‹ Lettres, recueillies et mises en ordreChapitre 56 sur 113 · A GIUSEPPINA PELLICO · texte numérisé non relu

A GIUSEPPINA PELLICO

21 septembre 1843.

* Ha chère Joséphine,

Veux-tu une bonne nouvelle? en veux-tu deux? en Teux-tu trois? Par laquelle faut-il commencer ? Je te dirai d'abord que je me porte assez bien, ensuite que j'ai reçu avec plaisir votre chère lettre, car notre excellent révérend Père me donne des nouvelles consolantes de sa santé et de la tienne. Tu comprends bien qu'un de mes plaisirs les plus vifs, c'est (juand je reçois vos aimables lettres. Tout ce que vos cœurs si bienveillants m'adressent me réjouit toujours; et comme avec le caractère que Dieu m'a donné ce serait pour moi un véritable mailieur d'avoir une sœur s<'tns affection, il en résulte (|ue ton amitié, ta douceur, ton égalité, je les apprécie infiniment. Que dirai-je du

bien-aîmé révérend Père h qui nous avons tant d'oblr gâtions? Mais il me semble que j'ai bavardé dans tout la pageprécédente sans avoir tout dit. Aurais-je enco quelque bonne nouvelle à îyouler? Il faut quej' pense^ que je fasse Ténumération et la revue de idées. A force de cliercher dans ma mémoire, je troisr verai peut-être ce qui me reste à te dire. Aide-moi suggère-moi.

Est-ce que François m'a écrit qu'il viendra bient nous voir ? Non, il ne m'a rien écrit, il est tout simpl ment venu sans m'en demander la permission. S«e^^ supérieurs l'ont envoyé à Turin; il y est arrivé biei? portant, joyeux et triomphant, enchanté de tout, et surtout de son large chapeau de jésuite.

As-tu enfm compris? Faut-il que je me fasse suer de fatigue à t'expliquer qu'il est ici ? N'as-tu pas honte de me faire tant parler avant de me comprendre? Adieu, je te fais ma révérence, François te fait la sienne, nous en faisons cinquante à notre cher père Feraudi, puis cinquante à la maison Daviso. Le bonjour à notre bonne Ciccri, que j'espère guérie, grâce à notre saint docteur et ami.

Adieu. Vive la joie! Vivent dans nos cœurs Jésus et Marie ! *

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rhucm^nr. — Laissa p«:iir pitijT*; vnu:* fitiL** ^ir olecnriti: le p«i «pii m»? r»*t?te i* se» rnft-.crmar-î* îoèilits. Je n'ii rirn »ie Imir- ni r>ii c^risc-rî'-r* x.i "krite de voir jamai:^ la Inmierç. N:*» ^-rmcft. — J^ tetnbrasê^ et îOî* tai SÛTy.-.

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hien-aimé révérend Père à qui nous avons tent d'ol)lif^ations? Hais il me semble que j'ai bavardé dans toute la pageprécédente sans avoir tout dit. Aurais-je encore quelque bonne nouvelle à jouter? Il faut que j'y l>ense, que je fasse Ténumération et la revue de me» idées. A force de cliercher dans ma mémoire, je trouverai peut-être ce qui me reste à te dire. Aide-moi, suggère-moi.

Est-ce que François m'a écrit qu'il viendra bientôt nous voir ? Non, il ne m'a rien écrit, il est tout simplement venu sans m'en demander la permission. Ses supérieurs l'ont envoyé à Turin ; il y est arrivé bien portant, joyeux et triomphant, enchanté de tout, et surtout de son large chapeau de j^'suite.

As-tu enfin compris? Faut-il que je me fasse suer de fatigue à t'expliquer qu'il est ici? N'as-tu pas honte de me faire tant parler avant de me comprendre? Adieu, je te fais ma révérence, François te fait la sienne, nous en faisons cinquante à notre cher père Feraudi, puis cinquante à la maison Daviso. Le bonjour à notre bonne Ciceri, que j'es|)ère guérie, grâce à notre saint docteur et ami.

Adieu. Vive la joie! Vivent dans nos cœurs et Marie ! *

A PIETRO GIURIA K

Turin, 31 septembre 1843.

