‹ Lettres; publiées (volume 2)Chapitre 20 sur 103 · À MONSIEUR, MONSIEUR BOSG, RUE DES PROUVAIRES · texte numérisé non relu

À MONSIEUR, MONSIEUR BOSG, RUE DES PROUVAIRES

Vendredi, à onze heures du soir [a septembre 1791 , — de Paris].

L'ami L[anthenas] me remet dans l'instant le billet dont vous l'avez chargé ; je ne veux pas me coucher avant d'y avoir répondu.

Vous vous trompez étrangement, mon ami : j'ai voulu laisser à M"" Gch.'^) de vous annoncer elle-même son départ; je dirai plus, j'ai cru que je le devais, et lorsque j'ai vu que vous ne me disiez rien aujourd'hui, j'en ai conclu qu'elle ne vous avait encore rien dit; j'ai imaginé alors que j'aurais demain au soir le plaisir de la surprise, qu'elle-même avait eu le dessein de la ménager; je me suis fait une image délicieuse de ce que nous aurions à sentir, à partager et à exprimer demain au soir, et c'est lorsque mon cœur se nourrit des plus douces affections que vous le supposez manquant à la confiance sans laquelle il n'est point d'amitié.

Je ne vous reprocherai pas votre erreur, elle est à mes yeux le fruit d'un sentiment trop vif qui ne vous a pas permis de bien juger, et ce tort, une fois reconnu, devient presque un mérite. Laissez donc là votre très mauvaise résolution; venez ainsi que vous me l'avez promis, j'ose dire que vous me le devez, et j'ajouterais que je l'exige, si je ne préférais le devoir, à mon tour, à votre libre volonté.

<■' GoHectioii Alfred Morrison. — Ma- voyer h ce Iravaii. Ajoutons seulement que

dame Roland ayant quitté Paris le 3 sep- M"" Grandchamp était alors en rapports

terabre 1791, celte lettre est nécessairement suivis avec tout le groupe de Brissot. I^n-

du 9. thenas écrivait à Bancal (ms. gôS^, fol.

''' Ces initiales Gch., Grdch., et plus 9 12-31 3), dans une lettre non datce, mais

loin Grd. Chp., désignent Sophie Grand- qui doit être d'avril 1790 : f^ous avons

champ, cette amie de Bosc qu'il avait liée aujourd'hui un congrès de Creuzet [Ci-euït-

avec Madame Roland et qui a écrit sur^ello Latouclie], Garran, Warville [Brissot], D.

des iiouwmVs si intéressants, quenousavous [Danlic, c.-à-d. Bosc], M"" G. . ., M'"' W'"'

publiés dans la Révolution française de juillet [M'"° Brissot] et M"' Dupont [une des belles-

et août 1899. Nous ne pouvons que i-en- soeurs de Brissot]. 1

Mais certainement vous feriez plus que me fâcher, vous m'affligeriez profondément si vous ne veniez pas; ce serait être pis qu'injuste.

J'en aurais beaucoup à vous dire; je me réserve à vous l'exprimer de vive voix en vous embrassant comme mon second fils.

Il me semble que vous ne vous rappelez pas que je vous ai témoigné, il y a plusieurs jours, avoir quelque espérance d'être accompagnée à mon départ par M""" Grdch.

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