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À M»» LE DUC DE MO.NÏAUZII^R

GOUVERNEUR DE M^' LE DiCPOIS.

Monseigneur, ce ne sera ni accroisire vostre douleur ni la resveiller que de vous envoyer la lettre de condoléance que M' Ileinsius m'a prié de vous faii-e tenir. Vostre perte vous est tousjoiu's [trop] présente pour craindre que ce soit vous en renouveller le sentiment en vous exposant celuy d'un serviteur aussi aquis et aussi sensible à tout ce qui vous touche quest nostre ami, et peut eslre mesme que le tesmoignago qu'il vous donne de la part qu'il prend à vostre extrême ailliction y apportera quelque soulagement, au moins quelque adoucissement, en voyant qu'en cet insigne malheur vous n'estes pas le seul qui l'avés souflerl.

Je ne vous dis point combien de jour en jour je m'en trouve inconsolable, car sans doute vous me faites la justice de le croire.

* La divine Julie, comme l'appelle i'enlliousiaste Chapelain, était morte le i5 novembre 1671, âgée de soixante-quatre ans.

* C'est-à-dire de celui qui appartient

au paganisme, du Térence de l'antiquité.

^ Dans le manuscrit on lit vendre, — lapsus évident.

* L'cx-reinc Christine de Suède.

LETTRES DE JEA\ CHAPELAIN

Je vous tliray seulement que je n"ay peu me de'fendre de donner à l'heureuse mémoire de M"' la duchesse les vers que vous trouvere's dans ce paquet' avec la lettre de ^I' Heinsius. Je crains bien qu'ils ne se sentent de la foiblesse où m'a laisse'e un si funeste accident et qu'ils ne soient peu dignes d'une vertu si héroïque. Je les accompagne d'une épigranirae latine qui m'est venue de Rouen , que je croy, sans le bien sçavoir, estre de M' du Tôt Ferrare que vous aurés possible desja veûe.

Je prie Dieu, le divin consolateur, qu'il vous fortifie dans une espreuve si terrible et suis avec tout le respect et toute la passion que je dois. Monseigneur, voslre, etc. De Paris, ce xxv décembre 1671.

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