‹ Lettres portugaises;Chapitre 46 sur 46 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

plaisir de vous écrire, et vous partagez celui de me voir. Mais quoi? je ne puis avoir l'un qu'avec des ménagemens de bienséance, et j'ai l'autre quand il me plaît. Présentement que tous les gens de notre maison reposent et se croient peut-être heureux de bien reposer, je jouis d'un bonheur que le repos le plus profond ne sauroit me donner. Je vous écris; mon cœur vous parle comme si vous deviez lui répondre; il vous immole ses veilles avec son impatience. Ah ! qu'on est heureux quand on aime parfaitement! et que je plains ceux qui languissent dans l'oisiveté qui naît de la liberté! Bonjour, mon cher! Le jour commence àparoître; il auroitparu bien plus tôt qu'à l'ordinaire s'il avoit consulté mon impatience : mais il n'est pas amoureux comme nous; il faut lui pardonner sa lenteur, et tâcher à la tromper par quelques heures de sommeil, afin de la trouver moins insupportable.

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