HOTES. S(K
Note 6. ( Page 15.J
Respect des Américains pour tes anciennes dénominations.
En s'affranchissant , les Américains ont maintenu la plupart des qualifications en usage sous la domination anglaise. Ainsi les États sont divisés en comtés. Tl y a encore dans beaucoup de villes , et notamment à Charleston , la rue du Roi et la rue de la Reine. En Yirginie, if y a les comtés do prince Edouard , du prince Georges, de la Reine et du Roi, du roi Georges et du roi Guillaume, etc. La Géorgie conserva son nom , tout en faisant la guerre au roi Georges.
Tai été fort surpris aussi d'entendre, en Pensylvanie, les cours de justice s'ouvrir par ce vieux mot français qu'un huissier répète sans le comprendre : oyez? oyezt oyezl Les Anglais Pont emprunté aux Normands , et les Américains t'ont gardé, parce qu'ils l'avaient reçu de leurs pères. En France, nous comprenons les révolutions autrement : nous nous empressons de les consommer dans les mots. Les républicains donnent à Choisy-le-Roi le nomdeChoisyle-Peuple. La restauration change le nom de Napoléonville, et l'appelle Bourbon -Vendée. La suppression des mots Saint et Sainte sur les écriteaux des rues de Paris est le beau idéal de ce système.
Des marchés avec publicité et concurrence»
Parmi les formalités imposées par noire législation à nos ingénieurs dans l'exécution 4es travaux publics, se trouve celle de ne faire des marchés qu'avec publicité et concurrence , après- des affiches . et. moyennant divers délais., lis sont astreints à prendre la plus.basse des soumissions dépo-
«0 NOfSSw
sées, pourvu qu'elle «oit au-dessous d'une limite fixée par eux , et aussi à moins qu'ils ne supposent une coalition d'entrepreneurs. Aujourd'hui, cette coalition a presque toujours lieu. Les entrepreneurs soumissionnaires conviennent d'un léger rabais au profit de l'administration , te partagent entre eux , et d'avance, une part du bénéfice, et laissent le reste à l'un d'eux , qui devient adjudicataire. Les ingénieurs n'out aucun moyen de remédier a cet abus ; en faisant annuler l'adjudication , ils ne feraient que reculer ia difficulté pour y retomber toujours, et ils ajourneraient indéfiniment l'exécution des travaux.
Aux États-Unis , les commissaires des canaux , ou les ingénieurs placés sous leurs ordres , font aussi des adjudications par voie de publicité et concurrence ( public lettings ) ; mais il leur est laissé plus de latitude dans leur choix. Je crois aussi qu'en Amérique le danger d'une coalition d'entrepreneurs est moins à craindre que chez nous ; les Américains entendent-autrement l'esprit d'association.
Dans la plupart des services publics, ce système exagéré d'adjudication a les mêmes conséquences onéreuses pour le trésor. C'est aujourd'hui une habitude établie parmi les entrepreneurs, que de s'entendre contre l'administration. Le système des marchés de gré à gré a des inconvénients ; il peut y avoir abus de confiance; mais je crois qu'actuellement le trésor y gagnerait, dans une foule de cas, une économie réelle d'argent , et que le pays y trouverait , en matière de travaux publics , une économie de temps plus précieuse encore. On peut ajouter, sans flatterie pour personne , que les agents employés par le gouvernement dans l'exécution des travaux publics jouissent aujourd'hui d'une réputation de moralité qui justifierait qu'on se relâchât â leur égard de la défiance contre les fonctionnaires en général, qui a dicté nos règlements d'administration publique.
11 parait , que les formalités prescrites pour l'adjudication et le payement des travaux exécutés par le génie
NOTES. ftlt
militaire sont, pour le moins, aussi compliquées que celles qui existent pour les ponts et chaussées.
Les choses en sont à ce point que des hommes fort compétents , dont l'opinion est tout à fait favorable à l'exécution par l'État des grands travaux de communication , pensent que le seul moyen de créer en France , sans des retards excessifs, de grandes lignes de chemins de fer, par exemple, serait de les concéder à des compagnies dont l'État serait le principal actionnaire. Ces compagnies, n'ayant pas les mains liées comme l'administration , mèneraient les entreprises avec activité et vigueur. L'État, étant le principal actionnaire, ferait adopter les plans qui lui conviendraient , choisirait les ingénieurs , et administrerait à son gré les ouvrages, une fois achevés. Ce serait, à proprement parler, un artifice pour dégager l'administration des formes au milieu desquelles elle est comme garrottée, sans supprimer ostensiblement ces .formes* 11 me semble qu'au lieu de recourir à ce subterfuge , il vaudrait mieux modifier franchement nos procédés administratifs dans ce qu'Us ont de défectueux.
