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À DIJON

Monsieur, le livre que M' Richelet'' m"a rendu de vostre part ne m'a pas esté moins

tulée : M. et Madame d'Estrade (t. VU, p. 5-io) et le Commentaire de M. P. Paris (p. lo-if)).

' Voir ce que le futur raaréclial dit de sa douleur dans une lettre au roi, écrite de Chelsea le 1" février 1662 [Renieil de Prosper Marchand, t. I, p. 21 5). Voir dans le même volume les paroles de condoléance de Louis XIV (lettre du 2 5 janvier 1662, p. 2ii).

- Nous avons déjà fait observer que la femme d'Agricola lui survécut, et que ce fut sa mûre qu'il perdit, peu de temps avant d'être envoyé dans la Grande-Bretagne.

^ Le 3 février suivant. Chapelain (f 37G v°) écrit à Augustin GoUellini , gentilhomme florentin , lui faisant l'éloge du prélat Barducci, qui venait de mourir, et lui disant qu'il possède dans son cabinet presque toutes les comédies faites par les Florentins de 1 55o à 1 600 , comédies qui , ajoulet-il, Km'espargnent d'aller au théâtre et d'y aller prendre du froid sans divertissement.'» La lettre qui suit celle-là (P 277 v°) est adressée à Heinsius et est datée du 2 février, ce qui aurait dû la faire placer avant la lettre à Coltellini. Chapelain parle à son ami de l'envoi de M. de Thou comme ambassadeur auprès des Suisses et de l'édition d'Ovide : «Vous me prouvés excellemment la bonté de la correction de ante mare et tellus au lieu de ante mare et ten-as et je feray valoir en tous lieux la solidité de vostre défense. La peinture que vous me faites de ces demi sçavans qui cherchent de la réputation en deschirant celle

d'autruy est digne de vostre jugement, comme aussi la manière dont vous vous serves des manuscrits et des vieilles membranes pour les restitutions des textes corrompus. Arrestés-vous à cela, el vous moqués des abboyemens de cette canaille, dont les morsures mesmes ne vous feront jamais de mal. L'afiaire qui inquiète M*^ de Medon est une vexation qu'on hiy fait au Conseil du Roy pour des interests pécuniaires, en quoy j'ay essayé do le servir. Le traducteur de la Pucelle fiait luculentus, très soustenu et très poétique en beaucoup d'endroits, très bas et très prosaïque en d'autres. Quand il aura achevé sa version, nous luy martjuerons ce qui méritera d'estre relouché. Avant cela nous ne l'exposerons pas à des yeux aussi délicats et aussi aisés à blesser que les vostres. Vous me remettes bien loin ce supplément de l'histoire de M' Grolius, et j'appréhende que l'amour de l'Antiquité ne vous fasse négliger les choses modernes qui toutesfois fonderoient tout autrement bien vostre réputation, ti

* A ce que j'ai déjà dit de Lantin (lettre LX), j'ajouterai que l'on trouve une piquante lettre de lui à Nicolas Perrot d'Ablancourt dans les Mélanges historiques et philologiques de Michaut (t. r, 175/1, p. .358-3Go).

* Pierre Richelct, né en 1031 à Cheminon (aujourd'hui commune du département de la Marne, arrondissement de Vitry), mourut à Paris le 29 novembre 1698. C'est l'auteur du

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cher par le soin que vous ave's pris de me le faire avoir que par la destination que m'en avoit faitte nostre Macharite M' de Saumaise ' que la mort nous a trop tost enlevé' pour sa gloire et pour nostre consolation. Quoyque je m'en tienne obligé à sa mémoire comme d'une marque qu'il m'a laissée de son affection, je le regarde néantmoins comme un présent que vous m'avés fait, et vous en rens les mesmes grâces que si je le tenois de vostre seule libéralité. Je vous en pourrois remercier encore pour la bonté de l'ouvrage, lequel, à ce que j'en ay desja veu, me semble bien digne du cas qu'on m'en avoit fait, et je veux faire tomber d'accord M' Heinsius que M' Morisot^ en ce supplément des Fastes Romains^, n'est pas un mauvais second de son Ovide. Je n'ay garde de trouver la prose de son Orbis maritimus du prix de ses vers, bien que ce travail d'ailleurs soit fort profitable et fort curieux \

