‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 51 sur 97 · X. IT · texte numérisé non relu

X. IT

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s LETTRES SUR l' ANGLETERRE (iBes)

sants voisins t il n'est cœur anglais que ne ùsse battre une semblable perspective.

Ai-je besoin de dire pourquoi? Supposons qu'à l'époque ofi la RévolutioD française eut sur les bras toute l'Europe, l'Italie d'un côté et l'Allemagne de l'autre eussent été ce qu'il est question de les faire, U France révoiatioDiiaire eûtelle, nalgré les prodiges de sa sublime fureur, mis la coalition en lambeaux et Pitt au désespoir?

Il est permb d'en douter, et les Anglais en doutent.

La puissance continentale de la France étant le sujet de leur étemelle inquiétude, tout ce qui peut lui servir de contre-poids dans les temps calmes, ou lui être obstacle dans les jours d'orage, les rassure et par conséquent les séduit.

D'ailleurs, ce n'est pas seulemeut le pouvoir de la France qui les alarme : bien plus encore que de son pouvoir, ils ont souci de soo génie remuant, de son ambition militaire, de son culte pour la gloire des armes, de sa teodaDce et de son aptitude à se répandre. Autant que de ses dérauts, ils ont peur de ses qualités.

DerAHemagne, au contraire, qu'ont-ils à craïadre? Que leur importe 1 immense surcroit de force que l'Allemagne tirerait de son unité ï

H est vrai que le génie alleinand n'est pas anssi modeste dans ses prétentions que certaines gens l'imaginent : l'Ao- Iriche a pris la' Hongrie, elle a voulu ou accepté sa part de la Pologne, elle tient Venise et la lient bien ; hier encore, l'Italie frémissait sous son joug; de son calé, la Prusse, non contente d'avoir Posen, dispute le Schleswig au Daaenaii.

Mais tout cela n'a rien dont l'Angleterre ait à s'efiirayer, rien dont elle s'efiraye. L'Allemagne n'a pas, pow l'atlei»dre, nn étroit bras de mer à traverser ; l'AUemapie n'a pas de marine ; l'Allemagne u'esi pas sur le clMinin des Anglais.

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DU COXGRtS lœs SOUTEKAIRS ALLEHASDS A FRANCFORT S

Les deux pnJssaDces qui sont bien réellement sur son cbemifi sont la Russie et la France. Or, c'est précisément contre la Russie et la France que l'unité de l'Allemagne servirait de garantie ï l'Angleterre.

Aussi avait-elle tout d'abord accueilli avec une vive satisfaction la nouvelle de l'initiative éclatante et bardie prise par l'emperenr d'Autriche. Ce fiit la première impression. Vinrent ensuite les doutes et les craintes. Y avait-U chance qu'aoe semblable entreprise réussit? Les divers princes qui sont accoutumés à mordre à belles dents, depuis tant d'années, dans le gâteau de la Gonfédéralion, consentiraient-ils k sacrifier sur l'autel de la patrie commune leur portion de souveraineté î S'ils entendaient la garder, qu'y avait-il de possible? Puis, comment concilier avec l'unité de la patrie allemande la rivalité de la Prusse et de l'Autriciie ? Un corps qui a deni têtes est-il viable? Ce qui est impossible en histoire naturelle est-il possible en politique?

Les appréhendons redoublèrent, quand on sut que le roi de Prusse manquait au grand rendez-vous de Fiaocfort.

Cependant, à ceux qui soupiraient après un lieureux ré- Hdtat, un espoir restait. On assurait qu'en passant par le royaume de Wurtemberg, l'empereur d'Autriche avait dit SBx autorité de Stuttgardt : < Je vais remplir les vœux du peuple cUltmand. >

Paroles décisves, si elles avaient le sens qu'elles paraissairat avoir. L'unique moyen, pour l'Autriche, de paralyser le mauvais vouloir du roi de Prusse était, en effet, de proposer on [rian de réfonne assez libéral, assez popnlaire, pour qaé le roi de Prusse ne pût refuser son adhésion sans se rendre de plus belle odieux, même aux Prussiens. Halheur^Kement, c'est œ que les hommes d'État de Vienne n'ont pas compris. £u dépit de son libéralisme tant vanté, l'Au-

