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M. Tolozan est, de tous les Intendants du commerce, celui dont le nom revient le plos souvent dans la correspondance. Roland dépendait de lui, non pas seulement, ainsi que nous venons de le dù-e, pour les industries lainières, considérables en Picardie, mais aussi parce que Tolozan , préposé à la Caisse du commerce et aux ^commissions des inspecteurs» , c'està-dire à leurs nominations, à leur avancement, etc. (voir lettres des ai et 99 mai 1784), tenait véritablement son sort entre ses mains. 11 semblo d'ailleurs qu'il ait été, de tous les Intendants du commerce à celte époque, le plus capable et le plus homme de gouvernement. (C'est sous .son autorité que l'édit de 1787 concentra toute l'administration du commerce.) Les lettres de 1784 où Madame Roland raconte ses entrevues avec ce chef bourru, mais intelligent et bon, avec (rl'ours" , pour nous servir de son irrévérencieuse expression , nous laissent sur une impression de sympathie.
Les Tolozan étaient de Lyon, et Roland, lorsqu'il fut transféré dans cette généralité, se trouva on rapports avec le frère de son redoutable chef, Tolozan de Montfort, prévôt des marchands de Lyon. Ces circonstances nous autorisent donc à consacrer à celte famille une notice de quelque étendue.
l^e chef de la famille, Antoine Tolozan, né près de Briançon vers 1687, était venu à Lyon iren saboLs et avec une pièce de vingt-quatre sols dans sa pocher '"'. Il s'y était enrichi dans le négoce el était arrivé à la noblesse en achetant une charge de Secrétaire du Roi. Quand il mourut, le 19 décembre 1764, il était (récuyer et seigneur de Montfortn. C'est lui qui avait fait bâtir''' les deux belles maisons qui portent encore aujourd'hui son nom, l'une vis-à-vis le port Saint-Clair, l'autre à la place du Plaire.
'■' Liête dtt nomt dei ci-devant duct , marquit , (voir Biojrr. Rahbe cl Tiictoy, t. II, n° 1877).
romlet, barotu di'mi-ingnevr» et anobli», Cf. les détails donnôs par M. Marccllin Boiidot
Paris, chez Garnéry, l'an second de la Libept(' dans sa ljiojjra|)liif' do Diiiaiire. , [1790], n" MX. — Le pamphlet est de Duiaure '•' Catal. des Lyonnait digne» de mémoire.
II eut cinq fils et une fille. La fille travnit épousé un épicier de Lyon , nommé Maindesli o , qui demeurait quai Saint-Clair, dans la maison des Tolozan»'''.
Nous ne savons rien du premier et du troisième de ses fils.
Le quatrième, Louis Tolozan de Monlfort, né le 29 juin 1796, mort à Oullins le 10 décembre 1811 ''', négociant, chevalier, trésorier et receveur général des deniers communs de la ville de Lyon, est le dernier des prévôts des marchands (1785-1789) ((u'ail eus cette grande cité '''. En cette qualité, il était ircommandant dans la ville de Lyon en l'absence du gouverneur, M. le duc de Villei'oyn (Alm. de Lyon). 11 était membre associé de l'Académie de Lyon (1785) et membre de la Société d'agriculture. Le pamphlet de 1790, — bien renseigné, — dit qu'il était devenu rrle plus riche commerçant de Lyon. Sa vaste maison, sur le quai Saint-Clair, est qualifiée d'hôtel 1. Le libelliste ajoute : trSa fille a épousé le comte d'Ons-en-Bray . . . Elle fait la duciiesse à Paris. . . »:. Un peu plus loin, il nous apprend qu'elle s'appelait Clémentine de Tolozan, qu'elle habitait rue du Grand-Chantier, au Marais, dans l'hôtel qu'y possédait son père, et il reproduit sm- elle une accusation grossière, tirée d'un autre pamphlet du temps, les Ètrcniies iiiij: grisettes '•''K
Le cinquième, Claude Tolozan d'Amaranthe, né le i5 juillet 179.8, mort à Lyon en mars 1798 , avait été conseiller-rapporteur au tribunal des maréchaux de France, puis était devenu, en 1767, introducteur des ambassadeurs (Hippeau, Pari» et Versailles, p. 36). 11 avait formé à Paris un riche cabinet de tableaux dont le catalogue a été publié après sa mort. 11 habitait aussi l'hôtel de la rue du Grand-Chantier.
