‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 84 sur 97 · SUR QUELLE BASE L ARISTOCRATIE REPOSE · texte numérisé non relu

SUR QUELLE BASE L ARISTOCRATIE REPOSE

liées, soit au progrès intellectuel, soit au bien-itre matériel des travailleurs.

Voilù bien des raisous, n'est-ce pas, pour expliquer l'ascendant de l'aristocratie anglaise? Hais aucune de ces raisons n'est la raison décisive. L'accumulation de la propriété lerriloriale entre les mains d'un nombre limité de grandes familles, tel est le véritabtf pivot autour duquel tourne Ee système social qui fait de l'Angleterre ce qu'elle est; et M. Brigbt frappe juste lorsque, voulant ébranler l'édifice de la puissance arîslocralique, il s'attaque au mode de teoure des terres.

D'après des évaluations qui tne furent fournies, il y a peu d'années, et que j'ai lieu de croire fort exactes, on comptait alors dans la tiandc-Bretagne (Angleterre proprement dite et Ecosse), i millions de familles, comprenant environ SO millions d'âmes. Or, sur ce nombre, la population agricole était évaluée h 1 ,^SO,000 familles, réparties comme suit :

Familles de propriétaires ayant cbacun environ six fermiers 30,000

Familles de fermiers occupant chacun h peu

près cinq laboureurs 180,000

Familles cultivant pour leur propre compte

des champs, des jardins, de pelTIes fermes. . 140,000

Familles de Journaliers travaillant pour le

compte d'autrui 900,000

Total 1,250,000

Chacune de ces 30,000 propriétés étant, eu moyennuy d'environ 600 hectares d'un seul tenant, Il en résulte que ce n'est pas à plus de 30,000 familles qu'appartenait alors, sinon la totalité, au moins une très-noiable partie du sol. .

Quant aux fermiers, ce sont des capitalistes plus ou moins

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ctmsidërables , possédant eu Mtail, en instruments vatoires, etc., quelque dis livres sterling i)ar acre, et pesaot d'un poids énorme sur U masse des joiirnnliers.

La base s\ir laquelle reitose cet ccliafaudagc est le droit de primogôniture, coinimié avoc k droil de substitution.

Ce n'est pas, comme certains le croient, que la loi anglaisi; consncre le droit (l'aîncss« d'une manière absolue. Elk n'intervient qu'eu é^ard aux successions ab inuttat. Lorsqu'un homme noeurt sans laisser de icslâment, ses biens personnels ou mobiliers sont partagés entre tous les enfants de l'un un de l'autre sexe ; mais, quant à ses biens réels (les immeubles), ils sont dévolus par la loi it l'aîné des fils, à l'exclusion de ses fr&res et sœurs.

Du reste, la liberté de tester est eiitièrc, et rien n'empêche un propriétaire de faire de ca propriété, pour le temps où il ne sera plus, l'usage qu'il jugera convenable, à moins qu'il uc s'agisse de terres frappées de substitutions. Seulement, l'usage est en harmonie parfaite avec la loi, et il est rare qu'en fait de successions immobilières, l'héritier exclusivemenl désigné par un lestaujent ne soit pas l'aîné. Notez bien que ceci s'applique, non-seulement au fonds, qui appartient à la noblesse, mais encore aux bestiaux, aux instruments aratoires, aux baux, dont se compose la propriété mobilière du fermier. Si ce dernier peut, ù la rigueur, déshériter son tils aine, diviser sa fortune, en disposer à sa guise, il est très-rare qu'il use de ce droil. Comme ses supérieurs, il veut perpétuer son nom, se survivre dans un hériéer. Aristocratie de seconde main !

Eh bien! c'est surtout ce mécanisme, complété par le droit de substitution, qui, en conservant lu classe des grands -propriétaires fonciers, et en mettant obstJicleà la divisi«n dn sol , peimet à l'aristocratie anglsiae de se maisteoir . M . Bdght

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PBIITE CULTURE £T GB.UDB ULLIUAK ZUt

ne i'-y irampe pas, et, je le répète,. il la'vise dioitjiiicœur, lûrsqu'il ,proteste contre le divorie élabli, eu.AHgleterr.!;::. entre le.payaan.ftt la terre.

Denx systèmes en p/csenee i pslile eullure

<lea»- Jacques Rousseau a-rt-il.eu caison,(l':écrire : • Le premier qui, ayant eDolosun rteimiu, 8!aviiâ dfi>àitf:.:.Ceci Mtà'tnu), >et Irouvâidesigens eeièez simples ^ur.le croire, fut le vrai foadateur^de lu soeiélé civile; i^ue d&crimfia.-klB meurtres, ique de misères et d'boireuFs nleAt puint épargnés au genre humain celui qui, arràciiant les pieu\ ou comlilant te ro!4SÉ,iuûticné h'fles-sembkbleG l'Gardez-volis .(Déceutet* icetimposleurvVQtieiLesipardus.Ai vousoublieaque.lAs rruite 'fisntàtous etque la terre'n'.3at,à personne?^

Quand iReusseau, 'd'un ;cœnr ému, itnea 'Ces )igiie&«lo- 'quelles, àl oublia eenUeD il iSat néncssaire, daas -l'iniàid>t .«éme duigeure hiiiiifiiii,'i|iieJa:terrË:so)t divisée pimnitre •

cultivée; il ne prit pas garde que nul liesse idoonftrtltihi pàae.à^ lemens'ilnlavait.laiCfTlitudeidefliÙMDnBËr.

■ Nul d«utequeilaiterfe>nefiolt:l£idQiiniBede l'iMSMUté, 40(DBie<laluDiiàce>duiBoliil,'ceiinne l'air, «omDieitMtioeiqiii

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aao LETTRES SUR l'aNGLETERRE (1664)

est absolTunent indispensable à l'existence de l'homme. Hais, d'uoe part, la lumière et l'air nous sont donnés gratuitement par la nature, tandis que la (erre veut être travaillée ; et, d'autre part, la lumière et l'air nous sont donnés en profusion, tandis que la terre est une quantité limitée. Pour qu'elle profite au geme humain , la première condition, c'est que le travail qu'elle requiert le soit pas troublé . ou rendu impossible par les disputes que sa possession , si elle était incertaine, na manquerait pas de provoquer.

La terre diffère aussi de la lumière et de l'air en ce sens qu'elle ne constitue pas, elle, une richesse inépuisable. Loin ' de M : elle est sujette à se détériorer; elle se fatigue-, elle s'épuise. Que de plaines, en ,Asie et dans l'Afrique, sont devenues arides, qui jadis furent fertiles ! Que de pays sont des déserts, qui autrefois nourrissaienl des populations nombreuses ! Même en Europe, l'épuisemeut des forces productives de la terre pourrait devenir un danger, s'il n'était heureusement coinl)attu par l'ardeur de l'intelligence humaine k se pourvoir d'engrais; car cette substance fécondante que nous fournissent certainestlés de l'océan Pacifique, le guano, n'est pas un trésor dont il soil impossible de voir la fin.

La jouissance durable des bienfaits de ta terre est donCt pour l'homme, au prix d'une lutte dans laquelle il faut qu'il triomphe, sous peine de mort; et par conséquent, dès qu'il s'agit d'appropriation du sot, la -question qui domine (oui est celle de savoir queb sont les arrangements sociaux les plus propres â réaliser ce but souveraio : la conservation delà race humaine.

Que les produits de la culture appartiennent à celui dont elle a employé le travail et le capital, ou, en d'autres termes, que cehii-là soit appelé k recueillir, qui a semé, c'est ce que

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