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4 LETTRES SUR l'aNCLETERRE (ises)

triche s'est montrée, en celte occasion solennelle, uniquement préoccupée de son intérêt, d'abortl ; ensuite, de celui des princes et de raristocrutie. Dans le plan de réforme, tel que l'empereur d'Autriche l'a présenté à l'approbation de ses augustes compères, les droits de ,ce peuple allemand dont il s'agissait de remplir les vœux, n'ont rien h voir. En cela, l'empereur d'Autriche se trouve avoir joué — tant l'égoîsme aveugle \ — le jeu du roi de Prusse, à l'opposition duquel il fournit un prétexte naturel, en même temps qu'il se prive lui-même de l'appui que lui aurait prêté l'enthousiasme de l'Allemagne reconnaissante.

Ne fdt-ce que sous ce rapport, l'œuvre de l'unité allemande est, dès à présent, compromise; et voilà précisément ce qui fâche les Anglais.

Oh.' certes, si l'unité de l'Allemagne consistait dans la suprématie de l'Autriche, plus fortement accusée; dans un irritant défi jeté à la Prusse ; dans une certaine concenlration des pouvoirs qui sont épars aux mains des roitelets et princetets de la Germanie; eniin, dans une subordinatioa absolue de la volonté du peuple à celle des princes, le plan de réforme fédérale présenté par l'empereur d'Autriche laisserait peu de chose à désirer.

Dausie directoire des cinq, formé par l'Autriche, la Prusse, la Bavière et deux autres membres de la Confédération qu'éliraient les petites principautés, l'Autriche invariablement suivie par la Bavière, serait maltresse de toutes les décisions; c'est-à-dire qu'elle aurait la haute main dans la conduite des affaires extérieures, dans le choix des ambassadeurs, dans le conirdlc de l'armée fédérale, dans le maniement du budget fédéral, et « avec le consentement d'un conseil de 21 conseillers composé à l'image du directoire > daiis les questions relatives soit au maintien de la paix, soit

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DO CONCHËS DES SOUVERAIKS ALLEMANDS A FRANCFORT 5

au déchalnemenl de la guerre', câr il est à remarquer que le plaa de réforme investit d'attributions extraordînalrement étendues ce pouvoir exécutif, où l'Anlriche a eu soin de se faire la pari du lion.

D'après le plan impérial, il y aurait une chambre de délégués, assemblée centrale composée de trois cents membres, que toutes les Diètes allemandes seraient appelées à élire. Fort bien. Mais les deux tiers de ces membres seulement devant être nommés par les cimmbres basses, et le tiers devant être désigné par les chambres hautes, on devine quelle force aurait, même dans l'assemblée centrale, plus parlicubërement censée représenter le peuple, l'élément aristocratique.

Encore si on lui laissait, à cette assemblée ainsi formée, le droit de statuer réellement sur les questions qu'on déclare de sa compétence : la liberté de la presse par exemple, le droit d'association, l'inviolabilité du domicile! Mais non : elle proposerait, et qui disposerait? Une assemblée placée au-dessus d'elle, l'assemblée des princes, en qui résiderait de fait la puissance législative.

Le projet indique, en outre, l'institution d'un tribunal fédéral entièrement dominé par l'élément aristocratique : oa ne voit pas bien ce que le peuple y gagnerait, mais ce qu'il risquerait d'y perdre n'est que trop visible.

Dans l'état actuel des choses, il est loisible, dans tel État particulier, à un écrivain, à un pamphlétaire, à un journaliste, de critiquer les actes du souverain d'un autre État. Dequel coin de l'Allemagne, — la Prusse à part, — n'a-t-on pas entendu s'élever librement, en ce qui concerne M. de Bismark, ou un cri de colère, ou un éclat de rire 7 Que te plan de l'empereur d'Autricbe se réalise, adieu cette liberté de censurer, sinon le pouvoir qu'on a sur sa léte, au moins

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<; LETTRES Stm l' ANGLETERRE {tB63)

celui qui pèse sur la tête du voisin \ Le tribunal fédéral senk l'tmité «les souveraias face à face av«c l'éparpilleihent dts peuples.

