‹ Lettres Slaves 18331857 Orient, Pologne, Russie Christien OstrowskiChapitre 32 sur 110 · LE PA.LAT1NAT DE PLOÇK · texte numérisé non relu

LE PA.LAT1NAT DE PLOÇK

stMis nos yeux, et décrire cette portion de terrain qui leur a servi de tliéàtre. Dans une guerre de principes comme la nôti-e, les personnes ne sont pi-csquc rien, les résultats sont tout; ce n’est pas ma faute s’il faut leur appliquer des noms propres. Ce récit a pour but de démontrer par quelle série de déceptions il nous a fallu passer pour arriver en quelques mois des brillantes victoires de Waver et d'Iganié, aux sanglants revers d’Ostrolenka et de Varsovie. 11 doit expliquer au moins, sinon justitier la lin déplorable d’une guerre commencée sous d’aussi fortunés présagea; faire comprendre comment une nation insurgée en mas.se pour le maintien de ses droits les plus sacrés, a été réduite à l’impuissance par l’ineptie et le mauvais vouloir de quelques hommes. 11 doit servir aussi de 01 conducteur pour ceux qui auront le bonheur de recommencer la lutte nationale, tout en profltant des sévères leçons du passé.

L’histoire militaire du palalinat de Ploçk en (831 est toute riiistoire de la campagne. L’expédition contre les gardes rus , ses, la bataille d’Ostrolenka, la marche de flanc de Paskéw itch, le mouvement du général Milberg, bien conçu et fort mal exécuté, la désastreuse diversion du général Thomas Lubienski, et enfin la retraite opérée par le général Hybinski, tels sont les faits dont ce paiatinat fut témoin coup sur coup depuis le mois de mai jusqu’au mois d’octobre. Mais, pour avoir une connaissance exacte de ces mouvements, il est indispensable de se faire une idée nette du terrain et des ressources qu'il oH'rait aux deux armées belligérantes. Comme tout le nord de la Pologne, le paiatinat de Ploçk n’oflre aucun de ces obstacles insurmontables qui garantissent à jamais un pays d’une invasion étrangère. Néanmoins, on ne peut le considérer comme entièrement découvert que du côté de la Prusse, attendu qu’il n’est séparé de ce dernier pays par aucune frontière naturelle.

Il n’en est pas ainsi de sa par tie orientale, qui est protégée par deux rivières considérables, le Boug et la N'arevv, dont la première le traverse dans presque toute sa largeur, et dont la seconde le sépare du district de Stanislavow et de la Podlaquie. Maîtres comme nous l’étions des places de Sieroçk au confluent de ces deux rivières, du pont de Zegrié sur la Narew, coupant la grande route de Varsovie à Saint-Pétersbourg par Kowno, et de Modlin, tête de pont formidable, au confliu nt de . la Narew et de la Vistule, un seul de ces passages nous permet-

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