Nous avons réservé pour la fin le second fils d'Antoine, l'Intendant du commerce Jean- François Tolozan. Né à Lyon, comme ses frères, baptisé le 1" août 1722, il fit dans celle ville le commencement de sa carrière, d'abord comme Avocat général en la Cour des monnaies (1746), puis, la même année, comme Avocat du Roi en la juridiction des douanes. Laborieux et instruit, il était membre de l'Académie de Lyon (1758). Mais ce théâtre restreint ne suffisait pas à son activité. Il se transporta à Paris et acheta , en 1760, une charge de maître des requêtes. Dans les Almanachs royaux, il est appelé tantôt Tolozan , tantôt rfe Tolozan, mais il semble s'être assez peu soucié de s'anoblir et il ne prit pas de nom de terre, comme avaient fait ses frères. Il fut nommé Intendant du commerce par commission, en décembre 1776, et c'est à lui que Neckcr confia, eu 1777, après la mort de Trudaine, le dépôt des papiers qui se trouvaient dans les bureaux de cet administrateur, ce qui semble indiquer tout à la fois que Tolozan était un homme de confiance et qu'il n'était pas dans les errements de Trudaine. Necker lui attribua aussi la Caisse du commerce, ce qui lui assignait dans une certaine mesure un rôle prépondérant entre ses collègues.
En 1780, Tolozan succéda h M. de Cotte comme trrapporteur au tribunal des maréchaux de France», tribunal qui réglait les affaires de point d'honneur rentre les gentilshommes et gens faisant profession des armes n , et le pamphlet de Dulaure dit à ce propos que irpour
<■' Pamphlet précité. '*' Ce pamphlet, hardi et cynique, qui flt du
(^' Catal. des Lyonnai». bruit on 1790, est attribué par M. Tuotoy
'') Voir, sur son rôle à Lyon au dohul de la (t. 1, n° i353, — cf. t. II, htroductinn ,
Révolution, où il défendit habilomont l'ancion p. xui) à Roch Marcandier, secrétaire do
régime, le livre de M. Walil, passim. Camille DesmouUns.
le caraclëriser el Je distinguer de ses frères, on le qualifiait de To'ozan point (ou pns) d'honneurv. (Cf. Mémoires secrets, ai décembre 1780, 5 avril 1789, 8 août 178.3.) Mais les appréciations malveillantes de Diilauie sont contredites par d'autres contemporains ( l'abbé Georgel , Mémoires, t. I, p. 533, cité par M. Eugène Lelong, — Nouveau dictioumiirc historique de Cbaudon et Delandine, i8o4, article Tolozan. etc. . . ).
La correspondance des Roland nous montre Irs rapports complexes, souvent tendus, entre l'impérieux Intendant et l'indocile inspecteur.
Lorsque Krienne, par l'arrêté du 5 juin 1787, réunit en une seule les quatre lutendances du commerce intérieur, c'est à Tolo/.an que cette Intendance fut conflée, et M. Eugène Lelong fait remarquer avec raison qu'il eut dès lors rfjcs attributions d'un véritable ministre du commerce».
C'est en cette qualité qu'il eut à s'occuper, de 1789 à 1791 (avec son ancien collègue, M. de Montaran. qu'on lui avait donné comme adjoint), de l'approvisionnement de Paris en ces temps difficiles. I^ loi du 9 a «lécembre 1789, sur l'organisation administrative de la France, avait bien supprimé en principe les Intendants du commerce en même temps que tous les autres (Titre III, article 9), mais une disposition transitoire, d'ailleurs bien nécessaire, portiuit que it les commissaires départis. Intendants et subdélégués cesseront toutes fonctions iimsitôt t/iie les administrations de département seront entrées en fonctions», permettait il Tolnzim de rester provisoirement à sa lâche (ce n'est guère qu'au milieu de 1790 que les Intendants de tout ordre disparurent eu fait).