Ce n'est pas dans un pays rompu comme celui-ci à b pratique des franchises constitutionnelles qu'on peut se faire illusion sur le caractère et la portée d'une réforme établie sur de pareilles bases. Aus^ le plan de l'empereur d'Autriche est-il ici le sujet de critiques fort vives. A personeer cela va sans dire, le pri^lëme de l'unité ne semble rësoli. Comment vaincre la résistance de la Prusse? Et comment se passer de son concours?

S^'t! lui prenait envie de se retirer de la ConfédénitioB, où faudrait-il chercher l'Allemagne ? L'Autriche catholique estelte lé centre autour duquel se puiseent grouper avec confiance, — la Prusse protestante se tenant à l'écart, — les Éuts qui furent le berceau du protesnantisme ? L'Aulfiche, dont le domaine est composé, pour moitié au moins, de possessions ^i ne sont pas allemandes, ferait-«lle bonae figure an sommet de l'Allemagne, en l'sdiseuce de la Prusse^ dont le domaine s'étend tout an travers de la Confiédéralîon, et qui a un caractère germanique si marqué?

Je veux bien que les traditions aient leur prestigv ; et ce prestige-lil, l'Aiitriche certainement le possède. Mais les jours du saint empireiwnain sont déjh bien éloi^és de non»; et l'esprit nouveau, lui aussi, a des autels ! La Eulie du roi de Pïusse est précisément de ne pas comprendre ce que ■contient de puissance, dans le siècle où nous soaunes, le titrt de parvenu quand les actes répondent au titre.

Voilà, monsieur, ce que j'entends dire autour de moir lion sans maint commentaire ironique sur la magoificesee du spectacle, rapprochée de l'insignifiance des résultais obtenus ou prévus.

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LOU RDSUIL ACCDSé DE NEPOTISME t

Ob raconte qu'araot d'eutrer à Francfort l'empereur d'Antiiciie avait but prendre les devants à une belle yoiture d'apparat attelée de huit chevaux, avec accompagnemmt de laquais dorés sur toutes les coutures. La fotde regarda longtemps, lotit ébahie, ei elle a' était pas encore revenue de son admiratioo, lorsqu'elle apprit .l4Nit à coup que le César aQeniaoâ était arrivé dans une voiture de place.

En celte anecdote, vraie ou fausse, le Spectator d'hier voit l'histoire en nùniature du grand congrès des souverains, et je crois qa'h cet égard le Spectator exprime une opiDioQ assez géoéralemeut répandue en Angleterre : la démarche de l'empereur d'Autriche, voiture d'apparat; — sonjHvjet, voiture de jdace.

Lord B«*s«ll aa«asë de népwtlnne.

< Avez-vous envie d'un plié de pigeon ? ne deioandez pas aux jHgeoDs ce qu'ils en pensent. >

C'est en ees termes qu'un journal anglais affrécit l'idée qu'a eue l'empereur d'Autriche de demander aux petits roi» et Ma petits prince» d'Allemagae l'unité de l'Allemagne. Il aurait fallu, en dFel, pour que l'oeuvre d'unification, sérieusemeut comprise, fût menée à bonne âo, que le» nombreux

8 LETTRES SUR l'aKGLETEHRE (iBSB)

souverains âont chacun possède son lambeau de Germanie montrassent un désinléressemcnt dont l'histoire des dieiu mortels offre peu d'exemples.

Et cette difSculté n'était pas ici la seule. A la réuDÎoa de Franrfort, le plus puissant, le plus indispensable des p»sonnages invités manqufdt. Qu'attendre d'uu effort combattu par la Prusse protestante ; dans cette Allemape où le protestantisme est né? Comment espérer voir l'unité allemande se réaliser en dehors du plus allemand des Éuts allemands, en dehors de cette Prusse au pouvoir de laquelle le ( Nationalveretn ■ avait pendant si longtemps associé ses espérances?

C'est assez dire qu'en Angleterre les esprits politiques redoutaient un avôrtement. Mais ce qu'ils se plaisaient à ne pas prévoir, c'est précisément ce qui est arrivé. Au lieu de faire a la Prusse une situation impossible , en proposant un plan de nature à gagner k l'Autriche foules les sympathies populaires, les hommes d'État de Vienne ont mis en avaat une conception qui donne tout à l'Autriche, beaucoup aux souverains allemands, et ne donne rien au peuple. En vérité, l'Autriche aurait eu en vue de colorer d'un prétexte sérieux le refus de concours du roi de Prusse, qu'elle n'aurait pu mieux s'y prendre.

