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rilé qu'elle exerce, le peu de respect qu'elle inspire.
J'ai montré de quelle utilité serait la création d'une ÉCOLE centrale des fonctions civniEs, organisée sur le plan primitif de V École Polytechnique ^ pour l'instruction spéciale des jeunes fonctionnaires appelés à remplacer les employés admis à la retraite [\]. L'ordre et la discipline nouvelle que la commission propose d'introduire dans le personnel actif de la hiérarchie administrative n'auraient pas une moindre importance.
Ce sont les deux faces d'un même problème , ou plutôt ce sont deux moyens également puissans, également indispensables, pour parvenir à sa solution. Ces deux moyens se complètent l'un l'autre, et doivent se prêter une mutuelle assistance. La commission du budget^ du reste, l'a bien senti quand elle a statué, dans le développement dottné à son article additionnel^ que des conditions spéciales d'admission seraient déterminées^ que le sumumérariat ne constituerait par lui-même aucun droit , aucun titre ; et lorsqu'en pousaaiit aa pré« voyance jusqu'aux détails d'exécution, elle a iodir que les formalités qui devraient présider à la nomination de tous les emploie admiiii«tnittft. La commission voudrait que le chef de divisioii |yroposât les admissions et les promotions et qu'elles fussent soumises ensuite à un conseil composé des chefs de sernca; ee qui permettrait au uinistrede
(i) XX' lettrci h H. de Bai aotc»
prononcer sur des demandes \ suffisamment instruites.
Il est cerlainemeiit remarquable que la Chambre des députés oit pris riniiiative de cette proposition. Jusqu'à un certain point il était j uste que le remède vînt d'elle, car c'est d'elle, après tout, qu'est venu le mal. Si l'administration regorge de surnuméraires et d'employés inoccupés, à qui la faute, sinon aux mandataires des électeurs , à leurs apostilles, à leurs sollicitations impérieuses et inopportunes? Si aucun ordre rigoureux n'a pu être introduit dans l'administration, à qui la faute, sinon aux tiraillemens , aux prétentions , aux querelles sans fin qui détournent les ministres de l'étude et de l'expédition des affaires de leurs départemens et les obligent d'employer tout leur temps, tous leurs efforts, à déjouer les intrigues qui les menacent et à consolider le pouvoir dans leurs mains?
La Chambre manifestant, par lorganede sa commission, la volonté de détruire, en masse, les abus créés par chacun de ses membres en particulier, les ministres ne pouvaient s'opposer à un si légitime projet. La Pairie ne pouvait éprouver qu'un regret, c'est de n'en avoir pas pris elle-même l'initiative. L'assentiment des pouvoirs politiques a été unanime; et le délai de dix-huit mois, nécessaire pour préparer une transition qui n'est pas sans difficulté, a été fixé d'un commun accord.
Votre remarquable rai)port a tout prévu, Monsieur : la nécessité d'écouler une partie du personnel trop nombreux dans plusieurs ministères^ la né-
cessité non moins probable d'augmenter momâitanément les crédits de quelques administratifs centrales. Ces sacrifices que vous proposez , le par* lement les accepte^ résolution grave^ si l'on considère les circonstances où elle a lieu. C'est au mi lieu d'un système d'économies poussé jusqu'aux détails les plus minutieux et souvent , permettezmoi de le dire , les plus regrettables ; c'est après avoir repoussé la faible augmentation demandée en faveur des commis-greffiers et des dessen^ans, que le parlement ne craint pas d'attacher ses libéralités à la réorganisation des ministères. Il déclare hardiment que , dans te but d'obtenir un travail m/fUleur et plus prompt, il est nécessaire que le cadre de chaque administration soit composé de collaborateurs bien choisis, convenablement rétribués y donnant tout leur temps à r expédition des affaires et pas plus nombreux que ne le comporterait le service. Il va même jusqu'à fixer le minimum des traitemens à i ^500 f., et le minimum d'augmentation de traitement affecté au passage d'un grade à un grade supérieur, à 500 fr.
En vérité, on ne comprend pas le silence de la presse, en face d'un acte législatif aussi considérable. Le journal des Débats est, je crois^ le seul qui l'ait signalé. Et pourtant il s'agit d'un système complet, sérieux, que son libéralisme recommande aux membres de l'opposition; que l'assentiment du Cabinet en masse doit accréditer auprès du parti conservateur; qui a par conséquent pour lui toutes les
ehancesde succès, et qui est destiné peut-être à former dans la politique intérieure de la France le point de départ d'une ère nouvelle.
