‹ Lettres sur l'Amérique du Nord (volume 3)Chapitre 44 sur 55 · SECTES · texte numérisé non relu

SECTES

iij

isi

Ph

méthodistes épiscop. .

Autres Méthodistes. .

IJaptistes

Autres Baptistes , du

Septième jour , des

Six principes , du

libre Arbitre , Chré-

tiens, Mennonites ,

Tankers , etc. . ,

Presbytériens. . . .

Autres Presbytériens de

Cumherland , Asso-

ciateChurch , etc.

Gongrégationalistes, *

Réformes de Hollande

et d'Allemagne, Lu-

thériens

Épiscopaliens. . . .

Unitairiens

Quakers

Universalistes. . . .

Frères Unis , Nouvelle-

Jérusalem, Juifs, etc.

Catholiques

TOTACX.. . .

MM. Reed et Matheson, ministres presbytériens anglais,

qui, en 1834, ont été députés vers les églises presbytériennes et congrégationalistes des États-Unis, par la Congregational Union d'Angleterre et du pays de Galles, représentent, comme il suit, l'état religieux des États-Unis, abstraction faite des Épiscopaliens de l'Église anglicane et des Catholiques :

Population 13,000,000

Ministres Il ,450

Églises (*) 12,580

Communiants 1,550,890

Ils ajoutent que pour l'Angleterre et le pays de Galles on peut admettre les chiffres suivants :

Population 15,000,000

Ministres anglicans. . . 7,000 ) .„ „

Minisires dissidents. . . 6.500 ). '

Communiants anglicans. 350,000 ) , „. ___ /. • * j- • 1 , -nrwkHA i I,0o0,000

Communiants disbidtnts. / 00,000 )

MM. Reed et Matheson font remarquer que le nombre des édiflces du culte est beaucoup moindre en Angleterre qu'en Amérique. Ils rapportent une assertion de l'évêque de Londres, d'après laquelle le dixième seulement de la population pourrait trouver place dans les temples de l'Église établie dans le diocèse de Londres.

Le clergé franrais se compose de 41,000 ecclésiastiques, dont 3,000 environ n'ont pas charge d'âmes.

Note 27. (Page 187.)

DE l'i«AG17CVT105 AJfGLAJSE.

Nous nous sommes persuadé que les Anglais n'avaient pas d'imagination, et c'est une grave erreur. L'Anglais n'en

(*) MM. Reed et Matheson nVnt sans doute compté que les congrégations ayant des édifices du culte , ce qui explique la différence entre leur chifFie et le précédent. Ils le portent ailleurs, dans un tableau incomplet, à 14,511.

manque pas, mais il la garde pour lui. Ni son tempérament individuel, ni son éducation protestante, ni l'atmosphère brumeuse et enfumée où il respire, ne le portent à l'expansion. Il vit en dedans, tandis que les peuples du Midi ont besoin de laisser leurs pensées et leurs impressions s'épanouir au-dehors. Si nous pouvions lire ce qui se passe dans la cervelle de l'Anglais le plus froid et le plus gourmé, nous serions stupéfaits des drames fantasques et bizarres qui se découvriraient à nous , ce serait de ITHoffmaïui à vingt-quatre carats. Toutes les folies de notre nature expansive et nerveuse ont leurs équivalents chez l'Anglais , mais il ne les laisse pas percer, il s'en repaît luimême et les rumine. Ce sont ses fêtes et sa poésie à lui. Ce n'est point de Tart grec assurément, parce que les Anglais tiennent peu des Athéniens; c'est de l'art teutonique, qui a un caractère tout autre, M. Henri Heine , "dans un ouvrage récent [de l'Allemagne), a spirituellement exposé en quoi consiste le goût natif des populations germaniques, lorsqu'il n'est pas modifié, par l'éducation hellénique, et eu quoi il diffère du goût des nations méridionales.

Note 26 his. (Page 196.)