Voilà comment les choses sont envisagées ici, au irèsgrand ennui des Anglais, qui, sans croire d'une manière bien fervente k la possibilité de faire que l'Aliemape soit une, aimaient néanmoins à se flatter sur ce point de je ne sais quel vague espoir; car l'Angleterre comprend à merveille que, pour elle, l'unité de l'Allemagne ne serait en aucune f^çon un péril et serait de toute façon une garantie, — garantie contre la Russie, d'une part, el, d'autre part, garantie centre la France.

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LORD RUSSELL ACCUSA DE NÉPOTtSNE g

Ea réalité, l'unité ailemaDde a, pour les Anglais, le même degré d'ioiporuace que l'unilé italienne, et l'on sait assez quel ptix ils atlacherit à celle-ci. Bien ne le [trouve mieux qne i' émotion prolongée produite en Angleterre par la mise à la retraite du ministre britannique ii Tuiin, sir James Hudson. Voilà plusieurs jours déjà que la chose a eu lieu, et l'indignation qu'elle a causée, loin de s'amortir, semble de jour en jour devenir plus vive. Aujourd'hui encore, le correspondant du Times tourne le poignard, dans la j^aie.

D'oîi vient l'importance tout à fait inusitée que l'Angleterre ailache au fait d'un fonctionnaire qui s'en va et d'un fonctionnaire qui vient?

Sir James Hudson est sans contredit un homme de mérite ; mais ce n'est pas son mérite, c'est ton rdle à Turin qui l'a rendu cher aux Anglais. 11 leur plaisait d'être représentés par lui en Italie, parce que nul n'y avait combattu avec une persévérance plus heureuse l'inQuence du gouvernement français ; parce que Cavour, dont il était devenu l'ami intime, n'avait pas eu de plus habile conseiller que lui dans la grande partie d'échecs jouée et gagnée contre Napoléon ; parce que c'était sir James Hudson qui avait réduit te traité de Villafranca à n'être qu'un chiffon de papier, lui qui avait décrié dans l'Europe entière le long séjour d'une garnison française à Rome, lui qui avait conquis sur Victor-Emmanuel un ascendant presque absolu, lui qui était parvenu à faire croire aux Italiens que leurs vrais amis étaient, non les vainqueurs de Magenta et de Solferino, mais les insulaires dont la sympathie n'avait dépensé pour l'Italie ni un homme ni un écu ! Quel genre de services eût pu éveiller plus de reconnaissance dans une âme véritablement anglaise? Et que d'autres services du même genre l'Angleterre n'élait-elle point autorisée à attendre d'un homme qui avait su, dans d'aussi diffi-

10 LETTHES SKR L'A^tCLEllEBBB (ises)

ciles circonstances, iijomtT oh pluUC jouer ta politique impériale, supplanter ses agents, mettre ï pro&t ses iaMts pour lui enlever le eœ«F fTuji pei^e afiranchi par seâ ankes, et devenir pour l'Italie h Turi» ce que lord Stralford de RedcliSe avait été pour l'avtocrMe risse à Constaiilinoi^eî

Aussi, vous a'ianginez pas Vavataodie d'attaques qri roule, depuis quelques jours, s«r ce pauvre £arl RusseB, Et, fraocbemeot, il y a dns sa conduite quelque chose qu'il fera bien d'expliquer, s'A le peut. Il parait que, pendant près de deux ans, S\ n'a rien négligé pour éloi^er de Turiii sir Jaaies Hudson, lui ofirast divers postes, quelquesHMS trës-élevés, et par exemple Ttimbassade de Constafttineple. MaAs sir Jaa»es Bndsou, très-aimé es Italie, ne voulait pas quitter Turin. Il a donc repoussé une ^ une les offres doBt on parte, jusqu'à ce qu'enlin, amené à voir elaireueat qu'on en voulait à sa place, U a pris le parti de se retirer dans la vie privée.