Note». (Pageîl. )
Les pouvoirs anciens et les pouvoirs nouveaux, en
France,
Nous aussi , en France , à côté des autorités anciennes, nous avons des autorités nouvelles ayant un caractère tout positif, tout industriel , c'est-à-dire embrassant dans leurs attributions les faits principaux de l'activité matérielle des peuples modernes. En parlant ainsi » je n'ai nullement en vue les chambres dont la mission principale , la seule à laquelle elles soient parfaitement propres, est de contrôler les actes politiques de César, de tenir les cordons de la bourse et de reviser ses comptes financiers. J'entends indiquer d'autres corps tout à fait spéciaux. Ainsi nous avons
des chambre* de commerce (J) et de* chambres cotisnttatives des arts et manufactures (3), qui ont une existence officielle. Parallèlement à la session des chambre*, nous avons tous les ans une session des conseils généraux du commerce des manufactures el de l'agriculture. En face des anciens tribunaux, nous avons nos tribunaux' de commerce et les conseils de prud'hommes. Toutes^ces institutions sont encore modestes j elles sont par rapport aux anciens pouvoirs dans une position de dépendance plus ou moins complète. Les hommes qui les composent n'ont .pas encore assez conscience de la mission à laquelle ils sont appelés. Cependant le germe subsiste ; il graudU et se développe, et ii est digne d'attention qu'il doive ses progrès à César, car c'est de la royauté que ces institutions relèvent directe- • ment , et c'est elle qui leur a donné de plus en plus d'importance»
+ Note 9. ( Page 23. )
*' * 3e ('esprit de la législation de la Nouvelle-Angleterre*
Je doute que nulle part le pouvoir de la société sur Pin- ' dividu ait été poussé plus loin que dans la Nouvel le- Angleterre ; ainsi , dans le Connecticut , il y avait des lois pour régler le temps qu'il était permis de rester au cabaret ( une
(1) Il existe des chambres de commercJBl Amiens, Avignon, Bayoune, Besancon, Bordeaux, Boulogne, Caen, Calais, Carcaaaonne, Clermont, Dieppe, Uunkerque, Granvllle, le Havre, La Rochelle, Laval , Lille , Lorient , Lyon , Marseille , Metz , Montpellier , Morlalx , ' Mulhouse, Nantes, Nîmes, Orléans , Paris , Rlieims , Rouen, Salnt- ' Vrleuc , Saint-Étienne , Salnt-Malo , Strasbourg , Toulon , Toulouse , Tours, Troyes. Leur nombre est donc de trente-huit.
C-i) Il existe des chambres consultatives des arts et manufacture* dans dix-neur villes; savoir : AbbevlUe , Alençon, Arras, Beauvais, Castres , Châteauroux , Elbeuf , Laigle , Limoges , Ltsicux , Louviers, Lodève, îf evers,Qulmper,Rom or an Un, Saint-Quentin, Sedan, Tarare, valencietines.
demi-heure); la quantité maximum qu'on pouvait y boire (une demi-pinte); après neuf heures et demie du soir, les auberges et cabarets devaient être fermés. Il n'était pat permis à un jeune célibataire de tenir maison sans le consentement des habitants de la commune; un père de famille n'avait pas le droit de recevoir chez lui un célibataire sans la même formalité.
II était défendu de jurer, défendu de mentir et de répandre de fausses nouvelles ; défendu de prendre du tabac, à moins d'avoir une déclaration d'un médecin , constatant que c'était par mesure de santé, et à moins d'y être autorisé. par un tribunal.
D'autres règlements défendaient simplement de fumer en public. Cette année même (1836), les magistrats de Bos-r ton ont défendu de fumer dans la promenade publique de la ville {Mail), qui est un fort vaste enclos ; je ne prétends cependant pas qu'en cela leur rigueur soit excessive.
II est inutile de dire que les lois des colonies de la Nou# velle-Anglelerre étaient d'une grande sévérité* religieuse ; chacun était contraint de faire partie d'une église congre-" gatiopaliste, et l'on n'était admissible aux emplois qu'à cette condition. Les dissidents payaient pour les frais du culte de l'église établie. Les juifs et les quajcflrs paient exilés, et passibles de la peine de mort* s'ils, s* /epre*eiirr talent sur le sol de l'État.
Les lois bleues du Gonnecticut contenaient aussi des prescriptions curidfces au sujet du mariage.
Il n'est guère resté de cette ancienne législation qu'un* forte organisation communale.
Aujourd'hui , cependant , la communauté intervient quel* quefois encore dans la vie privée de l'individu , au point de * le dépouiller des droits qui nous semblent les plus naturels et les plus imprescriptibles. Ainsi, à Taunton, dans le Massachusetts, en 1836, deux juges de paix ont interdit la publication des bans de mariage d'un homme et d'une femme, parce que les futurs conjoints n'étaient pas en état
de se suffire à eu0~mèmes après te mariage, et qu'ils n'avaient pas assez de discernement pour contracter un acte de cette importance»
Dans quelques Étals de l'Allemagne, les gouvernements exercent le même contrôle sur le mariage.
