‹ Lettres; publiées (volume 2)Chapitre 75 sur 103 · LES INTENDANTS DU COMMERCE · texte numérisé non relu

LES INTENDANTS DU COMMERCE

li ne peut être question ici d'esqnisser, même sommairement, l'histoiro des Intendants du commerce au win' siècle. Il suffira de marquer ce qu'ils étaient en 1780 et de rëunii-, sur ceux dont Roland eut à dépendre le plus directement, les renseignements micessînrcs.

Institués en 1708, supprimés en 1710, rétablis en J794, les Intendants du commerce étaient, sous la direction du ContriMeur général des finances, wde véritables chefs de bureau des affaires commerciales» '''. Depuis la retraite forcée et la mort de Trudaine de Montigny, c'est-à-dire depuis la suppression par Necker de la Direction générale du commerce, leur rôle était devenu prépondérant. Un édit du 1" septembre 1777 avait prescrit qu'ils délibéreraient entre eux toutes les affaires et qu'ils s'assembleraient deux fois par semaine en Comité. II n'y avait plus d'intermédiaire entre eux et le ministre '*'. Ils correspondaient direcment avec les Intendants des provinces. Les inspecteurs des manufactures étaient placés sous leurs ordres.

Chacun d'eux avait, dans son département, un certain nombre de généralités, — et en outre, depuis ijtih, la surveillance générale d'une des grandes branches de l'industrie française, ("est ainsi que nous voyons Roland, à Amiens, relever de l'Intendant Blondel (]ui avait la Picardie dans son ressort, et en même temps de l'Intendant Tolozan, parce que celui-ci était spécialement préposé aux (rmatuifactures de bas et autres ouvrages de bonneterie" dans toute la France.

Les charges d'Intendants du commerce, d'abord créées à titre d'offices trausmissibles , avaient été transformées, surtout depuis 1777, en commissions révocables. Mais, pour avoir été ramenés à la condition de fonctionnaires, les Intendants du commerce n'en étaient pas

<■' Eugène Lcionfj, Introduclùm à VInvenlaire analytique de» procèn-verbaujc du Cotueil de commerce et du Bureau du comtnerce (1700-1731), drcs»! par M. Pierre Bonnassieui et pul>lié par les Archives nationales, Paris, Imprimerie nationale, 1900. Cette inagistraln Introductiim nous a été d'un précieux secours pour cet Appendice. M. François Dumas, professeur à la Faculté des lietlres de l'Université de Toulouse, auteur travaux appréciés sur le commerce au

xvui' siècle, nous a fourni d'autre part d'utiles indications.

'*' Nous négligeons forcément, dans ce résumé si succinct, quelques points accessoires, tels que les rapports des Int('ndant< du commerce avec les commissions consultatives qui, sous le nom de Conseil de commerce et de Bureau du commerce, fonctionnèrent, tantût successivement, tantôt simultanément, auprès de l'administration centrale.

moins, dans celte organisation de 1777 qui mettait toute l'administration entre leurs mains, singulièrement puissants. Choisis parmi les maîtres des requêtes, touchant 10,000 livres de gages, représentant le ministre, ayant leurs bureaux non pas au Contrôle géoe'ral, mais dans leurs hôtels même ''', ils dirigeaient comme autant de petits ministères , n'ayant entre eux d'autre lien que les réunions bi-liebdomadaires de leur Comité.

Ils étaient tous à des degrés divers, selon leur tempérament, nettement protectionnistes et nidlement disposés à continuer Trudaine et Turgot. Roland ne pouvait donc que leur déplaire non seulement par l'indépendance et l'âpreté de son caractère, mais aussi par sa doctrine et ses tendances.

En 1780, ils étaient au nombre de quatre, et leurs départements étaient établis de la manière suivante {Alm. royal de 1780, p. 909) :

\IM. de Montaran, père et fds. — La généralité de Paris, h l'exception de la ville''', le Roussillon, le Languedoc, la Provence, le Dauphiné, l'Auvergne, les généralités de Montauban et d'Auch, les manufactures de toiles et toileries.

M. de Cotte. — Le Lyonnais, Forez et Beaujolais, la Bourgogne (duché et comté), la Bresse, les généralités de Limoges et de Tours, le Maine, le Poitou, les généralités de La Rochelle et de Bordeaux, les manufactures de soies.

M. de Tolozan. — La Normandie, la Bretagne, les généralités d'Oi'léans, de Bourges et de Moulins, les manufactures de bas rt autres ouvrages de bonneterie, et la caisse du commerce.

M. Blonde!. — La généralité de Soissons, la Picardie et l'Artois, la Flandi-e, le Haiuaut, la Champagne, les Trois Evêchés, la Lorraine et l'Alsace, les papeteries et les tanneries.

Jacques-Marie-Jérôme Michau de Montaran (1701-1789) était Intendant du commerce depuis 177^ et se trouvait par conséquent le doyen du Comité. Il avait été un des adversaires les plus marquants de Goumay. Son fils lui avait été adjoint en 1767, avec survivance.

Jean-Jacques-Maurille Michau de Montaran (1785-17. . . ), d'abord adjoint à son père, lui succédii en 1782. La correspondance des Roland nous le montre courtois et affable, mais aussi hostile que son père aux idées nouvelles. Un édit du 5 juin 1787 (ministère de Brienne) ayant ramené de quatre à une seule (qui fut confiée à Tolozan) les charges d'Intendant du commerce, .Montaran cessa ses fonctions. Nous le retrouvons cependant Intendant du commerce en 1789, 1790 et 1791, et travaillant en cette qualité à assurer la subsistance de Paris durant ces années de crise , mais il semble que ce soit à titre d'adjoint

"' C'est pour cela que nous voyons Madame Neuvc-des-Petits-Champs, mais ils avaient leurs

Roland, dans ses sollicitations de 1786, courir bureaux chez eux et y donnaient leurs au-

de la rue de Varennes, chez M. Blondel, à la diences.

rue du Grand-Chantier, au Marais, chez '" Le lieutenant général de police remplis- M. Tolozan, etc. . . — Les Intendants allaient sait, pour Paris, en ce qui concerne le combien travailler avec le Contrôleur général, soit à merce et les manufactures, le rôle d'un Inten- Vorsaillos. soit à l'hôtel Pontchartrain, rue dant du commerce.

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à Tolozan {Mm. royal de i7<|0, p. aSA, el Tuetej , I, III, passim). Un pamphlet de 179^, cité par M. Dauban [Les Prisoiui de Paris sous la Révolution, p. iSg), nous apprend que, pendant la Terreur, il était détenu à la Force , et le représente comme «faisant du bien » autour de lui. Nous ne savons pas la date de sa mort.

Jules-François de Cotte (1731-. . . . ) avait succédé à Goiu-nay en 1768. 11 céda son office à M. de Colonia vers la fin de 1780.

Pierre-Joseph de Colonia (1746-. ..."), successeur de M. de Cotte, ayant été nommé Intendant des finances à la fin de 1788 , fut remplacé par

Jean-Baptiste Devin de Gallande(i7i5-. . . . ), nommé Intendant du commerce par commission du 10 janvier 1784. H resta en fonctions jusqu'à la suppression de son emploi par l'édit du 5 juin 1787.

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