CCCXXXIV
A LA COMTESSE OTTAVIA MASINO
DI ICOICBBLLO.
Lundi, 14 man.
Madame la comtesse.
Comme toutes les œuvres qui sortent de vos mains sont belles ! je suis moi-même devenu beau , dans ce portrait exécuté i>ar vous d'une manière si supérieure: cela me rend vraiment fier , et je vous en remercie infiniment. Quoique dans ce portrait je me trouve embelli , il y a cependant une merveilleuse ressemblance : je ne puis trop en juger moi-même , mais tout le monde le dit. Je vous remercie également des deux copies que vous avez bien voulu me donner ; je
suis impatient de vous en exprimer en personne ma reconnaissance.
Je me fais^ ces jours-ci^ le garde-malade de la marquise Barolo : grâce au ciel , cette vie si précieuse n'est plus menacée, mais la fièvre ne Ta pas encore quittée et ne cessera, au dire des médecins, que le quatorzième jour.
Agréez, très-aimable comtesse, l'expression de tous les sentiments d'estime et de gratitude que vous me connaissez et auxquels vous avez tant de droits.
A LA COMTESSE OTTAVIA MASINO
DI IfOMBBLLO.
Lundi.
Madame la comtesse ,
Lorsqu'on m'a apporté votre gracieux billet, j'étais à lire les beaux vers de Mamiani, et en même temps je pensais à vous. Shakespeare dit que le sentiment , du beau rapproche les belles choses.
J'aurai l'honneur de me rendre à votre aimable invitation, et je vous en remercie tout particulièrement, en me disant, avec le plus profond respect , etc.