‹ Lettres Slaves 18331857 Orient, Pologne, Russie Christien OstrowskiChapitre 62 sur 110 · LA GUERRE DE HONGRIE · texte numérisé non relu

LA GUERRE DE HONGRIE

main, et là le monde gréco-slave. Quelle qii’en soit l’issoe, les hommes d’Élat, les esprits sérieux de tous les pays sont vivement préoccupés de cetle pensée, que la guerre de Hongrie, dans un avenir peut-être peu éloigné doit, par ses résultats, changer la face du monde, ainsi que les rapports politiques entre les puissances européennes.

La France ne saurait se maintenir dans une position purement expectative en présence d’un pareil événement ; il importe autant à sa grandeur et à sa dignité qu’à la suprématie morale qu’elle a toujours exercée sur les peuples comme première puissance chrétienne de l’Occident, de sauvegarder les intérêts de la civilisation : elle ne peut le faire qu’en prêtant un appui ferme et décisif à la cause nationale de la Hongrie. '

Si, après la secousse encore récente de février, la question politique a pu être posée à l’intérieur entre le parti de la modération et celui du mouvement; à l’extérieur elle doit être invariablement maintenue dausles termes dans lesquels Napoléon l’avait placée; c’est-à-dire entre la France et la Russie, la civilisation et les barbares, personnifiés dans les deux parties belligérantes.

Il n’est plus permis de douter du caractère religieux de la guerre de llongrie, depuis ces paroles du tzar, copiées textuellement de son dernier manifeste : « Que Dieu soit avec nous, et personne ne pourra plus nous résister ; chaque Russe partage cet espoir, et /a Russie remplira sa sainte mission ! » Cette sainte mission est de convertir au schisme toutes les populations qu’elle aura conquises; et de leur im|H).sei', avec un nou-, veau gouvernement, une foi nouvelle, des croyances et des mœurs nouvelles : à ce sujet, qu’il me soit permis d’enlrel'. dans quelques développements numériques.

On sait que le tzar de Russie est en même temps le Chef politique et le chef religieux de son immense empire ; en ajoutant à ses FlaLs les provinces subjuguées par la ruse ou par la violence, il devient en même temps leur souverain absolu et leur pontife suprême : c’est l’association païenne et monstrueuse d'une tiare pontificale et d’une couronne impériale

A MM. LES MINISTRES

sur le front d’un despote. 11 me serait facile de puiser dans les statistiques les éléments de cette propagande religieuse de la Russie, exercée dans un but de domination universelle ; il suffira de dire que cet empire pèse déjà sur les destinées de l’Europe chrétienne d’une population de 60,000,000, que le schisme a, de maniéré ou d’autre, conquis pour ses adhéi renls. Ce chilTre se trouve réparti de la manière suivante ;

Pour les grecj'SchisnistiqoM.

Les catholiques grecs>miis. .

Les chrétiens dissidents. . .

Musulmans et juifs. . . .

Ajoutons à ce dénombrement la population du royaume de Pologne (1815) :

Catholiques-romains . .

Dissidents

Grecs-schismatiqnes.

Juifs

Nuns aurons ponr chiffre total de la Russie t

Dans ce vaste empire, les catholiques sont aux schismatiques dans la pioporlion de 1 à 4. Les antres communions sont ù ces dcrniei-s comme I est à <2 (t). N’oublions pas de due cependant que, grâce à la persécution que le tzar dirige contre tous les dissidents, les catholiques surtout de son empire, la moitié peut-être, c’est-à-dire cinq raillions, ont élé déjà convertis à l’Église grecque-schismatique , et l’autre moitié se trouve fortement exposée.

La soumission de la Hongrie par les armées russes, nom

(I) Ce» chiffre» sont extraits des pièces oHicieilcs annexées à l'aitucution du gaint-pèie le pape Grégoire XVI, it la date du juillet 4842.

Page 1