Il y a un mois ou six semaines que je mis entre les mains du sieur Josset, libraire, par l'ordre de M' de La Mare, l'exemplaire que M' Heinsius m'avoit prié de luy faire tenir. Je veux croire qu'il l'aura receu, mais j'en seray plus en repos quand vous me feres la faveur de m'en informer.

Ne publierés vous point ce reste d'apologues de vostre médecin de Beaune , dont

M' de la Mare m'assura par sa dernière qu'il avoit l'original? Je ne sache point de moderne qui ait eu plus de génie pour celte sorte de compositions ^

Le mérite de M' Richelet s'est redoublé dans ma pensée par finterest que vous me tesmoignés de prendre en luy, et ce me sera un fort grand motif, outre l'inclination que j'avois à le servir, pour n'en perdre aucune occasion en ce qui dépendra de ma puissance ^

Comme vous aurés peut estre veu M' Huet , l'esté passé, cbés M"^ de Monmor et qu'il vous am-a donné assés bonne opinion de luy pour estre bien aise de voir un petit poëme latin de son voyage en Suède, je vous en metlray dans mon paquet un exemplaire sur lequel j'ay quelque droit par l'addresse qu'il m'en a voulu faire. Vous le communiquerés à M' de La Mare, si vous jugés qu'il le puisse divertir.

C'est une chose admirable que la pente qu'ont les plus gens de bien à la superstition. Après ce que j'ay leu dans le rapport historique de vos prétendues possédées ', lequel vous me fistes dernièrement la grâce de me confier, je suis très persuadé de la fourbe et encore plus de la foiblesse de ceux qui l'appuyent par leur prévention et par leur tesmoignage. J'en ay fait faire des reproches à l'Evesque qui est tombé dans cette bassesse ^

Dictionnaire français (1680) souvent cité dans les notes phiioiogiqiies du présent recueil.

1 Claude de Saumaise, le second fils du savant Claude de Saumaise.

- Claude-Barlliélemy Morisot , dont il a été déjà question (lettre LX), était très lié avec la famille Saumaise. Il retraça Téloge du grand érudit à la fin de la seconde centurPe de ses Epitres {Epistolarum centurice H, Dijon, i656, in-/i°).

^ Nous avons déjà vu que Morisot avait pubUé en 16^9 un recueil intitulé: Publii Ovid. Nason. fastorum lib. XII, quorum sex posleriores, a CL Barlh. Morisoto substituti sunt {m-l\°).

* V Orbis maritimus avait paru à Dijon, en i643, in-folio.

^ Voir la lettre Cil, du 9 décembre 1661.

" Richelet, jeune encore, était venu à Dijon . où il avait été chargé de l'éducation du fils du marquis de Courtivron, depuis président au parlement de cette ville. Il avait quitté Dijon vers 16C0 pour se faire recevoir avocat à Paris et en exercer la profession.

' Les possédées d'Auxonne, dont il a été question plus haut (lettre Cil).

8 La ville d'Auxonne dépendait alors de i'évèché de Langres, car, comme on le sait, l'évè-

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Les deux vers du Bcrnia ' sont très bien appliqués à luy et à ceux qui ont prononcé sur sa garantie.

Obligés moy d'assurer M' de La Mare de ma passion pour sa vertu et me croyés, Monsieur, vostre, etc.

De Paris , ce m' février 1662.

