‹ Lettres sur l'Ameique du NordChapitre 43 sur 75 · SECTES · texte numérisé non relu

SECTES

0 es

Ti

Méthodistes épiscop.

5,5oo

3,5oo.ooo

Autres Méthodistes.

5o,ooo

3oo,ooo

Baptistes

Autres Baptistes , du

Septième jour, des

Six principes , du

libre Arbitre^ Chré-

tiens , Mennonites ,

Tankers , etc. . .

Presbytériens . . .

Autres Presbytériens

de Cumberland , As-

sociate Church, etc.

3oo,ooo

Congrégationalisles.

i,5oo,ooo

Réformés de Hollan-

de et d'Allemagne,

Luthériens . . .

Episcopaliens . . .

5oo,ooo

Unitairiens. . . ,

Quakers

5oo

Universalistes . . .

3oo

SoOjOOO

Frères -Unis , Nou-

velle - Jérusalem ,

Juifs , etc

Catholiques. . • .

Total . . .

12,Ol5

i4,5oo,ooo

MM. Reedet Matheson, ministres presbytériens anglais, qui, en 1854, ont été députés vers les églises presbytériennes et congrégationalistes des États-Unis , par la Congregationat Union d'Angleterre et du pays de Galles , représentent , comme il suit,

464 NOTr.s.

l'élat religieux des Etats-Unis, abstraction faite des épiscopaliens de l'Église anglicane et des Catholiques.

Population 1 5, 000,000

Ministres 11 ,4^0

Églises (*) i2,58o

Communiants 1,560,890

Ils ajoulcnt que pour l'Angleterre et le pays de Galles on peut admettre les chilTres suivants :

Population 1 5, 000, 000

Ministres anglicans 7,000 "i „ ^

Ministres dissidents. ..... 6,000 ;

Communiants anglicans. . . 35o,ooo Communiants dissidents. . 700,000

I i,o5o,ooo

MM. Reed et Matheson font remarquer que le nombre des édifices du culte est beaucoup moindre en Angleterre qu'en Amérique. Ils rapportent une assertion de l'évêque de Londres, d'après laquelle le dixième seulement de la population pourrait trouver place dans les temples de l'Église établie dans le diocèse de Londres.

Le clergé français se compose de 4i»ooo ecclésiastiques , dont 0,000 environ n'ont pas charge d'âmes.

DE l'imagination a?<glaise.

Nous nous sommes persuadé que les Anglais n'avaient pas d'imagination , et c'est une grave erreur. L'Anglais n'en manque pas, mais il la garde pour lui. ]\i son tempérament individuel ,

(*) MM. Reed et Malheson n'ont sans doute compté que les congrégations ayant des édiGces du cu'le, ce qui explique la différence entre leur chiffre et le pi'écédent, lis le portent ailleurs , dans un tableau incomplet, à I4j5ii.

mtt^. 4(5

iiî î^rtrt éducation prolestante, ni l'atmosphère brumeuse et ei fnniée où il respire, ne le portent à l'expansion. 11 vit en dedars, tandis que les peuples du Midi oui besoin délaisser leurs pensres et leurs impressions s'épanouir au-deliors. Si nous pouvions lire ce qui se passe dans la cervelle de l'Anglaisle plus iroid elle plis gourmé, nous serions stupéfaits des drames fantasques et bizarres qui se découvriraient k nous ; ce serait de l'Hoflmann à vingtquatre carats. Toutes les folies de notre nature exjjansive cl mv Teuse ont leurs équivalents chez l'A nglais, maisil ne les laisse pas percer, il s'enrepaitlui même et les rumine. Cesontses fêtes et sa poésie à lui. Ce n'est point de l'art grec assurément, parce que les Anglais tiennent peu des Athéniens ; c'est de Tari leutonique, qui a un caractère tout autre. M. Henri Heine, dans un ouvrage récent (de L'Aiietnagne), a spirituellement exposé en quoi consiste le goût natif des populations germaniques , lorsqu'il n'est pas modifié par l'éducation hellénique, et en quoi il diffère du goût des nations méridionales.

Note a6 Lu. (Page ig-j.)

DES VIRGIISIENS DE LODEST*

Richraondl; jioût i835.