Cher Giuria, Venu ce matin pour peu d'heures à Turin, j'ai trouTé ta lettre et l'opuscule. On m'avait dit le succès de la Gismonda, mais je te remercie de tout mon cœur de ton empressement à m'en donner aussitôt la nouTelle. Tu es trop partial en ma faveur, et ce cher défaut de ton cœur aura contribué à te faire goûter cette tragédie. Quoi qu'il en soit, j'apprécie ton* suffrage, et celui du public, et je me félicite de ce que le mérite de la Santoni et de sa compagnie m'est également venu en aide. — J'ai lu avec amour les vers de Crocco; je lirai les autres, et quand nous nous verrons je te rendrai l'opuscule. Ce chadt est beau et développé avec la simplicité d'un talent supérieur, avec élévation et noblesse. Il me ferait aimer l'auteur, et tu m'y excites aussi par le bien que tu me dis de lui. —Je n'ai pas le loisir de t'écrire longuement. Corrigetoi ami, ne t'em|)orte pas contre les malheureux qui «entent faiblement ou qui sentent grossièrement : plaignons-les et. marchons en avant dans le sentier de l'honneur. — laisse pour quelque temps dans leur obscurité le peu qui me reste de mes griffonnages inédits. Je n'ai rien de limé, ni rien peut-être qui mérite de voir jamais la lumière. Nous verrons. — Je t'embrasse et suis ton Silvio.

* Du liyre Silvio Pellico e il suo tempo, considérations de Piéifo Giuria.— Voghera, tip. Gatti, 4 854. (Note de l'Éditeur.)

A LA COMTESSE OTTAVIA MASINO

DI IfOHBBLLO.

35 septembre 1843.

Madame et digne comtesse.

En même temps que je vous prie de remettre la lettre ci-jointe à votre noble amie, W^ Sassemo, ou de la lui envoyer si déjà elle était partie, permettez, 'très-aimable comtesse, que je vous demande des nouvelles de votre santé, et de celle de M. le comte. Je sais quil a été assez malade, mais j'espère que ce n'auront pas été de sérieuses indispositions, et je demande au ciel, pour vous deux, une santé bonne et constante. J'imagine que vous serez encore dans la grande occupation du déménagement, et je voudrais vous savoir entièrement libre de cet embarras. Je ne vois {Kis venir le bienheureux jour où je vous saurai établie dans votre nouveau domicile, et où je pourrai vous y porter mes bonunages, et me féliciter avec vous de la satisfaction que doit vous donner une position si belle. Les joies de ce monde sont si peu nombreuses ! Celle de se voir bien logé en est une qui dure et dont on jouit beaucoup, et qui doit contribuer à la santé. M. le comte et madame la comtesse éprouveront, j'en suis persuadé, un effet salutaire d'avoir leur maison dans une situation si riante. Il me semble que cet avantage est de ceux que doit sentir surtout un [>eintre, une âme toute poétique et éprise du beau. Mais, je vous prie, jusqu'à quand restez-vous à la cam-

pagfic? à quelle villa donnez-vous niainiennntla préférence?—Moi, je suis à la VignaBarolo; mais, en dépit lie Tair que tout le monde proclame excellent, je suis dans un pauvre état de santé; je respire péniblement, je ne dors pas : il faut de la patience. — Nous retournerons à Turin vers la Toussaint, ou peut-être avant , selon le temps qu'il fera.

J'aurais éprouvé une bien vive joie à pouvoir aller TOUS rendre mes hommages à Grugliasco ou à Quiers. Ce désir n'a pu être réalisé : ce qui m'a privé en même temps du plaisir de revoir notre insigne poétesse de Nice* qui, vraisemblablement, aura' passé quelques jours avec vous. Cette dame, si aimable, m'a honoré d'une lettre qui me confond. J'ai pitié de moi-même, quand je vois certaines âmes d'élite me juger avec tant de faveur, tandis que je vaux si peu! J'aime pourtant, je le confesse, leur extrême indulgence, et partant je vous prie , Madame la comtesse , de me conserver toute la vôtre. Grâce à cette bienveillance , je puis espérer qu'elles se souviendront quelquefois de moi dans leurs prières.

Ayez, je vous prie, la bonté d'offrir à M. le comte mes affectueux compliments.

J'ai l'honneur d'être , avec les sentiments de respect et d'amitié que vous me connaissez, votre etc.

1 M"* AgaU-SuHa Sassernô,dont il vient d*ètre parlé.

(Note de l'Editeur.)

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