MaÏDleHit, dans quel but le camle Russell s'est-U efforcé d'avoir h Turin nue vacance dont il lai fdt possible de disposer? On ne sasrail supposer qu'k ses yeux sir Jaises Hudsoa avait le tort d'être trop Italien. Travailler k l'indépeadaïKe de l'Italie avec zèle et succès aurait pu être us tort aux yaix des tories, qui ont loujoucs été fort tendres pou l'Aitricbe, sans toutefois l'arvoaer ; mais le c(m te Rassell est un wbig pur sang; il serait whig, n'y e* eût-il plks au iBiwde. Or, il n'est jamais entré dans h' politique de» wbi^ de ^"endre parti pov tes ^HvemaneBls absolus cvntre les gouvenifrinents constitutionnels.

Le eoBle Russell, en cette circonstance, aurait-il lent si»ptenieirt mis en pratique le : Otê-toi de là, qutje n'ynwUc? HétasI on le craint. L'homme qui remplace sir iames findsos est M. Elliot, beau-frère it lord RasseM et perswaage d'iae

LES BASBURS

bsmiéie métiacrité. Voâà deux dfconataDces bien mses, avonens-Ie. Ah ! j'aUais oublier. C'est le- 37 joillet ^e la dâture du Parlement & en lien, et c'esL le 7 août, lofsque le miustre a' était plas exposé à Tenimt d'arcw des {MHples à rendre, ^'ab snccessear a éié danaé i sir James Hadsofl,. daosh pefseaae de H. EUiot:, pa- le protecteur né de tous les EUiot passés, présents et futvs-

UécidéiiieBt lordi Kussell s'est troo^é s'il ï cm que la cbose paBseuait in^rçue. L'opiniOD publiipe ^onde, et elle «bliendra satisfactionr k atokis qae le niiaistre ne soit en nesve de lai proftTter par vives raisons qu'il n'y a pas lien k bire l^ de bridt. On atl£Dd d»nc de k» qu'il s'explique, l'Angtetene n'étant pas un pxfs où la> aajesté Binistérielle soit admise à s'envelopper dana l«s mages.

La Rimvelle d'un rapjirsc&nmttf entre la rraDee, la Russie et la Prua»e na paraît pas avoir £ait ici grande sensatiofl, du moins jusqu'à présent. D'abord, le rappirodifrment en questio» jte se pfésoite pas avec un caractère agreaaif. S'il doit avoir pour effet, comme un. dit, d« cowtitutioraalÎHF la Russîfr et d'oDrrk- ans piDasaue» qoi se sont

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12 LETTRES SDB l'aSCLKTe'rRE (l86a)

«ngagées dans la question polonaise un prétexte pour'en sortir, il n'y a riea là dont l'Angleterre ait k prendre souù. D'autre part, ce qu'elle craint, ce n'est pas une entente plos ou moins amicale du gouvernement français avec BerÛa : une pareille perspective serait presque de Dature à la rassurer. Ce qu'elle redouterait plutôt, ce serait une querelle qui appellerait les armes françaises sur le Rhin. Et puis, qui sait ce qu'il y a de vrai dans le revirement dont oa parle? Cette nouvelle n'est encore qu'une rumeur. Pourquoi se presser tant d'être ému ? On se dit : e Attendons ; qui vivra verra. >

Aussi bien, on a eu, à Londres, ces jours-ci, d'aulies sujets de préoccupation , un imposant et très-sanglant échange de coups de poing ayant eu lieu entre deux boxeurs d'élite, Jem Mace et Joë Goss.

II s'agit bien, quand Jem Mace et Joë Goss vont se casser mutuellement la mâchoire, de l'alliance franco-russe, du congrès de Francfort, des chances d'une guerre entre la France et les États-Unis à propos de Mexico, de l'hospitalité donnée à Brest aux loups de mer de lu Florida, des iron plates qu'on est en train de construire pour les confédérés dans les chantiers anglais de H. Laird, etc., etc. ! Questions secondaires que tout cela, auprès de cette noble, de cette importante question : Lequel de Jem Hace et de Joë Goss est plus capable, pour une somme donnée, d'estropier soo homme?

Aussi, il fallait voir la foule qui, dans la soirée de lundi dernier, se pressait , s'écrasait à l'embarcadère de Paddîngton. Là s'étaient donné rendez-vous tous les vices d'eu haut et tous les vices d'en bas: désœuvrés de club et brutes à visage humain, libertins blasés et hommes de proie, l'écume des tabagies et l'écume des tavernes, non sans une forte proportion de respeetability, car la passion du pu-

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LES BOieURS 13

{tlat comme spectacle et sujet de pari est eo ÀDgleterre une passion qui a envahi toutes les classes.

