À MADAME GODEFROID, À PARIS
[7 novembre 1798, — de la Conciergerie.] A la personne chargée du soin de ma fille '■",
\ous (k-v,.z au mall.eur, citoyenne, et vous tenez de la confiance un dépôt T" mest b.en cher. Je crois à l'excellence du choix de l'amitié, voilà le fondement de mes espérances sur l'objet des sollicitudes qui rendent pénible ma situation présente.
Le courage fait supporter aisément les maux qui nous sont propres, mais le
'■' Publiée pour la premièru fois par Clianijwgneiix (Disc, prélim., p. lxmv); Faugère, II, 976.
La date du 7 uoveiubi-e se trouve sur une copie, de la main de Bosc, qui appartient à M. Alexandre Beljame. Cette lettre serait donc la dernière que Madame Roland aurait écrite, si du moins Bosc ne s'est pas trompé en datant sa copie. (iNous avons vu qu'il s'est trompé j)lusieurs fois en datant la copie de la lettre rr A ma fille t.). Mais cette date du 7 novembre reste vraisemblable.
'*' Gomme on l'a vu par la lellre précwlente, Madame Roland savait, le 97 octobre, que sa fille n'était plus chez lesCreuzé- Latouche, mais ignorait encore où Bosc l'avait placée. Celte lettre est donc, de celles «pie nous jwssédons, la dernière qu'elle ait écrite.
M. I5arrière, qui écrivait presque sous la dicU-e de Bosc, nous apprend le nom de la personne qui avait recueilli M"' Roland :
Dis aiiilN <!.. Madam.' lloland [le» Creuzé- UlouclieJ avaient recueilli sa fille; ils se virent bientôt forcés, pour leur sûreté personnelle, de placer cette jeune fille chez une maîtresse de
pension, qui ne consentit elle-même à la recevoir .|u'.n lui faisant prendre un autre nom. Madame Roland apprit cette nouvelle peu de jours avant sa mort. Ce rxEur si ferme se troubla tout à roup. La lettre qu'on va lire fut écrite a cette occasion.
(Édition de i8ao.)
L'estimable institutrice qui l'avait recueillie dans sa maison se nommait Godefroid. Sa fille , qui s'est fait un nom distingué dans les arts, est restée la meilleure amie d'Eudora. (Édit. de 1837.)
Voii-, dans la Gazelle des Beaux-Arts (janvier et juin 1 869) , un très intéressant article •le M. Léon Arbaud sur M"' Godefroid. et surtout sur sa lille, Marie-Éléonore , qui fiil l'élève et l'amie du célèbre peintre Gérard. (;f. le Dictioiin. deBcHierdeLa Cliavignerie, à l'article de M"' Godefroid ; on y voit qu'aux «dons de i83i, i8.33, i83/i, i846, 18/17, M"' (iodefroid exposa divers portraits de M"" Eudora Cliampagneuv et de ses enfants. Quant au fils de M"' Godefroid, il se pouvait qu'il fût ce Godefroid, iràgé de 99 à ■ii ans en 179/M, dont parle Etienne Delécluze (Louis David, son école et son temps,
cœur d une mère est diflicile à calmer sur le sort d'un enfant auquel elle se sent arracher.
Si l'infortune imprime un caractère sacré , qu'il préserve ma chère Eudora , je ne dirai pas des peines semblables à celles que j'éprouve, mais de dangers inliniment plus redoutables à mes yeux! Qu'elle conserve son innocence, et qu'elle parvienne à remplir un jour, dans la paix et l'obscurité, le devoir touchant d'épouse et de mère. Elle a besoin de s'y préparer par une vie active et réglée, et de joindre au goût des devoirs de son sexe quelques talents dont l'exercice lui sera peut-être nécessaire. Je sais qu'elle a chez vous des moyens pour cela. Vous avez un fils, et je n'ose pas vous dire que cette idée m'a troublée; mais vous avez aussi une fille et je me suis sentie rassurée. C'est assez dire à une âme sensible, à une mère et à une personne telle que je vous suppose. Mon état produit de fortes affections, il ne comporte pas de longues expressions.
