‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 55 sur 97 · X.ft r*IMqMe te lor4 ■■■■ell «xpUqsée fmt lal-HtMé · texte numérisé non relu

X.ft r*IMqMe te lor4 ■■■■ell «xpUqsée fmt lal-HtMé

Finality Jack, tel est le snnwni que, dans un monteot à'hmnour, John BuU donna as comte Russell. VoulaÏL-il exprimer par )à que le BoUe tord était aussi pea di^wsé i finir les choses qu'ardent à les connaencer?

A voir U frayeur qu'il a de s'engager soit avBC le Kord contre te &id, soit avec le Sad contre le Nord, on est iNié de croire que ce n'est pas la préoccupation de finir qui le tourmente le plus -, mais, si l'on considère qu'après s'être embarqué allègrement dans l'aventure de Mexico, il ne s'est aperçu de son imprudence qu'à la dernière heure, et qtiV près avoir posé, dans ses dépêches hautaines, au sujet de la question polonaise, les prémisses de la guerre, il a pilli devant la coucluâoo, il faudra bien lui reconnaître le droit de dire, à l'instar de Petit-Jean :

Ce que je saisie mieux, c'est mon commencemeot.

Dans le discours qu'il vieot de prononcer à Blairgowrie,ii déclare : , *

Qu'il D'est pas pour qu'on vienne du dehors imposer telle ou telle'forme de gouvernement ji un peuple, aux Mexicains

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POLRlQUe DE LORD MTSSEU. BXMJOO^ PA& LU1-h£|IE S9

par exeaiple, mus i[iie, cela élant, le nieux est de laisser {aire;

Que rempereur de Russie a graad tort de ite pas vouloir tenir son titre de roi aie Pologne de la amnificenee des traités de Viaue, suis que, e^ ^a&t , il D'y a pas lieu de pousser phis IoîhIb quereUe;

Qne les fédéraux sont de àngalières gens de parler de ta lébeltioQ du Sud dans le style du czar de tootes les Ritssies^ ou du sultau de ConstantiiK^le, ou de Louis MV, eus, te produit de trois rébellions successives : rébellios contre Charles V, rébellioD costre Jacques II, rébeUion corire George III, mais que, cela étant, il n'y a pas moyen de w pas leur donner carte blanche ;

Que les confédérés ont un pouvoir qui rcftoee sur le ■ plus tiorrible des orimes de l'humanité, » mais que, cela étant, il n'y a pas ï s'en mêler.

Aiiûà, en fait de théories ï l'usage des ehaiicdteries qui se respecteoi, celle du comte Russell consiste à tdâmer ce qu'on permet et à permettre ce qu'on blime. La question, pour lui, est de paiser bien, de parler d'or et de n'agir pas. Il ne lu déplaît point que la politique d'ua ministre des affaires étrangères soit impuissante, pourvu qu'elle le soit honnêtement et qu'elle se dédommage de son inaction par sa franchise.

Reste k savoir si cet étrange eompnaiis suffit i la gloire d'un grand ministre, représentant d'un grand peuple. Pour moi, j'en doute. Pas plus en politique qu'en retigioB, je u'aÏBte la foi sans tes ceuvres, et je trouve douMeme&t regrettable qu'un homme tel que le cwate Russell se soit fait l'orgaie de cette politique dont la sagesse ressemble si fort à l'iD^ioteDce, dont la mod^atioD ressemUe si fort à l'égoïsme. Ûœ l*rd I^hnerston se fUt exprimé de la sorte, i la bonne

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eo LETTRES SUR L'ANGLETERRe (I863)

heure. Lord Palmerston a toujours pris les choses humaines par leur côté facile, et les principes sont un bagage dont il ne s'est jamais embarrassé outre mesure. It est Anglais d'ailleurs dans le sens le plus aji'glais du mol, et il ne voit pas de raison pour avancer lorsque l'intérât préseot de l'Angleterre lui parait être de rester en place. Mais lord RusselIT En vérité, il est difficile à ceux qui aimaient à admirer sa . courageuse droiture et qui ont l'œil sur son passé de lire sans une sorte d'émotion pénible un discours comme celui de Blairgowrie.

D'autant qu'ici c'était l'homme qui parbit, et qod plus le mÎDistre.

