‹ Lettres Slaves 18331857 Orient, Pologne, Russie Christien OstrowskiChapitre 33 sur 110 · A M. I. U. NIEMCÉWICZ · texte numérisé non relu

A M. I. U. NIEMCÉWICZ

tait d’ofx'rcr, soit ofTensivement, soit défensivement^ surlesdeux rives; pendant que l’ennemi, s’avançant de Lomzaou de Ciechanuwieç, n’aurait pu se morceler sans courir le risque d’être battu en détail. En 1808, Napoléon sut tirer parti de cette position qui couvre si bien la capitale du côté du nord; mais l’hiver et le mauvais état des roules l’empêchèrent de jouir de tous scs avantages. A ces difficultés, qui sont toutes contre l’agresseur, on doit ajouter lu nature du pays enclavé entre la Narew et le Boug ; en général peu habité, presque entièrement couvert de forêts de sapins, et même entre Zambrow et Lomza, assez fortement accidenté et couvert de bruyères. Les habitants sont pauvres et vivent presque exclusivement des produits de la chasse. On aurait dû mettre à profit leur adresse merveilleuse et constamment exercée, leur connaissance parfaite de tous les sentiers et conduits de ces immenses lorëts, impénétraUcs à tout autre. Maintenant encore, il suffirait de jeter milliers de fusils entre les mains de ces chasseurs, désartiu^ par la prévoyance moskovile, pour organiser tout d’un coup les meilleures compagnies franches qui puissent exister pour une guerre de partisans.

C’est entre ces deux rivières que le grand duc Michel cantonnait paisiblement avec la garde impériale, au risque d’être coupé de la grande armée de Dybitch, enveloppé, désarmé, lorsque le plan de cette opération, habilement conçu par le quartier-maître-général Prondzynski, échoua par la faute impardonnable du généralissime. 11 n’entre pas dans le cadre de cette notice de suivre la marche de l’armée polonaise dans sa brillante excursion contre les garde? russes. 11 suffii a de mentionner que plus le généralissime Jean i?krzyneçki s’écartait de Varsovie, plus H témoignait d’irrésolution et de crainte dans tous ses mouvements; tâtonnant toujours, sous le prétexte d’assurer ses derrières, lorsqu’il fallait se porter franchement en avant : désespérant tous les officiers par ses lenteurs, tandis que la marche forcée ne semblait être réservée que pour la retraite. 11 ne s’était pas pénétré de ce principe si simple, que bien que la perte d’une capitale soit trop souvent un coup mortel pour l’État et l’armée qui la défend, l’ennemi ne peut s’occuper de diriger ses forces sur ce point, si une armée active manœuvrant sur .ses flancs n’est préalablement vaincue. ^ C’est encore ici que nous avons à déplorer l'entêtement et la ’ médiocrité révoltante du généralissime, qui perdait un temps

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