Note 10. (Page 32.)
Difficulté des dégrèvements.
* Il est fort difficile , en France , de dégrever les masses , parce que les ressources de nos ouvriers, et surtout celles àenos paysans, qui forment vraiment, en France, la classe ta plus pauvre et la plus nombreuse, sont tellement bornées, que le fisc n'y a pas prise. Le paysan limousin , par exemple, ne paye rien ou presque rien à l'administration des contributions indirectes, rien ou presque rien à celle des douanes, des postes et de l'enregistrement , par la triste raison qu'il ne boit pas de vin , qu'il mange très-rarement de la Viande, qu'il ignore l'usage du sucre, du thé, du café et des étoffes anglaises ; qu'il ne sait ni lire ni écrire, et que par conséquent il ne lui arrive jamais de recevoir de lettres ; qu'il ne plaide pas, faute de posséder aucun sujet de litige, ou que, s'il possède un lopin de terre, ce qui est assez souvent le cas. il le garde sans le vendre ni l'accroître. A l'exception de l'impôt du sel, les taxes indirectes lui sont donc peu onéreuses. Si l'on abaissait ces taxes pour augmenter l'impôt foncier, on grèverait un très-grand nombre de paysans d'une somme souvent égale à celle dont, ils auraient été dégrevés d'un autre côté.
Note 11. (Page 54. )
De Voctroi.
Il n'y a pas d'octroi aux États-Unis, ce qui est pieu élan*
NOTES. fttlf
nant.Ce qui l'est beaucoup plus, c'est qu'il n'y en ait pas
en Angleterre , où le fisc, véritable Protée , s'est revêtu de toutes les formes imaginables. Les Anglais ont reconnu que c'était un mauvais impôt» Les droits d'octroi sont un fléau pour le pauvre des villes, parce qu'ils sont, dans les grandes villes , bien plus élevés que les contributions indirectes instituées au profit de l'État. C'est une plaie pour l'ordre social ; car, exagérés comme ils le sont, ils appellent la fraude et créent dans toutes les grandes villes une classe de contrebandiers, race ennemie du travail, pourrie d'immoralité, dont le vicieux contact pervertit les ouvriers, et les entraîne à tous les désordres.
Le meilleur moyen de remplacer l'octroi de Paris consisterait probablement 1° dans une augmentation modique des centimes additionnels ; 2° dans une taxe sur les loyers assise directement sur les locataires ; 3° dans une taxe sur les voitures et chevaux de luxe , et même sur les chiens dont Paris est infesté ; 4* dans des licences imposées aux marchands de vins, traiteurs et restaurateurs. A Paris, il ne serait pas difficile de se procurer ainsi , presque sans frais de perception , les 20 à 25 millions que l'octroi rapporte net.
Note 12. (Page 54. )
De l'impôt du sel.
L'impôt du sel produit au trésor 60 millions. Si l'on revenait sur la réduction du* droit des boissons opérée par la loi du 12 décembre 1830 , réduction qui , tout le monde en convient aujourd'hui, n'a profité ni aux consommateurs, ni aux propriétaires de vignobles, on ferait rentrer au trésor une somme de 40 millions. L'on pourrait donc alors, sinon faire disparaître l'impôt du- sel , du moins le diminuer des deux tiers , ce qui serait un bienfait pour le paysan , et un grand service à notre agriculture , qui est
et sera toujours en .France la premièpe dès 'inDustriet* nationales.
Note 15. ( Page 42. >
Sur l'enseignement industriel.
I, 'enseignement industriel n'est pas absolument de l'inconnu en France. Nous en possédons de très-beaux germes qu'il ne s'agit que de cultiver.
Les établissements d'enseignement industriel expiant en France sont -
\° L'école polytechnique et les écoles d'application civiles qui en dépendent, et dont les principales sont celles des ponts et chaussées et des mines.
2° Les écoles d'arts et métiers d'Angers et de Châlons.
3° Diverses écoles locales et spéciales, telles que celles de. la Marlinière à Lyon, l'école des Mineurs de Saint* Etienne, le système d'apprentissage organisé par la Société industrielle de Nantes.
Ces trois groupes d'écoles correspondent assez exacte* ment aux trois classes industrielles : 1° directeurs; 2° sousdirecteurs et chefs d'ateliers ; 3° maîtres ouvriers et ouvriers. En les considérant ainsi , ils sont tous trois susceptibles de recevoir divers perfectionnements et divers degrés d'extension.
lo Écoles polytechnique , des ponts et chaussées et des
mines.
