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78 LES VOIES DE G03IxMU>-IC\TI05.
distant de Fredéricksburg de six lieues. De là, un chemin de fer, dont la construction est en pleine acfivité,s'étendra incessamment jusqu'à Richmond. 11 aura vingt-trois lieues trois quarts, et ne coûtera guère que 140,000 fr. par lieue , avec son matériel et ses magasins. De Pétersburg , à huit lieues et demie de Richmond, part un chemin de fer de vingt-quatre lieues, qui atteint le Roanoke à Blakely près de Weldon, et qui s'étend même quelques lieues plus loin, par l'embranchement de Belfield. La lacune entre Richmond et Pétersburg ne tardera pas à être remplie.
Le chemin de fer de Pétersburg , plus court que la route de poste, suit à peu près l'un des anciens sentiers des Indiens , circonstance étrange que m'a rapportée l'habile ingénieur qui l'a construit , M. Robinson. Il se déroule presque constamment au niveau du sol , sans terrassements , à travers les plaines sablonneuses , incultes et entrecoupées de flaques d'eau stagnante, dont la mer est uniformément bordée depuis la Chésapeake jusqu'à la pointe de la Floride , et que la fièvre désole tous les étés (1). C'est le pays le
(1) Il est assez curieux que cette fiè\re soit surfout redoutable hors des centres de population et après le coucher du soleil. Aux environs de Charleston, tout blanc qui passe une nuit à la campagne est à peu près certain de prendre la fiè\re. On y est peu ou point exposé en restant
mieux disposé du monde pour des chemins à ornières, je ne dis pas chemins de fer, car, là particulièrement , on les construit presque entièrement en bois. Sa surface est naturellement nivelée; son fond sablonneux offre une excellente base h. la charpente sur laquelle reposent les rails. Les forêts , vierges encore , de pins et de chênes, dont il est recouvert, présentent à qui veut en prendre, et en quantité inépuisable , les matériaux essentiels à la construction d'un railroad. 3Iais si le sol est parfaitement en mesure, l'homme ne l'est pas aussi bien. Dans ces régions pauvres, les populations sont fort clairsemées; il n'y a que de petits villages çà et là sur le bord des ruisseaux. Les grands centres , dans lesquels seuls on peut trouver des capitaux , n'y existent pas. L'intervention des capitalistes du Nord y est donc indispensable. L'argent de Philadelphie a été pour une bonne part dans l'établissement des chemins de fer de Pétersburg au Roanoke et de Richmond à Frédéricksburg. Sans lui, jamais la ligne du Nord au Sud ne pourra traverser l'Etat de la Caroline du Nord, qui est l'indigent de la Confédération ,
à la ville. Cette maladie diffère complètement a cet égard de la fièvre jaune , qui ne se prend ordinairement que là où la population est agglomérée; quand la Nouvelle-Orléans est infestée, à un quart de lieue de là on ne court aucun danger.
et rejoindre les travaux achevés ou projetés dans }a Caroline du Sud et la Géorgie.
Il existe donc une énorme lacune de cent trente lieues, depuis le Roanoke jusqu'à Charleston , métropole de la Caroline du Sud , ou , au moins , de eent dix lieues jusqu'à Columbia (1), capitale du même État. De Charleston part un chemin de fer de cinquante-quatre lieues trois quarts , qui traverse la zone inculte et fiévreuse des sables, et des forêts de pins , pour atteindre la région cotonnière. Il se termine à Hambourg sur la rivière Savannah, vis-à-vis d'Augusta (Géorgie), qui est le plus grand marché intérieur des cotons. Y compris un matériel considérable, il coûte moins de 120,000 fr. par lieue. lia cela de particulier, que , toutes les fois qu'il a fallu l'élever au-dessus du sol , au lieu d'entasser des remblais , on a eu recours à une charpente. Ce chemin , ainsi perché sur des échasses à des hauteurs de cinq et sept mètres , laisse certainement à désirer sous le rapport de la sécurité publique ; mais il fallait le faire et le terminer avec un capital très borné, et on y a réussi. Les recettes sont déjà assez considérables pour permettre de substituer successivement à de frêles étais , l'appui plus solide de terres transportées.