Pendant la session de la législation, Richmond est rempli de gentilshommes campagnards venus de la Virginie occidentale ,, vrais colosses plus grands, plus carrés, plus robustes que les géants que l'on montre pour de l'argent chez nous. Lorsque je me vois entouré de ces personnages à la grosse voix , aux gestes herculéens, j'éprouve la même sensation que les compagnons de Magellan lorsqu'ils se trouvaient seuls au milieu d'un groupe de Pa lagons. Ces excellentes gens, dans leur naïf désir de vous témoigner leur amitié, vous prodiguent les mêmes lourdes caresses que les Espagnols prirent d'abord pour des coups ; et lorsque leur main pesante s'abat comme un marteau sur votre épaule européenne, il ne faut rien moins que le franc sourire dont s'épanouit leur large visage pour vous rassurer $ur la parfaite bien-

466 notî:s.

veillance dont ils sont animés à votre égard. La première fois que je séjournai à Richmond, j'occupai, dans l'iiôtel , une chambre d'où sortait uu représentant de la fVest-Virguiia, qui n'avait pas complètement déménagé. Ayant besoin de fouiller dans les documents législatifs de la session , je cherchai en vain où pouvait être sa bibliothèque. Tout son ameublement parlementaire se composait d'un tas de bouteilles vides , d'un baril de biscuits, d'une boîte à liqueurs, et des débris d un vaste fromage. En raison du bon sens dont ils sont pourvus, de pareils législalçurs font cependant de passables lois.

Note 27 bis. (Page 2o3.)

VOYAGES LE DIMAIVCHE,

La loi de plusieurs Etats défendait autrefois de voyager le dimanche. Il était interdit de rien faire ce jour-là qui ne fût d'absolue nécessité [ofnecessiiy or mercy). Je crois qu'à cet égard la loi a été abi'ogée dans tous les Etats s;ins exception ; mais Tusage est resté dans plusieurs ; et pour un très grand nombre de personnes , voyager le dimanche est une contravention grave à la loi religieuse.

Dans quelques Etats de la Nouvelle-Angleterre, dans le Conneclicut , par exemple , et même dans quelques uns des Etats du Centre, tels que le New-Jersey, on s'exposerait à être retenu par la population, si Ton voulait voyager le dimanche; partout la plupart des services de voilures publiques et de bateaux à vapeur sont interrompus. On ne circule pas le dimanche, même entre Philadelphie et New- York, ni entre Philadelphie et Baltimore.

Les voitures qui portent les dépêches partent le dimanche comme les autres jours. De nombreuses pétitions ont été adressées au Congrès à ce propos. Les pétitionnaires voulaient qu'il n'y eût pas de malles-postes le dimanche, et même que les bureaux des postes fussent fermés ce jour-là. Leurs pétitions furent l'objet de deux rapports, l'un dans le Sénat ( 1829), l'autre dans la Chambre des Représentants (i85o ) : l'un et l'autre furent présentés par le colonel R. M. Johnson (de Kentucky), actuelle*

nieot candidat du parti démocratique à la Tice-présidencc, qui, dans l'intervalle des deux sessions, e'tait devenu de sénateur représentant. Dans ces deux pièces, les réclamations des pétitionnaires, et les tendances fanatiques dont elles étaient le produit, étaient repoussées avec beaucoup de vigueur et, de franchise.

Cependant, si le langage du colonel Johnson me semble digne d'éloges , je dois dire que je ne puis m'empêchcr de ressentir du respect pour les scrupules d'une partie de ceux qui réprouvent le fait de voyager le dimanche. Sur trois compagnies de chemins de fer qui aboutissent à Boston , il y en a deux qui se refusent à exploiter leur ligne le dimanche ; ce sont celles de Lowcll et de Worcesler. En recevant les voyageurs le dimanche, ces compagnies augmenteraient notablement leurs receltes, sans accroître leurs dépenses, à beaucoup près, dans la même proportion ; mais les principaux actionnaires qui administrent ces voies de communication renoncent volontiers à une pariie de leurs bénéfices , plutôt que de sanctionner une habitude qu'ils croient funeste à la conservation du sentiment religieux et des bonnes mœurs. Un pareil sacrifice au bien public , chez des gens qui sont les premiers calculateurs du monde, mérite d'être signalé à l'admiration universelle. Il est possible, et je l'admets, que les capitalistes bostoniens se méprennent, et que ce qu'ils supposent être un désordre soit un fait fort innocent. Mais en quel pays de lEurope voit-on, dans la sphère commerciale, l'iniérêt individuel s'imposer à lui-même une loi aussi sévère? Où allie-ton à un plus haut degré l'esprit mercantile et les sentiments de bons citoyens ?

