‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 83 sur 97 · SUR QUELLE BASE L ARISTOCRATIE REPOSK · texte numérisé non relu

SUR QUELLE BASE L ARISTOCRATIE REPOSK

cooanie en France, k la liberté de te^er; soîl eaSa par le reaversemeot pacifique et légal des obstacles que l'esprit aristocratique a su mettre au transfert des propriétés territoriales.

Reste h savoir jusqu'à quel point l'adoption de pareilles mesures serait désirable; jusqu'à quel point le progrès de l'agriculture est lié au morcellement du sol ; jusqu'à quel point il importe d'encourager cttt élan passionné du paysan vers la terre, qui a fait dire à M. Michelel, pariant de la France : < Promenons-nous le dimanche dans la campagne, suivons le paysan. Le voilà qui s'en va là-bas devant nous. Il est deux heures; sa femme est à vêpres; il est endimanché; je réponds qu'il V.1 voir sa maîtresse. Quelle maîtresse? Sa terre. >

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Sur quelle hase l'aplrtoerktle repose e« ANgleterre.

Dans son romandeConingsby.M. Disraeli dit qu'en 147i, après cette fameuse bataille de Tewkesbury, où Edouard IV baitil et ht prisonnière Marguerite d'Anjou, un baron normand était presque aussi rare en Angleterre que l'est aujourd'hui un loup, tant la guerre des Deux Roses inoistionna de nobles! Le mciiie auteur rappelle que, lorsque Henri VU

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convoquason premier pariement, on nc-pat it^uveriiansto» le royaume (jnevingt-neuf paire ifeinporels'. El- de ces viuglneiif pairs, combien ont" survécu daTiBlèurs-dasceniKmteîPM cinq, George II avait coutume de dire que le meilleurgeotilhomrae 6'Angleiferrc était 16rd Dénbigh, paire que relui- Ih" descendait dEs comtes de Habsboui^. Caqui est silr, e'esl que les Runilies des graufts- barons d'autrefois sontaujourd'hni éietnies. It n'y a' pas, de nos- joupS', en Angleterre, de noblesse qu'on puisse appeler noblesse dtt sang- c'en est fiW, en ce qui laconcerae, des arbres géuéalopqiie».

D'où vient" donc le prestige eslraordinaire qui entoure r^ristocrntie anglaise? Esl^i) dû au nombre irès^restrcint de ses membres? S'explique-t-il' par ce fait que le nombiB des pairies, dans le royaume, n'y excède pas le chiUVe de 687, et celui des titulaires le chifl're de S70? Celte impos^Qle Chambre des Lords, où vmh s^asseoir tous les lord^ anglais et gallois, dès qu'ils ont atteint l'âge de vingt et un aus, et oîi seize lords élus pour chaque session par la pairie écossaise représentent l'Ecosse, tandis que vingl-liuil pairs nommés h vie par les lords irlandais y représentent l'Irlande, lire-t-cllM sa considération de ce qu'elle ne compte dans son sein que 3 dues i-oyaux, 3 archevêques, 27 évéques, 20 ducs, 22 marquis, 131 comtes, 28 vicomtes et 233 barons : mi lout, 30 pairs spirituels et -439 pairs temporels? Ue oroire, ce serait tomber dans une étrange erreur.

En Angleterre, on a compris, ce qui ne le fut jamais en France par la noblesse, quand il y avait en France une noblesse, que le pvincipe arislocra tique ne |ieuL rien gagnera s'enTermer dans un cercle étroit, jalousement tracé, inabordable ou presque inabordable. En Angleterre, loin de tendre Ji Ef séparer du gros de la nation, l'aristocratie oe cesse d'y plonger. C'osi parmi le* notabiliiés de tout genre ei de toute

