‹ Lettres provinciales et Pensées (volume 2)Chapitre 114 sur 159 · SUR LA CONDITION DES GRANDS · texte numérisé non relu

SUR LA CONDITION DES GRANDS

Four entrer dans la véritable connoissance de votre condition (*), considérez-la dans cette image.

Un homme fut jeté par la tempête dans une île inconnue, dont les habitants étoient en peine de trouver leur roi , qui s'étoit perdu : et comme il avoit, par hasard, beaucoup de ressemblance de corps et de visage avec ce roi, il fut pris pour lui, et reconnu en cette qualité par tout ce peuple. D'abord il ne savoit quel parti prendre ; mais il se résolut enfin de se prêter à sa bonne fortune. Il reçut donc tous les respects qu'on voulut lui rendre, et il se laissa traiter de roi.

Mais , comme il ne pouvoit oublier sa condi-

(*) Pascal adresse la parole à M. Arthus Gouffier, duc de Roannez , duc et pair de France. Après avoir été gouverneur du Poitou, il se retira à la maison de l'institution des pères de l'Oratoire. Il eut la plus grande part aux soins que les amis de Pascal prirent, en 1668, de recueillir et mettre au jour ses Pensées.

Tout cet article est tiré du livre : De l'éducation d'un Prince, par Chanteresne (Nicole). Les pensées sont de Pascal; la rédaction est de Nicole. (Note de l'Éditeur.)

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