À M. L'EVESQUE DE VENGE

À VENCE

Les bons soidiaits d'un tel ami que vous sont des effets pour moy qui ne mets mon bonheur que dans l'assurance de l'affection de ceux que j'ayme et qui ne puis ni ne veux de plus assurés tesmoignages d'estre aimé d'eux que les souhaits que je sçay qui partent de leur cœur. Quand vous pourries donc davantag e , je les préfererois à tout ce que vous pourries pour ce que ayant mis mon esprit au dessus de toutes les prétentions, j'ay tout ce que je désire et tout ce dont j'ay besoin lorsque j'ay de telles marques de la part que j'ay tousjours en vous. Vous vous contenterés de vostre costé que je vous les paye en semblable monnoye, tant pour ce <jue je vous la garentis bonne que pour ce que je sçay que vous ne prétendes rien plus de moy.

Nous voiTons ce que produira celte nouvelle année que vous me souhaittés heureuse , et si elle le sera plus que la précédente pour le général et pour le particulier. Mais je crains fort que pour vous et pour moy elle ne soit funeste par la perte que nous sommes menacés

de faire de nostre très cher M' Courait dont la goulte, après neuf mois de torture, s'est tournée en une enfleure invincible qui fait douter aux médecins qui ne soit une hydropisie formée et que le succès en soit autre que mauvais. Redoublés, comme nous, vos vœux et vos prières pour son salut qui périclite, si la bonté divine ne l'éclairé dans cette extrémité et ne fait elle mesme une conversion à laquelle tout vostre amour et tout vostre zèle ont si long temps travaillé en vain. C'est à elle et non pas aux hommes à faire ce miracle. Toutes les prédications des apostres n'avoient fait que blanchir contre la dureté de vostre saint Paul , et il n'y eut que la voix céleste qui put terracer son orgueil et faire de luy un autre Saint-Pierre. Les souffrances de nostre très cher m'accablent en un sens, mais sa patience m'édifie en un autre et empesche que je ne désespère de sa double guérison.

Ce que vous me dites de M' Pélisson est véritable. Ces subites élévations sont tousjours dangereuses et ne supposent jamais guères de solides fondemens. On est à la veille de voir ce que son maistre et luy deviendront et l'on n'attend que l'heure qu'on commence les procédures contre eux et peu de gens croyent qu'ils en sortent à leur honneur, veu les dispositions des esprits et la multitude des charges.

Vous avés pieu à Dieu et au monde, j'entens au monde raisonnable, par la lettre que vous avés escritte au Roy. Une Princesse que vous connoissés - m'en a parlé tout à fait à vostre avantage. Ne verrons-nous point

ché de Dijon, démembrement de celui de Lan- dans la Biogi-aphie universelle, (rest un des poêles

grès, ne fut créé qu'en 1781 par Clément XII. L'évêque de Langres, en 1662, était Louis Barbier de la Rivière, qui siégea de iC5.5 à

' Berni (François) , r? que quelques auteurs ont aussi appelé Berna et Bernia,n dit Ginguené,

italiens les plus célèbres du xvi° siècle. :i H naquit vers la fin du xv° siècle, à Lamporecchio, el mourut à Florence en i536.

^ La duchesse de Longueville, selon une note marginale tracée par le crayon de M. Sainte-Beuve au verso du folio 280.

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ce que vous ave's escrit au Pape sur le raesnie sujet?

M' le Cardinal Grimaldi est icy '. Il pourroit estre un bon tesnioin si les parties ne Tavoienl pas note comme suspect et récusable '.

De Paiis, ce m" février 1662.

GENTILHOMME NOBUAND, À CAEN.

Monsieur, je. receus avant-hier vostre lettre de la propre main de Madame de Caen' chés nostre pauvre M' Conrart qui dispute encore contre la mort. Depuis ce jour là je creus, par quelques observations, des causes de sa maladie autres qu'on ne me les avoit rapporte'es '. Je commençay à n'en pas de'sespe'rer tout à fait. Ce n'est pas que la nuit d'après nostre visite il ne fust sur le point d'expirer, mais enfin quoiqu'il soit très mal, il n'empire pas, et son hydropisie est sans fièvre et sans difficulté de respirer. Dieu vueille le guérir de toutes les façons et nous rendre un ami aussi généreux et aussi fidelle qu'il est inter paticîssimos de cette trampe.