On avait pu supposer que , dans ses dépêches , il ne lui avait pas été donné d'être tout à fait lui ; mais k Blairgowrie, devant les tenanciers d'un domaine où il résidait temporairement, ce D'élait pas la pensée collective du cabinet qu'il avait il exprimer, c'était la sienne propre; car il est d'usage en Angleterre que, pendant les vacances du Parlement, le miaistre en tournée recouvre une partie de la liberté que les exigences de sa vie officielle lui enlèvent tant que le Pariement siège. Il cesse alors d'être responsable de ses paroles vis-a-vis de ses collègues, pour en devenir, d'une manière plus complète et plus directe, responsable vis-à-vis de l'opinion. C'est ainsi que souvent la lumière est tombée sur les divei^ences qui existaient au sein du conseil-, c'est ainsi que le public a su , par exemple , à n'en pouvoir douter, que les sympathies de M. Gladstone, dans la question américaioe, étaient pour le Sud , tandis que celles de son collègue, M. MilnerGibson, étaient pour le Nord.

Si les avantages de cette pratique l'emportent sur ses inconvénients, cela peut faire question aux yeux de ces diplomates de la vieille école qui, tenant l'humaDité en petite

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POLITIQUE SE LORD HUSSELL EXPLiao^E PAR LUI-MÈIIE 61

estime, demandenl aox gouveroemeDls d'être inscmUibles ; mais ce qui est sAr, c'est que rien n'atteste mieux les mœurs d'un peuple libre.

Quoi qu'il en soit, ce que nous avons dans le dernier vacation speech du comte Russell, c'est bien sa pensée intime, et de cela il n'y a pas lieu, je 'le répète, de le féliciter.

Au fond, le seul passage de cette harangue auquel les amis de la justice puissent applaudir est celui-ci : < Les coDdilions auxquelles la Russie avnit obtenu le royaume de Polo^e n'ayant pas été remplies, le titre de roi de Pologne est périmé. > C'est là une déclaration signilicative... Elle semble annoncer de la part du ministre anglais l'intention bien arrêtée de reconnaître les Polonais comme pouvoir belligérant.

Ce serait quelque chose; mais la position que l'Angleterre occupe dans le monde lui impose de bien autres devoirs. Le principe de non-intervention qu'elle proclame en théorie, quoique la nature même des choses l'ait toujours amenée à le violer plus ou moins en pratique, ce principe, aussi dérisoire qu'égoïste, n'est ni digne de sa puissance, ni convenable à son oi^ueil, ni conforme à ses iotéréis.

Je sais qu'avec Mutes les qualités du gépie insulaire, elle en a tous les défauts; je sais que la solidarité humaine, pour laquelle la langue anglaise n'a pas de mot, est une idée a laquelle beaucoup d'Anglais ont quelque peine à s'élever. Ce D'est pas ici qu'une'révolution aurait écrit en tête de son pro^amme ces paroles, éternel honneur de la Révolution française : i Déclaration des droits de THomme ; » ce n'est pas ici qu'on aurait inséré dans le pacte social cette clause admirable : « Quiconque opprime un peuple se déclare rennemi de tous les autres. > Mais que l'Angleterre écoute

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es LETTRES sun l'argletehrb (ises)

30 moins la roix de ses intëréts. La vapeur et TfAoOnâté fmt fait, de nos jours, le monde trop petit; elles ont, en rapprochant les hommes, trop m^é les existences, ponr qu'nie nation puisse impanémnit se re/ifenner dans sou égmaie. Le diaetm du% toi, — « le moins français des cris qui se soient jamais échappés de la bouche d'an Français, > — n'est pas seulement une vilenie, C'est une sottise. Pourquoi y a-t-il dans le Lancashire, à l'heure qu'il est, tant d'affamésf Parce que loin, bien loin, par Mk l'Atlantique, on a souffert qu'il y eAt des esclaves. La leçon est daire, elle est rude. Mattieur aux peuples qui seraient ioeapaMes de b compruidre!

La sérérité avec laquelle les journaux de France ont jugé te discours pronoDcé par le comte Bossell i Btairgowrie semble avoir étonné les Anglais.

Eux l'avaient en général trouvé très-sage, très-ferme, inspiré par un sentiment honnête et marqué de l'empreinte de l'homme d'ÉlaL

Oh I que cette différeoce d'appréciation mesure biai la distance qui existe entre le génie de noire pays et le génie de l'Angleterre I

