‹ Lettres sur l'Amerique du Nord (volume 4)Chapitre 52 sur 80 · DE L!APPUI DONNÉ AUX BANQUES PAR LE GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

DE L!APPUI DONNÉ AUX BANQUES PAR LE GOUVERNEMENT

Ou en a vu la preuve en i85i-62, lorsque la Banque de France retira son concours au commerce. Si la Banque eût senti derrière elle le Trésor, elle eût été beaucoup moins timide; elle n'eût pas manqué au commerce, précisément au moment où le commerce avait le plus besoin d'elle.

Quelques semaines après la révolution de juillet, MM. Péreire frères proposèrent la création d'une Compagnie d'assurances mutuelles pour l'acompte des effets à toutes échéances, et pour les «varices à faire au commerce et à l'industrie sur de bonnes garanties quelconques. L'un des traits principaux de ce projet consistait en ce que le Gouvernement aurait figuré au nombre des souscripteurs pour 5o millions, avec cette clause , que, si les pertes excédaient les bénéfices , le Gouvernement les supporterait seul jusqu'à concurrence de 25 millions.

Tout porte à croire que, moyennant une bonne administration des ressources de la Compagnie , l'Etat aurait peu ou point perdu , et que beaucoup d'existences eussent cependant été sauvées.

Note (\%. (Page a 54-)

BANQUES DU NORD . BU SUD ET DE l'oUEST.

En 1811, sur quatre-vingt-huit banques locales , les États de Maine, New-Hampshire, Massachusetts Rhode-Island, Connecticut et New-York en comptaient cinquante- cinq , c'est-à-dire

les deux tiers, quoiqu'ils n'eussent que 2,700,000 habitants sur 7,000,000, c'est-à-dire un peu plus du tiers. Au ier janvier i834, les États situés au nord du Potomac avaient quatre cent quatorze banques avec un capital de 565, 000, 000 fr. Les Etats du Sud et de l'Ouest ne comptaient que quatre-vingt-huit banques avec on capital de 3a4 millions , qui serait réduit de moitié si l'on supprimait les banques de quelques centres commerciaux, tels que la Nouvelle-Orléans, Charleston , niehinond et Mobile. La population des Etats du Nord était alors d'environ 6,5oo.ooo ; celles du Sud et de l'Ouest réunies s'élevaient à 7,5oo,ooo. Les forces respectives des banques étaient donc dans le rapport de 4 à 3 , tandis que celles des populations étaient dans le rapport de 6 à 7. Les Etats de Massachusetts, Miode- Island et Connecticut, ceux de toute l'Union , où le génie de la la mère-patrie s'est le mieux conservé, possédaient à eux seuls cent soixante-quatorze banques, c'est-à-dire le tiers du nombre tolal*(5oo) des banques locales, avec un capital de 220 millions, c'est-à-dire égal au quart du capital total desdites banques (907 millions) , quoique leur population ne fût que du treizième de celle du pays.

Cependant les développements de la culture du coton et le commerce qu'elle crée tendent à rétablir la balance en faveur du Sud et de l'Ouest. De très grandes banques ont été créées récemment dans les métropoles du Sud , avec des comptoirs dans l'intérieur des Etats.

Au 1" janvier i836, les banques des Etats au nord du. Potomac avaient un capital total de 632 millions, tandis que le capital de celles du Sud et de l'Ouest était de 4oo , c'est-à-dire que le Nord conservait son avantage. Au 1" juin i855 plusieurs grandes banques du Sud, et entre autres celle de la Nouvelle- Orléans {Citizen* bank) , qui fait des avances à l'agriculture, n'étaient pas encore organisées.

Note 43. (Page 255.)

CITIZEKS' BAXK EN LOUISIANE.

Dans la Louisiane, les chartes de plusieurs des banques leur font une loi de prêter une grande partie du capital à des habitants ou planteurs. La Citizens' bank est ainsi astreinte à avancer la moitié de son capital aux propriétaires fonciers; elle leur profite aussi en ce qu'ils sont actionnaires sans avoir rien déboursé. La banque a emprunté à des capitalistes européens ( la maison Hope d'Amsterdam) la totalité de son capital effectif, G millions de doll. (52 millions de fr. ) , à raison de 5 p. 0/0. Son capital nominal est du double. Elle a donné en retour une hypothèque d'une somme égale sur les biens des planteurs actionnaires; et, à cette hypothèque , l'Etat de la Louisiane a joint sa propre garantie. Chaque planteur aclionnaire a droit à un crédit de m6ilié de sa souscription , au taux de 6 p. 0/0. L'autre moitié sert aux opérations de l'institution comme banque commerciale. Les planteurs actionnaires ont ensuite leur part des bénéfices.

On voit que ce système repose sur la facilité de la législation hypothécaire.

- 1 Note 44 • (Page 257.)

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