SUR LA RELIGIEUSE PORTUGAIS! III
vue d'une publication. Oh, non! ces élans, ces tristesses, ces aveux, ces plaintes ameres, n'ont rien d'apprêté. Ce sont les cris d'une âme loyale et tendre , et le lecteur s'intéresse bien vite à tant d'amour nv'ié a tant de désespoirs!
Quelques lignes suffiront pour résumer le drame intime qui a donné lieu aux Lettres portugaises.
En 1661 , Noil Bouton de Chamilly, comte de Saint-Léger [plus tard marquis de Chamilly), prit du service en Portugal. Il était alors âgé de vingt-cinq ans '. — A la même époque, un couvent de la ville de Bcja , dans la province d'Alentéjo, abritait la religieuse franciscaine dont le jeune capitaine français devait, hélas! troubler si profondément la vie.
Notre héroïne, qui appartenait à l'une des meilleures familles du pays, a raconté elle-même que ce fut du haut d'un balcon de son couvent qu'elle vit pour la première fois M. de Chamilly, et un critique tres-érudit , M. Eugène Asse , a eu,
le fi avril 16 36, il mourut le 8 janviei 1 7 1 S
croyons-nous, raison de penser qu'elle l'aperçut sans doute à l'occasion d'une sorte de revue ou d'entrée triomphale , ii Bcja, des troupes francoportugaises.
Quoi qu'il en soit, M. de Chamilly, ayant de son côté remarqué la charmante religieuse, pénétra dans le couvent à plusieurs reprises; il sut se faire écouter de l'infortunée Marianna, qui, jusqu'à sa dernière heure, chercha vainement à maudire le brillant officier dont l'abandon, si brusque et si complet, avait brisé son eccur trop confiant.
Ajoutons que le marquis de Chamilly épousa, en 1677 , la fille de Jean-Jacques du Bouchet , seigneur de Villefix, — sans se préoccuper le moins du monde de la religieuse de Beja; — et qu'il devint, en 1703, maréchal de France, « en récompense de ses glorieux services » .
// n'y a là rien, après tout, de bien neuf ni de fort original! — Un officier, élégant et noble, a occupé ses loisirs, dans une petite ville, à séduire une jeune fille crédule et d'une rare beauté. Puis, s'etant empressé d'oublier ses serments, dès son