DES VlRGIJilENS DE l'oilEST»

Richinond , août i835.

Pendant la session de la législation , Richmond est Templt de gentilshommes campagnards venus de la Virginie occidentale , vrais colosses plus grands, plus carrés, plus robustes que les géants que l'on montre pour de l'argent chez nous. Lorsque je me vois entouré de ces personnages à la grosse voix , aux gestes herculéens, j'éprouve la même sensation que les compagnons de Magellan lorsqu'ils se trouvaient seuls au milieu d'un groupe de Patagons. Cet excellentes gens, dans leur naïf désir de vous témoigner leur amitié, vous prodigent les mêrac« lourdes caresses que les

Espagnols prirent d'abord pour des coups; et lorsque leur main pesante s'abat comme un marteau sur votre épaule européenne, il ne faut rien moins que le franc sourire dont s'épanouit leur large visage pour vous rassurer sur la parfaite bienveillance dont ils sont animés à votre égard. La première fois que je séjournai à Kichmond , j'occupai , dans l'hôtel, une chambre d'où sortait lui représentant de la West -Virginia , qui n'avait pas complètement déménagé. Ayant besoin de fouiller dans les documents législatifs de la session , je cherchai en vain où pouvait être sa bibliothèque. Tout son ameublement parlementaire se composait d'un tas de bouteilles vides, d'un baril de biscuits, d'une boîte à liqueurs , et des débris d'un vaste fromage. En raison du bon sens dont ils sont pourvus , de pareils législateurs font cependant de passables lois.

Note 27 bis. (Page 202.)

TOTIGES LE DIMANCHE.

La loi de plusieurs États défendait autrefois de voyager le dimanche. Il était interdit de rien faire ce jour-là qui ne fût d'absolue nécessité {of necessUy ormerc7j). Je crois qu'à CQi égard la loi a été abrogée dans tous les États sans exception ; mais l'usage est resté dans plusieurs; et pour un très grand nombre de personnes, voyager le dimanche est une contravention grave à la loi religieuse.

Dans quelques États de la Nouvelle-Angleterre, dans le Connecticut, par exemple, et même dans quelques uns des États du Centre, tels que le Nevr-Jersey , on s'exposerait a être retenu parla population , si Ton voulait voyager le dimanche; partout la plupart des services de voitures publiques et de bateaux à vapeur sont interrompus. On ne circule pas le dimanche , même entre Philadelphie et New-York , ri entre Philadelphie et Baltimore.

Les voitures qui portent les dépêches partent le dimanche comme les autres jours. De nombreuses pétitions ont été

adressées au Congrès à ce propos. Les pétitionnaires voulaient qu'il ?i'y eût pas de malles-postes le dimanche, et même que les bureaux des postes fussent fermés ce jour-là. Leurs pétitions furent l'objet de deux rapports, l'un dans le Sénat (1829), l'autre dans la Chambre des Représentants (1830) : l'un et l'autre furent présentés par le colonel 11. M. Johnson ( de Kentucky) , actuellement candidat du parti démocratique à la \ice-presidence, qui , dans l'intervalle des deux sessions, était devenu de sénateur représentant. Dans ces deux pièces , les réclamations des pétitionnaires, et les tendances fanatiques dont elles étaient le produit, étaient repoussées avec beaucoup de vigueur et de franchise.

