CCLXXXIV
AU PROFESSEUR A. IGHINA.
Turin, 98 décembre 1849.
Cher professeur.
Pendant que je recevais la chère lettre où tous m'adressiez vos vœux, une lettre de H. votre père arrivait à H. Yiani, secrétaire de Madame la marquise. H. votre père' lui exprimait toute sa reconnaissance au sujet du secours de cent livres accordé aux pauvres incendiés et suggérait l'idée de faire remettre l'argent, si je ne me trompe, à V. S. pour qu'eUe voulût bien le transmettre, etc. Madame la marquise me charge, sachant que je vous écris, de vous répondre deux lignes sur ce point, et de vous prier, vous, cher professeur, ou votre respectable père, de faire prendre ici par quelqu'un cette petite somme de cent livres^ parce qu'eUe ne saurait de quelle manière vous l'en^ voyer.
Les deux épigrammes sont belles, et je voudrais pouvoir les louer plus à loisir, mais j'écris en toute hâte, sous le fouet inexorable du temps. Continues à
exercer votre malice d'une manière aussi aimable, et si vous nous envoyez de nouvelles épigrammes, elles seront les bienvenues. — Adieu, vivez de longues années en joie et en santé. Vous savez les souhaits de Madame la marquise.— Recommandez-nous à Dieu.
P. S. Ayez l'obligeance de (aire agréer à Honseigneur les honunages de la marquise et les miens.
Mille choses au digne H. Ighina père.
A M. VICTOR DE LA CANORGUE
Turin^ 81 janyier 1850.
♦ Monsieur^ Je vous remercie infiniment de Touvrage historique que vous m'avez fait l'honneur de m'envoyer par H. le commandeur Trenca. J'ai été enchanté de faire la connaissance de ce digne homme, et je l'ai entendu avec plaisir me faire votre éloge. Votre Aperçu sur Vhistoire des peuples m'apprend à connaître en vous un mérite de plus : la poésie n'est pas votre seul partage. J'aurais bien voulu que le désir de H. le chevalier Bonafous, de vous obtenir la nomination de membre correspondant de TAcadémie de Turin, eût déjà été satisfait. J'ignore les causes du retard. Vous sasvezi Monsieur, que ma vie est très-retirée, et que j2^4me M, le chevalier Bonafous sans pouvoir coUîver SB société. Quand nous avons eu quelquefois IVMxaasion de nous voir, il ne m'a rien dit de sonintentim de .soUiçiter pour vous une nomination dans oe QQirpsiSavant..Sani doute quand il aura une lépoose.
il TOUS la coimnimiquera. — Mes écrits étant si peu de chose, je n'appartiens point à cette illustre Académie, et fort peu d'autres m'ont admis dans leur sein. Je conçois cependant très-bien qu'il y ait des hommes de mérite qui aspirent à entrer dans ces compagnies pour se mettre par là en rapport avec les esprits distingués qui les composent. C'est une noble ambition que je respecte.-— Je n'ose plus combattre votre pensée de porter la traduction de France$ca dans le domaine de la publicité ; il ne me reste qu'à souhaiter que mes craintes ne, soient pas fondées^ et que TOUS soyez heureux.— Croyez, Monsieur, aux sentiments bien sincères de ma reconnaissance et de mon estime.^