(1) Il sera facile d'établir un embranchement de Columbia au chemin de fer de Charleston à Augusta ; il a été étudié.
Une autre circonstance , plus remarquable encore , c'est qu'il a été construit dans tous ses détails par des noirs presque tous esclaves.
Ce chemin de fer fut entrepris pour faire dériver vers le marché de Charleston une partie des cotons qui descendaient la rivière Savannah, et qui alimentaient le marché de la ville de ce jiom. Il a pleinement rempli l'attente de ses fondateurs.
D'Augusta part un autre chemin (Georgia Railroad) tout récemment commencé, qui traversera, en se dirigeant sur Athènes, quelques uns des districts les plus fertiles en coton ; il doit avoir quarante-six lieues. Pour continuer la ligne du Nord au Sud , ou de Boston à la Nouvelle-Orléans , il faudrait que ce chemin de fer fût prolongé dans la direction de Montgomery ( Alabama ). A Montgomery , l'on s'embarque sur les bateaux à vapeur de la rivière Alabama, qui transportent les voyageurs et les cotons à Mobile. Entre Mobile et la Nouvelle-Orléans , il existe un service régulier de bateaux à vapeur parla baie de Mobile , la baie de Pascagoula , le lac Borgne et le lac Pontchartrain. Les deux dernières lieues, du lac Pontchartrain à la Nouvelle-Orléans, se font en un quart d'heure, sur un chemin de fer que la législature de la Louisiane , dans son mauvais français , appelle chemin à coulisses.
Telle est , avec ses lacunes , la ligne au Nord au
Sud , la plus avancée aujourd'hui. Klle ne restera pas la seule ; à mesure que la civilisation se raffermira du côté de l'Ouest et que les capitaux s'y multiplieront, de nouvelles lignes seront créées , s'écartant de plus en plus du littoral.
Le chemin de fer de Baltimore à l'Ohio , qui , en réalité , n'est qu'un chemin de fer de Baltimore à la jonction du Potoraac et du Shénandoah , se lie , par son extrémité occidentale , à Harper's Ferry, avec un chemin de fer presque terminé aujourd'hui , qui va treize lieues plus loin , à Winchester , en suivant le fond de l'un de ces sillons longitudinaux, qui séparent les crêtes successives des Alléghanys . d'un bout de la chaîne à l'autre. Celui de ces sillons où est situé Winchester , est l'un des plus réguliers et aussi l'un des plus fertiles. Il est célèbre sous le nom de Vallée de Virginie. Ainsi, quoique le chemin de fer de Winchester n'ait été établi que pour rapprocher du marché de Baltimore les produits agricoles de Winchester et des environs , il pourrait bien devenir un jour la tête d'une grande communication du Nord au Sud par la Vallée. Un chemin de fer est déjà autorisé dans cette direction , de Winchester à Staunton , sur une longueur de trente-sept lieues environ.
Une autre ligne du Sud au Nord, destinée peut-être à venir s'embrancher avec celle qui partirait du Nord en suivant la Vallée de Virginie,
a été projetée à la Nouvelle-Orléans , autorisée par la législature de la Louisiane , et ne peut manquer de l'être par celle des autres États qu'elle traverserait. 11 s'agit d'un chemin de fer de plus de deux cents lieues , qui remonterait de la Nouvelle-Orléans, vers le Nord, jusqu'à Nashville , capitale de l'Etat de Tennessee. On assure que les mesures sont prises pour que les travaux soient ouverts dans quelques mois. Ce chemin de fer ne prétend à rien moins qu'à faire concurrence à la magnifique ligne fluviale du Mississipi et de l'Ohio , pour le transport des voyageurs et des balles de coton.
,iv.
dmimunic allons qui rayonnent autour des métropoles.