Où s'arrêterait, pour déposer à terre les lutteurs, le train spécial qui devait les emporter, eux, leurs partisaus, leui^ admirateurs, les curieux, ta cohue enflu^ Nul ne le savait, i l'exception des grands prêtres de la chose, «ttendu que les combats de boxeurs sout défendus par la loi, et que la police se doit de veiller à ce qu'on exécute la loi pour la forme.

Le lieu fixé pour la rencontre est donc toujours un secret, secret de cabaret, plus religieusement gardé qu'aucun secret d'Étal. Ce que personne n'ignorait, par exemple, c'était le moment du départ, qui était annoncé pour quatre heures du matin. Mais, bah! dès minuit, les abords de l'embarcadère du checnia de fer étaient littéralement inondés de voyageurs, ce qui veut dire qu'à minuit a commencé une scËne de brigandage dont aucune description ne saurait donner une idée. Pas un coquin, de ceux qui grouillent dans les bas-fonds de Londres, pas un < rough », qui ne fût là.

Je vous laisse à penser si montres, bourses et mouchoirs ont eu beau jeu 1 Voleurs brandissant de gros bâtons d'un air dégagé, coups terribles donnés dans l'estomac des uns et dans le dos des autres, tempête de jurons et de mots orduriers, vuilà pour le prologue. La police a paru juste au moment du départ, quand il n'y avait plus personne à protéger utilement et plus rien à voler. Il faut rendre cette justice aux c roughs », qu'ils ne vous volent pas votre chemise et se contentent de mettre votre habit en lambeaux.

Lit-dessus, vous allez me demander ce que d'honnêtes gens et des gens sensés vont faire dans cette galère. C'est justement ce que je demandais hier à un colonel anglais de mes amis qui me racontait le tout, de atiditu, de vi$u, et qui fiouffrait encore d'un coup violent qu'il avait reçu dans la

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14 LETTRES SUR l'aIIG1£T£RBE (iB63)

pokrMe, au sKHDent où oa le déiinait ds poids de s» montre. Il m'a répwdu gravement : ■ GhacoD s«o goût; je l'aime pasr(^éra, moi! > Le BbITs Life, qui est le J/mii- Um- des boxeurs, va plus loin, lui : il déclare dans son dernier Duméro que le girfU des-coaibats de boxeurs «st lu des principaux ressorts du caractèpe anglais, et il U prés^ite comme tel ■ au point de vue masculaire chrétien >. Ceci textuel.

Il est vrai que la presse e&tière ne parle pas le même langage. C'est le Globe, je crois, qui a déli&i ces sortes de combats et les scènes ignobles auxquelles ils donnent lien un c camaoal de bnUatité ■. Le Morning Star aussi les flétrit. Mais voyez un peu ce que c'est qse l'empire d'une pasâon générale ! Le Moming Sêar n'a pas cru pOBVotr épancher son imlignatioD en moins de quatre grandes colonnes. — bien sÀr, dLsest les méchantes Jangues, qoe la vente d'un numéro où aucun détail ne serait omis ne pouvait manquer d'être immense.

Bien que ma prolixité, en celle drconslance, ne m'expose pas an même reprodie, qui a été adressé, bien â tort , seloa moi, i l'organe de la paix â tout prix, je ne l'iiBiterai pas et me bornerai i vous dire que, le train étant enfm parti, les deux boxeurs et la foule furent déposés à WooUon-Bisset; que 1^ fut formée, au moyen de pieux et de cordes, l'esceinl« qu'on nomme ■ the ring • ; que, les combattants ayantmisbas leurs babils, on les trouva lenbonne condition s ; qu'ils commencèreut le combat; que la police lirterviot^ qu'il fallut alors retourner k Londres; mais que ce retoitr n'était i|u'une babile maaœvvTe; qu'on se remit en route pour un autre diamp de bataille, Long-Readi; qu'à Purâeet, il y avait use rivière k passer, et que l'empressement ie la foule à se précipiter dans les bateaux fut td que

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