Tolozan, bien que supprimé en principe, dirigeait donc encore le service lorsque l'inspecteur de Lyon qui, lui, n'était pas encore supprimé (il ne le fut que par le décret du 97 septembre 1791), lui adressa la lettre suivante (ms. ôsâS, fol. 1 lS), dont le ton montre assez que les temps sont changés, et que depuis le moment oîi Madame Roland écrivait h son mari, à propos de Tolozan (août 1787, lettre 377) : «File doux; point de débals!», une Révolution était sui-venue :
M. Tolozan, Intendant du Commerce.
Lyon, II' 18 janvier 1790.
Mnnsieur, quel que soit le motif qui ait fait rendre au Conseil l'arrêt du ag novembre dernier, ijui ordonne l'exécittion jn-uvitoire d'un tarif du firi.r de» Juron», etc. . . île la fabrif/ue de Lyon, je crois ne pas diMuir tous jaissi'r ignorer (lu'il ii°a\ait |>as l'tc; connu ici jiiM|ii'à ces derniers jours qu'on tii'Ul de l'alFiclicr; qu'il porte le troulilc dans la fal>ri(iue cl i|ii'il leiul à la combler di- misère.
Beaucoup de fabricanl-s m- faisaient travailler ipie pour occuper leurs oii\iiei-s; (pu'Icpies-uns même entassaient la niarrliandise, fante de délioticlii'. On avait trouvé si sage l'arn'l du .3 septembre 1786 "* ; il était conforme à tout ce ipii se prati(|ue dans tout le royaume, à la raison, à la justice;
"' Il est posslMe cpuî cet édil se rattacliàl il doit, ainsi que Itoland va le ni|(peter lui-
aux négociations d'où sortit le traite de com- même, se rapporter surtout.! l'i'meute du mois
merce avec l'Ani^i-lerre du uB seplembn,' 17SO; d'aoïU 178(5 (voir lettre de Madame Roland du
Lyon a toujours été poiir le libre-échange. Mai- 1 1 août).
on l'avait rendu à la suite d'une émeute ensanglantée et pour en éviter de 8embla}>ies. Maintenant, on saisit ie moment d'une misère affreuse , d'une rumeur non moins dangereuse , et l'on forw la plus grande partie des fabricants à mettre bas un ])lus grand nombre de métiers encore.
Quand la loi du 16 octobre 1791, rendue pour application du décret du 97 septembre précédent, eut supprimé toute l'ancienne administration du commerce, Tolozan fut chargé par le ministre Delessart de la liquidation des affaii'es de cette administration, et dura ainsi près d'une année encore ^''. Cependant les événements allaient vite : le 9 3 mars 1 79a , Roland devenait ministre de l'Intérieur et avait ainsi sous ses ordres l'ancien chef qui l'avait tour à tour rabroué et protégé. 11 le laissa en fonctions. Mais lorsque Roland fut redevenu ministre au 10 août, Tolozan oCFrit, le 17, sa démission, motivée par son âge (il avait 70 ans) et sa santé. Roland l'accepta le lendemain , et confia la suite de la liquidation au fidèle commis de Tolozan, Vahoud-Dormenville, dont il n'avait jamais eu qu'à se louer. (Voir la correspondance de 178^.)
M. Eugène Lelong nous apprend que, "h la fin de juin 1798, Tolozan s'était retiré, par ordre du Comité de Sûreté générale, au Plessis-Picquet», et que fil y fut arrêté le 3 frimaire an H (28 novembre 1798) et incarcéré dans la maison de Port-Libre, rue de la Bourbe». D'autre part, une pièce du catalogue d'autographes de M. Noël Cbaravay (décembre 1900) ffordre de traduire h la Force le sieur Tolozan», émanant du Comité de Sûreté générale (signé de David, Lebas, etc. . .), est datée du 92 germinal an 11 (1 1 avril 179'!). Tolozan était-il réincarcéré après avoir été élargi? ou bien s'agit-il d'un simple transfèrement ? ou enfin ce dernier ordre concerne-t-il un de ses frères, Tolozan d'Amaj-anthe ou Tolozan de Montfort?