Note 28. (Page 204.)

DE l'aGIOTAGB a I\EW-Y0RK.

Dans son message annuel à la Législature , en date du 5 janvier i836 , le Gouvernement de TÉtatde New-York , après avoir exposé le mal que cause l'agiotage en enlevant à l'industrie les capitaux qu'elle réclame, s'exprime ainsi :

« C'est pour moi un devoir impérieux d'appeler votre nttention

4f8 KÔTES.

sur une pratique qui , poussée au point qu'elle a léCeiûment atteint, est devenue très pernicieuse au bien-être de l'Etat. Le trafic dos actions , dès qu'il prend le caractère de la spéculation pure, est un jeu , et produit tous le» désastres publics et privés qu'engendre la funeste passion du jeu. Si ce n'est pas précisément en soi chose neuve chez nous , il y a du moins quelque chose de neuf dans le degré d'extension que cet abus a acquis. D'immenses valeurs ont été vendues par des gens qui ne les avaient pas, et achetées par d'autres qui n'en attendaient pas la remise. Ces marchés à termes, où l'on jiaie les différences, ne sont qu'un pari sur le prix de telle ou telle valeur à un moment fixé. C'est pis que des paris ordinaires, parce que l'artifice et l'intrigue peuvent exercer une aciion sur le résultat décisif. Nos lois sont certainement peu favorables à ces transactions ; non seulement elles n'en reconnaissent pas la validité, mais encore elles statuent que le gagnant pourra être contraint à restitution envers e perdant, ou ses ajant -droit. Cependant ces marchés ne s'en consomment pas moins , et généralement ils sont exécutés avec fidélité. Le développement de ces tripotages et les conséquences fa taies qu'ils ont eues pour plusieurs de nos concitoyens en ont fait un fléau public et privé. Il me semble qu'il est de votre devoir d'en délivrer le pays. Je vous recommande de le frapper d'une vigoureuse interdiction légale, d'une interdiction efficace par la pénalité qui y sera attachée. »

Quelque temps après le message du Gouverneur, uu projet de bill fut présenté au Sénat de l'Etat , à l'effet de mettre à exécution la pensée du message. Voici quelles en étaient les priacipales dispositions :

« Tout pari ou marché à terme est prohibé.

» Les ventes d'effets publics de toute nature , faites par les

courtiers, ne seront valides qu'autant qu'elles seront faites avec

publicité. Toutes les réunions des courtiers seront publiques. Il

est expressément délendu aux courtiers d'avoir des réunions

particulières.

» Toute personne qui vendra des effets publics ou actions contjairement à la présenle loi, et tout courtier qui assistera à une

J^OTES. 469

réunion non publique de courliers, sera passible d'une amende de 5oo dollars au plus, et d'un emprisonnement dont le maximu m sera d'un an. »

Ce projet est d'une rigueur inadmissible ; je suppose qu'il a été repoussé.

Note 29. (Page 208.)

DU COMMERCE DE l'ÉGYPTE .

Voici, par exemple, comment le commerce de l'Egypte s'est réparti, en i85i, entre les diverses puissances européennes;

Exportation.

Turquie (Sjrie comprise) 13,700,663 fr.

Angleterre 5,573,656 )

''^'''''^ 1,182,646 ( 7,oi5,85i

Iles-Ioniennes 259,549 ]

Divers

Total . . . 41,261,443

Importation.

Turquie

Autriche 7,105,825 fr.

Toscane 6,661,879

Angleterre 5,172,381 ) , r « ^

,, I S 4j5o6,5qo

Malte 1,334,209 { ^

France. 2,223,644

Total . . , 09.200.477

Note 32. (Page 2o3.),

ABCS nA>'S LE COMMERCE FRANÇAIS.

Il n'y a quune voix sur la nécessité de remédier aux abu? de conGance qui dégradent noire commerce. Voici ce que ion trouve dans les Extraits d'avis divers , publiés par le Ministère du Commerce (avril i835 , page 85).

« Le premier soin du commerce français doit être de détruire, a la Nouvelle-Grenade , comme sur tous les marchés de l'Amérique du Sud, l'impression fâcheuse qu'y ont produite de graves abus de conGance, qui, bien que dénoncés depuis long-temps par les agents du Gouvernement du Roi , par la presse , par les correspondances privées , se sont malheureusement renouvelés encore à des époques récentes , et sur lesquels l'altenlion des bharnbres de Commerce a déjà été sérieusement éveillée.

