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PRÉFACE

Les progrès immenses réalisés par l’agriculture, depuis la fin du siècle dernier, consistent essentiellement en des améliorations apportées à la pratique, c’est-àdire à l’exercice de la partie technique de cette profession : on sait depuis longtemps à quels résultats remarquables sont arrivés Thaër et d’autres hommes éminents, qui se sont engagés dans cette voie. Des princes éclairés, et surtout le sage fondateur de l’école de Hohenheim, se sont acquis des droits immortels à la reconnaissance des agriculteurs de l'Allemagne, en élevant des écoles destinées à répandre au loin les résultats des expériences acquises et les meilleures méthodes de culture usitées en Belgique et en Angleterre. C’est ainsi que

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s’est ouverte, de notre temps, une voie nouvelle de développement et de progrès. C’est de l'application réelle des principes scientifiques aux professions techniques, et surtout à l’agriculture, que découle naturellement leur perfectionnement : aussi longtemps que l'industriel peut retirer quelque avantage d’un perfectionnement apporté à l'exercice de sa profession, il ne s'occupe que de le rechercher. Toutefois, ces perfectionnements dans l'exploitation ne suffisent pas à tous les besoins : l'exercice d'une profession ne donne, par lui-même, à l'industriel ni une raison de ce qu'il fait, ni un contrôle pour la valeur de ses expériences, et, à la fin, le praticien ne veut plus se laisser conduire au hasard. C’est la science qui doit répondre à tous ces besoins.

Une lutte s’est engagée dans ces dernières années, entre la science et l’art pratique : il en est du reste toujours ainsi toutes les fois qu’on entre dans une voie nouvelle. Celui-ci ne pouvant pas s’accommoder des moyens inusités que l’autre lui offrait, on conçoit aisément qu’un différend se soit élevé.

Lorsque, en effet, un homme appartenant aux classes éclairées de la société et étranger à l’agriculture, jette un coup d'œil sur les publications agricoles de ces derniers temps, il ne tarde pas à voir que la grande majorité des auteurs sont d'accord pour déclarer que Îles opinions que je professe en matière d'agriculture n'ont

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pas la moindre valeur en pratique, et doivent, en partie, être regardées comme controuvées. « L'expérience, disent-ils, est plus ancienne que la science! c’est elle qui a toujours montré au praticien ce qui lui fait défaut ; les faits établissent que sa manière d’agir est appropriée aux circonstances et qu’elle est la meilleure; ses récoltes abondantes et toujours croissantes sont une preuve irréfragable en faveur des idées qui le guident. »

Ces opinions et ces jugements ne sont pas admissibles d'une manière générale : toutefois on peut en trouver aisément l'explication. Les publications agricoles, dans lesquelles ces idées se produisent, ne sont en définitive, écrites que pour les cultivateurs aisés qui peuvent s'abonner aux journaux ou s'acheter les ouvrages qui traitent de l’agriculture ; or, il est évident que ce sont les besoins, les désirs et les procédés de ces cultivateurs qui viennent se refléter dans ces publications, puisque c'est à cette classe de praticiens que celles-ci doivent leur existence. Il ne saurait en être autrement.

Le propriétaire, dont nous parlons, produit, en général, du bétail et du grain; il possède des biens-fonds et des capitaux considérables. Ses terres consistent en champs el en prairies; ses étables sont bien peuplées et lui fournissent en abondance du fumier, qu'il emploie largement. Il a, en outre, un moulin à colza qui lui procure

des tourteaux, une distillerie ou une brasserie qui lui

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