L'orage passé, Tolozan se retira h Lyon, sa ville natale, et y renoua des relations avec les survivants de l'ancienne bourgeoisie lyonnaise. Delandine, qui l'a connu, dit -qu'il jouit jusqu'il F' \ damier instant de toute la gaieté de son caractère et de toute la vigueur de son espriti). est de Lyon que Tolozan s'adressa au ministre de l'Intérieur, le 93 thei-midor an IX (1 août 1801), pour que sa pension de maître des requêtes lui fût payée sur le pie<l de 3,000 francs, et le Premier Consul renvoya la réclamation à son collègue Lebrun rpour me faire connaître ce qtie c'est que cet iiidividu-K (Eug. Lelong, Introduction). Il ne s'était pourtant écoulé que quatorze ans depuis cette année 1787 011 Tolozan était un des maîtres de l'administration française !
L'ancien Intendant mourut à Lyon le aS septembre i8oa'*'. trll ne laissait qu'une fortune médiocre» {Dict. de Chaudon et Delandine).
Il avait publié divers écrits relatifs au commerce. (Juérard (France littéraire) en signale deux, de 1786 et de 1789. Le Dictiniiiidire <\e Delandine en mentionne un autre : Obsercationn sur ta réforme de Fordoniiance (le i6j3 relative aux ajffaires de commerce, m-h°.
-') Le a 9 janvier 179a, le Patriote français '*) Dict. de Chaudon et Delandine. — La
reprochait à Cahier de Gprvilte, ministre de Hiographie de Leipzifr , qui royirodmt Cf dielion-
i'Intérieur, (rd'avoir invité M. de Tolozan à snr- naire, dit i5 septembre. — Calai, det Lyonnais
seoir provisoirement à dater les lettres de son etc.... — Dumas, Hist. de l'.icad. de Lyon,
département de l'an iv de la Liberté:). t. 1, p. 287.
Auloine-Louis Blonde!, né à Paris et baptisé le a 5 février 17^7, conseiller au Parlement en 176.5 (à 18 ans!), maître des requêtes a\ec dispense d'âge en 1775, fut nommé Intendant du commerce ^(rcom/«issio» en 1776'''. H était donc le plus jeune des quatre Intendants à l'époque où Madame Roland allait les solliciter. Il était aussi , pour elle , le plus habile et le moins sûr : fie petit chal-n , c'est le terme qui revient à chaque instant dans la correspondance des Roland. irEn 1786, dit M. Eugène Leiong, dont ï Introduction nous fournit toutes ces dates, il fut nommé Intendant des finances, mais continua néanmoins à servir comme Intendant du comnieree jusqu'au mois de juin 17871, c'est-à-dire jusqu'à la suppression de son emploi, s A la 8up|)ression des Intendants des finances, eu 1791, il passa nu ministère de l'Intérieur en qualité de chef de la sixième division, qui comprenait l'agriculture, le commerce et les manufactures. Il était en même temps vice-président du Bureau central de l'administration centrale du commerce, institué le a6 octobre 1791, sur sa proposition, par Delessarl , ministre de l'Intérieur, pour remplacer le Bureau du commerce supprimé par le décret du 27 septembre précédentu [ibid. — Voir Alm. royal de 179a, p. 933). On voit que itle petit cliat« savait retomber comme il convient. Mais là ne se bornait pas son ambition. Eu novembre 1790, quand M. de Saint-Priest, ministre de la Maison du Roi, devenu impopulaire, s'apprêtait à se retirer, Blondel visait sa succession, et Brissot dénonçait d'avance cette candidature : cOn assure que M. Guignard [de Saint-Priest] quitte et résigne sa place à M. Blondel, Intendant sous le régime dcisastreux de Galonné, et son ami, et en outre créature de M. Guignard. Quels titres à la confiance du peuple I Et peut-on gouverner sans confiance l 'i {Patriote français du a 9 novembre 1790). Et, le surlendemain (1 décembre): «Deux nominations ont eu lieu , l'une de M. Blondel à la place de M. Guignard. L'opinion publique, prononcée avec force contre cet homme, la dénonciation (jui en a été faite par M. Charles Lameth aux Jacobins, et (jui sera sans doute répétée par tous les bons citoyens, semblent l'avoir suspendue, et paralysé cet agent de l'ancien despotisme. . . '•.