L'école polytechnique fut d'abord créée comme école centrale des travaux publics. Plus tard elle fut réorganisée sous le non :d'éoole polytechnique , dans le but de fournir, à la fois, des sujets nécessaires à divers services publics et des hommes qui cultivassent la science pure. L'enseignement y a pris dès lors un caractère de science
abstraite que beaucoup d'hommes expérimentés considèrent comme nuisible.
La fin du siècle dernier et les premières années de celui-ci furent marquées par d'éclatants travaux de mathématiques qui donnèrent à cette science un grand renom et lui acquirent , comme science abstraite, dans renseignement de l'école polytechnique , une place plus grande que ne le comportait le but réel et positif de l'institution.
Dans l'état actuel des choses, il est difficile de mettre fin à cet inconvénient, parce que les règlements et ordonnances qui ont organisé l'école lui assignent pour objet de répandre la science pure.
On est cependant fondé à soutenir que ce mélange de la science pure avec la science destinée à l'application est une confusion fâcheuse.
En fait, l'école polytechnique actuelle fournit bien moins de sujets à la science pure, que n'en fournissait l'ex-école centrale des travaux publics ; les chefs (de corps se plaignent plus encore de la direction d'esprit que cette éducation imprime aux jeuneé gens, que des lacunes qu'elle laisse en eux.
Bien plus , cette combinaison , en la supposant possible à réaliser, serait aujourd'hui inutile , car l'école normale, qui est maintenant sur un très-bon pied ,et qui, selon toute apparence, va recevoir de nouvelles améliorations, est et sera de plus en pkis en mesure de suffire à tous les besoins de la science pure.
On pourrait dès lors modifier l'enseignement de l'école polytechnique, non pour la rendre moins savante, mais pour la rendre autrement savante ; lui donner une tournure plus pratique, y habituer les jeunes gens à accorder plus d'importance à des questions d'utilité réelle qui, aux yeux de la théorie, ne sont que de misérables détails.
L'école des ponts et chaussées présente les mêmes imperfections que l'école polytechnique , et comme c'est une école d'application . .elles y ont des conséquences plu*
graves. En général il faut reconnaître que nos écoles civiles d'application sont très-inférieures à l'école militaire d'application de MHz.
Nos ingénieurs des ponts et chaussées, sont des hommes fort instruits. Cependant , il n'y en a pas le quart qui connaissent minéralogiquemenl et géologiquement les matériaux dont ils se servent pour bâtir ou pour charger les routes. Il n'y en a pas un sur dix, peut- être un sur vingt , qui sache faire une analyse digne de confiance d'une pierre à chaux, d'un mortier ou d'une pouzzolane. L'école des ponts et chaussées manque de bonnes collections de modèles et de matériaux. Elle manque même de cours sérieux sur quelques parties très- importantes aujourd'hui de l'art de l'ingénieur, sur les ponts suspendus, par exemple.
L'école des ponts et chaussées est au niveau de ce qu'étaient les travaux publics il y a trente ans ; elle est en arrière de l'importance actuelle de cette branche d'administration publique.
Il est évident que l'enseignement de cette école, ainsi qu'un bon nombre de règlements, ordonnances et usages en vigueur sur la matière, ne sont plus en harmonie avec l'immense quantité de travaux publics très-variés qu'il va falloir exécuter et exécuter promptement sur le sol de la France.
Quant à l'école des mimes , depuis que le corps des mines a été dépouillé des établissements de Geislautern ( Prusse Rhénane) et de Pesey ( Savoie ), ce n'est vraiment pas une école d'application, si par là on entend une école pratique. Les cours, que l'on y fait peuvent être bons, et il y en a plusieurs qui sont excellents ; mais le système d'enseignement y est défectueux dans son ensemble et dans son esprit.
Le perfectionnement de cette école se lie étroitement à la question des grands travaux publics et particulièrement des chemins de fer. Une lieue de chemin de fer à double toie exige 500,000 kil. de fer au moins,ycompries les clous,
NOTES. Si»
supports, etc. Soixante lieues à Caire par an , et c'est ut» chiffre qu'on peut espérer de voir atteindre si le gouvernement concède ou exécute les grandes lignes + exigeraient donc 30,006,000 kjl.
La demande d'une pareille quantité, en sus de la consommation ordinaire, causerait une perlurliation complète dans le marché. En fait , je ne crains pas de dire que l'élit de nos forges présente un obstacle, le plus grand de tous peut-être, à l'exécution des grands chemins de fer ; or, pour les améliorer, que peut-on faire de mieux que de fonder des établissements modèles servant d'écoles d'application au corps des mines qui se recrute de la fleur de l'école polytechnique-, et d'y admettre des élèves en grand nombre, indépendamment de ceux qui sont destinés à être ingénieurs du gouvernement r comme c'est déjà l'usage pour l'école actuelle des mines.
