‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 45 sur 97 · LA NOUVELLE DE L ARRESTATION DE ^ANA SAHIB · texte numérisé non relu

LA NOUVELLE DE L ARRESTATION DE ^ANA SAHIB

conlre lui la vigilance des Anglais iiiguillonnée par la haine ; loin d'être en peine de sa nourriture et de son gîte, il portait avec lui force joyaux et roupies ; loin de s'absorber dans, le soin de sauver sa léte, il s'occupait de rassembler les éléments d'une seconde révolte contre i le peuple au visage jaune et à l'esprit étroit. > C'est par des otticiers de Bombay qu'il aurait été arrêté dans la capitale même d'Ajmere.

Et, six années durant, il a pu de la sorte parcourir l'Inde, se mettre en rapport, — on l'assure, — avec des princes indiens, organiser un corps de cipayes fugitifs, remuer la cendre des guerres civiles, saiis qu'une voix l'ait dénoncé, ' sans qu'un secret, nécessairement connu de tant d'Indous, l'ait trahi!

Se dérober longtemps aux poursuites d'un inexorable ennemi, quand cet ennemi est tout un grand peuple et qu'on est seulement un homme, cela est difficile partout ; mais, ainsi que l'observe fort bien le Speelator, cela est particulièrement difficile dans l'Inde, à cause de la mise en oeuvre du système des castes. Là, quand il se présente dans un lieu oit il n'est point connu, < un indigène ne saurait avoir h manger, à boire, à s'abriter, qu'après avoir subi, de la part d'autres indigènes, un rigoureux examen touchant sa caste, sa naissance, son rang, sa famille, sa résidence habituelle, son droit à porter son nom. » Si donc Nana Sahib est parvenu, depuis la compression du soulèvement des cipayes jusqu'il cette heure, à déjouer toute poursuite, bien que sa tête fût mise h prix et que jamais béte fauve n'ait été plus vivement traquée par de plus puissants chasseurs, il n'est à t^e fait extraordinaire qu'une explication possible. L'ardente sympathie de la population native, voilà ce qui lui a servi de rempart, comme elle sert de rempart, en Irlande, au tenancier qui a tué son landlord, et comme elle .servait de rem-

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part, en Corse, il a*j a pas eitoore lQii|gfa3np6, k aâù tfit k désir de Tenger sa famille outrage oMtâamaait jbk nàsères et aux dangers d'une existence de bandit.

Que pwr évilér de mourir par la carde et de perdre ses privilèges de brahmane dans le monde d'au delà ea se laift« sant souiller par le contact de mains inâdèlefi, Nana Sihib ait imaginé un beau jour de se faire une mort fictive; qu'il ait, en conséquence, coupé un uMrceau de son peÛ dngt ; qu'il l'ail brûlé sur un bûcher avec toutes les formalité» vaa~ bes, et que ses femiUËS, sans es deaiaader davantife, se soient rasié b l£le et aient ref éui la robe blaache du vem»^, une pareille histoire n'a rien que les mceurs de rOrient ne rendent admissible. Ce qui est sûr, c'est qu'on a raotsté, et An^eteire, camme quoi, ayant cherché refuge dans le royaume de Népaul, Nana Sahib y étùt mort, et oouuie quoi, ses funérailles ayant eu lieu, ses biensÂvaWBt été dî»faibués, ses serviteurs renvoyés, ses caidres ftortées 4 la rivière sainte. Mais que, dans le bnût r^andu k cet ^ird, il faille voir, oui ou son, une ruse d'un caracLère teui oiioBtal, dictée par l'amour de la vie, toujoars esl^il que, cher Nana Sahib, l'amsur de la vie, — les pièces qu'on àk avw été trouvées sur lui au moment de son ameslaiJOB le proaveraieot, — n'a pas up seol instant cessé de s'unir k un indomptable désir dersdlumerle graB.diaceBdie de<8S7.

Et ce qui doit donner à penser aux Anglais, c'est le 4é- Touemeut prodigieux, le dévouement fanatique de ces ùlirs errants qui, arrêtés ti pris pour le fugitif, se amu abstenus avec tant de soin de rien dire qui fAt de aatve i dissiper la mouise, fidsant tout, au matraire, ponr l'catretenir. et désolés que la vérité, découverte, iear ealerft le bonheur de moaiir k la {dace du [rius end emeoâ des envahisseurs de l'Iode I

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