Blondel ne fut pas ministre, mais resta ministrable. Le 17 juin 1792 , quatre jours après que Louis XVI avait renvoyé Roland , Servan et Clavière et cherchait encore un successeur à ce dernier, un de ses anciens minisires, Tarbé, resté un de ses conseillers secrets, lui conseillait de s'adresser trà M. Blondel, ancien maître des requêtes ... •" (Tuetey, t. IV, n" 701). Mais la proposition était déjà éventée, car, dès la veille (16 juin), le Patriote franriiii disait : «On assure que le ministère des contributions publiques a été successivement offert à MM. Blondel, Vergennes, Burté et Gandin, qui n'ont pas cru devoir l'accepter...-.
I!lr)ndel n'en restfiit pas moins chef de division au minLstère de l'Intérieur, où, par un singulier retour des choses, il venait d'avoir eu pour chef, pendant trois mois, — du a3 mars au i3 juin 179a, — cet ancien inspecteur des manufactures qu'il avait jadis si peu ménagé. Mais le 16 août 179a, six jours après que Roland fut rentré en vainqueur au
''> 11 (-tait le fils d'iin« iimip dr Tiirgol, au- rommission et qu'il np perde rien à ce quivou» est
quel (ionHorfi'l écrixait, pi'U après sa disjjiàcc; anivéï. [Conetpoud. de Coiidorvet. et de Tm/rol,
irj'ai (•(« fort aise que M. Blondel ail eu imn publiée par M. Charles Henry, i888j p. a85.)
ministère, Blondel donna sa démission. Était-ce parce que son nom figurait, dans dee papiei"s trouves aux Tuileries, sur une note où la Reine avait inscrit -les gens de sa connaissancei, c'est-à-dire les personnes de sa confiance (voir Momteur du 17 août 1792)? Il y a, à sa retraite comme à celle de Tolozan à la même date, une raison plus générale : Roland, durant son premier ministère, n'avait pu remanier ses bureaux, choisir ses coHaboraleui's dans le parti patriote, allendu que les employés tenaient leurs commissions du Roi. Il avait donc dû les subir et s'en accommoder. Après le 10 août, au contraire, il se fit autoriser aussitôt par l'Assemblée législative à faire, dans son département, frtous les changements convenables^. [Yoiv VAtertis/iemenl de l'année 1799, p- io5 de ce volume.) Refondant l'organisation du ministère, appelant à lui des ftpatriotes » , il était amené, sans arrière-pensée de rancune personnelle, à se séparer d'hommes qui représentaient le passé. Il avait si peu de ressentiment contre Blondel , qu'il l'utilisa pour une mission patriotique, et, ce qui n'était pas sans courage , l'avoua publiquement pour un de ses agents. I,e Moniteur du 1 8 novembre 1792 publia la lettre que voici :
Le ministre de l'Inli'rieur nu rédacleur du <f.Momleurv.
Jp vous ])rie d'insérer dans io premior numéro de votre journal la note suivante : Le ciloyoïi Blondel est compris dans une liste des réfogiés à Londres, faite par Jean Pelk'tier i-l lapporléo dans le Courrier des département» du 1 8 octol)rp dernier. La vérité est que le citoyen Blondol n'a pas quitté Paris depuis la Révolution jus(]u'au 5 septembro dernior, qu'il a été chargé par le pouvoir exécutif d'aller en Angleterre, où il est encore aujourd'hui, pour y remplir une mission importante relative aux suhsistanros. — Roland.
Nous perdons ensuite Blondel de vue. M. Eugène Lelong conjecture, avec beaucoup de vraisemblance, qu'il n'est autre que ce Blondel (Antoine-Louis), résidant à Seurre (Côted'Or) depuis le lA juillet 1793, à qui les officiers municipaux de cette ville délivrent, le 1 2 octobre 1793 , un certificat de civisme, et qui fut arrêté au début de l'an u.
Appendice G.