CCLXXXIX
A M. GIORGIO BRIANO.
3 septembre 1850.
Je ne puis te dTssimuler que je persiste.
à croire inutile, en ces jours de licence et d'impéritie, de prêcher la sagesse et Thabileté. Je crois qu'il faudra beaucoup de temps pour sortir de ce chaos et trou-
Ter la science^ la politique et Tordre. Jusqu'à présent, on ne fait que feindre le bon sens et promettre aux plaies de salutaires emplâtres : et de quel air capable on les promet ! Mais le pauvre Job expire sur son fo* miçr ! Il y a mieux à faire qu'à feindre le bon sens et à composer des emplâtres à tout hasard : le temps enseignera cette science qui nous manque, et, en attendant y Job continuera à souflErir et à écouter avec patience les sublimes consolateurs. A llieure qu'il esft^ cber ami , les écrits sensés sur les questions politiques ne peuvent > à mon avis, avoir d'autre résultat que de satisfaire l'auteur et quelques amis et le désigner à la haine d'une foule d'adversaires, ou sinon à leur haine, tout au moins à leurs moqueries : ce qu'on appelle le public s'en soucie peu ou point. Mon découragement n'est pas d'hier, tu le sais ; mais, remarque-le bien, il ne regarde que la phase actuelle, laquelle sera Ion* gue , je le crains ! Quant à l'avenir, je n'en désespère' jamais.