Vous moqués vous de me faire des excuses de ces petits offices que vous avés désiré de

' Jérôme Grimaldi, né à Gênes le 20 août 1697, fut successivement gouverneur de Rome (1628), évêque d'Albano, nonce auprès de l'empereur Ferdinand (i63i) et du roi Louis XIII (i64i), cardinal (i6/i3), archevêque d'Aix (i655); il mourut, doyen du Sacré Collège, le li novembre lôgô.

- Le P. Bougerel, dans l'article sur Jérôme Grimaldi qu'il a fourni au Morén de 1759, assure que ce cardinal «étant à Rome, se déclara le protecteur du livre de la fréquente communion, et fut cause que ce livre ne fut point condamné.» Il nous apprend, en ce même article,

moy? Si je croyois que ce fust tout de bon, je ne vous le pardonnerois pas et je vous reprocherois la modicité de vostre foy pour un homme qui parle tousjours du cœur, et qui ne fait rien avec plus de joye que ce qu'il s'est une fois engagé de faire. Je balançay si je vous avertirois du plaisant desmeslé de mon valet avec vostre messager. Il me sembla enfin que vous le déviés sçavoir pour vous munir contre les friponneries de ces sortes de gens pour les choses de plus grande conséquence, car ce!le-cy est une bagatelle et sans celle veiie je me serois bien gardé de vous en dii^e un mot,

J'ay desja mis plus d'une vingtaine d'exemplaires de vostre Iter Suecicmn en de bonnes mains, outre celles que vous m'aviés marquées, entre autres en celles de M'^deBeuning, ambassadeur extraordinaire de Hollande en cette Cour. J'en ay de plus envoyé à M' Heinsius en Suède et à M" Chevreau et Le Fèvre à Saumur. M' Bouillaud n'est pas encore de relour à Paris ; j'en réserveray un pour l'en régaler à son arrivée. Demain j'en donneray deux à M' Huggens^ pour luy et pour son Archimède ^ comme il le nomme avec assés de fondement.

Je ne me souvenois point de vous avoir mis en doute l'existence du livre De tribus

que ce cardinal était très lié avec l'évèque de Vence, et que « toutes les fois qu'il quittoil son diocèse, d en laissoil le soin à l'illustre M. Godeau.^

^ Marie-Eléonore de Rohan , abbesse de la Trinité de Caen, dont il a élé déjà plusieurs fois question.

* Pour rendre la phrase plus claire, il aurait fallu meltre «/escauses'5 au lieu de «des causes'?.

^ Huygens le père, qui, comme nous l'avons vu dans une lettre précédente, était venu à Paris et s'y était lié avec Chapelain.

^ C'est-à-dire pour le très savant malhémalicien Christian Huygens, son fds.

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impostorihus , si c'estoit un simple titre ou un ouvrage- véritablement exe'cutë. Il faut pourtant que cela soit puisque vous ie dittes et qu'il est vray que j'ay long temps creu qu'il n'avoit jamais esté fait \ Mais j'en ay esté désabusé il y a plus d'un an par M' Hardi , conseiller au Ghastelet -, auquel ayant mené le jeune M' de Zulichem en la

compagnie de M' Thevenot, il nous dit avoir veu et leu ce livre en sa jeunesse " par une avanture bizarre et qui seroit longue à desduire, sans nom d'autheur, imprimé en une ville obscure de Silésie, ou de Moravie, à mon avis nommée Vegrovia*, des mesmes charactères et du mesme volume que les œuvres de Socin \ et selon qu'il nous dit

