‹ Lettres sur l'Ameique du NordChapitre 34 sur 75 · HOTES · texte numérisé non relu

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à rOuest. Son parcours entier n'est que de 23 5/4 lieues ; le canal proprement dit n'a que 8 1/2 lieues ; le reste est occupé par une file de lacs allongés. Il est praticable pour des frégates de 02 canons. La dépense a été de 26,000,000 fr. , ou à peu près de 5,000,000 fr. par lieue.

Après avoir canalisé leur territoire , les Anglais s'occupent à le sillonner par des chemins de fer exécutés à grands frais. Ils ont en ce moment environ 142 lieues de chemins de fer achevés , ayant coûté io5 à 110 millions, soit 760,000 à 800,000 fr. par lieue, et 172 lieues de chemins de fer en construction , qui ne coûteront pas moins de 220 millions, soit i,5oo,ooo fr. par lieue.

La Hollande a beaucoup de canaux dont la construction a été fort simple, à cause des conditions hydrographiques du pays. Le plus remarquable est celui qui va d'Amsterdam au Helder. Il a 20 1/4 lieues de long. Deux frégates peuvent y passer de front. Il existe aussi de l)eaux ouvrages dans le nord de l'Europe, pour abréger la navigation , soit par lintérieur de la presqu'île du Jutland , soit à travers la Suède. La Russie possède aussi quelques grands travaux de navigation intérieure qui complètent la communication presque entièrement établie par les fleuves entre la Caspienne et la Baltique (canal Ladoga).

Il y a bien long-temps que la France a débuté dans les travaux publics. Le canal de Briare date d'Henri IV. Le canal du Midi fut commencé en 1666 , et livré à la navigation en 1684. Avant la révolution , plusieurs autres canaux avaient été achevés ; entre autres le canal du Centre, qui relie la Saône à la Loire. D'autres avaient été entamés , principalement par les Etats provinciaux , mais ils restèrent abandonnés tant que dura la tourmente révolutionnaire; tels furent le canal du Rhône, ou plutôt de la Saône, au Rhin par le Doubs et l'ill ; le canal de Bourgogne , qui relie la Saône à la Seine par l'Yonne ; celui du Nivernais , qui rattache la Loire à l'Yonne; celui de la Somme qui suit la rivière de ce nom , et la met en communication avec l'Oise. L'Empire continua les ouvrages quil trouva commencés et en commença de nouveaux, entre autres celui de Saint-Quentin

proprement dit, celui de Nantes à Brest, destiné à l'appro- Tisiounement de noire premier arsenal militaire; celui del'Ourcq, ceux du Cher ( aujourd'hui du Berrj) , du Blavet (de Poulivy à Lorient) , dllle et Rance (de l'Océan à la Manche), et quelques autres moindres ouvrages, tels que les canaux de Mons à Condé, Saint-Denis, Saint-Martin. En i8i4, le malheur de nos armes vint encore une fois suspendre les travaux. La Restauration les reprit faiblement jusqu'en 1821. En 1821 et 1822 , des marchés furent passés avec des compagnies pour l'achèvement des lignes commencées et l'établissement d'un petit nombre d'autres (canal latéral à la Loire , navigation de l'Isle , de l'Oise , etc.) , en tout quinze lignes. Ces marchés onéreux au Trésor ^ qu'ils grevaient d'intérêts considérables; onéreux au commerce, sur qui ils devaient faire peser des droits de péage trop élevés , procurèrent une somme de 128,600,000 fr.

Malheureusement les devis présentés aux Chambres avaient été rédigés avec une extrême précipitation. Les projets nouveaux n'avaient pas été étudiés. Les travaux furent conduits mollement. Toutes les prévisions de temps et d'argent furent dépassées. A la fin de i833, deux lignes seulement étaient achevées, savoir : le canal d'Aire à la Bassée ( 10 lieues i;4) qu'une compagnie avait entrepris à ses risques et périls, et des travaux de peu d'importance pour l'amélioration du Tarn (*) entre Gaillac et Alby (8 lieues). A la même époque, il y avait déjà trois ans que les emprunts de 1821 et 1822 étaient épuisés et que les ouvrages se continuaient aux frais du Trésor, moyennant des allocations annuelles.

La loi du 27 juin i833 répartit une somme de gS millions entre la navigation intérieure , les routes, les phares et les monuments. Les rivières et canaux eurent 44 millions pour leur part.

Actuellement les travaux touchent à leur terme ; la plupart des lignes sont livrées à la navigation. Toutes le seront en 1837.

(*) Il avait été alloué pour ces travaux Soo,ooo fr. , qui ne sont pas compris dans les 128,600 fr. ei-dessus.

ÎÎOTES.

Voici le détail de leui étendue et celui de la dépense au 3i décembre i835 :

DÉSIGIVATIOX

DES ODVBAGES.

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