie des conquêtes dort, aux Invalidée^ du soinmeil étemel. Des relations suivies ei rapides sont
établies par la vapeur entre toutes les lies et tous les continens^ et le système d^isblement, de blocus continental^ quelque grandeur qu'il conserve en* core dans les traditions bistoriqnes, ne rallie plus même à sa sauvage utopie les velléités belliqueuses des admirateurs de Napoléon. Au moment où le système de la liberté voit s'écrouler le système protecteur qu'il a combattu, il ne faut pas lui laisser croire que c'est à lui de gouverner le monde. 11 faut qu'au dessus de la méfiance rairacinée de certains hommes^ s'élève l'intérêt bien compris des États ; il faut se dire qu'il n'y aurait plus ni grandeur^ nisolidaritë nationales^ si les travaux humains étaient livrés au bseard^ à tous les caprices^ à tous les calculs mesquins, à toutes les mauvaises passiens que l'amour ^fréné du gain soulève dans l'homme isolé.
Si l'on admet que l'industrie privée doit être guidée et surveillée au nom de la morale publique^ au nom de l'honneur commensal du pays ; si Ton admet que le gouvernement doit être le gardien de la bonne foi des transactions, il est impossible de borner l'exercice de ce devoir sacré à quelques détails sanitaires ou de petite voirie ; l'État doit l'appliquer aux plus vastes, comme aux plus petites opérations de l'industrie, à l'ensemble comme aux détails. Et même alors que dans cette direction le gouvernement voudrait entreprendre plus que l'instrument administratif dont il dispose ne lui permet de séaliser, au lien de combattre ce bon
pMchant, il Mnit mieux dt rédaiter, de lé ft** couder en provoquant la créatfon de toutes kl institutimu dont l'absence est pour le pouYoir dam les matièfes industrielles la principale cause de sa faiblesse et de son disorédit. La Chambre des Dépu«tés ne Ta point fait. Qffrantsur toutes les 4|ueetioBs la coalition de préjugés souvent aveugles et de Rétentions passionnéesi là où le gouvernement lui parait impuissant à satisfaire ses exigenees , è rss-» snrer ses terreurs, elle ne s'oecupe pas de recber^ cher les moyens par lesquels il pourrait offrir plus de garanties^ elle oppose un refus k ses projets ; ce lefus est un avertissement que la pairie doit corn* prendre et qui lui ofifra une occasion solennelle d'étendre son influence sur ropinion.
La Chambre des Députés a envisagé le psojei de loi du gouvernement au point de vue de la con* currence et de la liberté commerciale ; il appartient à la pairie de Tenvisager au point de vue de Vùip^ die administratif et gouvernemental.
A ce dernier point de vue il est bien évident que k pairie ne peut pas souscrire à cette théorie im« morale et véritablement sauvage qui donnerait à TÉtat le droit de dépouiller les travailleurs de professions et d'industries que la veille encore il âivo» risait^ de les dépouiller brusquement, sansecHupen^ sation; non i la pairie ne peut pas admettre^que ce loit là du gouvernement! Aujourd'hui que la guerre a disparu de TEorope, que les menaces 4'invasion sont détruites par le nouveau plan dei
fortifications de la France; an moment où lesmaa** aes populaires s'apaisent^ le pouvoir perdrait tout prestige et toute dignité si on le réduisait^ dane les intérêts matériels tout puissans aujourd'hui, à une part si faible qu'il ne pût rendre la justice et eonserver aux classes les pltis utiles et les plus méritantes la part de ressources que le travail leur a constituée. Tous les amis de la royauté et du peu** pie doivent se révolter contre une pareille prétention. La couronne ne saurait accepter ce rôle im* puissant et tôt ou tard méprisé ; elle ne peut pas renoncer à Tintervention bienfakante et morale qu'elle seule est en état d'exercer dansâtes travaux de Tindustrie ; elle ne peut pas consentir à rester pour jamais étrangère aux progrès de qui dépen» dent désormais le repos^ l'honneur et la prospérité du pays.
La pairie sera4-elle arrêtée par la crainte d'assu* mer sur elle la responsabilité d'un statu qm dont tout le monde s^accorde à juger la prolongation intolérable?
Mais, d'après le système qui a triomphé au palais Bourbon, le ^aiu qm existe ^ il doit se prolonger pendant quatorze mois; et même alors qu'aucune décision ne serait prise dans cette session , le Cabinet aurait encore une année devant lui pour re* nou vêler le débat sans prolonger d'un seul moment l'agonie à laquelle dès aujourd'hui tous les intérêts sont condamnés. Dans le cas enfin où au ^but de la prochaine législature un nouveau 4ébat
aurait le sort du premier^ dans le cas où il seorait décidé une seconde fois que le principe d'ordre représenté par un système combiné d'abolition et d'indemnité ne peut être encore introduit sur une large échelle dans le gouvernement des intéiâU matériels, les Chambres auraient du moins apporté à cette grave résolution la maturité qu'elle réclame. Avant de prendre un parti définitif en pareille matière^ ce n'est pas trop d'y regarder à deux fois.
Tous ces motifs me font penser^ Monsieur^ con* trairement à* l'opinion la plus généralement répandue , qu'il existe de grandes chances pour qae la nouvelle solution des sucres éprouve au Luxembourg le même sort que le projet du gouvernement a rencontré au palais Bourbon. La pairie ne refusera pas à l'industrie la protection qu'elle a acaM^ dée aux capitaux ; elle ne voudra pas être moins prévoyante^ moins juste ^ moins généreuse envers les travailleurs qu'envers les rentiers. La pairie se souviendra que dans la conversion du 5 p. OfO des intérêts non moins considà^ables étaient engagés , que là aussi se présentait une question de statu qm que l'opinion la plus en faveur jurait funeste à la fortune du pays, La pairie n'h^ito pas cependant à repousser le projet déjà voté par l'assemblée éleo* tive et à lutter contre elle. Dans la question des sucres^ elles'inq>irera de cet antécédent. EUe maintiendra la même doctrine^ le même prineipe ; elle restera fidèle à sa mission d'ordre » de justice et d»
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conservation de tons les intérêts^ de tous les droits acquis ; tel est du moins mon espérance^ telle est ma conviction;
Mais il faut tout prévoir^ et j'arrive au second point.
Soit que la Chambre des Pairs adopte le plan de la députation ou celui du gouvernement^ Mon* sieur, il y va de son honneur, de sa dignité, de sa popularité d'assurer le sort des contre-maitres et des ouvriers. Je dirai plus , c'est pour elle un devoir sacré.
Jusqu'à un certain point, on peut prétendre qu'il appartenait à la Chambre des Députés de prononcer sur le sort des fabricans. Composée des mandataires de la bourgeoisie , la députation semble^ en effet , dans les transactions de l'État avec l'industrie^ un juge naturel de la part qu'il convient défaire aux bourgeois. Mais il n'en est pas de m^e des eontre-mattres et des ouvriers. L'assemblée élective ne les représente point, elle n'a reçu d'eux aucun mandat. Préoccupée exclusivement des intérêts de la classe bourgeoise, de qui procèdent ses pouvoirs , cette assemblée n'a ni loisir ni liberté de prendre en main les intérêts des classes populaires.
Cette mission sacrée, Monsieur^ Tepo9e sur la royauté, qui gouverne au nom detous^ dans l'intérêt de tons sans exception^ et qui doit sa première pensée, sa plus bienveillante protection aux membres de la grande famille que le sert a le moina fa-