' Florimond de Raymond {La naissance, progrez et décadence de l'hérésie de ce siècle , édition de 162.3, m-h", p. 286) parle ainsi du De tribus impostoribtts : «JN'a-t-on pas veu un détestable livre forgé en Allemagne, quoy qu'imprimé ailleurs, au mesme temps que l'hérésie jouoit ainsi son personnage, qui semoit celle doctrine, portant cet horrible tillre Des trois imposteurs, elc, se mocquanl des trois religions maislressos qui seules recognoissent le vray Dieu : la juifve, la chreslienne et la mahomélane? Ce seul tillre monstroit qu'il sortoit des enfers, et quel esloit le siècle de sa naissance, qui osoit produire un monstre si formidable. Je n'en eusse fait mention si HosiusetGenebrard avant moy n'en eussent parlé. 11 me souvient qu'en mon enfance j'en vois l'exemplaire au collège de Presle entre les mains de Ramus, homme assez remarqué pour son haut et éminent sravoir, qui embrouilla son esprit parmy plusieurs recherches des secrets de la religion, qu'il manioit avec la philosophie. On faisoit passer ce meschant livre de main en main parmy les plus doctes, désireux de le voir.» Je demande la permission de reproduire une note qui, dans Y Essai sur la vie et les ottvrages de Florimond de Raymond, conseiller au parlement de Bordeaux (1867, in-8°, p. 8), suit le passage que je viens de citer : «Ce livre Des trois imposteurs a fait le désespoir d'une foule d'érudits. On ne sait et on ne saura probablement jamais rien de positif sur ce diabolique sujet. G. Naudé, Richard Simon , Bernard de la Monnoye , Charles Nodier, etc., ont soutenu que le livre cité par Raymond n'a jamais existé. Pourtant l'affirmation de Raymond est aussi nelle et aussi formelle que possible, et d'ailleurs les témoignages qu'il invoque lui-même viennent corroborer son affirmation. Ce livre, qui avait dû élre tiré à très peu

d'exemplaires, a pu entièrement disparaître avant la fin du xvi^ siècle. L'opuscule que nous possédons aujourd'hui sous le même titre aura été composé au milieu du xvim' siècle, par quelqu'un qui aura mystérieusement cherché à remplacer ainsi l'introuvable traité. M. Huillard-Bréholles ( Vie et correspondance de Pierre de la Vigne, 1860, in-8°, p. i56)conûrme ainsi mon opinion : Le témoignage de plusieurs canvains qui appartiennent à la seconde moitié du iri' siècle donne lieu de penser qu'une publication anonyme portant ce dire parut vers iSâo ; mais il n'en existe plus aucune trace, et ce ne fut qu'au xriii' siècle que quelques libraires virent dans la célébrité du prétendu livre DES mois liiPOSTBCits l'occosion d'une fraude grossière, mais lucrative. En effet, un misérable écrit, antidaté de 1698, parut à Vienne sous ce litre en 1708, fut depuis plusieurs fois réimprimé, et récemment encore, en 18 '16, à Leipzig, avec une traduction allemande. !i 11 faut voir, sur tout cela, une bien intéressante notice de M. Gustave Brunet, en tète du rare et petit volume publié à Paris, chez Gay, 1860, ia-18 : De tribus impostoribus. M.D.iic. Texte latin collationné sur l'exemplaire du duc de la Vallière, augmenté de variantes de plusieurs manuscrits, etc., par Philomneste Junior. Dans celle notice de 55 pages, M. G. Bnmet a réuni, suivant son habitude, les plus amples et les plus curieuses révélations.

* Nous avons déjà rencontré le nom de ce savant magistrat dans la loltre LXXXV.

^ On voit combien le témoignage de Hardi s'accorde avec celui de Florimond de Raymond.

' On chercherait vainement Vegrovia sur les meilleures cartes de géographie.

^ Socin (Lelio Sozzini) naquit à Sienne en iSaô et mourut à Zurich le 16 mai lôCâ.