Cependant, si le langage du colonel Johnson me semble digne d'éloges , je dois dire que je ne puis m'empêcher de ressentir du respect pour les scrupules d'une partie de ceux qui réprouvent le fait de voyager le dimanche. Sur trois compagnies de chemins de fer qui aboutissent à Boston , il y en a deux qui se refusent à exploiter leur ligne le dimanche ; ce sont celles de Lowell et de Worcester. En recevant les voyageurs le dimanche, ces compagnies augmenteraient notablement leurs recettes , sans accroître leurs dépenses, à beaucoup près, dans la même proportion; mais les principaux actionnaires qui administrent ces voies de communication renoncent volontiers à une partie de leurs bénéfices, plutôt que de sanctioimer une habitude qu'ils croient funeste à la conservation du sentiment religieux et des bonnes moeurs. Un pareil sacrifice au bien public, chez des gens qui sontles premiers calculateurs du monde. mérite d'être signalé à l'admiration universelle. Il est possible , et je l'admets, que les capitalistes bostonrens se méprennent , et que ce qu'ils supposent être un désordre soit un fait fort innocent. Mais en quel pays de l'Europe voit-on , dans la sphère commerciale, rintérêt[individuel s'imposer à lui-même une loi aussi sévère ? Où allie-t-on à nn plus haut degré l'esprit mercantile et les sentiments de bons citoyens?

466 îîOTEs.

Note 28 (Page 20^.)

DK l'agIOTAGK K 5EW-T0BK.

Dans sou message annuel à la Lé^jislature , en dafe du 5 janvier 1836, le Gouvernement de l'État de New-York, après avoir exposé le mal que cause l'agiotage en enlevant a l'industrie les capitaux qu'elle réclame , s'exprime ainsi :

« C'est pour moi un devoir impérieux d'appeler votre attention sur une pratique qui , poussée au point qu'elle a récemment atteint , est devenue très pernicieuse au bien-être de l'État. Le trafic des actions , dès qu'il prend le caractère de la spéculation pure, est un jeu. et produit tous les désastres publics et privés qu'engendre la funeste passion du jeu. Si ce n'est pas précisément en soi chose neuve chez nous, il y a du moins quelque chose de neuf dans le degré d'extension que cet abus a acquis. D'immenses valeurs ont été vendues par des gens qui ne les avaient pas , et achetées par d'autres qui n'en attendaient pas la remise. Ces marchés à termes, où l'on paie les différences, ne sont qu'un pari sur le prix de telle ou telle valeur à un moment fixé. C'est pis que des paris ordinaires, parce que l'artifice et l'intrigue peuvent exercer une acîion sur le résultat décisif. Nos lois sont certainement peu favorables à ces transactions ; non seulement elles n'en reconnaissent pas ia validité, maisencore elles statuent que le gagnant pourra être contrainte restitution envers le perdant, ou ses ayant-droit. Cependant ces marchés ne s'en consomment pas moins, et généralement i!s sont exécutés avec fidélité. Le développement de ces tripotages et les conséquences fatales qu'ils ont eues pour plusieurs de nos concitoyens en ont fait un fléau public et privé. Il me semble qu'il est de votre devoir d'en délivrer le pays. Je vous recommande de le frapper d'une vigoureuse interdiction légale , d'une interdiction efiicace par la pénalité qui y sera attachée. »

Quelque temps après le message du Gouverneur, un projet

WOTES. 4^7

(le bill fut présenté au Sénat de l'État, à l'effet de mettre à exécution la pensée du message. Voici quelles en étaient les principales dispositions :

« Tout pari ou marché à terme est prohibé.

» Les ventes d'effels publics de toute nature , faites par les caurtiers, ne seront valides qu'autant qu'elles seront faites avec publicité. Toutes les réunions des courtiers seront publiques. Il est expressément défendu aux courtier» d'avoir des réunions particulières.

» Toute personne qui vendra des effets publics ou actions contrairement à la présente loi, et tout courtier qui assistera à une réunion non publique de courtiers, sera passible d'une amende de 500 dollars au plus, et d'un emprisonnement dont le maximum sera d'un an. s

Ce projet est d'une rigueur inadmissible; je suppose qu'il a été repoussé.

Note 29. (Page 207.)

DU COMMERCE DE l'ÉGTPTE.

Voici , par exemple , comment le commerce de l'Egypte s'est réparti, en 1831, entre les diverses puissances européennes :

Exportation.

Turquie (Syrie comprise) 13,730,663 fr.

