LE CULTE W HËLATIP EN ANGLETERRE
Le deruier numéro du recueil périodique iotiOilé Salurday RevietD ceùtieul, siv l'emploi des termes abstraits et particulièrement du mot principe par les écrivains français modernes, un article dont l'importance résulte précisémeol (le ce qu'il n'est pas sérieux, et , s'il faut parler net, d« c« gu'ii es» puéril.
Moins en effet cet article a de sais, plus il est remarquable qu'on l'ait accepté dans lut» feuille trop fortement marquée au coia de la fatuité littéraire, peut-être, mais qui^ après tout, est rédigée avec talent et exerce une influence qu'elle doit craindre de compromettre.
Je concevrais que, dans un petit jouraal sans prétentions et sans lest, «a vint nous dire : Des principes? qu'est-ce que ceU, des principes? En vérité, il faut être Français pour doDuer dans ce jargon iaintelligible ! Hais U Saturday Rêview est un recueil qui se pique d'avoir un public pensant, et l'on se demande ce que vient faire dans ses colonnes ua critique qoi a évidemment besoin de deux livres de plus daus sa bibliothèque, savoir : le Dictionnaire de l Académie /rAf^atcCf pour y apprendre certains mots de notr* langue, et le Dictionnaire an^is de Johnson, pour y apjireiidre certains mots de la stwnc.
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^i LETTRES SUR L* ANGLETERRE (1868}
Car il est à noter tout d'abord q«e l'article en queslioD est intitulé Principes, Comme si le mot Principlei n'était pas anglais! Comme sî ce mot, tel que Johnson l'explique, n'était pas d'une orthodoxie grammaticale tout h fait certaiue et n'avait pas plusieurs significatioDS, toutes trbs-précises, toutes répondant avec un accord merveilleux Jt celles de notre mot français principe ! Comme si enfin M. John Stuart Mill, tout Anglais qu'il est, n'avait pas intitulé un de ses plus beaux ouvrages Principîeg of poîitical Economy!
Mais k quoi bon insister! Vos lecteurs s'étonneraient qu'on perdit son temps i expliquer qu'un principe est l'idée primordiale d'où dérivent toutes les idées dont se compose tel ou tel système, et le fait primordial auquel se rapportent tous les faits particuliers qui constituent tel ou tel régime. Quand on dit, par exemple, qu'à une époque donnée, c'est le principe de liberté qui a prévalu, cela ne signifie-t-il pas, pour le premier écolier venu, comme pour un professeur d'Oxford ou de Cambridge, qu'on a joui, à cette époque, de la liberté individuelle, de la liberté de conscience, de la liberté de la presse ; en un mot, de tout ce qui constitue un régime fondé sur cette idée primordiale, sur ce principe : liberté?
L'article qui m'a fourni le sujet de cette lettre ne vaut donc pas, pris en lui-même, qu'on s'y arrête. Si je vous le signale, c'est parce que sa publica^on, dans les circonstances actuelles, est caractéristique. Au moment où, sur la question de Pologne, la France et l'Angleterre se divisent , c'est un fait très-important k relever que cette négation du mot principe par un journal anglais très-influent. Le mot paraitrait-il donc gênant, parce qu'on trouve gênante l'idée qu'il exprime? Voudrait-on bannir de la grammaire ce qu'on est disposé à bannir de la diplomatie? Ce qui est sûr, c'est que.
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