‹ Lettres Slaves 18331857 Orient, Pologne, Russie Christien OstrowskiChapitre 53 sur 110 · SUR SÂ FOI^ITIQUR ÉTRANGÈRE · texte numérisé non relu

SUR SÂ FOI^ITIQUR ÉTRANGÈRE

jette l’ëpouvante dans les âmes des peuples civilisés. Cette intervention ne peut plus se faire par la voie de la pacification et des traités ; toutes nos illusions sur la sincérité des souverains allemands se sont évanouies. Nous demandons au nom des paroles de fraternité que vous nousavcz fait entendre, le 26 mars dernier, au nom du principe républicain sur lequel repose l’espoir de notre régénération, au nom du droit des gens foulé aux pieds par les cours spoliatrices, que la France fasse une souveraine manifestation de sa volonté ; qu'elle déploie une force armée imposante pour la soutenir.

Le principe de notre Indépendance et de notre Unité, dans les frontières d’avant 1772, reconnu et proclamé par la France républicaine, sera accepté sans opposition parla diète de Francfort. Les cours de Vienne et de Berlin se hâteront de suivre cette impulsion; et alors, quand les deux provinces de Posen et de Gallicie nous seront rendues en toute propriété, la présence d’un seul drapeau français sur les bords de la Vistule rejettera pour jamais la Russie hors de notre territoire.

C’est donc à la France, à qui appartient l’initiative politique en Europe, à casser l’arrêt inique du partage de la Pologne ; à reprendre en suiis-oeuvro la tâche de sa régénération. La Providence, qui veut que les peuples soient libres, que les nationalités soient respectées, lui en fait une loi et une nécessité. Le mou\emeut de concentration des Slaves, ce problème immense, qui préoccupe aujourd’hui tous les esprits, a deux solutions également possibles ; c’est à la France à le résoudre dans le sens de la liberté. Malheur à nous, malheur à l'Europe, si le signal du réveil leur était donné par le despotisme ! si le panslavisme russe arrivait à terme et prenait ses droits de primogéniture avant que la race gallo-romaine tout entière se soit ralliée autour du drapeau de la république! Elle se trouverait alors placée entre ses difticultcs intérieures et l’inimitié triomphante des barbares qui se souviennent encore de ses désastres! Il faut qu’elle les maintienne asse? loin d’elle pour ii’avoir plus rien à craindre de leurs agressions.

Puisse le génie réparateur qui dirige ses destinées, qui l'a placée aiL premier rang parmi les peuples libres, lui inspirer une détermination digne de sa grandeur, et la préserver d’une faute insigne, dont trois de ses gouvernements ont déjà porté la peine !...

L'abandon de la Pologne pèsera comme une taçbe éternelle

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LA' FRATERNITÉ ALLEMANDE

Songez que chaque' balle qui frapperait l’un de vous, tuerait le frère d’un Polonais !

Laissez les représentants que vous avez choisis délibérer librement, et non pas sous la menace d’une violence ; élus du peuple, ils ne prendront que des décisions conformes à votre honneur et à vos sentiments.

Les généreux accents qui ont déjà retenti dans le sein de l’assemblée nationale en faveur de ma patrie, trouveront, je n’en doute point, un écho dans vos cœurs ; ne les laissez pas étouffer par la voix de la discorde !

Ne donnez pas à vos ennemis le prétexte de calomnier la Liberté en l’appelant désordre ; que le mot de Fraternité, que vous avez inscrit sur vos bannières, ne soit pas une vaine devise : et que V Indépendance de la Pologne soit le fruit d’une étreinte de paix et d’amour de toute la nation française (t)!

Paris, là mai 184a.

(i« Courrier [rançaia.)

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