Je ne m'occuperai pas néanmoins des conséquences politiques de la mesure , mais de la mesure elle-même.
Après avoir exprimé le vœu , il s'agit maintenant d'arriver à une réalisation aussi parfaite que possible; et sachant que vous êtes animé d'un dessein si patriotique^ c'est le devoir de tous ceux qui sentent quelle influence salutaire il pourrait exer* cer sur les destinées du pays, de vous apporter le tribut de leurs recherches et de leurs travaux. Les avis, les conseils vont certainement vous arriver de toutes parts. On vous proposera l'exemple des pays étrangers ; on fera passer sous vos yeux les institutions de l'Angleterre, des États-Unis, de la Hollande, de la Prusse. Au milieu de tous ces graves documens , permettez-moi, Monsieur, d'en introduire un plus modeste, qui vous échapperait peut-être et qui mérite cependant d'être médité.
Il s'agit du budget, non pas d'un des grands États de l'Europe, mais d'un établissement industriel assez obscur, peu important; et j'oserais à peine appeler sur lui votre attention, si je ne me souvenais que les plus petites choses ont donné souvent le secret de vastes et magnifiques combinaisons. C'est l'histoire de la pomme de l'astronome anglais^ ej; puisse l'harmonie, qui sera introduite
dans les ministères, durer aussi longtemps que les lois de la gravitation !
Après ce préambule, jenecrainsnl les longueurs, ni les fausses interprétations, et je commencerai par exposer à quel titre le budget modeste que le hasard a fait tomber dans mes mains me paraît mériter Thonneur de vous être communiqué.
M. Leclaire, entrepreneur de peinture en bâ(imens, a réalisé dans ses ateliers une réforme semblable à celle que voulez introduire dans les ministères, et cet essai a réussi. Les motifs qui lui en ont fait sentir la nécessité sont les mêmes que vous avez exposés au sein du parlement : l'espoir d'attacher l'ouvrier par une rétribution plus élevée à Tœuvre à laquelle il prend part, le besoin d'éviter les pertes de temps, et de donner à Tordre des travaux une base plus solide à mesure que le cercle des affaires s'élargissait.
Mais ici cessera sans doute à vos yeux toute analogie. Le remède imaginé par M. Leclaire, c'est la participation des ouvriers qu'il emploie aux bénéfices de'sa maison.
Tl s'est approprié, comme vous le voyez, le plan que la Compagnie belge de colonisation a adopté pour ses otablissemens de rÀraérique méridionale, et que M. Obert, agent général de cette compagnie, voudrait voir appliqué à la colonisation de l'Algérie (!)•
(1) Aperça gàu^nil sur la colonisation de VAlgCriçy par}lM
Dans l'atelier de M. Leclaire^ désormais^ Touvrier est intéressé aux opérations auxquelles il participe. Voilà le système qu'il a mis en pratique depuis un an et dont il expose les résultats dans une publication intitulée : Répartition (ks bénéfices du travail en 4 842»
Je conçois les difficultés que présenterait Tappli^ cation d'un pareil système aux emplois adminis^ tratifs de tous les degrés. Aussi , ai-je pris soin de vous prévenir, Monsieur, qu'en vous entretenant de cette tentative isolée , mon intention était assu* rément très éloignée de vous la proposer comme un modèle à suivre. Mais de ce qu'il n'y a pas lieu de chercher dans cet essai généreux un exemple entièrement applicable à la réorganisation de la hiérarchie administrative , il ne s'en suit pas qu'il n'y ait aucun profit^ aucun enseignement indirect à en retirer.
Je poursuis dono.
Pour justifier son système de participation , M. Leclaire part de ce principe : que la théorie des communistes^ appliquée à l'industrie^ serait la chose la plus stérile , la plus désastreuse dans l'intérêt même des classes ouvrières; et Ton doit certes lui savoir gré de répandre de pareilles vérités au sein des ateliers, où il a longtemps vécu comme outrier, circonstance qui doildonner aujourd'hui a sa
Obert et J. Caries. Un rapport remarquable a éi& fail à la St>ciété orientale por MM. Hamont et Marey-MfiDge«