À TOLOZE
Monsieur, l'occasion de la lettre que M' Hemsius m"a envoyée pour vous m'en a esté une très favorable pour vous demander des nouvelles de vostre santé et de vos estudes et pour apprendre, à vostre loysir, de celles de M' Paulet, qui est tousjours pré- .senl à ma mémoire comme un des hommes de bien et d'autant de mérite que j'en aye jamais connu. Vous sravés par qui vousavés à respondre à nostre ami, mais je crains que nostre commerce ne soit bientost rompu
par la rupture qui semble preste à se faire entre les Hollandois et nous, ce qui m'afflige surtout parce qu'elle m'os'.era le moyen désire utile, comme par le passé, à nossçavanfs amis de ces quartiers là qui ne peuvent mais des insolences de leurs gouvemeiu^ qui ont altliré volontairement l'indignation de nostre grand monarque. Je m'abstiendrai . à l'avenir, descrire à nos habiles de delà qui ne pourroient recevoir de nos lettres sans se rendre suspects à leurs compatriotes . ni nous en recevoir des leurs sans courre fortune de nous faire soupçonner par les noslres. Cependant les belles impressions nous viennent de ce pais là où les Muses ont plus de serviteurs capables de les relever que tout le reste de l'Europe. Mais il faut espérer la paix par leurs sousmissions ou par nos conquestes. Le Roy est plus puissamment armé que pas un de ses prédécesseurs depuis cinq cens ans. Dieu le maintienne en prospérité, et vous, croyés moy tousjours. Monsieur, vostre, etc.
De Paris, ce ixv décembre 1671.