Recevez mes vœux et ma reconnaissance.
La mère d'Eudora.
ANNO INCERTO.
V BOSC, [À paris'').]
[? — duClos.]
Nous allons faire rechercher des insectes pour vous en envoyer; ce n'est pas petite besogne, car ils n'existent point dans notre canton et ils se tiennent cachés en terre tout le jour; ce n'est que la nuit qu'ils sortent pour faire leurs ravages, et c'est alors qu'il faut les épier. Vous en aurez certainement, s'il y a moyen, mais dans l'étal où on les trouvera, et je ne vous promets pas qu'ils soient à l'époque où vous les désireriez.
Notre ami vous prie bien fort de ne pas oublier ses vers de pelleterie; nous sommes dans les fourrures jusqu'au cou. Je courais hier après ces loutres de mer du Kamtchatka que Buffon n'a pas connues et dont les mœurs sont curieuses. C'est grand dommage qu'il faille, pour les étudier, digérer de (sic) chiens de mots latins qui me mettent à la loi'ture.
Peut-être bien aurez-vous un petit mémoire sur le ... , dont vous nous avez envoyé la dénomination.
Adieu, nos bons amis, à la vie et à la mort.
''' Collection Alfred Morrisoii. — Il y a en tête du folio : tM. Bosc»i.
54/i LETTRES DE MADAME ROLAND.
[À BOSC, À paris'''.]
[î — du Clos.]
A VOUS aussi, bonjour et amitié. Dites-nous, je vous prie, de cjuel prix était le catalogue des médailles d'Ennery? Si c'était dix ou douze francs, ce qui nous intéresse à savoir, parce qu'on nous le doit rembourser ?
Si vous pouviez aussi nous rappeler l'objet des neuf du dernier compte, vous nous feriez plaisir, parce que nous ne pouvons nous en souvenir, et que ce ne peut être l'histoire du catalogue.
Nous sommes en l'air pour un cheval (|ui se meurt , nous le sommes pour des réparations de tout genre, et le froid et le rhume ne laissent pas que de tourmenter la famille.
Soyez plus heureux et aimez-nous toujours.
À BOSC, [À paris'"'.]
[?— deLyon.]
Notre ami avait oublié de répondre à votre lettre du -jo, relativement aux boîtes de plantes et d'insectes que vous attendez de Savoie, que vous pouvez les faire adresser à M. Bouché, subdélégué général et premier secrétaire de l'Intendance, mais en faisant mettre sous son couvert pour M. de Laplalière.
Le Rosset d'ici est un libraire lié avec Nyon, chez qui il avait vu votre sœur; elle est donc à Dijon. C'est presque notre voishiage. Vous me ferez grand plaisir de me dire un mot d'Agathe, je l'attends avec impatience.
'"' Collection Alfreil Morrisoii. — ''> Collection Alfrefl Mori-ison. — Il y a en tête de la lettre : frM. d'Antici.
ANNO INGERTO.
Adieu, salut et amitié. Je viens d'embrasser ma petite fille et je suis plus eulant qu'elle.
[À BOSC, À PARIS*''
[î— deî]
1° Huiles i olives. — Quelles sont les meilleures de la France et particulièrement de la Provence ? . . .
9° Huiles de graines. — 3° Savons. — li° Savonnettes, pommades, essences, etc. — 5° La tannene et les apprêts des peaux et cuirs.
J'ai à décrire ces différentes parties; je ne connais que les cahiers des Arts publiés par l'Académie, oii toutes les parties sont médiocrement traitées; et j'aurais le plus grand besoin de secours.
iK^ux lellres aiit. s. de h paffcs. — N° 770 de la collection Aiinë Martin, vendu le ai février 1 848 et jours suivant», Techener, exjwrt.
À M. DANTIC [BOSCJ.