Il y aurai! donc lieu à modifier renseignement des écoles polytechnique , des ponts et chaussées et des mines , non , encore une fois, pour les rendre moins savantes, mais pour les rendre autrement savantes. Personne plus que moi ne rend hommage à la science en général et à la science mathématique en particulier. L'étude des mathématiques imprime à l'esprit des habitudes d'analyse et de précision précieuses pour le progrès de toute chose. Il est de la plus haute importance que nos ingénieurs des ponts et chaussées et des mines sachent les mathématiques, mais on ne s'est pas encore assez occupé de résoudre le problème de marier convenablement la science abstraite avec l'application en ce qui concerne l'art de l'ingénieur civil. Ce'n'est point l'excès de science que je dénonce, c'est la qualité de la science. Il y a une espèce de science qui facilite et éclaire la pratique : 11 y en a une autre qui la fait dédaigner. C'est la première seulement qu'il faut à nos grandes écoles industrielles. On n'y doit enseigner qu'une science qui s'empare des faits , qui puisse simplement les manier et les retourner, et non une science spéculative qui cache son impuissance d'ap-
no NOTES.
plicalion sous la disposition symétrique de ses formules.
Il faudrait en outre qu'il y eût dans renseignement de ces écoles un rappel continuel à la pratique , aux faits tels qu'ils existent, et tels qu'ils doivent être. Les intérêts et les faits matériels devraient s'y représenter sans cesse. L'économie politique et sociale devrait y être développée, non dans ses spéculations plus ou moins hasardeuses, mais dans ce qu'elle a de rapports directs avec l'histoire et l'avenir de l'industrie , et avec les ressorts principaux de la prospérité publique.
Il convient de citer ici l'école centrale des arts et manufactures établie à Paris depujs peu d'années et qui donne ' déjà des résultats très-satisfaisants. Le système d'enseignement de celte école est supérieur à quelques égards à celui des grandes écoles du gouvernement.
Je ne prétends aucunement donner ici le tableau des modifications à faire subir à toutes les écoles que je viens d'énumérer ; mais je crois qu'ayant en vue d'une manière bien nette l'objet qu'on se propose, à savoir le progrès industriel du pays, c'est un point sur lequel une commission convenablement composée s'entendrait sans peine.
2» Écoles des arts et métiers.
Les écoles d'arts et métiers d'Angers et de Cbâlons ont eu pendant longtemps aussi excès de théories spéculatives et d'études spéculatives. Elles sont cependant encore susceptibles d'être améliorées, et surtout elles pourraient être graduellement multipliées.
3» Écoles locales et spéciales.
L'école de la Marlinière à Lyon , et un certain nombre d'essais , parmi lesquels j'indiquerai celui de la Société industrielle de Nantes (1), peuvent dès aujourd'hui servir de
(lj Voir plus loin, note 29.
NOTES. Ml
base à la création de renseignement industriel destiné aux maîtres ouvriers et ouvriers dans toutes nos grandes villes de manufactures. Pourquoi Lille , Rouen , Amiens , Saint- Quentin , Mulhouse, Sainl-Étienne , n'auraient-elles pas ce que Lyon possède ? Lyon est une ville très-haut placée industriellement et dont l'exemple est excellent à suivre. Nos ouvriers forment la partie la moins avancée de notre personnel industriel. Il importe de s'occuper de leur éducation plus encore que de celle de nos ingénieurs et directeurs d'industrie. Si avec nos ingénieurs, comme nous en possédons déjà un certain nombre, nous avions des ouvriers tels que les ouvriers anglais, la France s'élèverait industriellement au-dessus peut-être du niveau actuel de l'Angleterre. * Un bon système d'enseignement industriel pour les ouvriers, ou , pour parler sans néologisme, un bon système d'apprentissage est donc Tune des premières conditions à remplir pour développer en France le travail et les intérêts matériels, sans mécomptes et sans catastrophes.
L'agriculture étant en France la première des industries, il est bien clair qu'elle devra être comprise dans tout système d'apprentissage et d'enseignement industriel que l'on organisera.
Conclusions.
En résumé, notre côté faible en industrie, c'est ayant tout
le personnel ; ce sont des industriels habiles, éclairés et
, actifs, dans tous les ordres, directeurs, sous-directeurs,
contre-maitres et ouvriers. Nous ne les aurons que par
l'enseignement industriel.
Spécialement, à l'égard de l'école polytechnique, des ponts et chaussées, des mines, qui sont celles dont la réforme serait le plus facile , pour que nous ayons des travaux publics accomplis en grande quantité et avec vigueur, pour que les arts mécaniques se perfectionnent, pour que l'industrie minérale et métallurgique sorte de l'ornière, il
m NOTES.
faut que ces trois écoles soient remaniées à divers degrés et sans relard.
Entre autres avantages qui résulteraient du développement de renseignement industriel , en voici un qui me parait devoir être signalé.