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Nous, qn^ que soient nos défauts, — et ils sQnt grands, à coup sûr, ils sont nombreux, — nous n'avons pas du DHÛns celui de trop peoser i nous»iii^es. Nous sommes, comme soldats, des croisés. Le penseur, diez nons, se confond avec te missionnaire. Même quan^ nons dkons ; < La eanquête, jasais! i c'est à la coudition d'ajooter : « La propagande, toujours ! • Nous faisons des révolutions pour le triomphe des droits dt Vhommt. Nous envoyons des nobles se faire tn^ par deU l'Allanli^e, an service d'uM répvbliqne. Noos portons le deiU d'une nation amie, morte au lom. Nous nons consolons d'avoir perdo notre liberté en allant combattre pour la libwté d'autrui. De là notre force. Le monde, auquel nous nous intéressons d'une manièFe si passionnée, ne peut s'empêcher d« s'intéresser à nous. Ses regards, qu'il le veuille «1 non, ne sauraient se détacher du tableau de notre vie intime. Ses de^nées loumeot presque inévitablenieni dans le touriHlbn des nâtres. L'Europe dort, quand nous som- DKilknK; qnaod nous rennoas, elle s'agite. Notre pouvoir, diose étrange, consiste i être nons le moins possible, et c'est quand nous sommes le moins Français que, au point de ▼ne de l'ensemble, nous sommes le plus Français.

Poor les Anglais, qai ont du reste toutes les vertus qui non manquent, c'est le contraire. Ils absorbent, ils ne rayonnent pas.

C'est pourqnoi le discours de lord Russell, si peu goûté en France, l'a été beaucoup en Angleterre.

Si on lit en effet ce discours avec attention, on y verra un «ontiiittel ^rt pour ennoblir, aux yeux des Anglais, l'égoîsme de la politique anglaise, en ce qiii concerne toutes les grandes questions du moment.

Lord Rnssell déclare bien haut qne l'intérêt de l'Angleterre n'est pas de faire la gnerre pour la Pologne; mais il

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fi4 LETTRES SUR l'aXGLETERRE [isas)

flétrit le partage originel de ce noble pays et se proDouce contre le droit de conquête.

Il vnnte, dans l'affaire du Mexique, la politique prudeoU de l'abslenlion ; mais, avec une émotion contenue, il aifinne que chaque peuple doit s'appartenir.

L'œil fixé sur la guerre qui déchire le nouveau monde, il se félicite d'avoir été avare de l'or des Anglais; et, Caàmir Périer britanuique, il semble dire : Le sang dei Anglau n'appartitnt qu'à l'Angleterre; mais il a bien soin de dénoncer l'ingtitulion de l'esclavage, qu'il définit sans détour: ( Un des plus horribles crimes qui aient jamais dégradé l'humanité. >

En un mot, il s'étudie à rslever par l'hoDDëleté de son langage l'effacemeot de sa politique ; il parle fort pour s'absoudre de ne pas agir; il s'indigne d'autant plus contre re qu'il permet, qu'il se croit obligé de le permettre; il veut donner h son pays, aux yeux du monde, l'attitude du soldat au repos; it est évidemment poursuivi par la crainte qu'on n'attribue à une froide indifférence, h une coupable désertion des causes justes, l'inaction de l'Angleterre. U wà sens, la signification intime, et, comme on dirait ici, le gist du discours de lord Russell, sont dans celte phrase: ■ Nous avons pour le bien de l'humanité d'aussi énergiques sentiments qu'aucun peuple du monde. » C'est le cri d'un homme qui se hâte de repousser un reproche prévu.

Si l'Angleterre se fût montrée mécontente d'un tel discours, elle eût ressemblé à un accusé qui, devant le juge, M songerait qu'à se plaindre de son .ivocal.

La vérité est, si mes observations ne me trompent pas^ que les Anglais, à l'exemple de lord Russell, craignent ao plus haut point la guerre ; et que, à son exemple, ils éprou-

MÊME suer 65

vent une certaine honte intérieure de tant la craindre. Ils la jugent trop contraire à leur intérêt pour en courir les hasards, et trop conforme à leur dignité pour ne pas sentir le besoin de suppléer aux actes par les paroles. C'est à cette situation d'esprit que répond le discours de lord Russell.

Ceux-là ne me paraissent en avoir compris, de l'autre c4té du détroit, ni le caractère ni la portée, qui ont cru devoir y chercher soit des idées neuves , soit des indications précises. Ce que, dans la position où elle s'est mise et d'où elle entend ne pas sortir, l'Angleterre demandait k son ministre des affaires étrangères de présenter au monde attentif, c'était, non pas ud programme, mais un plaidoyer. Sous ce rapport, la harangue prononcée à Blairgowrie a été ce qu'elle devait être, et ne pouvait être que ce qu'elle a été.

Passant sous silence, pour éviter les redites, les questions du Mexique et île la Pologne, j'arrive tout de suite à la partie de cette harangue qui concerne les États-Unis, et que l'on considère comme une réponse aux attaques de H. Sumner.

