‹ Lettres sur l'Amerique du Nord (volume 4)Chapitre 59 sur 80 · DES CAISSES D'EPARGNE · texte numérisé non relu

DES CAISSES D'EPARGNE

La session de i834 a produit une fort bonne loi sur les Caisses d'épargne. L'un des principaux traits de cette Ici consiste en ce que toutes les caisses sont centralisées par l'intermédiaire du Trésor public, de sorte qu'un ouvrier peut transporter ses économies avec lui d'une ville à l'autre. Avant i834, il n'y avait en France que 26 Caisses d'épargne. Jl y en avait, au 101 juillet i856 , 2o4- Cinq départements seulement en sont dépourvus. Au 5o juin 1806 , les sommes versées par les Caisses d'épargne au Trésor public s'élevaient :

Pour les caisses des départements, à 37,966,445 Ir. 85 c. Pour la caisse de Paris , à 45,653, 182 23

83,598,628 oS

Il y a dix-sept caisses qui ne sont pas en compte courant avec le Trésor.

O Tome II, page 5i.

Du 1" janvier au 1er juillet 1806. l'actif des caisses d'épargne, en compte courant «vec le Trésor, s'est accru de al millions.

Ces utiles instituions sont susceptibles de quelques perfectionnements :

i° On pourrait les lier avec des caisses de prêts semblables à celle qui existe à Lyon (*).

2° Il serait convenable , à Paris surtout , de multiplier les jours de dépôts. Actuellement, on n'y reçoit les versements que les dimanches et lundis.

5°Il y a lieu à prendre quelques mesuresau sujet des remboursements. Il n'est pas prudent de laisser le Trésor passible d'une reprise instantanée de 8o eu 100 millions. Quelques personnes pensent que les remboursements devraient être effectués en bons du Trésor au porteur ou à ordre, de 100 francs, par exemple , à un an d'échéance. On donnerait les bons aux déposants pour 97 fr. Ce serait accoutumer les classes laborieuses au papiermonnaie. Puisqu à Berlin le peuple manie des billets d'un thaler (3 fr. 71 c), et à Vienne des billets moindres encore, des billets de 100 fr. seraient bien vite acclimatés à Paris.

4° Les caisses d'épargne pourraient être autorisées à vendre aux déposants, sans commissions, soit des titres de rente au porteur, dont , eu 1804, M. Humann , minisire des finances , a créé, précisément en vue des clas.'es laborieuses, des coupons de 10 fr., soit d'autres valeurs ou actions. Par ce moyen, l'on remédierait à l'inconvénient qui résulte du maximum fixé pour les dépôts , cl à celui plus grave de certaines entreprises en commandite par petites actions, au moyen desquelles des spéculateurs sans moralité pompent les économies des pauvres gens de Paris.

Il importerait aussi de garantir la classe des ouvriers et celle des domestiques des pièges que leur tendent certains gouvernements étrangers par l'intermédiaire de grands agioteurs. Depuis 1820, les gouvernements dilapidalcurs ou incapables qui se

(') Voir plus haut Noie 5o.

«ont succédé en Espagne , ont remplacé les mines du Mexique par les épargnes des artisans de Paris, qu'ils ont attirées par l'offre mensongère d'intérêts de 12 ou i5 pour o/o. Ce trafic scandaleux, qui conduisait nécessairement à la banqueroute, doit non seulement être flétri par l'opinion, mais interdit par l'autorité. Il suffirait pour cela de défendre la négociation des fonds étrangers en coupons de moins de 1,000 on 5oo fr. de rente. Par là on laisserait aux riches la faculté de disposer de leurs fonds à leur gré et de se ruiner s'il leur plaît , et on mettrait à l'abri de la séduction ces classes intéressantes et nombreuses qui sont mineures, et dont le gouvernement est le tuteur naturel et légal. Il y a, dans les fonds espagnols créés depuis i8ao, des coupons de 10 piastres (53 fr.) de rente.

Note 53. (Page 3o3.)

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