L'une des difficultés soulevées par la question de l'instruction secondaire a consisté en ce que Ton avait à satisfaire à deux besoins qui paraissent inconciliables :
1o Donnera renseignement un caractère industriel;
3° Conserver à l'enseignement le caractère littéraire.
L'on atténuerait singulièrement celle difficulté 'si Ton développait séparément les divers germes d'enseignement industriel qui existent déjà dans le pays, et dont je viens de signaler les plus importants. L'enseignement industriel se constituant à part , personne ne songerait à affaiblir ou à dénaturer l'enseignement littéraire qui est un des besoins et une de* gloires de la France.
Noie 14. ( Page 44. ) Des écoles règlmentairet.
J'ai reçu d'un militaire distingué la note suivante, relative aux écoles régimentaires, qui donnera une idée du peu de résultats actuels de ces institutions.
u 11 existe dans chaque régiment une école pour ie» soldats et une école de sous-officiers.
u Ces écoles sont dirigées par un officier, ordinairement du grade de lieutenant.
« Les jeunes soldats , à leur entrée au corps, sont admis à l'école, à moins d'instruction suffisante ou d'incapacité absolue. On leur enseigne à lire, à écrire, à calculer. La durée moyenne de leur instruction est d'une année. Lorsqu'ils ont traversé les huit degrés de l'instruction primaire, ils sortent de l'école et sont entièrement abandonnés à eux-mêmes.
u Dans la cavalerie, tous les instants de la journée étant employés aux détails du service, les écoles ne peuvent être ouvertes que le soir. Dans l'infanterie , on choisit une heure plus favorable.
« Les leçons durent une heure et demie. Elles ont lieu trois fois par semaine. Les besoins du service ou les maladies réduisent à huit par mois, terme moyen, les. leçons que reçoit chaque soldat
Le cours des sous-officiers comprend : l'histoire, la géographie, les éléments de mathématique et de géométrie, l'administration militaire, et, dans un très- petit nombre de régiments, un cours de topographie.
« Ce cours a lieu trois fois par semaine et dure une heure et demie chaque fois.
« Les fonds alloués pour les dépenses de ces écoles s'élèvent, par chaque régiment de cavalerie, à 360 fr. par an , ou à 50 fr. par mois. Ils sont un peu plus considérables pour les régiments d'infanterie.
par mois.
Le moniteur général ( qui est sous-officier) reçoit lOf. H
Quatre moniteurs particuliers ( brigadiers ou soldats ) reçoivent chacun un franc par mois. 4 »
11 ne reste donc par mois pour l'achat du papier, plumes, encre, crayons, ardoises, livres, caries géographiques, etc., que 16 »
« Aussi l'officier directeur manque- 1 -il , pour préparer ses cours, des ouvrages les plus indispensables. U est trèsheureux si on met à sa disposition quelques livres vieillis et quelques mauvaises cartes. S'il veut s'acquitter consciencieusement de la fonction dont on l'a chargé, il est forcé d'acheter de sa bourse les livres nécessaires.
« Dans un grand nombre de régiments, les généraux
inspecteurs ont en à signaler, dans leurs rapports au ministre de la guerre, l'état peu prospère des écoles. Au lieu de remonter à la cause de cette fâcheuse situation et de la détruire, on s'est borné à lancer de superbes circulaires pour eieiter le zèle des colonels. On y faisait ressortir pompeusement les innombrables avantages de l'instruction civile. On parlait d'établir les écoles sur de larges bases, de faire des soldats des citoyens instruits, et capables, après leur rentrée sous le toit paternel, de rendre de nouveaux services à la patrie. Le colonel attendri publiait un ordre du jour sur les bienfaisantes intentions du ministre et demandait à l'officier chargé des écoles un rapport sur les améliorations à opérer. Le rapport était fait et envoyé, l'ordre du jour oublié, la circulaire mise dans les cartons, et tout reprenait , après quelques jours, la marche accoutumée, et cela Jusqu'à l'inspection suivante.
«Pour remédier .au triste état des écoles régimes taires, il faut des faits et non des mots.
« L'officier chargé de l'instruction civile s'acquitte de toutes les fonctions militaires de son grade ; la direction des écoles, le cours aux «ous-officiers, qu'il fait et prépare lui-même, sont ajoutés à son service militaire, delà pénible. Pour ce supplément de travail il n'a aucun supplément de solde. Toyant combien Ton fait peu de cas de cet emploi , les officiers le regardent comme une corvée , qu'ils refusent ou évitent.
« Au contraire, le capitaine chargé de l'instruction militaire n'a que cette fonction , et il reçoit un quart en sus de la solde ordinaire du capitaine. Il est entouré de considération , et son avancement est plus rapide que celui des autres officiers.
m L'officier professeur n'est consulté en rien lorsqu'il y a dans le régiment des grades à donner aux soldats ou aux sous-officiers. Il n'a à présenter aucune liste de candidats à l'avancement ; il n'a aucune récompense à demander pour ceux qui font des progrès.
notes. sas
« Au contraire, le capitaine instructeur militaire propote pour l'avancement les jeunes soldats et sous-officiers dont il est satisfait. S'il y a quelques galons à donner, il est appelé et consulté sur le mérite des candidats. L'inspecteur général ne fait ses tableaux d'avancement pour les sous officiers et soldats , et même pour les sous-lieutenants et lieutenants, que sur le* notes fournies par lui.
