TOME m
ft>6 NOTES.
Importation,
Turquie.
Autriche.
Toscane
Angletere.
Malte.
France.
Total.
Noie 5.
(Page 13.)
Avis dans le commerce français.
Il n'y a qu'une voix sur la nécessité de remédier aux abus de confiance qui dégradent noire commerce. Voici ce que Ton trouve dans les extraits d'avis divers , publiés par le ministère du commerce (avril 1835, page 83).
«t Le premier soin du commerce français doit être de détruire, à la Nouvelle-Grenade, comme sur tous les marchés de l'Amérique du Sud, l'impression fâcheuse qu'y ont produite de graves abus de confiance, qui, bien que dénoncés depuis longtemps par les agents du gouvernement du Roi , parla presse, par les correspondances privées, se sont malheureusement renouvelés encore à des époques récentes, et sur lesquels l'attention des chambres de commercea déjà été sérieusement éveillée.
On se hâte de répéter tout d'abord ce qu'établissent de la manière la plus positive toutes les informations transmises au gouvernement, à savoir que les fabricants français, que le commerce de France, proprement dit, ne sont pas coupables de ces misérables spéculations, que la honte doit en être renvoyée à quelques pacotilleurs qui ont pu d'abord en retirer quelque lucre, mais dont elles ont bientôt paralysé toutes les opérations.
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« On a va, par exemple, des barriques de Tin jauger jus* qu'à cinq veltes de moins que la contenance garantie par les factures sur lesquelles les ventes avaient été faites. On a vu des pièces de tissus, des satins entre autres, donner jusqu'à trois aunes de moins que Pauoage indiqué parles étiquettes auxquelles l'acheteur avait cru pouvoir ajouter toi. On conçoit l'effet de pareils mécomptes, reconnus seulement à l'ouverture des colis , quand ils étaient transportés à des distances qui rendaient tout contrôle, et, partant, toute ré* clamation impossible. Pour les liquides, le résultat était tout, simple ; le prix de la barrique a subi une baisse proportionnelle aux fraudes constatées ,'quand les charges résultant des tarifs de douanes restaient les mêmes; pour les tissus, les acheteurs ont pris l'habitude d'exiger, avant la livraison, lemesurage de chaque pièce dans les magasins des vendeurs; souvent même de fortes parties de rubans, expédiées sur commande , ont été nettement refusées comme de largeur inférieure aux numéros demandés.
a Evidemment le discrédit qui en est résulté pour les marchandises françaises en général, le grave préjudice causé aux négociants loyaux par ces actes de déloyauté, ne peut être attribué aux expéditionnaires, aux fabricants français obligés de se conformer, dans leurs envoi 8, aux instructions précises des agents placés entre eux et les acheteurs américains, elcomplétement étrangers aux opérations ultérieures de ces agents. »
Voici en quels termes s'exprime, sur le même sujet, le capitaine Laplace , dans le récit du voyage de la Favorite autour du monde.
« Combien de fois, dans le cours de mon voyage, n'ai-je pas eu à gémir sur rabaissement de notre commerce marilime , sur la fatale déconsidération où il est tombé, et qu'il mérite par son peu de dignité ! Montrerai-je nos bâtiments chargés sans choix et sans discernement avec les restes des magasins de la capitale et des villes de commerce, perdant la réputation de nos produits par la vente de marchandises
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demauvaBe qualité? Ferai-je voir les marchands abasant de la confiance par les plus indignes tromperies, et laissant aux Français qui les suivront la défiance et 1e mépris des populations trompées ? ,
« C'est par une semblable conduite que notre commerce, borné, depuis longues années, à la seule exportation des vins et des marchandises de luxe, en voit la consommation diminuer rapidement dans les pays éloignés. L'horlogerie , ^branche d'industrie si riche, si lucrative autrefois pour nos t marchands, est tombée dans le mépris. Celle des Anglais, quoique beaucoup plus chère et de forme moins gracieuse, mais plus sûre et plus solide, est préférée par Jes étrangers. Les modes françaises, copiées à Londres, ne sont plus en- • voyées de Paris. Quels efforts ne fait pas , dans ce moment, l'industrie de nos rivaux pour enlever à la France les seuls produits dans «lesquels nos manufactures ont conservé quelque supériorité , tels que les toiles peintes, les papiers de tenture çt les étoffes de soie... D'autres puissances commerçantes viennent encore partager les dépouilles d'un commerce autrefois si florissant, et qui marche vers son anéantissement total. En parcourant de nouvelles contrées, nous verrons les peuples éclairés lutter à l'envi d'activité et d'industrie, les Hollandais, les Américains, les Allemands même, faire éprouver à l'Angleterre une concurrence aussi dangereuse que formidable pour son commerce. La France seule reste en arrière. Elle semble avoir oublié sa grandeur passée, ainsi que tous les principes qui firent autrefois fleurir son commerce maritime , trop faible maintenant pour être livré à lui-même, sans la protection et l'appui du gouvernement. Redevenu enfant au présent, il a besoin d'être dirigé, et qu'un avenir lui soit préparé. •
( Voyage de la Favorite, 1. 1, p. 956.)