‹ Lettres, recueillies et mises en ordreChapitre 99 sur 113 · CCCXXXVI · texte numérisé non relu

CCCXXXVI

A LA COMTESSE OTTAVIA MASINO

DI ICOICBSLLO.

Madame la comtesse, (Jue je suis heureux de savoir que, demain von-

dredi, vous serez encore à Turin! J'aurai ainsi le bonheur de passer une soirée de plus dans votre aimable compagnie et de me dédonunager de n'avoir pu y vendredi dernier^ vous rendre mes devoirs : ce sera avec infiniment de plaisir que j'aurai Thonneur de faire connaissance avec votre amie^ madame la comtesse de Castellani. J'aurais obéi volontiers au désir, que vous avez Tamabilité de m'exprimer» de m'entendre lire quelques scènes du Corradino\ mais pour mon malheur, j'ai, cette semaine, la poitrine un peu malade ,• et il ne me serait pas {lossible de lire à haute voix. Je vous prie donc de m'excuser, si je ne me rends pas à votre flatteuse invitation.

Que de choses encourageantes vous me dites! — J'en serais vain, si je pouvais m'en soupçonner digne : mais, par bonheur, je connais et la médiocrité de mon mérite , et votre suprême bienveillance , Madame la comtesse , et aucun autre sentiment ne s'éveille en moi que celui de la gratitude et de l'admiration, et le vif désir que vous Veuilliez bien me conserver cette grande indulgence.

J'ai l'honneur d'être, avec le pliis profond respect, etc., etc.

CCCXXXVU

A LA COMTESSE OTTAVIA MASINO

DI MOMBRLLO.

Jeudi, 26 février.

Madame la comtesse. J'admirai beaucoup , hier, les vers de Mamiani ;

mais je ne me bâte pas de tous les rendre , voulant auparayant les relire à loisir pour les goûter comme ils le méritent. J'ai jeté un coup d'oeil sur le journal que vous m'ayez aussi envoyé ^ et je vois qu'il est rédigé par de bons esprits ; mais les passions politiques me font souffrir, et je plains ceux qui s'en repaissent.

Je n'ai pas les poésies de Cicconi ; il imprima ici sa Parmna improvisée, mais je ne l'ai point : c'est un jeune homme qui travaille , qui sait et qui compose avec grâce : je me réjouis de le voir en faveur.

Croyez, Madame la comtesse , que je vous suis dévoué de tout cœur, et que je suis votre bien affectionné serviteur et ami.

cccxxxvin

A LA COMTESSE OTTAVIA MASINO

DI MOIfBBLLO.

Samedi 19.

Madame la comtesse.

En lisant , dans l'aimable lettre de P. Feraudi , l'éloge si exagéré qu'il fait de mon mince mérite , je demeurai confus. Je pris néanmoins sur moi de répondre à ce digne bomme , parce que vous m'en aviez fait une obligation. Madame la comtesse.

Croyez , Madame, que si je suis reconnaissant des applaudissements dont m'iionorent les personnes bienveillantes, je n'en suis pas moins humilié et troublé, sentant mille fois plus que je ne le dis la vanité de ce qu'on appelle réputation littéraire et ne pouvant nie persuader d'y attacher aucun prix.

Mais j'en attache un très-grand à la bonté de mes semblables^ et particulièrement à la vôtre^ Madame la comtesse^ vous vénérant comme je le fais.

Je vous baise respectueusement la main et suis votre très-humble serviteur.

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