Autriche 10,370,411

Angleterre 5,573,656 )

Malte 1,182,646 j 7,015,851

Iles-Ioniennes. . . . 259,549 ^

Toscane 4,798,119

France 4,654,787

Divers 681,612

Total. . . 41,251,443

Angleterre 3,172,381 i „ -^^ «qn

Walte 1,334,209 * «5,5Ub,5JU

468 woTEs.

Importation.

Turquie ....

Autriche 7,105,825 fr.

Toscane 6,661,879

France 2,223,544

Total. . . 39,200,477 Note 32. (Page 208.)

ABCS DA5S iB COMMERCE FKANÇVXS.

Il n'y a qu'une voix sur la nécessité de remédier aux abus de confiance qui dégradent notre commerce. Voici ce que l'on trouve dans les Extraits d'avis divers , publiés par le Ministère du Commerce (avril 1835, page 83).

« Le premier soin du commerce français doit être de détruire, h la ÎNouvelle-Grenade , comme sur tous les marchés de l'Amérique de Sud , l'impression fâcheuse qu'y ont produite de graves abus de confiance, qui , bien que dénoncés long-temps par les agents du Gouvernement du Roi , par la presse, par les correspondances privées, se sont malheureusement renouvelés encore à des époques récentes, et sur lesquels l'attention des Chambres de Commerce a déjà été sérieusement éveillée.

On se hâte de répéter tout d'abord ce qu'établissent de la manière la plus positive toutes les informations transmises au Gouvernement , à savoir que les fabricants français, que le commerce de France , proprement dit , ne sont pas coupables de ces misérables spéculations , que la honte doit en être renvoyée à quelques pacotilleurs qui ont pu d'abord en retirer quelque lucre, mais dont elles ont bientôt paralysé toutes les opérations.

« On a vu, par exemple, des barriques de vin jauger jusqu'à cinq veltes de moins que la contenance garantie

par les factures sur lesquelles les ventes avaient été faites. On a vu des pièces de tissus, des satins entre autres, donner jusqu'à trois aunes de moins que l'aunage indiqué par les étiquettes auxquelles l'acheteur avait cru pouvoir ajouter foi. On conçoit l'effet de pareils mécomptes , reconnus seulement à l'ouverture des colis, quand ils étaient transportés à des distances qui rendaient tout contrôle, et, partant, toute réclamation impossible. Pour les liquides, le résultat était tout simple ; le prix de la barrique a subi une baisse proportionnelle aux fraudes constatées, quand les charges résultant des tarifs des douanes restaient les mêmes ; pour les tissus, les acheteurs ont pris l'habitude d'exiger, avant la livraison, le mesurage de chaque pièce dans les magasins des vendeurs: souvent même de fortes parties de rubans , expédiées sur commande , ont été nettement refusées comme de largeur inférieure aux numéros demandés.

» Évidemment le discrédit qui en est résulté pour les marchandises françaises en général , le grave préjudice causé aux négociants loyaux par ces actes de déloyauté, ne peut être attribué aux expéditionnaires, aux fabricants français obligés de se conformer, dans leurs envois, aux inslructions précises des agents placés entre eux et les acheteurs américains, et complètement étrangers aux opérations ultérieures de ces agents. »

Voici en queU termes s'exprime, sur le même sujet , le capitaine Laplace, dans le récit du voyage de la Favorite autour du monde.

« Combien de fois , dans le cours de mon voyage , n'aije pas eu à gémir sur rabaissement de notre commerce maritime , sur la fatale déconsidération où il est tombé, et qu'il mérite par son peu de dignité! Montrerai-je nos bâtiments chargés sans chaix et sans discernement avec les restes des magasins delà capitale et des villes de commerce, perdant la réputation de nos produits par la vente de marchandises de mauvaise qualité? Terai-je voir les marchands abusant de la confiance par le« plus indignes tromperies,

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