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que s'y prenoit celuy qui l'avoit composé, cela avoit tout la mine d'estre sorti d'une plume italienne et du ge'nie de cette spéculative nation, ce qui appuie assés ce que vous a dit vostre ami qu'il esfoit de ce Bernardine Ocliinio, autresfois génei\nl des Capucins et depuis apostat célèbre '. L'Anglois qui a fait le livre intitulé Religio nmlicr ne marcliande point à l'en qualifier le vray père. Si vous réussisses dans la poursuitte que vous faittes pour en avoir la copie ou l'extrait, je tiendray à grâce la part que vous offres de m'en faire, ne fust-ce que pour la simple curiosité de vérifier s'il se trouvera conforme à celuy que M' Hardi a veu et leu. Cela se doit faire néantmoins avec beaucoup de circonspection et avec la participation de peu de personnes, parce qu'il s'en pourroit trouver qui n'en feroient pas un usage aussi innocent que vous et moy, ou qui en tireroient des conséquences fort contraires à la pureté de vos intentions. Avec cette précaution ne laissés rien à faire pour essayer d'en tirer par vostre ami une copie , et qui sçait si l'ayant en vostre puissance, ou vous ou quelque autre aussi zélé et aussi sçavant que vous n'en entreprendroil point la réfutation pour désarmer l'impiété et désabuser les foibles sur l'esprit desquels ce seul titre fait plus d'impression que ne feroient les songes creux que cet escrivain a eus sur cette matière? Et lorsque vous aurés obtenu ce que vous me

' Bernadino Ochino, un des premiers protestants italiens, vit le jour à Sienne, trente-huit ans avant Socin, et mourut de la peste en Moravie (i56i). 11 fut général de Tordre des Capucins à Florence, en i538, et réélu en i5ii à Napies. Il se retira en août 1662 à Genève, où il servit ia cause de la réformation par son éloquence jusqu'en i5/i5.

2 Cet Anglais est Thomas Brown, médecin à Nordwich , dont le livre parut à Londres en 16^2. Nicolas Lefèvre en publia une traduction française annotée, à la Haye, en 1668. Voir sur

CUAPELAI>, II.

mandés que vous en attendes, vous m'en donnerés avis, s'il vous plaist, dans les termes prudeus dont vous estes un dispensateur si habile afin de ne scandalizer point nostre prochain.

Cependant je vous diray que sur le bien que j'ay escrit de vous à M' Heinsius, il est très disposé à estre de vos amis de la bonne sorte et cela augmentera bien par la lecture de vostre lier Suecicum et du Dialogue que je luy envoyeray par la première occasion. M' de Monmor, de son costé, a leu vostre lier Suecicum avec beaucoup de satisfaction, et m'a prié de vous en rendre grâces de sa part aussi bien que j'ay desja fait de vostre excellent livre de la Traduction. Il m'a encore prié de vous semondre comme un des plus chers disciples du feu Père Mambrun, de donner quelques vers latins à sa mémoire, plusieurs autres ayant travaillé sur ce sujet, car voulant en publier le recueil à la gloire de son défunt ami si digne de louange \ il sera bien aise qu'on n'y trouve pas à dire celles que vous luy devés. Par vos premières vous me dires si vous vous y résoudrés afin que je luy en rende conte.

Mille baise mains à tous nos amis de delà et à vous seul deux mille, n'y ayant personne qui soit plus touché de vostre vertu que, Monsieur, vostre, etc.

De Paris, ce iiif février i6G2\

ce livre, que Guy Patin trouvait tttout gentil et curieux, mais fort délicat et tout mystique," une lettre du 21 octobre i()hli, une autre lettre du 16 avril i645, enfin une lettre du 19 juin 1667 (édition J.-H. Reveillé-Parise, t. I", p. oio et 35/1; t. II, p. 321).

^ Les auteurs de la Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus n'ont pas mentionné l'existence de ce recueil, ce qui me fait croire que le recueil projeté ne fut pas publié.

* Le \k février, Chapelain écrit à Huygens {ï° 282 v°) : «Quant à M"^ vostre père, il me

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