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Les bateavx * vapenr de TOvest.
Nouvelle-Orléans, 8 janvier 183S.
Un des points par lesquels nos sociétés modernes diffèrent le plus des sociétés antiques, est sans contredit la facilité des voyages. Voyager n'était possible autrefois qu'au patricien. Pour voyager alors» même en philosophe , il fallait être riche. Les commerçants allaient en caravanes payant tribut aux Bédouins du désert, aux Tartares des steppes , aux petits princes perchés comme des vautours dans leurs chÀteaux bâtis aux défilés des montagnes. Alors, au lieu de la diligence anglaise ou de la chaise de poste qui brûle le pavé , la litière ou le palanquin de la vieille Asie , conservés encore par l'Amérique espagnole ; ou le chameau, ce navire du désert ^ ou encore les quatre bœufs attelés au char tranquille et lent ; et pour le commun des citoyens ou pour les guerriers au corps de fer, le cheval ; alors, au lieu des somptueux paquebots ou des bateaux à vapeur, vrais palais flottants, la barque étroite et fragile poursuivie par les larrons sur les rivières, par les pirates sur'Ies mers, et dont la vue arrachait à l'épicurien Horace son exclamation de peur :
Illi robur et œs triplex Circàpectus erat.
Alors les routes étaient des sentiers étroits, escarpés, dangereux
par les malfaiteurs, par les monstres des bois et par les précipices. 11
îfallait traîner avec soi un long attirail de bagage , de provisions, de
valets et de garda. De loin en loin le voyageur reposait sa tête chez