Si. en reprochant aux Anglais de n'avoir pas fait alliance avec le droit, représenté par les fédéraux, le publiciste américain ne s'était fondé que sur la réprobation encourue par les rebelles, la réponse de lord Russell serait décisive. Ily a, en effet, des révoltes fort légitimes, et condamner la rébellion en tant qne rébellion sied mal à un peuple dont trois ^andes révoltes ont fait le destin : révolte contre Charles I'', révolte contre Jacques II, révolte contre George III. Mais lorsque M. Sumner accuse l'Angleterre d'avoir accordé le tilre de beltigérants à des propriétaires d'esclaves, elle qui, après avoir aboli l'esclavage dans ses propres colonies, l'a combattu dans tous les traités et poursuivi sur toutes les mers, c'est mal se défendre que de dire pour unique argument : * L'Es-

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M LETTRES Sdft L*AflGLBTBRRE (lB63)

pagne el )e foésil oùt des eselaves. Nmk l'aTOOs sMrfTert. Drac l'esclava^ est sous la garantie du droit mtenationat.i Qnoi! de l'aveu de lord Rw^setl, TesclaTage est ub erime horrible, on erime qui déshonore l'humanité, et Hiumanité, envisagée dans les grandes nations jtar qui se manifeste aa puissance, ne mettrait pas au nombre de ses droits, que ' (Us-je^auDfinbrede ses devoirs, la nécessité d'en Soir avec un crime qui )a dé^onore ! Qu'une société soit eeupée ea deux par le ^it d'une révolte née d'idées iQve^entes on d'intérêts opposés, c'est Ik un événement d'us caractère local, qui, très-sonvent, ne saurait être Men apprécié ea dehors dn théâtre où il a éf-laté, et qui, par conséqueot, pert (te pas tip|>eler d'une façon impérieuse l'intervention des autres peuples. Hais comment ce qui intéresse la conscience humaine pourrait -il laisser indifférent quiceiiqne a um conscience?

Devant un crime qui, selon rex^vesnon de tord Rassell, dégrade rhumanité, il n'y a plus d'Anglais, de Français, d'Américains : it y a des kommes! Qu'une nation tolère, dans ces sortes de cas, ce qu'elle se sent impuissante à empêcher, passe encore'; mais qu'on n'érige pas en prindpe b tolérance It l'égard du mal , qu'on n'en fasse pas une régie de droit international.

Qui se justifie ainsi se condamne.

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[ BBTUKAL CRBEN >

pimanche dernier, Guilford a été le théâtre de scènes étranges et honteuses. La foire qui s'y tient anDuellemejat était aanoncée pour le 4 octobre, et, en l'honneur de ce.t événement , je suppose , les cahareliers avaient reçu l'autofisation de vendre de la bière, le jour du Seigneur, à toute heure. Qu'est-il arrivé? Que des rustres, au nombre de quatre cents environ , s'étanL rassemblés à unr mille de Guilford, ont trouvé fort drôle d'assaillir les passants à coups de poing, à coups de pied, h coups de pierre. Plusieurs daines ont reçu de graves blessures; on en cke une qui a un œil crevé. Nombre de gentlemen oat été battus à outrance, et . pour punir l'un d'eux d'avoir cru que ce n'était point aux. battus à payer l'amende, on a fait un feu de joie des palissades qui entouraient sa nlaison. Le curieux de la chose, c'est que les assaiUauls n'y entendaient pas malice. De leur part, c'était pure gentillesse, question de rire, confurmément h une aimable tradition toute locale que les autorités elles-ménies, parait-il, croient devoir respecter. En tout pays, j'en ai peur, il y a sous la dernière des couches de la civilisalioD, ua grand fonds de barbarie ; mais cela est particulièrement vrai de l'Angleterre, où l'on trouve la lie de b lie>

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Ca - UTTRES SUR L'ANGLETERRE (iBSS)

Pourquoi s'en étonner? Si la.paùvrelé est quelque partuu abîme insondable, c'est ici, et l'on sait trop de quels vices grossiers elle est la source. J'ai devant moi une description en anglais de Beditted green k faire dresser les cheveux sur la (été. Belhnat green n'est pas un lieu situé aux exirémilés du monde : non, Betbnal green fait partie d'une ville peuplée de Crésus; c'est un immense quartier qui s'étend de l'extrémité est à l'extrémité nord-est de Londres ; c'est ub de ces nombreux et monstrueux villages qui, mis h la suite

