CONCLUSION
guerre d’Orienl, commencée et (inie sans Ja Pologne, a été un pas de géant vers le panslavisme; car le premier cri de la Russie reprenant l’ofTensive, sera un appel à tous les Slaves, nu nom de leur unité nationale, dont le pressentiment se trouve déjà clans le cœur de tout ce qui porte un nom slave : et ce cri de guerre sera jeté par elle au moment où vous y serez le moins préparés. Naples et la Suisse ont déjà prouvé, mieux que nous ne pourrions le faire, l’impuissance du traité de Paris; sans parler de ces éclairs précurseurs des tempêtes qu’on a laissés s’amasser à l’intérieur. Mais la question intérieure est, pour cette fois, en dehors de notre sujet. Attendez un peu ; et quand vous verrez le drapeau russe flotter sur l’Adriatique, lorsque Croates, Monténégrins, Serbes, Slovaques et Bulgares seront rangés en ligne de bataille, sous la bannière du tzar, quand des voies ferrées réuniront Saint- Pétersbjjurg à Odessa et Moskou à la frontière de France, vous regretterez alors , mais trôp tard , votre superbe dédain pour la cause polonaise : vous vous repentirez, mais trop tard, de cette fausse honte qui vous a fait éviter de prononcer même le nom de la Pologne au congrès de Paris, celui que vos pères auraient assurément prononcé le premier. Encore quelques jours, et la queslfon slave, que vous n’avez pas voulu comprendre, ou que vous avez tenté de résoudre par quelques subtilités dilatoires, va surgir et apparaître devant vous, dans toute son élTrayatite immensité.
Paris, 25 janvier 1857.