DXLV
À M" COLBERT
SECRETilUE DRS COMMASDBMESS ET MINISTRE D'ESTiT. À SAnX-GERMAlX ^
Monseigneur, je me donne l'honneur de vous escrire rarement et seulement aux occasions nécessaires. Il s'en est présenté une où vous trouvères, à mon avis, de quov vous satisfaire [au sujet de] la gloire du Roy. Un homme de lettres allemand qui par la lettre qu'il m'a addressée est Résident de S. M. à Strasbourg et qui m'estoit inconnu, nommé Frischmana^ transporté de joye des prodigieux progrès qu'elle a faits contre la Hollande, a fait plusieurs Exclamations latines sur ces grands succès où, avec assés d'art et [de] diligence, il a employé toute l'injustice de cette République et tout l'honneur que s'est acquis le Roy en la chastiant. Cet ouvrage est |)rincipaloment considérable à Tesgard de l'Allemagne et de tout le Nord où cette langue est commune, et il sera avantageux à S. M, que ses glorieuses entreprises soient célébrées si hautement par un de leurs compatriotes. J'ay fait. Monseigneur, copier celle pièce pour vous la rendre jilus lisible en vous l'envoyant comme il l'a désiré pour marque de sa lidelilé et do sou
' Sonorité était alors un néologisme. Ni le Dictionnaire de Richelet, ni celui de Trévoux ne le donnent. M. Lillré ne cite, au sujet de l'emploi du mot, aucun auteur.
^ Barthélémy Maranta est un médecin, botanisle et iitléraleur italien, qui vivait à Vciiosa (royaume de Naples) au milieu du xvi' siècle. Il composa des Dialogues poétiques sur Virgile qui lui valurent les éloges de ses contemporains, nolammeut ceux de Janus Pelusius.
^ Chapelain avait raison. C'est le nom donné à la Marne par tous ceux qui ont parlé de cette rivière en latin. Voir Adrien de Valois {Notitia Oalliarum, 1675, in- fol. , p. Sa 3).
* Le même jour, Chapelain écrit en ces termes
à M. de Hericourt (f° i3i ) : «Toulouze a tousjours esté favorable à mes médiocres productions, el je garde encore précieusement les versions de ma première Ode pour M' le cardinal Mazarin et de quelques-uns de mes sonnnels faites par feu W de Saint-Blancal et celles d'autres de mes petites pièces qu'à son imitation feu W d'Olive du Mesnil s'est plu et diverti à rendre aussi latines. ■« Chapelain charge son correspondant de mille couipliim^nls pour l'eiirial cl pour Medon.
* L'original de celte lellre est conservé dans les Mélanges Clairambault (P ao). Les deux textes sont assez dissemblables.
* Sic, probablenïPDt Erisclimann.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
zèle et je Tay accompagne d'un sonnet où je fais parler la Hollande dësolëe et reconnoissant ses crimes et les justes sujets qu'a eu le Roy de s'en ressentir et de l'en punir '. Vous y remarquerés ma passion ardente pour sa gloire et que mes infirmités ne m'empeschent pas d'essayer d'y contribuer selon mes forces parmi tant de publics applaudissemens , comme y est obligé par ses bienfaits et par vos génei-eux offices auprès de S. M., Monseigneur, rostre, etc.
De Paris, ce x aousl 1672'.