On se hâte de répéter tout d'abord ce qu'établissent de la manière la plus positive toutes les informations transmises au Gouvernement, à savoir que les fabricants français, que le commerce de France , proprement dit , ne sont pas coupables de ces misérables spéculations , que la honte doit en être renvoyée à quelques pacotilleurs qui ont pu d'abord en retirer quelque lucre, mais dont elles ont bientôt paralysé toutes les opérations.

« On a vu , par exemple , des barriques de vin jauger jusqu'à tinq veltes de moins que la contenance garantie par les factures 5ur lesquelles les ventes avaient été faites. On a vu des pièces de tissus, des satins entre autres, donner jusqu'à trois aunes de moins que l'aunage indiqué par les étiquettes auxquelles lacheteur avait cru pouvoir ajouter foi. On conçoit l'tffet de pareils mécomptes, reconnus seulement à l'ouverture des colis, quand ils étaient transportés à des distances qui rendaient tout contrôle, et, partant, toute réclamation impossible. Pour les liquides, le résultat était tout simple ; le prix de la barrique a subi une baisse proportionnelle aux fraudes constatées, quand les charges

résultant des tarifs de douanes restaient les mêmes ; poiir les tissus, les aclieteurs ont pris Ihabilude d'exiger, avant la livraison, le mosurage de chaque pièce dans les magasins des vendeurs ; souvent même de fortes parties de rubans, expédiées sur commande, ont été nettement refusées comme de largeur inférieure aux numéros demandés.

a Evidemment le discrédit qui en est résulté pour les marchandises françaises en général, le grave préjudice causé aux négociants loyaux par ces actes de déloyauté, ne peut êlre attribué aux expéditionnaires, aux fabricants français obligés de se conformer, dans leurs envois, aux instructions précises des agents placés entre eux et les acheteurs américains, et complètement étrangers aux opérations ultérieures de ces agents. »

Voici en quels termes s'exprime , sur le même sujet , le capitaine Laplace, dans le récit du voyage de la Favorite autour du monde.

« Combien de fois, dans le cours de mon voyage, n'ai-je pas eu à gémir sur l'abaissement de notre commerce maritime , sur la fatale déconsidération où il est tombé, et qu'il mérite par son peu de dignité ! Montrerai - je nos bâtiments chargés sans choix et sans discernement avec les restes des magasins de la capitale et des villes de commerce , perdant la réputation de nos produits par la vente de marchandises de mauvaise qualité ? Ferai-je voiries marcliands abusant de la confiance par les plus indignes tromperies, et laissant aux Français qui les suivront la défiance et le mépris des populations trompées ?

» C'est par une semblable conduite que notre commerce, borné , depuis longues années, à la seule exportation des vins et des marchandises de luxe, en voit la consommation diminuer rapidement dans les pays éloignés. Lhorlogerie , branche d'industrie si riche, si lucrative autrefois pour nos marchands, est tombée dans le mépris. Celle des Anglais, quoique beaucoup plus chère et de furme moins gracieuse , mais plus sûre et plus solide , est préférée par les étrangers. Les modes françaises, copiées à Londres, ne sont plus envoyées de Paris. Quels efforts ne fait pas , dans ce moment, l'industrie de nos rivaux pour enlever àla

France les seuls produits dans lesquels nos manufactures ont conservé quelque supériorité, tels que les toiles peintes , les papiers de tenture et les élotTes de soie D'autres puissances

commerçantes viennent encore partager les dépouilles d'un commerce autrefois si florissant, et qui marche vers son anéantissement total. En parcourant de nouvelles contrées , nous verrons les peuples éclairés lutter à l'envi d'activité et d'industrie , les Hollandais , les Américains , les Allemands même , faire éprouver à l'Angleterre une concurrence aussi dangerouse que formidable pour son commerce. La France seule reste en arrière. Elle semble avoir oublié sa grandeur passée , ainsi que tous les principes qui firent autrefois fleurir son commerce maritime, trop faible maintenant pour être livré à lui-même sans la protection ei 1 appui du gouvernement. Redevenu enfant au présent, il a besoin d'être dirigé , et qu'un avenir lui soit préparé. «

{Foyage de la Favorite , tom. I , page 206.)

Note 33. (Page 211.)

Page 1