« De celte différence de position résulte une différence d'action. L'officier professeur, déjà fatigué par son service militaire, voit encore toutes ses soirées prises par les écoles, et c'est à peine si on lui en sait gré. Le capitaine instructeur est presque toujours libre à midi , et pour cette occupation du matin , il est regardé comme l'homme le plus utile du régiment et traité comme tel. Aussi voit-on presque toujours, là , négligence ; ici , zèle.
« Il en est de même pour les sous-officiers et soldats. Ils suivent avec ardeur l'instruction militaire qui les conduit à l'avancement. Ils négligent l'instruction civile dont rien ne leur fait sentir l'utilité, et qui d'ailleurs est prise sur des instants qui devraient être consacrés au repos, après les fatigues du jour, i»
Note 15. (Page 45. )
De l'application de l'armée aux travaux publies.
En 1855, le gouvernement essaya l'application de l'armée aux travaux publics dans la construction des routes stratégiques de POuest. Des ateliers, composés de 320 à 360 travailleurs, furent établis dans quatre départements. Les résultats furent très-peu satisfaisants. Dans la Mayenne, la Vendée et Maine-et-Loire, les travaux ont coûté 14, 15 et 30 p. 0/0 en sus des devis. Dans la Loire-Inférieure, ils ont coûté 10 p. 0/0 de moins, mais ce bénéfice se résoudrait en une perte, si , au déboursé des ponts et chaussées, on ajoutait ceux de l'administration de la guerre, qui a continué
sas JIOTES.
aux soldats leur solde et leur ration , el qui a payé les frais de leur campement. Enfin , un entrepreneur eût certainement fait un rabais sur les devis.
Ce mauvais succès peut être attribué à diverses causes :
1° Les soldats sont restés trop peu de temps à l'ouvrage pour s'y façonner : ils ont travaillé cinq mois consécutifs, il est vrai, dans la Loire- Inférieure, mais ils n'ont été sur les chantiers que deux mois et demi dans la Mayenne et la Vendée, et un mois seulement dans le Maine-et-Loire.
2° 11 convenait de ne composer les ateliers que d'hommes de bonne volonté et suffisamment robustes, et Ton n'en a rien fait dans les trois départements où l'insuccès a été bien caractérisé. Une partie de notre armée est sortie des campagnes, et se trouve propre aux travaux de terrassement. L'autre partie provient des villes, et a peu de goût pour remuer la terre. En prenant des corps en bloc, sans distinction d'hommes valides ou faibles, de bonne volonté ou non, on a eu inévitablement des ateliers hétérogènes, où l'énergie des uns était paralysée par la mollesse des autres. Dans le département de la Loire- Inférieure, l'autorité militaire locale avait choisi des hommes de bonne volonté.
3° On avait organisé un état-major trop nombreux relativement aux travailleurs, el qu'il eût été aisé de réduire de moitié, ce qui eût donné une économie dans la dépense.
4° Les bases d'évaluation du travail , imposées par l'administration de la guerre, étaient vraiment inadmissibles. On a exigé que le soldat fût payé autant qu'un travailleur ordinaire ; et l'administration des ponts et chaussées a eu ie tort d'y consentir.
5° Enfin il est douteux que les officiers se soient montrés animés du zèle el de la vigilance qui les signalent dans le service militaire. Les officiers paraissent désirer peu l'application de l'armée aux travaux publics. Peu propres à diriger leurs soldats dans ce nouveau service , il est dans la nature humaine qu'ils soient peu favorables à un ordre
notes» m
de choses où ils croient qu'ils n'auraient plus eux*mêmes qu'une importance subalterne.
En 1835, la compagnie du chemin de fer de Saint-Germain a aussi employé des soldats, et elle Ta recommencé , en 1856, sur une plus grande échelle. L'autorité s'est refusée à ne donner que des soldais de bonne volonté ;il a fallu que Ton prit tous ceux qu'elle présentait , des compagnies en bloc. Elle n'a pas permis que les soldats fussent à la tâche : il a fallu les payer à la fournée, et tous également. On a interdit aux agents de la compagnie de donner aucune gratification aux militaires les plus actifs ; et lors même que des soldats avaient été renvoyés des ateliers, parce qu'ils y mettaient le désordre, ils continuaient à figurer sur les feuilles de paye ; en un mot , l'émulation a été anéantie. Aussi les terrassements opérés par les militaires, ont conté, dans les trois premières semaines, 120 p. 0/0 plus cher que s'ils eussent été livrés à des ouvriers civils , et 60 p. 0/0 dans les trois dernières. Après six semaines de travail , les besoins du service ont obligé l'autorité à déplacer les soldats ; l'expérience a été ainsi brusquement interrompue.