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cunditkiD (Qu'elle se recrute.; 3 la classe dos riches, elle a deinaridé ïopiiienriMrBoitaage qui s'appelle aujfnird'liiti lorâ OTerslonfr. A la classe des gens de iolire», elle a demandé riUiistie hisutrien (pN est luort lord SCauaulay. b'nboinine debeaucoup d'esjirii. que j"ai connu pendant ([uinze aBs sous le nom àe MtndEleii Mitnfts, ne m'est pdis «obau, depuis quelques mois, que *sdH» le litre d«- lord Hon^huta. Ainsi, et (ffàci; aw droit (pi\r le ssaverain de créer des pairs d'Anj^leterre, l'ariaVorFalie est une' puiosame qui se inaintieut;, s'aiimente.'se nijeuoit perp^ueUuinent, par i'at'.ees8ioa de toutes les- fttPoeB Tives do puys:

Encore si cet avantage était le seuM Maisiiun : le système adopté a poM eâet d'ùier à. rarisiiicraiie le earaclère toujouis odieux d'une euste. Acceteibk ;i<e4)«uuui, eUu ii'osta personne uo ssjet d' offense. Elle offre un but ii l'uuibitiun, csqul l'eiiîpAched'dtrele peint de mire de l'enTie.

La ttodaliié, d'ailleurs, n'a. pas eu ua An^luterre le niéinc caractère qu'en ^Lanuti. ^n l-'ii:rnce, où les seigneurs féodaux étaient quehpiiifuis indépendauL'i ou presque indépewdaMs de In couronoe-, et où la ^tuissance- de la royauté fut sowrsnl teniM eu ccben par- uidledo» grands vassbux, la Téodalîlé pesa rndement sur le paysan. En imglelerre, au contraire, ce fut sur lus grauds vassaux quu (iesa la fêodalilé, par les. exai^tions aulitjuelleit tes. soLunit la cotiroDue, qu'ils u'étaient pas ass(>z forts pour contenir. La tewlaltté a eu m AnfElelerre un carnctère fiscal, dont las ricliea swtoul ont ea à siiufFi'ir. Elle a été beaucoup moins opppessiveqo'eu France, partant moius odieuse.

Aussi, quelles conquêtes que celles de l'esprit 3ri&locra>ticfue en ce pajsl Pas de classe où il n'ait pénéiré, pas de condition qu'il ne soit parvenu à envaiiir. Il est descendu, h travers ks coucbos successives du la société, jusqu'en ses-

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»6 LETTRES SUR L'ANGLETERRE (iBu)

deniières profondeurs. On le respire dans le réduit où se cache la pauvreté, comme dans le palais oii s'élale Topuleiice. On le rencontre même dans le monde de la domesticité, qui a ses magnats et son étiquette. L'Angleterre le sue par tous les pures.

Il faut recoDualtre, au surplus, qu'en Angleterre le principe de l'égalité devant la loi sert à déguis* jusqu'à un certain point le règne des inégalités sociales ; je dis jusqu'fi un certain point, car le régiinede l'égalité devant la loi nesaunril exister dans toute son intégrité là où il est loisible au riclie. en matière de délits correctionnels, d'échapper à la prison par l'amende, et où les lords ne peuvent être arrêtés pour dettes. Sous George 11, lord Feners ayant commis un meurtre, on crut un moment qu'il ne serait pas pendu; maïs le mi, qui voulait populariser la dynastie nouvelle qu'il représentait, insista. On pendit conséquemment lord Ferrers, mais avec un cordou de soie! Il est, en outre, à remarquer que les lords déposent, non %ur leur serment, mais sur leur honneur.

N'importe! Que l'opinion publique s'accommode des inégalités sociales, c'est certain; et ce qui ne l'est pas moins, c'est qu'elle tes considère comme parfaitement compatibles avec la liberté. Miltun u',a fait qu'exprimer uue idée trèsgénéralement répandue ici, iojsqu'il a' écrit : < Si nous ne sommes pas tous égaux, nous-sommes tous hbres, également libres, les ordres et la hiérarchie s'accordant très-bien avec la liberté, loin de lui être contraires. » Il (st juste d'ajouter que Milton, républicain déterminé, a mis ce langage dans la bouche de Satan.

Ajoutez il tout cela les services réels rendus par l'aristscraiie, l'activité poUtique de ses membres, l'initiative quef lusieui-s d'eutre eux s'étudJeut à prendre dans les questinns

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