‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 87 sur 97 · LA GRAMIE CULTURE; SES VICES · texte numérisé non relu

LA GRAMIE CULTURE; SES VICES

détourne avec effroi, que le paysan-propriétaire ne trouva moyen de faire fmcti&er, à force de soio et de travail. Ou a dit: c Donnez à tiD homme un roc, il le changera en jardin. » C'est, sous une forme peu différente, le inot d'Arthur Young : c La magie de la propriété change le sable en or. » S'il est vrai que la petite culture exclut l'adoption des méthodes scientifiques, l'emploi îles machines coûteuses, il est vrai aussi qu'elle conduit, sous l'aiguillon de ta nécessité, à la découverte d'excellentes pratiques, quelquefois ignorées dans les grandes fermes, et qu'elle tiie de certains produits, ceux de basse-cour par exemple, un parti dont les cultivateurs en ' grand se doutent h peine.

Et l'ardeur du pajsan qui travaille avec In certitude de récolter ce qu'il a semé, la compteruns^nous pour rien? Qui oe se rappelle ce qui arriva quand la Révolution française eut rompu et divisé les domaines de l'ancien régime? L'impulsion donnée au travail par l'esprit de propriété transforma le sol, du jour au lendemain ; U production s'aciTut rapidement, le progrès fut laanifcste. La Flandre, la Suisse, U Norvège, sont des pays de peûte culture, et la pro.-^)érité agricole doHt elles jouissent a fourni à MH. Thomt«n et Hilt un de leurs plus forts arguments.

En réalité, les résultats de la divisiou du sol ne sont désastreux que lorsque cette divisiea dépasse une certaine limite, que lorsque le sol est tiaché oïlre-mesure, émietté.

tel est certaiuement le cas dans une partie de la France. Hais, méoBe là, les choses se scut pas tout à fait re qu'on les croit ici, eu ce sens que la décomposition indéfinie du 3«1 est, après tout, combattue en France par un mouvement de rei»a^M>fiition résultant de circonstances diverses dont les Anglais ne tienneit pas assez coiaptc.

En générai, ils s'imagineu que le partage égal de la

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301 LETTRES SUR l'aVCLETGRRE (18C1)

succession entre les enfants, après I;i mort du ytirc, est prescrit parl;i loi française (i'un(^ manière péreniptoire, absolue. 11 n'en e^t rien. L'article 913 porte : i Les libéralités, soit par acte entre vifs, soit par testament, ne pourront excéder la moitié des biens du disposant, s'il ne laisse à son décËs qu'un enfant légitime ; le tiers, s'il lais;;e deux enfants; le quart, s'il en laisse trois ou un plus grand nombre. » Donc^ la loi accorde au pi-ic de famille la libre disposition du quart de son bitn, s'il a trois enfants ou plus, et jusqu'il la moitié, s'il n'en a qu'un seul. L'égal partage n'est conséquemment pas de rigueur, bien qu'il soit encouragé [tai l'opinion et par l'usage.

Quant aux. prescriptions du Code civil, dans leurs rapports avec la division du sol, il est bien vrai que l'article 826 dit : a Chacun des coliéritiers peut demander sa part en nature des meubles et immeubles de la succession ; > mais l'arliclu 827 ajoute : « Si les immeubles ne peuvent pas se partager commodémeul, il doit être procédé à la vente par licitation devant le tribunal. » Ainsi, quand l'exercice du droit reconnu aux cohéritiers de demander leur part en nature entraine, au point de vue de la science agronomique, des inconvénients graves, c'est moins la faute de la loi que de la façon dont elle est appliqiiée-

Qu'elle soit toujours mal appliquée, il y aurait exagération à le prétendre. Il est des as où il n'y a de partagé entre les frères qm; le prix de la propriété, vendue conformément aux prévisions de l'article 837. Quelquefois, il est convenu h l'amiable qu'un des frères gardera toute la propriété, sauf à se constituer débiteur des autres pour la part qui revient à chacun d'eux. Les frères peuvent aussi posséder et exploiter eu commun l'héritage paternel, si bon leur semble : la loi ne les en empêche pas.

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