L'administration militaire avait exigé que les soldats ne fussent pas mêlés aux ouvriers civils. En cela elle avait eu raison.
En 1835, le prix de la journée des soldats employés par la compagnie de Saint- Germain était de 1 fr. 25 c.,soit 7 fr.50 c. par semaine. On leur retenait 1 fr. 65 c. pour le service militaire dont ils étaient dispensés ; il leur restait donc 5 fr. 85 c, sur quoi l'on retenait encore 3 fr; au profit de la mat se, comme si l'application de l'armée aux travaux publics n'avait eu pour but que d'arrondir la masse des régiments qui l'avaient incomplète. L'arrangement de 1856 était meilleur. Le prix de la journée fut alors porté à 1 fr. 30 c, soit 7 fr. 80 c. par semaine; la masse continuait à absorber 3 fr., mais il n'était rien retenu pour le service. Il était affecté 40 c. par jour à l'ordinaire, et le dimanche le soldat touchait 2 fr. 40.c.la compagnie payait
les 40 c. de l'ordinaire lors même que le mauvais temps empêchait les soldats de travailler. En raison de cette dépense, à cause de l'indemnité comptée aux officier», sous -officiers et tambours, et de quelques effets d'équipement fournis par la compagnie, le salaire journalier d'un soldat travailleur revenait à 1 fr. 55 c. ou l fr. 60 c. Un terrassier gagnait alors de 3 fr . 35 c. à 3 fr. 75 c.
S'il est permis de tirer une conclusion de ces expériences, c'est qu'il sera très-difficile, sinon impossible, d'appliquer l'armée à de» travaux exécutés par d'autres que par l'État.
Pour que l'application de l'armée aux travaux publics fat utile, même dans les entreprises exécutées par l'État, il faudrait que les officiers fussent plus qu'aujourd'hui capa~ blés d'y coopérer, et pour cela il faudrait que l'on modifiât l'enseignement de Saint-Cyr, ce qui n'est nullement impraticable. A l'école de West-Point , les officiers de toutes armes apprennent l'art de l'ingénieur militaire et civil. L'on pourrait aussi organiser , pour cette fin , des régiments composés d'hommes choisis, commandés par des officiers du génie ou de l'artillerie, dans lesquels l'état-major serait moins nombreux que de coutume. Quinze ou vingt mille hommes ainsi organisés suffiraient pour exécuter des quantités d'ouvrage considérables.
Un moyen sûr d'empêcher toute mésintelligence entre les ingénieurs et les officiers consisterait à remettre complètement au corps du génie militaire ou à celui de l'artillerie l'exécution de quelque grande communication. Les officiers de ces corps ont, comme je l'ai déjà dit, toutes les connaissances requises, et ils sont aujourd'hui sans occupation digne d'eux.
Comme toute grande innovation, l'application de l'armée aux travaux publics soulèvera beaucoup de difficultés et rencontrera beaucoup de résistance ; mais je suis persuadé que l'on s'exposera à de grands embarras et à de funestes lenteurs si l'oq entreprend la belle œuvre de la na-
NOTES. ttft
vigabiffié et de la viabilité du territoire, sans se créer d'abord cette ressource ; arec des soldats travailleurs, qu'il serait aisé de faire agir par masses, on pourrait , dans un temps donné et sur un point donné, exécuter des quantités de travail hors de proportion avec celles qu'il est possible d'obtenir des ouvriers ordinaires .
Note 16. (Page 52.) Biens des femmes et des mineurs en Angleterre.
En Angleterre, les fortunes des femmes et 4es mineurs «onteous la sauvegarde des cours d'équité, qui, lorsqu'elles ont quelque raison de douter de la probité ou de la prudence d'un mari ou d'un tuteur, s'emparent de l'administration de ces fortunes, et ordonnent aux administrateurs de versera leurs caisses toutes les sommes par eux touchées.
On assure que la somme des valeurs qui sont ainsi administrées par l'intermédiaire des cours d'équité s'élève à un milliard ,dont une très-grande partie est placée dans les fonds publics.
Ce système n'est pas seulement avantageux aux femmes et aux mineurs ; il ajoute un nouvel élément de crédit public à tous ceux que possède déjà le pays.
Note 17. (Page 52.)
De l'appui donné aux banques par le gouvernement
On en a vu la preuve en 1851-52, lorsque la banque de France retira son concours au commerce. Si la banque eût senti derrière elle le trésor, elle eût été beaucoup moins timide; elle n'eût pas manqué au commerce, précisément au moment où le commerce avait le plus besoin d'elle.