A M. N. N., PROTESTANT
96 mti 1H40.
J'ai connu les doutes désolants de l'irréligion.
mais je n'aurais pu en faire le sujet d'une composition littéraire ; je portais mon tourment en silence. — J'aurais craint de faire dévier du droit sentier les âmes jeunes 9 toujours faciles à séduire. Ah ! cette crainte n'existe que trop peu en France et en Angleterre. Se déclarer incrédule passe pour beau et philosophique. On
1 La strophe it laquelle Pellico fait allusion dans cette lettre est celle-ci, encore inédile :
« H n'est barreau ni chaîne qui puisse tenir mon esprit captif. Pour Pâme il n*est point de Ters ; sa nature est la liberté.
« Lhomme que la prison rend lâche est une vîle fange, vae argile inanimée, ou bien le crime a dégradé TAme immortelle qui est en lui. » {SoU de Vfiditeur,)
ne veut plus^ comme au temps de Voltaire^ d'une impiété grossière^ mais on tire son chapeau au christianisine^ que Ton considère conune ime fiction respectable à laquelle on voudrait bien croire. Je prie Dieu d'accorder la foi à tous ceux qui ne l'ont pas^ et particulièrement à N. N. ^ puisque dénué de cette torœ divine^ l'homme est malheureux^ et qu'il s'exhale de son esprit des émanations nuisibles à autrui. Ditesloi cela^ et igoutez-y que je l'aime.
Quand je prie pour vous^ mon ami^ une douce
espérance vient parfois me sourire... Puissé-je être
exaucé ! Aimons-nous pour l'éternité.