I LE LANCIER POLONAIS
soit liaul« diplumaft, ambition dynastique ou patriotisme restreint, nous en voyons aujourd'hui ks efTcls..
» Lorsque j’écrivi*à M. Zamoyski, du fond de la Dobrutcha, en le priant de m’envoyer des bontmcs pour remplir mes cadres, des chaussures, des vêtements et s’il se pouvait des vivres, toutes choses qui me manquaient, ahn de pouvoir réunir le plus tôt possible mes ttouyes et agir avec elles contre la Bessarabie, il me répondit que je TTevais épargner le soldat, chercher surtout le repos; qu’il se chargeait de faire en sorte que l’organisation ne fût pas prête avant un an : et il tint parole. Personne no voudra croire que pour tous nos besoins et nos misères, je n'ai reçu du prince que 3,006 fr. de toutes les cotisations faites dans le pays et dans l'émigration, et tandis que M. le colonel Zamoyski exploitait trois États pour arriver à un résultat aussi déplorable...
» De cette manière, on no nous envoya même pas en Asie, lorsque la guerre sur le Danube fut fermée par l’intervention de l'Autriche; et lorsqu’il fallait par quelques actions d’éclat, relever cette gloire militaire, qui fut jusqu’à présent le patrimoine le plus sacré et la force capitale de notre patrie. Au lieu du cela, on se sépara de la Pologne, on dénatura notre drapeau, on accepta je ne sais quelle destination mercenaire, équivoque, sans aucune garantie pour l’inlérèt du pays; et propre à satisfaire seulement l’ambition personnelle de M. Zamoyski : et tout cela après deux ans et demi, pendant lesquels il nous était libre de nous organiser, et dans les circonstances les plus favorables pour notre cause, dans une guerrp incessante contre la Russie. Que ceux qui ont ainsi dirigé la cause nationale en la compromettant volontairement dans des vues toutes individuelles, rendent aujourd'hui compte à la Pologne et à Dieu, pourquoi ils ont agi de celte sorte. »
» Sadyk-pacu.\.
- Sélimnia, 7 janvier I8i6. »
flo Preste belge. J
A CHRISTIEN OSTROWSKf.
(31 mars 1814)
C'était le dernier jour de l’héroïque lutte ;
Un obus égaré qui venait de la butte Montmartre ou Saint-Chaumont, éclata p.ir hasard Au dessus de la foule errante au boulevard...
Car chacun était là, dans l’angoisse civile.
Ecoutant le canon s'approcher de la ville. ,
Un lancier polonais de fhtigue rendu,
A l’arçon du cheval son chapka suspendu.
382 APPENDICE
D'on linge ensanglanté la tète enveloppée, / M'apparut tout é coup; sa voix entrecoapce Laissait sur la journée échapper quelques mo%;
Delà foule avec peine, il traversait les (lots;
' Le peuple l'entourait, et l’ardente assemblée
Aspirait dans ses yeux le feu de la mêlée;
Et ce soldat couvert de sang et dé* sueur,
• S'avançait à pas lents comme un triompbatenr.
Cette image n’est point par le temps effacée;
Ce soldat est encor présent & ma pensée.
Et je le vois toujours, dans ce moment fatal.
Pile, blond et sanglant, courbé sur son cheval:
C’est la Pologne, hélas ! par le destin trompée ,
Pour la France donnant son denier coup d’épée.
Amoxv Descbamps.
(L' }feutquetaire.)