SOI NOTES
bienveillance dont ils sont animés à votre égard. La première fois que je séjournai à Richmond, j'occupai dans l'hôtel une chambre d'où sortait un représentant de la West-Virginia t qui n'ajrait pas complètement déménagé. Ayant besoin de fouiller dans les documents législatifs de la session, je cherchai en vain où pouvait être sa bibliothèque. Tout son ameublement parlementaire se composait d'un tas de bouteilles vides , d'un baril de biscuits , d'une boîte à liqueurs , et des débris d'un vaste fromage. En raison du bon sens dont ils sont pourvus, de pareil* législateurs font cependant de passables lois.
Foyage$ le dimanche.
La loi de plusieurs États défendait autrefois de voyager le dimanche. Il était interdit de rien faire ce jour-là qui ne fût d'absolue nécessité (of necessity or mercy). Je crois qu'à cet égard la loi a été abrogée dans tous les États, sans exception ; mais l'usage est resté dans plusieurs; et, pour un très-grand nombre de personnes, voyager le dimanche est une contravention grave à la loi religieuse.
Dans quelques États de la Nouvelle-Angleterre, dans le Connecticut, par exemple, et même dans quelques-uns des États du Centre , tels que le New-Jersey, on s'exposerait à être retenu par la population, si Von voulait voyager le dimanche; partout la plupart des services de voitures publiques et de bateaux à vapeur sont interrompus. On ne circule pas le dimanche, même entre Philadelphie et New-York, ni entre Philadelphie et Baltimore.
Les voitures qui portent les dépêches partent le dimanche comme les autres jours. De nombreuses pétitions ont été adressées au congrès à ce propos. Les pétitionnaires voulaient qu'il n'y eût pas de malles-postes le dimanche, et même que les bureaux des postes fussent fermés ce jour-là-
Leurs pétitions furent l'objet de deux rapports, l'un dans le sénat (1839), l'autre dans la chambre des représentants ( 1830 ) : l'un et l'autre furent présentés par le colonel R. M. Johnson (de Kentucky), récemment porté par le parti démocratique à la vice-présidence, qui, dans l'intervalle des deux sessions, était devenu, de sénateur représentant. Dans ces deux pièces, les réclamations des pétitionnaires, et les tendances fanatiques dont elles étaient le produit, étaient repoussées avec beaucoup de vigueur et de franchise.
Cependant, si le langage du colonel Johnson me semble digne d'éloges, je dois dire que je ne puis m'empêcher de ressentir du respect pour les scrupules d'une partie de ceux qui réprouvent le fait de voyager le dimanche. Sur trois compagnies de chemins de fer qui aboutissent à Boston* il y en a deux qui se refusent à exploiter leur ligne le dimanche; ce sont celles de Lowelk et de Worcester. En recevant les voyageurs le dimanche , ces compagnies augmenteraient sensiblement leurs recettes, sans accroître leurs dépenses, à beaucoup près, dans la même proportion ; mais les principaux actionnaires qui administrent ces voies de communication renoncent volontiers à une partie de leurs bénéfices, plutôt que de sanctionner une habitude qu'ils croient funeste à la conservation du sentiment religieux et des bonnes mœurs. Un pareil sacrifice au bien public, chez des gens qui sont les premiers calculateurs du monde , mérite d'être signalé à l'admiration universelle. Il est possible , et je l'admets , que les capitalistes bostoniens se méprennent, et que ce qu'ils supposent être un désordre , soit un fait fort innocent. Mais en quel pays de l'Europe voit-on , dans la sphère mercantile, l'intérêt iDdividuel's'imposer à lui-même une loi aussi sévère? Où allie-t-on à un plus haut degré l'esprit du négoce et les sentiments de bons citoyens ?