‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 46 sur 97 · U NODVEUC DE L ARRESTATION :DE NANA SAHIB 40S · texte numérisé non relu

U NODVEUC DE L ARRESTATION :DE NANA SAHIB 40S

iLe Sfpeotator, que j'ai déjà cité, remarque que, sans Hk ai ^én^l ni homme d'État, fiann Sahib 'était un danger pour l'Angleterre, parce qu'il avait à l'altadiement, à la iHHiËaace des siene un titre qui, en QiienL, l'emporte sur JflUEiteS antres. — Il Jie pouvait-les trdhir, alors mé\at tpCH «B eât -été capable et qu'il l'eût voulu. Entre .lui et les Anglais, quel compromis était possible, -après le carnage de Cawnpore? I) fallait, ou qu'il fût écrasé comme un dnaecie venimatiK., «u ffie la domination de l'Angleterre dans les indefi fût extirpée. -Il s'était trop avancé, ies pie^ daa& le,fiang des Anglais, pour qu'il lui fatdésoPiBais loisible de ncoler, et il devait savon- .que, UJtou tard, Jeur vengeance l'alttùodrait, fdtril caché dans les entrailles de k terre. Il y avait donc dans l'Inde, lui vivant, un homme intéressé k aettre son audace an niveau de ses périls, et oet .homme était celui qui avait déjà porté k l'édifice de la domination anglaise dans ices lointaines contrées le coup le pins formidable qu'il eût reçu de la main d'un chef indigène depuis c0t H^^ler AU qui se faisait appeler .le Roi de la nier du Aid».

Sous ce .rapport, nul doute que l'arre^tioa de Nana S^rib ne soit un événement dont l'Angleterre est fondée h se réjouir \ mais ce qu'elle ferait lien de méditer avec inquiétude, c'est l'ensemble des circonstances auxquelles cet événemeut se lie. Elles montrent que, dans l'iode, la haine qui genne au -sein des populations est profonde, que le feu y couve toujours sous ta cendre, et qu'il importe de se défendre des illusions!

iGenles, kne voir que l'aspect ostérieur des choœs, tout est au mieux. La présence 'd'une ainnée de 70,000 .blancs ne répond-elle pas de la soumission de la race conquise? Le revenu indien n'est -il pas dans un état ungulièremeot prospère î

n,gti7cdT:G00glc

401 LETTRES SUR I.'aNGLETERRE (iStiS)

L'argent ne court-il pas se plater dans l'empniut indien avec une ardeur que ne découragent ni le chiffre élevé de la prime ni la crainte d'un prochain reniboursement? N'a-t-on pas construit, en douze ans, dans ces régions où le génie de l'immensité est uu des ennemis à vaincre, S,200 milles de chemins de fer, et, dans quelques mois, la distance entre Calcutta et Bombay ne sera-t-elle pas franchie en quatre jours î

Rien de cela n'est à nier. Mais cela n'empêche pas que l'Angleterre, aux Indes, ne soit appuyée en partie sur des baïonnettes, — situation que le prince de Schwartzemberg déclarait impossible, — et, singularité menaçante, sur les haïonnettes d'un peuple qu'elle a vaincu, mais qu'elle dc s'est jamais assimilé.

On ne prétend plus aujourd'hui que le soulèvement épique de 18S7 fut le résultat éphémère d'une circonstance purement accidentelle, — de l'idée répandue parmi les cipayes que leurs cartouches avaient été frottées avec une graisse sacrilège et qu'en y touchant ils encouraient l'irréparaMe malheur d'être déchus de leur caste. Si la révolte fut à terrible, c'est qu'elle eut, quoi qu'on en ajt dil, un caractère national ; c'est qu'entre les brahmes, qui, d'après les croyances indiennes, sont sortis dc la tête de Dieu; les chactryas, qui sont sortis de sa poitrine ; les veysiabs, qui sont sortis de ses cuisses, et les sudras, qui sont sortis de ses pieds, il y avait de commun, outre le fanatisme de la caste, une haine invétérée à l'égard des étrangers, leurs maîtres, et une haine basée sur de justes griefs.

Voilii ce que l'Angleterre se doit de prendre en sérieuse considération. Elle a des bras, c'est vrai, qui peuvent, pardessus les océans et leurs abîmes domptés, atteindre aux extrémités dc la lerre; et les Indous, s'ils essayaient d'une

n,gti7cdT:G00glc

Page 1