SUR CETTE NOUVELLE ÉDITION
L'édition des Provinciales et des Pensées de Pascal que j'ai donnée en 1819, est entièrement épuisée. Quoiqu'elle fût incontestablement plus complète que toutes celles qui l'avoient précédée, des circonstances inattendues mont, depuis sa publication, mis à même de faire à celle qui lui succède des améliorations telles , que j'ose maintenant regarder comme infructueuses toutes recherches faites désormais dans cette vue.
Mon édition de 18 19 ne contenoit, comme les autres, que cent seize Remarques ou Notes de Voltaire et de Condorcet sur les Pensées. Dans celle que je publie aujourd'hui leur nombre s'élève à cent quatre-vingts.
Les soixante-quatre Notes que j'ai ajoutées sont prises sur l'édition des OEuvres complètes de Voltaire, que publie en ce moment M. Renouard. Cet habile éditeur les a toutes vérifiées sur les meilleures éditions. ïl a également consulté le manuscrit original des Pensées , pour fixer le texte de plusieurs passages qui laissoient de l'incertitude; ce qui l'a conduit à des rectifications dont il a bien voulu me permettre de profiter.
En classant ces Notes parmi les anciennes, j'ai remarqué que j'étois tombé précédemment dans une erreur commune à tous les autres éditeurs des Pensées, en attribuant à Voltaire plusieurs Remarques qui sont indubitablement de Condorcet, et vice versa. J'ai restitué à chacun ce qui lui appartient.
En tête de toutes ces notes est un Avertissement que Provinciales. a
ij AVIS DK L ÉDITEUR.
Voltaire lui-même publia avec ses premières Remarques, sous la date de 1728. On y voit dans quel esprit l'auteur les composa , et , sous ce rapport , ce morceau n'est pas sans intérêt.
On trouvera aussi quelques Réflexions de l'auteur de Y Introduction a la connoissance de V esprit humain , sur des sujets déjà traités par Pascal , ou qui sont l'explication de sa pensée même. En réunissant ainsi sous les yeux du lecteur des morceaux épars dans plusieurs volumes , je l'ai mis à même de comparer la manière de sentir de deux moralistes qui ont eu entre eux une triste ressemblance , et dont , à la suite d'une de ces Réflexions , on verra le parallèle fait par le philosophe de Ferney.
Enfin, quoique ma Table analytique fût beaucoup plus étendue que toutes celles qui existent, un nouvel examen m'a convaincu qu'elle laissoit encore à désirer. Plus de cent cinquante articles que j'y ai ajoutés la rendent maintenant aussi complète qu'il est possible.
Berthou.