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TROISIÈME LIGNE

Canal de la TVabash.

L'État d'Ohio et celui d'Indiana ont entrepris de concert, moyennant une donation de terres

60 LES VOIES DE COiUMUjVICATlOJN'.

de la part du Congrès (1), un canal qui joindra la Wabash , l'un des affluents de l'Ohio , avec la Maumée. La majeure partie du canal s'étendra parallèlement aux deux rivières, ou dans leur lit. L'ouvrage aura en tout quatre-vingt-quatre lieues, dont cinquante-quatre dans l'État d'Indiana, et trente dans celui d'Ohio. Une trentaine de lieues du contingent de l'Indiana sont déjà exécutées latéralement à la Wabash. L'Ohio n'a pu ouvrir encore les travaux sur son territoire. Par suite d'un mauvais système de délimitation (2), la Maumée, dont tout le cours est dans l'Etat d'Ohio , aurait son embouchure sur le

(i) Le système de ces donations en faveur des travaux publics, consiste généralement à diviser le terrain à droite et à gauche de la ligne du canal à établir, en sections d'un mille (1,609™) ^^ long sur cinq (deux lieues) de profondeur. De deux sections du même côté, le donataire en prend une ; l'autre reste la propriété des Etats-Unis. On fait la même opération sur chaque rive. En outre , il arrive quelquefois que le Congrès accorde aux États qui exécutent des travaux publics, un certain nombre d'acres à choisir dans le domaine fédéral situé sur leur territoire.

(2) Il n'est personne qui, en jetant les yeux sur une carte des États-Unis, n'ait été frappé de ces frontières en lignes droites, perpendiculaires les unes aux autres , qui terminent l'un ou plusieurs côtés de la plupart des États. Ce système de limiter un territoire par les méridiens et les parallèles, est absurde. 11 exige une quantité infinie de travaux géodésiques qui n'ont pas é!é faits et ne le seront pas de long-temps. Les méridiens et les parallèles peuvent servir à diviser le ciel ; pour la terre , il n'y a de limites raisonnables que le cours des fleuves ou la ligue du versant des eaux dans les chaînes de montagnes.

LETTRE XXIt. Gî

sol du futur Étal de Michigan. L'État d'Oliio réclame contre cette disposition. Le Michigan tient bon. Des deux côtés on a voté des fonds pour les frais de la guerre, et l'on a armé. 11 y a même eu un commencement d'hostilités entre les deux puissances; l'intervention du gouvernement fédéral a pourtant décidé les parties à un armistice. Dans cette querelle, l'Ohio a pour lui la raison; mais le Michigan invoque en sa faveur le texte formel des lois. Il est probable que le Congrès, en élevant le Michigan au rang d'État, lui enlèvera le lambeau de terre que l'Ohio veut avoir , et qu'il lui importe tant de posséder (1). Dans l'incertitude, l'Ohio a sursis à l'exécution de ses travaux de canalisation, qui donneraient à l'embouchure de la Maumée une importance qu'elle n'a pas encore.

QUATRiiiME LIGNE.

Canal Mich'.^iVri.

Il est question , depuis long-temps, d'un canal qui, de Chicago, à l'extrémité méridionale du lac Michigan , irait vers la rivière des Illinois , et se terminerait au point où commence la navigation à la vapeur sur ce beau cours d'eau , c'est-à-dire

(i) Voir la Noie 1 1 à la l[in du Volume.

au pied de ses cataractes. Le canal serait, dit-on, fort aisé à établir ; moyennant une tranchée de T'^jôO au maximum, le bief de partage pourrait être abaissé au niveau du lac Michigan , qui alors servirait de réservoir au canal. Il aurait trente-cinqlieues delong;il traverserait ce terrain plat ou légèrement ondulé, dépourvu d'arbres, qui porte encore le nom de Prairies que lui donnèrent les colons français du Canada. Il est question de le creuser sur des dimensions plus considérables que celles des canaux ordinaires des Etats-Unis, afin qu'il soit accessible aux bâtiments à voile qui naviguent sur les lacs , ou même aux bateaux à vapeur.

C'est un des plus utiles ouvrages qu'il y ait à entreprendre dans le monde entier (1).

CINQUlilME LIGNE.

Le canal que l'Etat de Pensylvanie a commencé entre l'Ohio et la ville d'Erié, sur une longueur de quarante-et-une lieues et demie , et pour l'alimentation duquel il a déjà exécuté des travaux préparatoires considérables, autour du petit lac Conneaut, créerait une autre communication par eau très courte, entre le bassin du Mississipi et celui du Saint-Laurent.

(i) Voir la Note 12 à la fin du Volume.

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