' les uns des autres, forment la capitale de l'Angleterre; c'est une cilé de soixante-dix-neuf mille habitants. Eh bien, cette cité est le repaire d'à peu près autant de misérables. U, l'humaitilé grouille dans une multitude de bouges infects près desquels vous n'oseriez pas vous risquer sans doutci de peur d'être détroussé. Là, s'il vous arrive de demander au btéme habitant d'une de ces cahutes , dont les approches sontdéfeodues parla saleté et la puanteur, pourquoi il ne se plaint pas, pourquoi il ne s'adresse pas à l'inspecteur de la salubrité publique, pourquoi il n'appelle pas au secours la vigilance sociale, il vous répondra qu'il craint le progrès

- plus que la peste, que le loyer de son horrible demeure s'élèverait le jour oà elle cesserait d'être moins horrible, et qu'il vaut encore mieux coucher dans ime écurie que dans la rue. Là, nui autre représentant de la civilisation que le c policewan «; là, nul autre représentant du christianisme que le distributeur patenté des aumônes. C'est le gîte préféré des pourceaux; et comme ils sont aussi mal nourris que mal soignés, comme ils se vautrent tout le jour dans l'ordure, comme ils boivent en des gouttières remplies de toutes sortes d'immondices, et que les enfants du quartier sont condamnés à vivre péle-méle avec ces hideux compagnons, dans une atmosphère pestilentielle, il a fini par en résulter UM

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: BETHKAL GREBH i

maladie couiagieuse de oouvelle espèce, pouif laquelle, je crois, il n'y a de mot, jusqu'à présent, qu'en Angleterre. Celle maladie, qui vient de âgnaler son avènement par le meurtre, se nomme pijji tted {la gtde aux pourceaux). De tous les faits mis, celte semaine, sous les yeux du public, celui-là n'est pasie moins imporlanl, hélas! Quant aux commentaires, ils sout superflus.

Voici quelques chiffres qui se lient à ce triste sujet.

£d Angleterre et dans le pays de Galles , le nombre des indigents k la charge de la paroisse était, au commencemeot de cette année, de 1,143,634 , c'est-à-dire de i sur 17, et ce nombre se décomposait comme suit : hommes bien portants, 998,346 ; hommes d'une faible sauté ou infirmes, 503,809 ; aliénés, 37,018 ; vagabonds, 4,234 : — le reste non classé. Donc, au premier jour de l'an 1863, l'on comptait, dans l'Angleterre proprement dite et le pays de Galles, pris de 600,000 hommes capables de travailler, voûtant travailler et absolument sans travail. Et ce qu'il y a d'effrayant, c'est que le nombre de ces derniers, en janvier 1863, était plus que le double de ce qu'il avait été au mois correspondant de l'année précédente, d'où il faut conclure que la plaie du paupérisme s'est terriblement élargie en quelques mois.

Pendant ce temps, les heureux du monde s'amusaient. Le splendide régal donné dernièrement à la princesse de Galles dans Guildhall a provoqué, de b part du député Elliot, des plaintes qui méritent d'avoir un écho. A la dernière réunion des membres du conseil commun, cet incommode personnage, quelque peu paysan du Danube, a présenté l'énumération suivante des inutilités coûteuses dont il avait plu aux commissaires de la fête de charger la liste des dépenses : sept brosses à cheveux en ivoire, 12 livres sterUng 10 shel-

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■70 LETTRES SDR l'asCLETEBRE {1863)

lings; — dix magnifiques pe^es en écailla, 4 lir. s(. 17 s)).; — soixante flacons d'eau de Cologne, 6 liv. st. 14 sh. -, — dix-huit bottes de pondre de riz et dîx'saehels de senteur, 3 tiv. st. 6 sh.; — cent dix-sept savons de toilette, 4 liv. st. 12 sh. 6 d. ; — qnalrc brosses en mire, 6 liv. st., «le. Anivé îi l'article eau de Cologne, roralenr s'est interrompu pour faire remarquer que cette profusion de désinfecteurs eât été plus conreaable s'il s'était agi de ' recevoir le roi de Dahomey et le noir cortège de ses dames d'honneur. ÏI ne. s'est pas élevé avec moins de force contre l'achat de deux vases de Sèvres et d'un beau cabaret de porcelaine, le tout du prix de 42 liv. st. 16 sh. « Si cm objets, a-t-i! dit, avaient dû être envoyés au musée de Bensington ou h « Mansion House » , pour être conservés comme des échantillons curieux de l'art céramique au dix-nenvième siècle, je me serais abstenu; mais point. Us ont dispani depuis, ou, comme s'exprimerait un chimiste, ils ont été sublimés, > On attend , le sourire sur les lèvres , ta réponse des commis.saires.

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