I.E nÉTABUSSEME.NT DE I.A POI-OGÿE
Frères et Compatriotes,
L’émigration polonaise, depuis vingt ans, dépositaire de la vie politique et de la pensée nationale de la Pologne martyi-e, a dans ce moment à l'emplir un saint devoir, conforme à son origine, à sa mission, i\ tous ses engagements envei's la patrie et l'humanité. Grâce aux événements accomplis en Orient, elle peut être appelée à prendre part à cette lutte géante entre l’Europe et le tzar de Russie, dont la dernière période sera sans doute la destruction de sa puissance mal affermie sur sa base, et le réveil de notre antique indépendance. Cet orgueilleux tyran, l’implacable ennemi des peuples et de la liberté, nous provoque lui-même au combat; en publiant dans son manifeste du 3 novembre: « que laTiirquie, en confiant ses destinées aux mains des rebelles et des séditieux de tous les pays, vient de SC mettre en révolte ouverte, et de contraindre le chef de la foi orthodoxe, le tzar craignant- Dim, à recommencer les hostilités. » Forts du sentiment profond de la sainteté de notre cause, nous recevons avec joie ce défi, dans les termes et sur le terrain que l’autocrate lui-même a choisis. Mais qui donc mérite les noms de séditieux et de rebelle, sinon ce despote; qui parmi les nations respirant à peine d’une commotion récente, rallume les flambeaux d’une giicire continentale; en couvrant du zèle religieux ses tendances personnelles et les prétentions héréditaires des tzars de Rus-sie à la domination